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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 11:20

Le 25 mai 2015

Alors que son affaire redémarre, le principal inculpé dans l’affaire de Tarnac, Julien Coupat, répond aux questions de "L'Obs" sur son avenir judiciaire, la loi sur le renseignement et la France de l’après-Charlie.

Il ne s’était pas exprimé dans la presse depuis 2009. Après avoir été incarcéré six mois pour des accusations de "terrorisme", Julien Coupat était devenu à gauche un des plus puissants symboles d’une dérive autoritaire du pouvoir sarkozyste, accusé de monter en épingle une affaire de sabotage de caténaires SNCF pour créer un "ennemi intérieur". Leader intellectuel du groupe de gauche radicale dit "de Tarnac", il n’avait pas cessé depuis de dénoncer une manipulation policière, menant une rude bataille judiciaire aux côtés des autres inculpés.

On le sait désormais, le quinquennat socialiste n’aura pas inversé la tendance. Deux jours après le vote par l’Assemblée de la loi sur le renseignement, Julien Coupat, 40 ans, s’est donc vu signifier, le 7 mai dernier, une demande de renvoi en correctionnelle pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", aux côtés de deux jeunes femmes, parmi lesquelles sa compagne Yildune Lévy. Un certain François Hollande, alors président du conseil général de Corrèze, territoire sur lequel se trouve Tarnac, avait pourtant pris la plume au printemps 2009 pour ironiser sur la qualification des faits en "terrorisme" et dénoncer une "affaire politique".

Aujourd’hui, Julien Coupat reprend la parole. Entretien.

L'Obs - Le parquet a de nouveau retenu la qualification de "terrorisme" dans votre dossier et demandé votre renvoi en correctionnelle. Comment prenez-vous cette nouvelle ?

Julien Coupat - Dans n’importe quel autre pays d’Europe, un dossier comme celui-ci aurait depuis longtemps donné lieu à relaxe avec de discrètes excuses des autorités. Mais nous sommes en France, et, comme l’écrivait Alexandre Herzen, "en France, quand on entre dans un tribunal, on recule de deux ou trois siècles". Dans son formidable autisme historique, la magistrature n’a manifestement pas eu vent de la chute de la monarchie. Elle croit pouvoir tout régler en coulisses, guetter des signes de la cour avant chacune de ses décisions, tordre le cou à toute logique et mettre à mort qui s’est rendu coupable de lèse-majesté. L’humanité à la Daumier des prétoires ferait bien de s’aviser de l’arrogance de son anachronisme. Ou bien elle devra constater de ses propres yeux que ce François Hollande avait bel et bien un parfait profil de Louis XVI.

Vous n’êtes plus que trois, au sein du groupe de Tarnac, à faire l’objet de poursuites. Avez-vous eu à un moment donné l’espoir d’un abandon définitif des charges ?

- Depuis le jour de nos arrestations, nous avons toujours trouvé hilarantes les charges qui pèsent contre nous. Et nous trouvons toujours aussi hilarant que le parquet s’appuie dans son réquisitoire, pour étayer l’accusation de "terrorisme", sur un livre en vente à la Fnac, "L’Insurrection qui vient", et le témoignage sous X d’un mythomane qui a reconnu au 20-heures de TF1 avoir été manipulé par la police antiterroriste. Les procureurs sont des écrivains de polars ratés. Leur littérature, pleine de "structures à finalité subversive clandestine", de "plans terroristes", de "tentatives de déstabilisation de l’Etat par la destruction des infrastructures ferroviaires", est manifestement le produit de l’imagination squelettique de gens qui regardent la vie depuis les fenêtres de leurs cabinets molletonnés. Leur mauvaise foi prête à rire. Mais, un peu comme pour le procès-verbal de filature D104, l’hilarité s’arrête quand vous prenez conscience que la magistrature a, dans son petit monde suspendu, le pouvoir de transformer, contre toute évidence, un faux grossier en "vérité judiciaire" – quand vous réalisez que tout cela est grotesque, mais que cela marche, et se dirige vers vous pour vous écraser.

Nous ne nous sommes pas battus, et nous ne nous battons pas, pour faire reconnaître on ne sait quelle innocence ni pour que la justice, dans sa grande mansuétude, daigne abandonner ses poursuites infondées. Nous nous battons parce que l’on a tenté et que l’on tente encore de nous détruire, de rayer définitivement de la carte la possibilité politique dont l’Etat a fait de nous un exemple.

Nous nous battons pour nous, pour nos proches, pour nos amis et pour tous ceux qui nous ont un jour exprimé leur sympathie, et ce malgré la disproportion massive des forces.

Plutôt que de faire prudemment marche arrière, l’appareil antiterroriste, ivre de sa toute récente popularité, insiste pour avoir le dernier mot dans l’enceinte de ses petits tribunaux. Qu’il sache que nous ne sommes pas de ceux qui se laissent faire, que nous préférerons toujours déchaîner les feux de l’enfer plutôt que de nous laisser piétiner, et que nous ne sommes pas seuls.

L’incrimination la plus grave, celle de "direction" d’un groupe terroriste, qui était initialement retenue contre vous et pouvait vous valoir les assises a finalement été abandonnée. De "chef" vous voici devenu simple "animateur"… Comment qualifieriez-vous votre rôle réel au sein de la collectivité de Tarnac ?

- De paratonnerre, plutôt.

Vos avocats ont réagi en disant que maintenir la qualification élargie de "terrorisme" au sujet de votre dossier ouvrait la voie à une "hyper-criminalisation des mouvements sociaux". Est-ce votre crainte, notamment suite à l’adoption de la loi sur le renseignement ?

- Nous vivons dans un monde qui va dans le mur à tombeau ouvert, et qui le sait. Les faits l’attestent tout autant que la production hollywoodienne. Ceux qui tiennent les rênes de la machine préfèrent qu’il en soit ainsi plutôt que de renoncer à la moindre miette de leur pouvoir. Ils s’attachent simplement à distiller dans la population le sommeil nécessaire, quitte à le peupler de cauchemars terroristes. C’est ce dont témoigne exemplairement le vote sans états d’âme de la nouvelle loi scélérate dite "sur le renseignement".

Que l’on en soit, quinze ans après le Patriot Act, après le rapport du Sénat américain sur la torture, après les révélations de Snowden, à adopter des mesures aussi exorbitantes dit à la fois le cynisme inoxydable et le pathétique mimétisme des gouvernants français.

Ils croient vraiment qu’ils vont pouvoir refaire avec quinze ans de retard le coup du néo-conservatisme martial, et que nous sommes tous trop bêtes, trop lâches et trop passifs pour nous en insurger.

Evidemment, le fait que le parquet, qui tenait son réquisitoire prêt depuis des mois, ait choisi le lendemain du vote de cette loi pour le faire fuiter dans "Le Monde" ajoute à l’impudence du geste. Le geste dit : "Oui, nous allons tous vous mettre au pas par un contrôle de masse au nom de l’antiterrorisme, et vous allez voir quel traitement nous réservons à ceux qui nous résistent."

Il est vrai que le seul espoir des gouvernants est de convaincre chacun qu’il n’y a pas d’autre choix que de les suivre, qu’il est vain de croire pouvoir construire d’autres mondes, insensé de s’organiser contre eux et suicidaire de les attaquer. C’est pourquoi Tarnac doit être décapité. C’est pourquoi les ZAD doivent être mises au pas, que ce soit par voie judiciaire ou avec l’aide de milices.

Lire la suite :
http://tempsreel.nouvelobs.com/loi-renseignement/20150511.OBS8735/exclusif-julien-coupat-le-cynisme-de-nos-gouvernants-est-inoxydable.html

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