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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 15:25

Le 23 décembre 2019

En mai dernier à Paris, une étudiante de 23 ans a passé plus de 30 heures en cellule de dégrisement et en garde à vue.

Elle raconte avoir subi de graves humiliations, des blessures physiques et un vol.

Pendant qu’elle était en cellule, son téléphone et sa carte bleue auraient été utilisés par des policiers au profit d’un site de paris en ligne.

Plus de 500 euros ont été débités de son compte en banque.

Le parquet a ouvert une enquête pour violences, vol et escroquerie.

Cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT). Des hématomes aux paupières, sur le cuir chevelu, sur un genou, une cuisse et une jambe. Des ecchymoses aux poignets. Un traumatisme psychologique lié à des brimades. Et un compte en banque délesté de 554,99 euros, essentiellement au profit d’un site de paris et de poker en ligne.

La liste des accusations que porte Margaux*, étudiante de 23 ans, est saisissante.

Les agissements reprochés sont graves.

« Je suis ressortie du commissariat défigurée et dépouillée. Je ne méritais pas ça. Cette nuit-là, j’ai fait des conneries. Je les assume. Je prends mes responsabilités. Mais je ne méritais pas ça. »

Les faits remontent à la nuit du 30 avril au 1er mai 2019.

Margaux et une amie passent la soirée dans un club de l’est parisien.

Elles boivent beaucoup d’alcool.

Au milieu de la nuit, l’amie de Margaux se sent mal. Elle fait une crise d’angoisse, elle vomit.

Les vigiles de la boîte appellent les pompiers.

La suite, Margaux n’en a que des souvenirs très diffus, à cause de l’alcool.

« Je me rappelle que j’ai d’abord refusé de monter dans le camion des pompiers. Mais après, c’est le trou noir. »

Tous les détails, elle les découvrira plus tard, d’abord en garde à vue, puis à la lecture des auditions des pompiers et des policiers, appelés en renfort.

Margaux est accusée de violences, sans entraîner d’incapacité de travail, sur un fonctionnaire de police et sur deux pompiers.

Des coups de pied et de poing. Des crachats. Une morsure sur un pompier.

Elle ne se souvient de rien mais est prête à tout reconnaître. Elle ne veut pas se dérober.

« Je sais que quand j’ai trop bu, je peux mal me comporter. »

Après un passage à l’hôpital de Lariboisière où elle refuse d’être examinée, Margaux est emmenée au commissariat de la rue de l’Évangile, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Sa garde à vue lui est notifiée le 1er mai à 6 h 25 du matin.

La jeune femme est encore bien alcoolisée mais émerge peu à peu. Et elle se souvient d’un épisode en particulier.

« Des femmes policiers ont voulu me retirer mon collant et mon soutien-gorge pour la garde à vue. Comme je me débattais, elles ont demandé à leurs collègues masculins de le faire. Je me suis retrouvée avec la robe sur la tête, poitrine nue. Et ils m’ont trimballée dans les couloirs en rigolant. Ils disaient : “Regardez, c’est la nouvelle Femen !” »

Margaux est ensuite transférée dans un autre commissariat, rue Louis-Blanc (Xe) pour être placée en cellule de dégrisement.

« Ils m’ont emmenée pieds nus », détaille la jeune femme.

Ce transfert n’est consigné nulle part.

Officiellement, Margaux est donc restée rue de l’Évangile.

« Ce n’est pas normal, commente maître Slim Ben Achour, son avocat. On doit être en mesure de suivre le cheminement d’une personne entre sa détention et sa remise en liberté. Ici, il y a une grande opacité. »

Les affaires personnelles de Margaux – dont son téléphone et sa carte bleue – sont enregistrées au commissariat de l’Évangile.

Et dès le 1er mai, comme en attestent ses relevés bancaires, des prélèvements sont effectués sur son compte.

Dix-sept au total entre le 1er et le 2 mai. 5

00 euros au profit du site de paris sportifs et de poker Betclic (deux débits de 200 euros, deux de 25 euros et un de 50 euros).

Le reste, au profit de Google PI, par petites sommes de 1,09 euro à 10,99 euros.

Au total, 554,99 euros sont ainsi débités du compte bancaire de Margaux alors qu’elle est en détention.

« Quand je suis sortie de garde à vue, le 2 mai dans l’après-midi, j’ai voulu m’acheter des cigarettes et boire un café. Ma carte ne passait pas. J’ai rechargé mon téléphone parce que la batterie était à plat. J’ai consulté mes comptes en ligne. En voyant les prélèvements, j’ai cru que j’avais été piratée. Il ne m’est pas venu une seconde à l’esprit que c’était la police qui pouvait avoir fait ça », précise-t-elle.

C’est en examinant ses SMS qu’elle réalise l’impensable.

Sa banque lui a envoyé un code d’authentification « pour un paiement de 500 euros sur Betclic Enterprises ».

Le SMS est daté du 1er mai, à 10 h 36.

À cette date et à cette heure, Margaux était en cellule de dégrisement.

Elle comprend que sa carte bleue et son téléphone ont été utilisés pendant ce temps-là. Par une ou plusieurs personnes à l’intérieur du commissariat.

Comment auraient-ils pu accéder aux messages reçus sur son téléphone, alors que ce dernier était verrouillé ?

« Je pense qu’ils m’ont vue composer le code d’accès », répond Margaux.

Et surtout, au moment de porter plainte, elle précisera également que « les messages sont affichés sur l’écran même si le téléphone est verrouillé. Ils peuvent également être supprimés sans avoir accès au code de déverrouillage ».

Le test sera d’ailleurs fait par le policier qui prend la plainte.

Et consigné sur le PV.

« Cette personne avait l’air de me prendre au sérieux », se souvient Margaux. « J’étais choquée. Je n’en revenais pas. Comment ont-ils osé ? Quel sentiment de totale impunité peuvent-ils ressentir pour faire ça ? »

Interrogée par Mediapart, la préfecture de police de Paris a répondu qu'elle ne faisait « pas de commentaires sur les affaires individuelles ».

Elle demande de l’eau, on lui donne une gamelle

Pour l’étudiante, c’est le prolongement d’un cauchemar. Une violence supplémentaire après celles subies en détention.

Car, après l’épisode de la robe sur la tête, Margaux n’est pas épargnée en dégrisement.

Elle est placée dans la cellule voisine de son amie.

Son corps est douloureux. Ses yeux, en particulier.

Son amie l’interroge : « Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? Tu es défigurée. »

« Elle, c’est la méchante », répètent plusieurs fois les policiers en désignant Margaux.

Quand elle demande de l’eau, ils lui donnent une gamelle et l’incitent à boire dedans. Comme un chien. Ça les fait rire.

Margaux est de nouveau humiliée. Déshumanisée.

Les heures passent. Son amie finit par sortir. Margaux reste seule.

Nous sommes toujours le 1er mai.

Dans la soirée, Margaux sort de dégrisement et est ramenée rue de l’Évangile pour y poursuivre sa garde à vue, jusqu’au lendemain.

« Les policiers qui m’ont entendue m’ont déconseillé de prendre un avocat. Ils m’ont dit que je resterais plus longtemps si j’en demandais un. En cellule, je me suis retrouvée avec des femmes gilets jaunes. Toutes interpellées pendant la manif du 1er Mai. Elles m’ont dit que j’aurais dû contacter un avocat. Ou ma famille. Mais c’était trop tard. »

La seule personne que Margaux a contactée pendant sa garde à vue, c’est son employeur.

Pour financer ses études, elle était à l’époque en service civique dans une association d’aide à l’insertion. Elle voulait prévenir de son absence.

Pendant sa garde à vue, la jeune femme sent que ses yeux ne cessent de gonfler. « Qu’est-ce que j’ai ? Je n’arrive pas à les ouvrir », demande-t-elle à un policier. Il répond qu’elle a juste des cernes et qu’une « bonne nuit de sommeil arrangera tout ».

Quand elle sortira le lendemain, elle va découvrir que les contours de ses yeux sont en réalité tuméfiés.

Et ses paupières, violacées.

Margaux, qui a été victime par le passé d’un ex-petit ami violent, aura le bon réflexe.

Prendre immédiatement des photos de ses blessures. Toutes les blessures. De la tête aux pieds.

Ces photos vont être déterminantes par la suite. Précisément, le jour de son procès.

Début novembre 2019, Margaux a en effet été convoquée au tribunal correctionnel de Paris. E

lle devait être jugée pour les violences commises sur les policiers et les pompiers.

Mais la juge a vu les fameuses photos dans le dossier. « Elle a été horrifiée », raconte l’avocat Slim Ben Achour.

La magistrate découvre aussi que les urgences médico-légales de l’Hôtel-Dieu ont prescrit 5 jours d’ITT à Margaux après son dépôt de plainte.

Et enfin, elle prend connaissance de l’utilisation de la carte bleue de Margaux pendant sa détention.

Étonnée par l’absence d’enquête malgré la plainte et une saisie de l’IGPN dès le mois de mai, la juge demande un report de l’audience, au mois de juin 2020.

Et une jonction des deux dossiers. Celui des faits reprochés à Margaux. Et celui où elle est une victime.

« Ce retournement de situation n’est, à mon avis, pas étranger au contexte actuel, commente l’avocat de Margaux. J’ai le sentiment que les juges sont plus sensibles à la problématique des violences policières. »

Depuis cette audience de novembre, les choses se sont accélérées.

Une enquête est ouverte par le parquet pour violence par personne dépositaire de l’autorité publique, vol et escroquerie.

Selon une source judiciaire, l’enquête n’a pas été confiée à l’IGPN mais au Service de déontologie et de soutien aux effectifs (SDSE).

Ce service est rattaché à la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP).

« J’ai hâte que tout soit tiré au clair », souffle Margaux.

« Pour le vol. Et pour les coups. Je ne sais pas qui me les a portés. Je ne sais pas quand. J’ai sûrement été violente. J’ai dû me débattre. Mais on ne met pas des coups au visage à quelqu’un qui est menotté. »

Elle confie que ces derniers mois ont été difficiles, psychologiquement.

« Au début, je me suis démenée pour me défendre. Ça m’a permis de ne pas m’effondrer. Mais j’avais tellement peur. J’ai hésité à porter plainte, je craignais qu’on me remette en garde à vue pour m’empêcher de parler. Après, je faisais des cauchemars. J’avais peur des gens en uniforme. Même les agents de la RATP m’angoissaient. »

Margaux est ensuite entrée dans une phase de déni. Elle a essayé de mettre toute cette affaire dans un petit recoin de sa tête.

« Mais ce n’était pas une bonne idée, tranche aujourd’hui la jeune femme. Parce que c’était là, malgré tout. Ça a perturbé mon semestre à la fac. Ça a perturbé la fin de mon service civique. Je faisais du soutien scolaire. Ce n’est pas très cool de se présenter défigurée devant des enfants. »

Margaux était terrifiée par le procès de début novembre. La décision de la juge l’a rassurée.

Elle attend la nouvelle audience, en juin, avec impatience.

« Je veux qu’il y ait une justice. Ils ont été victimes de moi et je vais assumer. Mais eux aussi me doivent réparation. Eux aussi doivent assumer. »

Source :
https://www.mediapart.fr/journal/france/231219/escroquerie-et-violences-des-policiers-accuses-de-graves-abus-envers-une-jeune-femme-gardee-vue

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