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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 23:31

Témoignage de Maxime - Enseignant d’EPS

Faux témoignages policiers

Ayant participé au mouvement des « gilets jaunes » depuis ses débuts, c’est tout naturellement que je me suis rendu à la manifestation du 1er mai à Bordeaux.

J’ai donc retrouvé deux amis vers 13h30 place de la Bourse, lieux de départ du cortège. Ce dernier s’est mis en marche vers 14h, direction Rue Sainte Catherine, rue qu’il a remonté jusqu’à la place de la Victoire, dans une ambiance bon enfant, sans présence policière particulière.

La manifestation est alors restée sur place une bonne demi-heure, laps de temps pendant lequel je me suis assis à la terrasse du « grizzly pub » pour boire une bière avec mes amis.

Vers 15h nous sommes repartis direction place Saint Michel, place où les manifestants ont étés bloqués par les CRS, qui ont usés de gazés lacrymogènes pour repousser les gens vers les quais.

La manifestation s’est alors disloquée, certains prenant vers le cours Victor Hugo, d’autres sur les quais vers le pont de pierre ou vers la gare.

Je me suis pour ma part dirigé vers la gare puis ai pris à droite, deux rues avant le conservatoire, pour retrouver le cours de la Marne puis remonter vers la Victoire.

Sur le cours de la Marne, je me suis alors fait interpellé par des CRS, aux alentour de 16h.

Deux d’entre eux ont courus vers moi par surprise à l’angle de la rue ? .

J’ai par réflexe tenté de d’esquiver le plaquage au sol qui s’annonçait en faisant demi tour en courant, mais d’autres agents étaient juste derrière moi et j’ai bien eu droit à la mise au sol quelques instants après.

Je n’ai à partir de ce moment là opposé aucune sorte de résistance.

Ils ont immédiatement vidé mon sac à dos, dans lequel se trouvait du matériel de protection : casque de snowboard, masque à gaz à cartouche, lunettes de piscine et masque anti chocs, gants, gilet jaune, k-way noir. Tout était bien dans mon sac, je ne portait rien sur moi directement.

A la vue de ce matériel, un des CRS, dont j’apprendrais plus tard qu’il était le plus haut gradé sur place ce jour là (commandant Martin), me signifie, alors que je suis  encore à terre, que je suis placé en garde à vue pour outrage à agents, pour leur avoir « fait des doigts d’honneur avec les deux mains en leur criant « suicidez vous » à deux reprises.

Ils rajoutent également sur le PV : rébellion et participation à une manifestation interdite malgré les sommations à la dispersion.

Si j’ai bien reconnu, et même revendiqué ma volonté de rester malgré l’interdiction de manifester, j’ai immédiatement contesté les deux autres accusations, totalement mensongères. La rébellion a d’ailleurs été abandonnée, pour se concentrer sur l’outrage. Qui est, je le répète, totalement inventé.

Selon eux (quatre agents déposent en ce sens et portent plainte…), je leur aurait fait, à visage découvert, les doigts d’honneur et leur aurait dit « suicidez vous » de l’extérieur du conservatoire, donc protégé par les hautes grilles d’enceinte, à dix mètres d’eux, alors qu’ils étaient à l’intérieur.

Je me suis donc retrouvé au commissariat central de Meriadeck, pour 44h de GAV en cellule individuelle. J’ai pu voir un médecin.

J’ai passé une première nuit sans dormir (en t-shirt en sous sol, pas de couverture car soi disant « rupture de stock »), à l’issue de laquelle on m’a auditionné, assisté par l’avocat commis d’office.

J’ai bien sûr fermement nié l’outrage, en justifiant ma présence par la seule volonté de défendre le service publique et ses agents de la casse programmée par des politiques injustes.

On m’a fait revenir plusieurs fois pour répéter les mêmes choses, en me faisant reprendre le cours des événements à l’envers, et en me répétant qu’il n’y avait aucun doute sur ma culpabilité, que les plaintes seraient retirées si j’avouais…Pourquoi quatre agents mentiraient ?

Ma famille m’a alors trouvé un avocat (Mr Galinat), qui est venu me voir, ce qui m’a apparemment évité la comparution immédiate.

Devant mon obstination à nier les faits qui m’étaient reprochés, et au vu de mon profil (enseignant, pas de casier, pas alcoolisé au moment des faits, une défense orale argumentée et cohérente…), le procureur à demandé que soit effectué 4 confrontations. Mon avocat m’a dit que cela était exceptionnel, surtout lorsqu’un commandant fait partie des accusateurs.

J’ai donc effectué deux confrontations le jeudi en fin de journée, en commençant par le commandant Martin. Ce dernier a répété qu’il me reconnaissait bien et qu’il n’y avait pas d’erreur possible. Qu’il m’avait déjà repéré avant mon interpellation, place de la Victoire et Place Bir-Hakeim, comme un individu sur-excité, qui existait tout un groupe… J’ai passé mon temps à la Victoire assis en terrasse (j’ai deux témoins plus les vidéos du bar) et je ne suis jamais passé à Bir-Hakeim.

Ils n’ont d’ailleurs jamais pu me présenter une vidéo attestant leurs dires, alors que ces deux places sont quadrillées de vidéo de surveillance, qu’ils ont les horaires précis, et qu’ils disposent d’une cellule spéciale d’investigation vidéo sur les GJ.

Je me suis défendu avec calme et assurance, et j’ai clairement senti un malaise grandissant au long de la confrontation, le policier ayant de plus en plus de mal à me regarder dans les yeux.

La deuxième confrontation s’est déroulée de la même façon. L’OPJ nous a alors signifié que les deux autres confrontations se feraient le lendemain.

Mon avocat n’a pas souhaité poser de questions et a déclaré qu’il en aurait de très pertinentes mais qu’il attendrait la fin des confrontations pour les poser. Malaise de nouveau chez les policiers…

Nouvelle nuit sans sommeil quasiment car un individu hurlant toutes les dix minutes fut placé juste à coté de ma cellule. Hasard… ?

Le lendemain (vendredi donc), l’OPJ me demande si je change d’avis et reconnaît les faits…

Devant mon obstination, il revient quelques heures après et me signifie que les deux autres confrontations sont annulées, sous prétexte que cela n’avancerait à rien vu que je restais fermement sur mes positions.

Je pense plutôt, et mon avocat également, qu’ils ont préféré éviter l’épreuve de la confrontation et des questions de l’avocat à leurs deux autres collègues.

Je suis donc sorti de GAV le vendredi vers 12H00, avec une convocation au tribunal de grande instance de Bordeaux le 24 janvier 2020.

L’OPJ m’a menacé et intimidé en me disant que si ils me revoyaient en vidéo sur une manifestation interdite ils viendraient me chercher chez moi…

A titre personnel, je pense qu’il savait que l’accusation d’outrage était fausse, mais qu’il pensait, au vu de mon matériel, que j’étais coupable d’autres choses, raison pour laquelle j’ai été maintenu en GAV pour tenter de me faire condamner, quitte à ce que cela se fasse sur de fausses déclarations.

Tout cela peut être considéré comme des violences policières dans le sens où l’on ne ressort pas tout à fait intact psychologiquement d’une GAV, surtout quand elle se base sur de purs mensonges.

Physiquement, j’ai subi une dermabrasion conséquente dans le bas du dos, et j’ai encore un manque de sensation au niveau des pouces car le serre-flex, gardé plus d’une heure, était extrêmement serré et m’a écrasé des nerfs.

Voilà le fonctionnement quotidien de l’Etat et de sa police. Dissuader et casser les revendications sociales, dès qu’elles deviennent réellement un peu dangereuses pour l’ordre établi, par tous les moyens possibles : brutalité, mensonges, violation de la loi qu’ils sont censés représenter.

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