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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 13:49


Zyed Benna et Bouna Traoré.

Depuis Médiapart le 26 juin 2016

Ce vendredi 24 juin, la cour d'appel de Rennes a confirmé la relaxe des deux policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger, après le décès en 2005 de Zyed Benna et Bouna Traoré.

La nouvelle est passée inaperçue, écrasée par l’actualité européenne.

La relaxe des deux policiers, Sébastien Gaillemin et Stéphanie Klein, poursuivis pour non-assistance à personne en danger dans l’affaire Zyed Benna et Bouna Traoré, a été confirmée vendredi 24 juin par la cour d’appel de Rennes.

Depuis une décennie et une procédure interminable, la justice s’échine à nier toute responsabilité de ces deux fonctionnaires de police dans le décès des deux adolescents.

Déterminé, Emmanuel Tordjman, l’un des avocats de la partie civile (par ailleurs conseil de Mediapart), annonce d’ores et déjà un pourvoi en cassation.

Ce nouveau rebondissement confirme le caractère hors norme d’une affaire érigée en symbole. Celui de deux mondes qui s’entrechoquent, dans une parfaite illustration de l’histoire du pot de terre contre le pot de fer.

Ce drame demeure aussi le symbole d’un énième rendez-vous manqué entre les quartiers populaires et la justice.

Impossible pour les familles d’obtenir une reconnaissance officielle par l’État de leur souffrance, de leur « préjudice », selon la terminologie froide des tribunaux.

Enfin, cette histoire reste le symbole, surtout, de l’impossibilité de faire condamner des policiers en France.

Les symboles ne font pas tout. 

La réalité, brute, demeure celle-ci : deux adolescents sont morts électrocutés.

Il était reproché aux deux prévenus de ne pas avoir tout mis en œuvre pour éviter aux jeunes de pénétrer dans un local technique dangereux. Et ce alors que le Code de déontologie leur prescrit de « porter assistance à toute personne en danger ».

Deux phrases glaçantes ont cristallisé les débats lors du procès de mars 2015.

Sébastien Gaillemin, l’un des deux fonctionnaires de police, lance sur les ondes : « Les deux individus sont localisés et sont en train d’enjamber pour aller sur le site EDF. »

Puis, vingt-cinq secondes plus tard : « En même temps, s’ils rentrent sur le site, je ne donne pas cher de leur peau. »

Depuis onze ans, deux familles pleurent leurs enfants, jeunes adolescents de 17 et 15 ans, et réclament des réponses aux questions qui les tourmentent.

A-t-on tout tenté pour sauver leur progéniture ?

Zyed Benna et Bouna Traoré ont rendu leur dernier souffle dans un transformateur EDF, à l’orée de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint Denis.

Le troisième, Muhittin Altun, miraculé, a vu sa vie ruinée par le drame. Il doit vivre et composer avec ses cicatrices, visibles et invisibles. Et accepter que ce n’est la faute de personne, comme la justice le lui dit avec violence.

L’histoire a été abondamment narrée et médiatisée.

Ce 27 octobre 2005, une bande de dix adolescents lambda de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, s’ennuie. Par les hasards du calendrier, Toussaint et Ramadan se chevauchent. Dans ce quartier populaire, personne ne quitte la cité pour les petites vacances.

La journée s’étire lentement, il faut s’occuper, deux fois plus jusqu’à la rupture du jeûne. Les jeunes, amateurs de football, décident d’aller jouer au stade de Livry-Gargan, la commune limitrophe.

Avant de rentrer chez eux, vers 17h30, pressés de combler leur faim et d'étancher leur soif exacerbées par l’effort physique, ils croisent le chemin de policiers.

Dans ces quartiers populaires, une telle rencontre, lorsqu’on n’a pas sur soi ses papiers d’identité, parfois si chèrement obtenus, n’augure jamais rien de bon.

Les jeunes gens n’ont pas envie de se faire embarquer pour de longues heures au commissariat, comme le réclame la procédure qu’ils connaissent, hélas, trop bien. Cela compromettrait leur présence au repas familial et leur attirerait des remontrances parentales qu’il vaut mieux éviter.

Selon Muhittin Altun, qui a survécu, l’une des dernières phrases prononcées par Zyed Benna a été : « Si les civils m'attrapent, mon père m'envoie au bled, en Tunisie. »

Lui-même rappellera timidement lors de l'audience, en mars 2015 : « L’heure approchait [de la rupture du jeûne], on a vu que la police arrivait, on a commencé à courir. Je sais pas… ça s’est passé d’un coup. Je ne savais pas ce que je faisais parce que j’avais très peur. »

Il ajoute ensuite : « Je ne voulais pas me faire tabasser. »

Dans ce moment de panique, la décision est prise, il faut fuir. Courir. Quitte à se disperser pour semer les fonctionnaires de police. Même quand on n’a rien à se reprocher.

Même quand on est une bande de jeunes ados, pas des cambrioleurs comme l’ont dit, de manière infondée, le premier ministre d’alors, Dominique de Villepin, et son ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, quelques heures après les faits.

Une accusation fallacieuse, vécue comme une torture supplémentaire par les familles endeuillées, blessées par l’insinuation et le stigmate.

Comme si des jeunes noirs et arabes, vivant en « banlieue », étaient forcément des délinquants en puissance.

Cette rencontre avec la police n’est pas un hasard. Un employé du funérarium s’inquiétait de voir des jeunes à proximité du cabanon d’un chantier et préfère alerter la police, suspicieux. Jamais les jeunes n’ont eu de velléité de vol sur ce chantier.

Plus tard, dans sa déposition, l’agent regrettera cet excès de zèle : « Je suis écœuré par ce qui s’est passé, je me sens responsable. »

Le groupe se disperse et court.

Sept d'entre eux se font attraper par la police. Quatorze fonctionnaires de police, cinq voitures s'étaient alors lancés à la poursuite de ces dix jeunes, soupçonnés, à tort donc, de s’être introduits sur un chantier.

Quatre autres policiers sont à l’écoute, à distance.

Personne n'aura la présence d'esprit d'avertir les services d'EDF de l'intrusion des jeunes afin que l'entreprise procède à une coupure du courant.

Pas de remise en question de l'institution

Car Zyed Benna, Bouna Traoré et Muhittin Altun, pour éviter d’être acculés, ont trouvé refuge sur un site EDF et sont allés se terrer dans la réactance pendant plus d’une demi-heure.

À 18h12, par un mouvement malheureux, l’un des jeunes effleure un cylindre. 20 000 volts traversent les corps des adolescents. Zyed Benna et Bouna Traoré meurent électrocutés.

Muhittin Altun s’en sort, le corps brûlé par la chaleur produite.

Au même moment, la ville est brièvement plongée dans le noir, à cause de cette chute de tension du réseau électrique, sans que personne en comprenne la raison.

Muhittin Altun réussit à s’extirper du transformateur pour alerter les secours. Les familles sont averties du décès de leurs enfants.

Puis les premières voitures brûlent. Puis l'état d'urgence est proclamé.

C'est un euphémisme de dire que la tension et la pression autour de ce dossier sont vivaces. Lors de l'audience de 2015, le président, Nicolas Léger, avait tenu à rappeler en préambule qu'il ne s'agissait pas du procès de la police dans son ensemble.

Les familles et leurs soutiens n’ont jamais dit autre chose, elles réclament simplement depuis une décennie que les dysfonctionnements de ce jour-là soient établis.

Que la colère née immédiatement après ces deux décès, matérialisée par les révoltes des quartiers populaires trois semaines durant, trouve une réponse.

Dans ces endroits paupérisés, tout le monde s’est identifié aux deux adolescents, qui auraient pu être les petits ou grands frères de chacun. Leur histoire de fils d’immigrés tunisien et mauritanien, éboueurs, se confond avec celles des autres immigrés. Ces familles qui vivent dans ces barres d’immeubles bâties en enfilade, totalement délabrées, loin de tout, enclavées dans leur quotidien. Le pire a aussi levé un élan. Des militants des quartiers populaires sont nés quand ils ont vu germer en eux le désir de se battre, de revendiquer plus de justice et de lutter contre les violences policières. Pour que Zyed et Bouna ne soient pas « morts pour rien », comme le clame le titre d'un rap, enregistré en hommage aux deux adolescents.

Les rapports conflictuels entre jeunes et police dans ces quartiers irriguent cette affaire. D’aucuns n’ont jamais compris pourquoi des jeunes, qui encore une fois n’avaient rien à se reprocher, courent lorsqu’ils aperçoivent les forces de l’ordre.

Ce réflexe, presque atavique, trouve sa source dans la lassitude face à des contrôles répétés souvent absurdes, ne débouchant sur rien, si ce n’est alimenter un ressentiment de ceux qui les subissent plusieurs fois par jour.

Feue la police de proximité, supprimée en 2002 par Nicolas Sarkozy, tentait de corriger cette défiance, souvent mutuelle.

L’institution a ensuite tenté de fluidifier ces relations au moyen de quelques expédients comme l’interdiction du tutoiement, inscrite dans le Code de déontologie, ou l’encadrement de certaines pratiques comme la palpation lors des contrôles d’identité. L'affichage des matricules des fonctionnaires de police a été rendu obligatoire depuis janvier 2014.

L’idée phare devant remédier aux abus policiers est, pour sa part, mort-née. Le récépissé contre le contrôle au faciès devait apaiser les tensions nées de ces confrontations répétées.

Promesse brandie en 2012 lors de la campagne pour l’élection présidentielle par le candidat Hollande, elle a été enterrée par le président Hollande.

Ces dernières années, la liste des affaires impliquant la police dans les quartiers populaires et jamais condamnées par la justice est pléthorique. Il y a évidemment Zyed et Bouna, mais aussi Ali Ziri , Wissam El-Yamni, Lamine Dieng ou Amine Bentounsi, tous décédés alors qu'ils étaient entre les mains des forces de l'ordre.

Depuis le début du mouvement social qui secoue la France, la question des violences policières a quitté les quartiers populaires pour gagner le reste de la société.

Depuis trois mois, des dizaines de manifestants ont été blessés dans des circonstances plus ou moins troubles. Le bilan précis des blessures est délicat à établir.

Les témoignages, photos et vidéos, affluent de toutes parts et prouvent que la stratégie de maintien de l'ordre choisie est celle de la tension. Et, dans un monde parallèle, le ministère de l'intérieur continue de féliciter ses troupes. Rien ne se passe malgré la dégradation de la situation.

L’institution a du mal à écarter les responsables de ces dérives, à reconnaître sa responsabilité et à réformer ses pratiques en profondeur.

Elle s’honorerait pourtant à envoyer un signal fort en démontrant que l'impunité quasi systématique dans ces dossiers-là n'est pas loi d'airain.

Source :
https://www.mediapart.fr/journal/france/260616/zyed-et-bouna-condamner-la-police-est-donc-impossible

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Publié par C.L.A.P33 - dans Crimes policiers
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