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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 09:58

Le 15 juin 2016

Gaz dans les yeux, téléphone jeté en l'air : des policiers m'ont agressé sans motif.

Le jeudi 2 juin, plusieurs manifestants contre la loi travail ont été victimes de violences policières à Rennes. Arthur D., étudiant de 21 ans, en faisait partie. Il a souhaité témoigner, alors que François Hollande a annoncé envisager d'interdire les manifestations pour des raisons de sécurité.

À ce jour, la "police des polices" a ouvert 48 enquêtes pour violences policières, suite aux manifestations contre la loi travail. Mais combien vont aboutir à une vraie instruction judiciaire ?

J’ai moi-même subi un acte de violence policière en marge d’une manifestation contre la loi El Khomri à Rennes, le jeudi 2 juin.

Je n'ai par contre déposé aucune plainte, car je ne crois pas qu'une quelconque action judiciaire ait du poids vis-à-vis des forces de l'ordre et de l'impunité officieuse qui couvre leurs actions.

Un policier a fait tomber son arme par terre

Je rejoins la manifestation en début d'après-midi ce 2 juin avec un ami, lors de son passage dans le quartier de Villejean-Kennedy. Je suis à visage découvert, je porte un blouson sans capuche et une casquette, pour me protéger des éventuels jets d'objets.

Après les événements qui ont ensuite été relatés dans les journaux, notamment la charge de véhicules de police sur les manifestants, je décide de chercher une issue pour rentrer chez moi.

Une quinzaine de personnes emprunte une petite rue, je profite donc de l'occasion.

Je propose à mon ami de rentrer chez moi car j'habite à quelques rues de là où nous nous trouvons.

Arrivés à la sortie du lotissement, en voyant le grand boulevard, nous nous disons que la voie est libre.

Puis, tout d'un coup, une dizaine de policiers en civil, portant des casques de protection, et des brassards oranges arrive en courant et en criant "surprise", et cherche à nous bloquer le passage.

Ils sont armés de matraques, de bombes lacrymogènes, de flash-ball et d'armes à feu.

Ils sont à deux mètres de moi, lorsque l'un d'eux, emporté dans son élan, fait tomber son arme de service par terre.

J'ai juste le temps de faire un pas pour éviter le barrage qui se met en place, et je me retrouve derrière eux, sur le boulevard.

Je sors mon téléphone et j'appelle mon ami qui me dit qu'il est caché dans un jardin, je lui promets que je l'informerai dès que la rue ne sera plus bloquée.

Un agent a jeté mon téléphone par-dessus une haie

Apercevant d'autres véhicules de police arriver, je me prépare à prendre des photos.

Là, un agent m'ordonne de ne plus bouger, me menaçant avec sa bombe lacrymogène, tandis qu’un autre me met en joue avec son flash-ball.

Le premier agent arrive vers moi, et m'asperge le visage de gaz, pendant que l'autre menace les passants pour qu'ils s'écartent. J'ai les yeux et le nez qui me brûlent, je ne vois plus rien.

Le policier me fouille avec insistance et me prend mon téléphone, ma casquette et mon portefeuille.

Mais je lui dis que je n'ai pas mes papiers.

J'avais choisi de ne pas les emmener, pour ne pas les perdre, me les faire voler ou confisquer.

Il cherche dans mon portefeuille et trouve quand même ma carte vitale. Il consulte donc sa base de données et me la rend.

Enfin, il consulte les photos de mon téléphone, et le jette par-dessus une haie. Il garde ma casquette et la met dans son véhicule.

Puis, comme une formalité de départ, m'asperge le dos avec sa bombe de gaz lacrymogène longue portée, et étant à moins de 30 cm de ma veste.

Un ami a dû enjamber une palissade pour échapper aux matraques

L'agent embarque dans son véhicule et des passants viennent me voir pour me donner du sérum physiologique. Je vois alors un défilé de véhicules de forces de l'ordre passer devant moi.

Les agents me gratifient de réflexions sympathiques telles que "continue la lutte camarade", ou encore "c'est la lutte finale"... 

J'interpelle un agent et lui dit qu'on a pris ma casquette et jeté mon téléphone. Il me répond : "Tu pleurs parce que t'as perdu quelque chose ? Ahahah et bien va donc porter plainte !".

Après un quart d'heure de recherche, je parviens à retrouver mon téléphone derrière la haie. J'appelle mon ami, et lui raconte ce qui s'est passé.

Lui m'explique qu'il a dû enjamber une palissade pour échapper aux coups de matraque et sortir du quartier.

Des forces de l'ordre agissant en toute impunité et sans motif

Cette journée-là, une vingtaine de personnes ont été blessées, dont cinq prises en charge aux urgences.

De plus, la police a détruit des caméras, des appareils photos, ou encore des téléphones, empêchant certains journalistes d'obtenir des images.

Les agents agissaient sans matricule, ce qui est illégal, et n'ont procédé à aucune interpellation.

On sent clairement une volonté de faire peur au mouvement de protestation.

Personnellement, je me suis senti humilié par des forces de l'ordre agissant en toute impunité, et sans motif, car j'étais un individu isolé et non dangereux.

Ici, la police a-t-elle protégée les citoyens ? A-t-elle la maîtrise des armes qu'elle utilise, sachant qu'un agent a perdu le contrôle de son arme à feu ? Les réflexions que j'ai reçues (et après discussions avec d'autres manifestants, je ne suis pas le seul à en avoir reçu) font-elles partie du code de déontologie de la police ?

N'ayant pas terminé ma formation, je n'ai pas eu l'occasion de retourner manifester depuis, mais j'espère pouvoir le faire.

Un usage abusif du gaz lacrymogène et des grenades

J'ai le sentiment qu'une radicalisation s'opère des deux côtés.

Chez les manifestants, j'ai vu une nouvelle population investir les rassemblements. Ce sont des jeunes qui viennent uniquement pour rechercher les affrontements avec les forces de l'ordre.

Même si le mouvement est globalement constitué de personnes militantes ou souhaitant défendre leurs convictions, ces petits groupes de personnes peuvent provoquer les policiers, ce qui amène des charges policières parfois très violentes.

Du côté des forces de l'ordre, le mot d'ordre est la fermeté, avec un usage abusif du gaz lacrymogène et des grenades de désencerclement,  des arrestations musclées, l'intervention de la Bac et même du Raid pour déloger les squatteurs de la Maison du peuple.

Plusieurs manifestants ont été gravement blessés, et j'ai une pensée particulière pour Romain D., touché à a tête le 26 mai par un éclat de grenade, et qui est resté une dizaine de jours dans le coma....

Source :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1527763-gaz-dans-les-yeux-telephone-jete-en-l-air-des-policiers-m-ont-agresse-sans-motif.html

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