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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 10:18

« Le policier a sorti sa lacrymo et gazé le jeune à 30 cm des yeux »

24 août 2015 |  Par Feriel Alouti

Le 19 août dernier, alors que la police organisait une « opération maïs » devant un foyer de travailleurs immigrés, situé dans le XIXe arrondissement de Paris, plusieurs agents s’en sont pris violemment à un vieux monsieur et son fils. D’autres, emmenés dans un centre de rétention administrative, risquent l’expulsion.

Jeudi 20 août, 17 heures, trois voitures de police s’arrêtent devant un foyer de travailleurs immigrés, situé boulevard de la Commanderie, dans le XIXe arrondissement. Face aux agents, pour certains équipés d’un gilet pare-balles, d’un Taser et d’un Flashball, quelques hommes, habitués à vendre chaque soir du maïs grillé, prennent aussitôt leurs jambes à leur cou. D’autres, plus âgés et tranquillement assis sur leur chaise, assistent à la scène avant d’être eux aussi approchés par la police et certains, arrêtés. Dix minutes plus tard, les fonctionnaires repartent. L’opération est terminée. « Depuis une semaine, ils viennent tous les jours », soupire Traoré, un grand trentenaire vêtu d’une djellaba.

Plusieurs témoins, rencontrés sur place, ont assisté, la veille au soir, à la même opération. Sauf que cette fois-ci, les agents ne se sont pas contentés d’embarquer plusieurs hommes, ils s’en sont également pris violemment à un vieil homme et son fils.

Jean-Charles qui travaille dans le quartier a observé, avec attention, la scène. Il raconte :
« La police voulait dégager les vendeurs de maïs qui s’installent chaque soir sur le trottoir. Ils sont beaucoup et hier, ils ont décidé de les dégager. En gros, ils ont fait une "opération maïs". À côté des vendeurs, il y a un gars qui changeait une roue de voiture, un papi. La police est arrivée pour enlever la voiture. Le papi a dit : "Je remonte la roue et je pars tout de suite." Le policier lui a répondu : "Non, vous bougez tout de suite." Le papi a tenté de lui montrer les PV qu’il venait juste de recevoir mais le policier a demandé au gars du remorquage d’intervenir. Puis, le papi a demandé à récupérer ses outils. Mais le policier a refusé. Et, là, le fiston s’est interposé et a dit au policier: "Ne bousculez pas mon papa, il est vieux."
Le policier a alors poussé, une première fois, le fils violemment. Le jeune a répondu : "Pourquoi vous faites ça ?" Puis il l’a poussé une deuxième fois hyper violemment. Le jeune a manqué de tomber. Le papi, qui boite en plus, a essayé d’intervenir. Le policier a alors bousculé le papi très fort contre la grille du foyer. Le fiston est arrivé, a rattrapé son père et ajouté : "Mais monsieur, ça ne se fait pas !"

À ce moment, il y avait encore plein de gens autour. Le fils tenait son père puis le policier a sorti une matraque et sans aucune raison, sans que le jeune le menace, il lui a tapé sur les mains. Le jeune a pris son père, il est allé sur l’autre trottoir. Et il a dit : "Vous m’avez frappé, vous n’avez pas le droit !" Et là, le policier a sorti sa lacrymo et a gazé le jeune à 30 cm des yeux. Il s’est étalé par terre en criant. Moi, j’étais juste devant et normalement, je défends toujours la police mais là je me disais "j’y crois pas!".  Une policière m’a dit : "Vous avez un problème monsieur ?" J’ai répondu : "Ça se fait pas ce que vous faites." Elle n’a rien dit. » Le lendemain, sur place, encore choqués par la violence du policier, ils sont une dizaine à corroborer le témoignage de Jean-Charles.

Aux abords de ce foyer, géré par la société d'économie mixte Adoma, anciennement la Sonacotra, nous retrouvons le « papi » dont il est question. Il s’appelle Ibrahim. Les joues creuses, le visage marqué, le corps chétif et la jambe gauche mal en point, le sexagénaire, arrivé de Côte d’Ivoire il y a quarante ans, gagne sa vie en réparant les voitures des habitants du quartier. « Il travaille là-bas parce qu’il connaît bien les gens du foyer », raconte son fils, Yannick, 36 ans, lui aussi mécanicien.

Mercredi soir, lorsque les policiers sont arrivés, Yannick venait voir son père. « Quand les policiers ont voulu embarquer la voiture que mon père était en train de réparer, on a essayé de leur dire qu’on avait déjà eu des PV. Quand ils ont dit, on la dégage, on n’a pas insisté, on a juste demandé à récupérer les outils. Mais ils ont poussé mon père et moi j’ai voulu le protéger, raconte-t-il en mimant la scène. Ils étaient deux policiers. C’est le même qui m’a frappé sur les doigts et le bras et qui m’a gazé. J’ai même pas eu le temps de réagir. Je suis resté une dizaine de minutes les yeux fermés. J’ai pas dormi de la nuit tellement ça me brûlait. Si j’avais cherché la bagarre, si je les avais menacés, j’aurais compris mais là j’ai rien fait, juste essayé de protéger mon père. Ma mère est décédée en juillet dernier, il n’a plus que moi. Vous imaginez s’il était tombé par terre ? Un mauvais coup et il aurait pu mourir. »

Si, aujourd’hui, Yannick pense ne pas avoir « les reins assez solides » pour porter plainte, cette histoire l’a profondément marqué. « Moi, je suis né en France. Mon père m’a toujours dit : "Fais pas de bêtise et trouve un travail." Je l’ai écouté. Je travaille, je paie mes impôts et voilà comment je suis traité. Je suis dégoûté. Et franchement, après ça, j’ai plus envie d’appartenir à ce pays. »

Contacté par Mediapart, un agent de police qui était sur place le mercredi 19 août explique ne pas avoir « vécu de la même manière » la scène. « Ces deux pseudo-garagistes [Yannick travaille dans un garage - ndlr] qui faisaient ça depuis longtemps n'ont pas voulu partir et se sont montrés agressifs. Ils ont bousculé les policiers. Il y a effectivement eu usage de gaz lacrymogène. Mais c’est parce qu'ils étaient menaçants », explique le fonctionnaire qui souhaite conserver l’anonymat. Un agent de police s’est donc senti menacé par un homme de 66 ans boiteux et épais comme un fil de fer ? « Moi à titre personnel, je n’ai pas été menacé mais quand vous êtes au milieu d’une foule, il peut y avoir certaines réactions », rectifie-t-il.

Ce jour-là, la police procédait, sur réquisition du parquet, à une opération de lutte contre les vendeurs à la sauvette, explique le même fonctionnaire. « Il y a eu des plaintes des riverains. Le trottoir est colonisé par les vendeurs de stupéfiants et les vendeurs à la sauvette qui sont souvent agressifs », dit-il.

Présents le lendemain au moment de l’opération, nous avons assisté à l’arrestation d’hommes d’un certain âge. Assis sur des chaises, aucun d’entre eux n’était en train de vendre du maïs. Aucun d’entre eux ne s’est montré agressif.

A lire sur Médiapart

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