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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 10:19

Le 29 septembre 2016

La politique d’accueil des migrants dans la capitale est illisible : d’un côté Anne Hidalgo s’efforce de faire de Paris une « ville refuge », de l’autre le préfet de police effectue des interpellations massives dans les rues pour disperser les campements de fortune. Les habitants leur venant en aide sont eux aussi visés par des mesures d’« intimidation ».

Paris ville refuge ? La question ne fait même pas sourire Suleyman. Ce Soudanais de 41 ans, arrivé en France il y a trois mois, vient de finir de se brosser les dents, penché au-dessus du point d’eau installé au début de l’avenue de Flandre dans le XIXe arrondissement.

Ce jeudi 29 septembre, à 8 heures du matin, au milieu de la circulation, il a les traits tirés. « J’ai bien dormi, merci », dit-il d’un ton las.

D’abord, il affirme être « reconnaissant » envers la France pour son accueil, puis se ravise. « C’est l’enfer, on dort sur les trottoirs », dit-il en montrant son frère en train de replier un rouleau de mousse. « Les policiers ne nous laissent pas en paix », poursuit-il.

La veille, au même endroit à la même heure, une opération de police a eu lieu : prévenus par un informateur, la plupart des 600 exilés vivant dans le quartier ont dormi ailleurs. « Seuls » vingt-deux d'entre eux ont été embarqués.

Vendredi 30 septembre, deux nouvelles interventions auraient concerné plusieurs personnes.

Alors qu’Anne Hidalgo, la maire de la ville, s’apprête à rencontrer le pape François au Vatican avec une trentaine de maires européens « solidaires » des réfugiés, la police française pourchasse, interpelle, voire envoie en rétention celles et ceux qui ont posé leurs bagages dans les rues de la capitale, en l’absence de lieu dédié pour les accueillir.

Plus précisément, les forces de l’ordre, sous la responsabilité du ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, ciblent les exilés qui, tout juste arrivés en France, n’ont pas encore obtenu l’attestation de demandeurs d’asile délivrée par… la préfecture.

Et pourquoi ne l’ont-ils pas entre les mains ?

Parce qu’ils doivent patienter dans des conditions indignes plusieurs jours d’affilée devant France terre d’asile (FTDA), l’association mandatée par l’État, pour décrocher une date pour ce rendez-vous en préfecture lors duquel leurs empreintes sont prises et l’attestation délivrée.

Cette procédure prenant au moins un mois, les policiers considèrent qu’en attendant, les réfugiés sont en situation irrégulière : ils en profitent pour les appréhender.

Ce rituel – les opérations de ce type se multiplient depuis l’été – se déroule à chaque fois dans le même périmètre : autour de la station de métro Jaurès dans le XIXe arrondissement.

Après avoir débarqué en Sicile, les personnes en quête de protection, qui ont toutes traversé la mer Méditerranée dans des conditions éprouvantes, arrivent via la gare de Lyon dans ce quartier du nord de Paris.

Elles ne se retrouvent pas là par hasard : elles recherchent la proximité des bureaux de FTDA pour garder leur place dans la file d’attente.

En ce moment, elles se regroupent par nationalité, comme l’explique Valérie Osouf, qui vient en aide depuis plusieurs mois aux migrants installés dans les parages : les Érythréens près de la Rotonde, les Éthiopiens sous le pont à Stalingrad, les Afghans, parmi lesquels beaucoup de familles, du côté Jaurès, et les Somaliens et les Soudanais avenue de Flandre.

Cette activiste, qui est pris la parole lors de la soirée que Mediapart a organisée au Théâtre de la Ville le 26 mai 2016, a recensé dix-sept « rafles » depuis le 31 juillet.

Face à cette situation qui se répète, plusieurs associations, parmi lesquelles le Gisti, la Cimade IDF, l’Assfam et le Secours catholique, ont récemment adressé un courrier au préfet de police de Paris (PP) lui reprochant ses pratiques.

« Nous demandons que l’ensemble des exilé·e·s qui cherchent une protection puisse enregistrer immédiatement leur demande d’asile et que les obligations de quitter le territoire prises à leur encontre soient abrogées. Nous demandons également l’arrêt immédiat des interpellations massives et des brutalités policières », indiquent-elles.

À la suite de ces contrôles d’identité conduits au faciès – ils concernent exclusivement les habitants des campements de fortune –, elles ont eu connaissance de 209 cas de mesures d’obligation de quitter le territoire (OQTF) depuis le 1er août, date à partir de laquelle le rythme des interventions policières s’est accéléré.

Que se passe-t-il dans les commissariats ?

Les exilés doivent prouver qu’ils ont entamé des démarches de demande d’asile en France pour être libérés. Sinon, ils risquent d’être envoyés dans des centres de rétention administrative (CRA) en vue de leur expulsion. Marie Lindemann est coordinatrice juridique de l’Assfam, l’association qui assure l’accès au droit des personnes retenues au CRA de Vincennes.

Elle observe qu’au cours des deux derniers mois entre 80 et 90 exilés ont ainsi été privés de liberté. Originaires de pays où sévit la guerre ou la répression, comme le Soudan, l’Érythrée, la Somalie ou l’Afghanistan, la plupart d’entre eux ne peuvent pas être renvoyés de force dans leur pays d’origine ; mais tous ou presque sont susceptibles d’être réadmis, selon la réglementation de Dublin, dans le premier pays de l’Union européenne dans lequel ils ont été identifiés, comme l’Italie, la Bulgarie ou la Hongrie.

« Le plus souvent, nous parvenons à faire sauter les demandes de réadmission pour des raisons de non-respect de la procédure, par exemple l’absence d’information sur les droits ou encore l’absence de notification dans une langue comprise par la personne. Les cas de retours effectifs sont rares », observe-t-elle. Sept personnes n’ont toutefois pas pu y échapper.

Pourquoi un tel déploiement de moyens policiers pour un résultat proche de zéro ?

Valérie Osouf a noté le 28 septembre la présence d’une centaine de CRS et d’une vingtaine de policiers de la Bac, accompagnés d’une dizaine de camionnettes et d’au moins trois cars, le tout pour contrôler une vingtaine de personnes.

Concernant les effets de cette politique, elle évoque le cas de réfugiés aussitôt revenus en France après avoir été réadmis en Italie. La police ne peut l’ignorer : il semblerait d’ailleurs que l’administration française renonce à des réadmissions vers ce pays.

Mais qu’en contrepartie, elle retienne le plus longtemps possible, soit 45 jours, les personnes en rétention, avant de les libérer. « Cela ressemble à ce qui s’est passé pour Calais : les policiers savent évidemment que les exilés ne sont pas expulsables, mais ils les embarquent quand même pour faire place nette », affirme Marie Lindemann.

Sachant qu’ils ne disposent pas des 50 à 70 places par jour nécessaires pour accueillir les nouveaux arrivants, les services de l’État paraissent avoir opté pour la stratégie de la dispersion. En vain pour l’instant puisque les campements finissent toujours par se reformer.

Comme l’explique un groupe de réfugiés afghans discutant ce jeudi sous le pont aérien, la peur les gagne, même s’ils en ont vu d’autres.

« On est ballottés d’un endroit à l’autre, comme des bêtes ; on hésitait déjà à demander l’asile en France, les autorités font tout pour nous en dégoûter », affirme Amin, qui présente sa famille, qui vit depuis dix jours sur ce terre-plein à l’abri d’une tente.

Force est de constater que rien n’est fait pour les rassurer. Lors des évacuations de campements, il est difficile, voire impossible, de distinguer les opérations de « mise à l’abri », organisées par la préfecture d’Île-de-France avec le concours de la mairie de Paris (plus de 16 000 « offres » d'hébergement auraient été proposées depuis un an et demi), des opérations strictement policières.

Ce n’est pourtant pas la même chose : dans un cas, les personnes sont orientées vers des centres d’hébergement dans des bus habituellement réservés aux touristes, dans l’autre elles sont emmenées vers des commissariats dans de sommaires cars de la police nationale. La confusion est d’autant plus inévitable que les deux types d’intervention sont parfois liés.

« J’ai vu un jeune homme militant à terre (...). J’ai cru qu’ils l’avaient tué »

Il existe néanmoins quelques indices : les interpellations systématiques ainsi que les évacuations brutales (comme celle du lycée désaffecté Jean-Jaurès en mai 2016) ne sont relayées ni par la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, ni par la mairie de Paris, et sont fréquemment le théâtre de violences, contre les réfugiés mais aussi leurs soutiens.

Cet été, la tension est montée à partir du dimanche 31 juillet : ce soir-là, les activistes présents sur place ont répertorié 15 blessés parmi les exilés dont cinq à l’hôpital et un mineur de 17 ans au taser ; un interprète a été traîné sur quinze mètres en présence de témoins alors qu’il était en train de traduire à un pompier les propos d’un blessé.

Les jours qui ont suivi, vers 13 heures, au moment de la distribution du repas, des contrôles ont eu lieu tous azimuts, les personnes étant évacuées « à coups de matraques et de gaz lacrymogène », selon un communiqué signé par l’ensemble des groupes venant en aide aux réfugiés – #‎welcomerefugees, Soutien aux exilés de GdE et Stalingrad, Comité de soutien des Migrants de la Chapelle, Collectif La Chapelle Debout et Collectif parisien de soutien aux exilé.e.s (CPSE).

Le 2 août, pas moins de 251 personnes, parmi lesquelles des familles et des mineurs isolés, ont été conduites au commissariat : trente OQTF ont alors été délivrées, selon leur recensement.

« Les conditions étaient inhumaines, se rappelle Valérie Osouf. Ils sont restés neuf heures dans l’antenne de police de la rue de l’Évangile [dans le XVIIIe arrondissement – ndlr] sans pouvoir boire d’eau ; une femme n’a pas pu nourrir son bébé. »

Quelques jours plus tard, le 7 août, deux membres de collectifs, l’un de La Chapelle Debout, l’autre du CPSE, ont passé neuf heures en garde à vue dans un commissariat du XXe arrondissement, d’où ils sont ressortis avec une convocation en justice pour le 9 novembre, pour « organisation d’une manifestation illicite », délit pour lequel ils encourent six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

Exaspérés d’être quotidiennement harcelés, le 12 août, les réfugiés commencent à bloquer le carrefour autour du métro Jaurès.

Violette Baranda, élue du XIXe arrondissement, du Front démocrate (créé par Jean-Luc Bennahmias), est de permanence et décide de venir vérifier si les personnes vivant à la rue ont de quoi se désaltérer.

« Les CRS étaient énervés, ils m’ont dit de me pousser, c’était impressionnant ; ils tapaient avec leurs matraques sur leurs boucliers pour refermer la nasse », raconte cette femme de 66 ans, dont les parents, espagnols, étaient réfugiés.

« J’ai vu un jeune homme militant à terre, la joue plaquée contre le sol, l’œil hagard. J’ai cru qu’ils l’avaient tué », se souvient-elle.

« Ils s’en prenaient à tout le monde, y compris aux familles, ils leur faisaient peur, ils tapaient avec leurs pieds dans les matelas », ajoute cette élue, qui, quelques jours plus tard, trouve dans sa boîte aux lettres une convocation pour « participation délictueuse à une manifestation non autorisée ».

« Délictueuse suppose que j’étais armée », note-t-elle alors, stupéfaite. Après plusieurs reports, elle se rend au commissariat le 23 septembre.

« Leur objectif était de m’intimider, de la même manière qu’ils cherchent à intimider les réfugiés », observe l’élue.

Membre de La Chapelle Debout, Houssam El Assimi, également intervenu lors de la soirée de Mediapart au Théâtre de la Ville, n’a, lui, raté aucune des opérations policières.

Avec celle du 28 septembre, il évalue à 2 600 le nombre total d’arrestations et à 350 le nombre d’OQTF. Dernière nouveauté : une ligne téléphonique « anti-rafles » a été mise en place, avec 200 personnes mobilisables, indique-t-il.

« Nous suivons les exilés pour ne pas perdre leur trace lorsqu’ils sont emmenés au commissariat et nous les aidons à rédiger les recours avec des interprètes capables de traduire dans leur langue », ajoute-t-il.

En réaction à cette gestion policière, deux associations pourtant en contrat avec respectivement l’État et la mairie, FTDA et Emmaüs Solidarité, ont annoncé, le 22 août, la suspension de leurs maraudes.

Selon ces structures, les « ambiguïtés des politiques publiques quant à l'accueil des migrants dans ces rues » ne leur permettaient plus de mener à bien leur mission.

« On ne peut pas donner des informations sur l'asile à une personne et, une heure après, la voir embarquée par la police », a déclaré à l'AFP Pierre Henry (FTDA), dénonçant une « logique de dissuasion ».

Compte tenu de l’image accueillante qu’elle souhaite donner de la capitale, Anne Hidalgo n’apprécie pas ces démonstrations récurrentes de la force publique.

À chaque occasion, elle s’en démarque en rappelant qu’en tant que maire de Paris (à la différence des autres municipalités), elle n’a aucune responsabilité en la matière.

Et met l’accent sur les deux camps « humanitaires » (l’un à Paris à la Porte de La Chapelle pour les hommes, l’autre à Ivry-sur-Seine pour les femmes et les familles) censés ouvrir prochainement leurs portes.

Mais elle ne peut se désolidariser totalement de l’État dans la mesure où ces lieux d’accueil transitoire, prévus pour héberger moins d’un millier de personnes, ne peuvent fonctionner qu’à la condition que les pouvoirs publics libèrent ensuite les places nécessaires en centres d’hébergement des demandeurs d’asile.

Source :
https://www.mediapart.fr/journal/france/290916/paris-les-operations-policieres-contre-les-refugies-se-multiplient

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