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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 13:59

Le 29 janvier 2016

Cet habitant d’une petite ville du Val-d’Oise, père de famille sans histoire de 45 ans, n’affichant aucun signe de radicalisation, est maintenu à domicile depuis le 16 novembre sur la base d’accusations de voisinage qui ne semblent guère étayées.

Il est près de midi, ce mercredi, devant une gendarmerie du Val-d’Oise. Mustapha F. patiente devant la porte d’entrée du bâtiment.

« La sonnette ne marche pas bien, il faut souvent que je les appelle avec mon portable pour qu’ils m’ouvrent. Parfois, ils me font poireauter dans le froid et la pluie », raconte cet homme de 45 ans, au petit bouc poivre et sel. 

En application de la loi de 1955 sur l’état d’urgence, Mustapha est assigné à résidence, avec obligation de pointer trois fois par jour chez les gendarmes, comme près de 400 autres personnes en France.

Le motif ? Un « comportement » et un « discours prosélyte et radical » qui aurait « attiré l’attention du voisinage », argumente l’arrêté pris par le ministre de l’Intérieur le 16 novembre, moins de trois jours après les massacres de Paris et Saint-Denis.

Un texte qui met en avant deux éléments visiblement à charge pour l’intéressé : celui-ci est « de confession musulmane » et « licencié d’un club de tir ».

Né à Gonesse de parents marocains, Mustapha a grandi à Goussainville au sein d’une fratrie de onze frères et sœurs.

S’il se dit bien « musulman », l’homme confie n’avoir jamais été très pratiquant. « La mosquée, j’y allais peut-être deux fois par an, une pour le ramadan, l’autre pour la fête du mouton, vraiment le strict minimum », assure ce quadra volontiers blagueur, qui précise « avoir repris la prière, depuis toute cette affaire ».

Et le tir ? « Une passion que j’ai eue à partir de 2008, après celle pour la photographie. Ça me permettait surtout de rencontrer des gens au club, et de parler d’autre chose que de mon accident… »

Il y a plus de vingt ans, Mustapha a été renversé par un chauffard en état d’ivresse. Bilan : une immobilisation de dix-huit mois, de lourdes séquelles et une invalidité totale reconnue en 2003, qui le laisse avec pour seuls revenus l’allocation adulte handicapé.

« Si Mustapha a fait du prosélytisme jusqu’ici, c’est plutôt pour la police ! »

En janvier 2015 déjà, après les attentats, il fait l’objet d’une procédure de « dessaisissement » de ses armes. « Au club, certains n’avaient pas vu d’un bon œil qu’un “Arabe” vienne faire du tir avec eux. J’ai été victime de ça », assure celui qui a aussi, sans doute, été l’objet d’une lettre de dénonciation d’un de ses voisins – dans sa ville, le vote FN a progressé de 20 points en cinq ans.

« Il a été entendu comparant les djihadistes à des “résistants” et qualifiant ses filles de “soldats” qu’il entraînerait au tir », indique l’arrêté d’assignation. « De la pure calomnie, du délire », s’emporte Mustapha, dans le salon du petit pavillon qu’il partage avec sa femme et leurs enfants. « Comme je ne peux pas travailler, je m’occupe beaucoup de mes filles. Elles sont la prunelle de mes yeux, et en rien des “soldats”. »

Leur oncle, Abdelhadi, est comme beaucoup tombé des nues quand il a appris l’assignation de son frère cadet. « Si Mustapha a fait du prosélytisme jusqu’ici, c’est plutôt pour la police ! » relève ce chef d’entreprise. « C’est vrai, j’aime l’ordre et j’ai pas mal d’amis dans la police ou la gendarmerie », reconnaît celui qui a créé en 1996 une association de prévention de la délinquance à Goussainville. « L’objectif, c’était d’éviter que les jeunes sortent du droit chemin. On organisait des galas, des rencontres sportives avec les policiers. Et franchement, si toute une génération de jeunes de la cité continue de parler avec les forces de l’ordre, c’est grâce au travail qu’on a fait. »

Ex-vacataire dans la fonction publique, aux Affaires étrangères, Mustapha a vu sa carrière stoppée net après son accident.

Mais il a transmis son goût de l’ordre à l’un de ses frères, devenu gendarme. « Et vous savez où a été sa première affectation ? À Dammartin-en-Goële ! Là où les frères Kouachi ont terminé leur course. D’ailleurs, ils lui ont tiré dessus… »

Mustapha l’assure, il ne croit pas que les djihadistes soient « des résistants ». « Non, ce sont des salopards, dont les premières victimes sont d’ailleurs les musulmans eux-mêmes. »

Le dimanche 15 novembre, il s’est donc rendu dans l’après-midi place de la République, à Paris, pour déposer quelques bougies bleu-blanc-rouge en hommage aux victimes des attentats.

Le soir même, à minuit et demi, il voyait débarquer chez lui « une vingtaine de Robocop, avec casques et fusils mitrailleurs.

“On a la cible !” a crié l’un d’eux. Ils m’ont menotté dans le salon, en caleçon, ont sorti mes filles de leur lit pour fouiller partout. C’était terrible. Depuis, ma grande est traumatisée, elle a été hospitalisée pour un mois le 12 janvier. Et la petite refait pipi au lit… »

Désespéré, Mustapha ne sait plus que faire pour sortir de ce cauchemar.

Débouté en référé, il attend l’audience sur le fond de son affaire devant le tribunal administratif de Pontoise, le 8 février.

Sur la table familiale, il aligne les lettres de ses voisins et amis, qui tous attestent sa bonne moralité. « Jamais on ne l’a entendu tenir un discours prosélyte ou radical », indiquent les courriers. « Il montre une volonté farouche d’intégration et même un patriotisme exacerbé », note un colonel de gendarmerie en retraite.

« S’il y avait la moindre preuve de ma soi-disant dangerosité, je ne me battrais pas ainsi », ajoute Mustapha, qui conclut : « Quand on voit ce qu’ils font avec des gens comme moi, qui n’ont rien à se reprocher, on comprend mieux pourquoi ils ne veulent pas que la justice mette son nez dans l’état d’urgence. »

Source :
http://www.humanite.fr/mustapha-f-assigne-residence-sur-simple-denonciation-597504

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