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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 10:44

Le 23 juillet 2016

2.628 personnes ont été évacuées vendredi du site qu'elles occupaient sous le métro aérien, dans le nord de la capitale. C'est la plus grosse opération de ce type depuis un an.

L'opération a duré pas moins de 14 heures, vendredi 22 juillet : de 6h30 à 20h30, les forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation de 2.628 migrants qui s'étaient regroupés dans un campement sauvage sous le métro aérien, boulevard de la Villette, dans le nord de Paris.

Il s'agit de la plus grosse opération de ce type depuis le début de la crise migratoire.

C'est la 26e opération de "mise à l'abri" lancée dans la capitale depuis les premières évacuations de juin 2015 par les autorités, confrontées à l'afflux de migrants.

La plus grosse opération jusqu'à maintenant s'était déroulée en juin dernier aux jardins d'Eole, dans le 18e arrondissement, avec 1.855 personnes prises en charge.

Comme souvent, les chiffres se sont révélés supérieurs à ceux des recensements préalables : alors que 1.200 à 1.400 personnes – pour la plupart des hommes, originaires d'Erythrée, de Somalie ou d'Afghanistan – avaient été comptabilisées ces derniers jours, près du double ont été évacuées.

Bombes lacrymogènes

Dès le petit matin, les migrants se sont pressés pour monter dans les bus.

Les forces de l'ordre ont dû les contenir et les repousser, faisant usage à plusieurs reprises de leurs bombes lacrymogènes, a constaté une journaliste de l'AFP. La suite des opérations s'est déroulée dans le calme.

Parmi les migrants, 158 personnes vulnérables (femmes, enfants) ont été pris en charge, a précisé la préfecture de police de Paris (PP).

Les autorités ont dû mobiliser des moyens supplémentaires. La RATP a mis à disposition des bus.

Pour les accueillir, la Ville de Paris a notamment ouvert trois gymnases. Une maison de retraite désaffectée de Sarcelles (Val-d'Oise) a également été réquisitionnée pour recevoir 316 personnes.

Un maire en colère

Au total, les migrants ont été répartis dans une soixantaine de centres d'hébergement en région parisienne et onze en province, selon la PP.

A Saint-Mard (Seine-et-Marne), où 200 migrants ont été relogés dans un gymnase, le maire Daniel Dometz (Les Républicains) s'est indigné d'un "abus du droit de réquisition" des préfets de région et du département.

L'édile estime que les services de l'Etat "mettent en péril l'équilibre sécuritaire" de sa commune :
"Au-delà du fait que les populations de migrants ont droit à un minimum de décence et de bon traitement [...], il est totalement irresponsable d'installer aussi précipitamment quelques 200 migrants au sein d'une commune de 3.800 habitants", affime ainsi Daniel Dometz dans un communiqué.

"Je dors sur un carton"

Ces dernières semaines, les réfugiés s'étaient installés sur le terre-plein central du boulevard de la Villette, progressivement recouvert de centaines de tentes et de matelas, au milieu des détritus et des flaques d'urine.

A quelques mètres se trouvent des locaux de l'association France Terre d'asile, où les migrants font d'ordinaire leur première demande d'enregistrement.

Dans ce camp, "c'est très difficile, on n'a pas de couvertures, de douches, de toilettes. Moi je dors sur un carton, ma capuche sur la tête", a ainsi témoigné Mahamat Moussa, un jeune homme de 19 ans originaire du Tchad, en France depuis dix mois.

Le week-end dernier, des rixes avaient éclaté entre migrants, nécessitant l'intervention de policiers et de CRS.

"Epuisement"

Côté associatif, Pierre Henry, directeur général de France Terre d'asile, confie son "sentiment d'épuisement" :
"Il faut, dans toutes les capitales régionales, des centres pour accueillir et orienter les migrants, pour arrêter d'attirer les gens à Paris et à Calais. Si ce n'est pas fait, c'est que la décision politique n'est pas prise".

Depuis plus d'un an, les campements se reconstituent régulièrement dans le nord de Paris, au gré des évacuations.

Un centre humanitaire attendu à la rentrée

La Coordination française pour le droit d'asile (CFDA), qui regroupe des associations d'assistance aux migrants, a déploré un "harcèlement policier et administratif", alors que "la France a l'obligation d'accueillir dignement et d'héberger l'ensemble des personnes qui demandent une protection sur son territoire".

Mais "en dépit de créations importantes de places d'hébergement (+20.000 en deux ans), les capacités demeurent insuffisantes", ajoute la coordination.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé la création à la mi-septembre d'un centre humanitaire de réfugiés dans le nord de la capitale.

Source :
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/migrants/20160723.OBS5170/a-paris-la-plus-grosse-evacuation-de-migrants-depuis-un-an.html

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