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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 12:42

Le 27 janvier 2016

Dans la banlieue nord de Paris, Assia a reçu la visite de la police dans le cadre d'une perquisition administrative. Elle affirme ne pas comprendre et se sentir "piégée".

La révision constitutionnelle est débattue vendredi 5 février à l'Assemblée nationale. L'article 1 prévoir l'inscription dans la loi fondamentale de l'état d'urgence.

Depuis Assia [le prénom a été modifié, NDLR] dort sous Atarax, quand elle y arrive. Elle a aussi des trous de mémoire, "le noir total", au point de ne plus savoir où elle a garé sa voiture.

Elle ne peut plus prendre le métro. Dans la rue, sous son voile, elle a "peur des regards, des gens". Les bruits la font sursauter.

Elle a pensé mettre une pancarte su sa porte : "perquisition déjà faite, inutile de revenir". Elle s'est résignée. "Je n'ai pas voulu affoler le voisinage".

Cette mère de famille qui vit dans la banlieue nord de Paris a le sentiment "de ne plus appartenir à ce pays, la France".

Elle y est née, elle y a grandi.

Mais les attentats du mois de novembre 2015 ont changé sa vie. "J'ai l'impression de payer la situation de ce pays", dit-elle.

Les forces de l'ordre n'ont pas su arrêter des terroristes qu'ils avaient repérés depuis longtemps, et qui se baladaient dans le métro avant de tuer des dizaines d'innocents... Mais moi, qu'est-ce-que j'ai à voir avec cet échec ?"

Un soir comme les autres...

Le 24 novembre ressemblait à un soir comme les autres. Elle a lu, couchée sur le canapé de son salon, dans le T2 de 30 mètres carrés qu'elle partage depuis des années avec son fils de 9 ans, handicapé. Ce soir-là, "heureusement, il dormait chez son père". Elle a éteint sa lampe de chevet vers une heure du matin.

Un quart d'heure plus tard, tout le bâtiment a tremblé, "trente à quarante coups de bélier" ont retenti contre sa porte d'entrée. Elle a pensé à des cambrioleurs, s'est collée contre le mur mitoyen de sa voisine, a cogné : "Je lui criais : 'appelle la police !'" Elle était déjà là, en fait.

Des fonctionnaires en civil de la Bac, sept policiers au total, ont jailli dans son salon. Assia leur a demandé pourquoi ils n'ont pas frappé :
Je leur aurais ouvert, évidemment. Eux m'ont répondu que c'était l'état d'urgence, qu'ils faisaient donc ce qu'ils voulaient, et que je devais bien savoir pourquoi ils étaient là..."

Assia est musulmane, elle porte un voile, "ils m'ont dit que c'était la raison de leur intervention". Elle n'a pas de casier judiciaire, juste une vie très réglée par les soins qu'elle doit à son fils, son travail, ses quelques amis, pas même le temps de mettre les pieds à la mosquée.

Les policiers ont confisqué son téléphone à Assia, ont ouvert l'armoire à vêtements de son fils, fouillé la salle de bain, pendant qu'elle pleurait. Sur le morceau de papier qu'elle a refusé de signer, Assia a lu "maison susceptible de contenir des armes". Elle demande encore, stupéfaite : Quelles armes ?"

La colère pour exutoire

Le lendemain, Assia a voulu déposer une plainte. Au commissariat, on lui a dit que c'était impossible, "que c'était ça, l'état d'urgence". Par contre, la préfecture lui rembourserait sa porte, si elle écrivait à l'adresse qu'on lui a transmise.

Alors Assia a appelé le CCIF (Collectif contre l'islamophobie en France), contacté une avocate, pour se défendre, demander des comptes : "Mais je suis dégoûtée… Je viens d'apprendre qu'on a un délai de deux mois pour contester ce genre d'intervention. Il s'est écoulé."

La mère de famille n'a plus que sa colère pour exutoire. Elle cherche une logique, se souvient que son chat a fait ses besoins dans le jardin d'une voisine et pense que c'est elle qui l'a dénoncée en composant le numéro vert qu'avait ouvert le gouvernement.

"Du coup, je n'ai plus confiance en quiconque", lâche-t-elle.

Quand le Premier ministre parle de "nos amis les musulmans", Assia a peur :
La vérité, c'est qu'on nous fait la guerre. C'est une chasse aux sorcières que nous vivons. Je fais partie des milliers de personnes traumatisées pour rien, si ce n'est pour notre religion."

Quelque chose s'est définitivement rompu entre elle et son pays. "Je ne voterai plus", explique Assia. "Marine Le Pen peut bien passer, ça ne changera rien pour moi.

En tant que musulmane, je me sens piégée dans un jeu de dupes. Nous sommes les boucs émissaires des vrais problèmes que les hommes politiques feignent d'ignorer : le chômage, la misère".

Elle a pris sa décision. Assia entend quitter la France. "J'ai la double nationalité, il faut que je m'en aille avant qu'on me demande de choisir, parce qu'avec la déchéance de nationalité, je ne vois rien de bon se profiler pour moi".

Source :
http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/etat-d-urgence/20160126.OBS3410/etat-d-urgence-c-est-une-chasse-aux-sorcieres-que-nous-vivons.html

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