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3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 16:54

Le 2 janvier 2020

Cette technologie bluffante sera au cœur des futures "villes intelligentes". Mais l’exemple du Big Brother à la chinoise inquiète. Débat entre deux experts aux avis tranchés.

De Pékin à Shanghai, chaque citoyen est désormais noté. S’il jette un mégot ou traverse au feu rouge, s’envolent ses chances de décrocher un job couru ou de prendre l’avion. Ce système orwellien repose quasi entièrement sur la reconnaissance faciale.

Chez nous, pour l’instant, rien de comparable. Mais demain ?

Capital a réuni deux experts pour y voir plus clair.

Capital : La reconnaissance faciale est-elle une chance ou une menace ?

Raphaël de Cormis* : Comme toute technologie, la reconnaissance faciale est, en soi, neutre. Tout dépend de la manière dont on l’utilise. Ses premiers développements datent d’il y a une trentaine d’années, mais, avec sa démocratisation, on assiste à un retour de l’imaginaire cyberpunk des années 1970-1980, certains craignant d’être espionnés de toutes parts.

On peut le comprendre.

Mais il faut savoir que la très grande majorité des projets en la matière se font sans aucune base de données, sansfichier d’aucune sorte.

La plupart du temps, et c’est d’ailleurs le cas des sas de passage aux frontières Parafe de Gemalto, qui sont déployés dans les aéroports français, les caméras à reconnaissance faciale se contentent de vérifier si votre visage correspond aux indicateurs biométriques qui figurent déjà, de manière codée, sur votre pièce d’identité.

Elles ne collectent ni ne transmettent rien.

Gaspard Koenig** : Je suis d’accord sur l’idée que toute technologie est, en principe, neutre. Du reste, la reconnaissance faciale est, en soi, intéressante, et même assez miraculeuse.

Néanmoins, si elle suscite la polémique encore plus que les autres formes d’intelligence artificielle (IA), c’est justement parce qu’elle touche au visage.

Or le visage, "la visagéité", comme disait le philosophe Gilles Deleuze, est le reflet de notre identité la plus profonde, de notre moi intime.

Quand on utilise la reconnaissance faciale pour déverrouiller son téléphone, ou quand un gouvernement vous propose cette option pour accéder plus simplement à des services administratifs, pourquoi pas.

Mais il est inquiétant que l’on puisse recueillir à terme un visage dans l’espace public, à la volée, et de manière non consentie.

En quoi cette technologie peut-elle changer notre quotidien ?

Raphaël de Cormis : D’abord, elle nous aidera à fluidifier les villes dont la démographie va continuer à exploser : avec la gestion des mouvements de foule, ou encore l’identification quasi instantanée d’une personne qui a fait un malaise. Ensuite, elle permettra de créer de la confiance dans les échanges numériques.

Les réseaux sociaux pourront demander à leurs utilisateurs, avec leur consentement, qu’ils s’identifient avec leur visage avant de publier un contenu ou de lancer une campagne publicitaire, afin qu’ils puissent vérifier de manière certaine que vous êtes bien un être humain, et non une de ces IA qui diffusent des "fake news" par milliers pour manipuler l’opinion.

Cela permettra aussi de sécuriser et de fluidifier les paiements. Il n’y aura plus de fastidieux formulaires (nom, date de naissance, etc.) ni de codes de confirmation reçus par SMS : un selfie suffira.

Le but est de parvenir à un système presque aussi fluide et fiable que celui de la poignée de main des commerçants d’autrefois, en apportant plus de simplicité, de chaleur humaine.

Gaspard Koenig : Payer dans un magasin en montrant son faciès à une caméra, comme cela existe déjà en Chine, c’est précisément l’inverse de la chaleur humaine ! En vérité, le risque est grand d’aller vers un monde à la Minority Report.

Dans ce livre de Philip K. Dick, adapté par Steven Spielberg, le héros est reconnu par les publicités qui lui proposent une bière quand il rentre fourbu du travail, et par les caméras publiques qui le traquent.

Pour leur échapper, il finit par se faire implanter de nouveaux yeux.

Quand on voit les manifestants hongkongais tenter, chaque week-end, de masquer leur visage pour déjouer les systèmes de reconnaissance faciale, ce récit paraît prémonitoire.

Le Big Brother à la chinoise débarquera-t-il un jour chez nous ?

Raphaël de Cormis : Le système chinois de "social scoring" (crédit social) doit être remis dans son contexte. Là-bas, on place très haut la notion d’harmonie communautaire.

Chez nous, c’est différent.

L’Union européenne s’est construite sur le respect des libertés.

En France, tout projet de déploiement de caméras dans l’espace public doit être soumis à l’autorisation du Conseil d’Etat.

Et le règlement général sur la protection des données (RGPD) européen encadre très rigoureusement les informations biométriques : il faut obtenir le consentement de la personne, garantir un certain degré de protection, assurer un droit à l’oubli, et indiquer à quelle échéance la donnée sera effacée.

Enfin, obligation est faite de proposer des solutions alternatives aux usagers.

Passer par les sas aéroportuaires automatisés dont nous parlions plus tôt n’est, par exemple, pas obligatoire. Il y a toujours des guichets.

Gaspard Koenig : Reste que nous vivons dans un monde où la vérification de l’identité semble sans cesse renforcée. Sur ses lignes régionales, la SNCF nous oblige désormais à renseigner notre date de naissance afin que les billets soient nominatifs. E

n quoi est-ce nécessaire puisque la seule information qui compte est que le billet ne puisse être utilisé deux fois ?

En réalité, l’anonymat de chacun est de plus en plus menacé. L’Etat, les entreprises… tout le monde veut savoir qui fait quoi, qui va où, et pour quoi faire.

Prenons garde : selon les termes de Michel Foucault, une société où tout le monde respecte parfaitement la loi, sans espace pour les "illégalismes", déploie des processus de contrôle qui étouffent toute créativité.

La "smart city" peut facilement se transformer en "dead city", comme le dit aussi Stuart Russell, un chercheur de l’université de Berkeley (Californie).

Les touristes chinois préfèrent d’ailleurs déambuler dans les rues de Paris, témoins de l’ordre spontané, que de se balader dans les artères de leurs villes nouvelles que la planification à la chinoise a rendues inhumaines.

Le projet de reconnaissance faciale de l’Etat français, Alicem, a suscité une levée de boucliers. Justifiée ?

Raphaël de Cormis : Je ne m’exprimerai pas sur le projet Alicem. Seul notre client, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), est habilité à le faire.

Mais, plus généralement, les technologies que nous mettons en œuvre empêchent toute usurpation d’identité.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ni une photo ni un masque à la Mission impossible ne permettent de les déjouer, car elles sont basées sur la reconnaissance très fine des traits "mathématiques" de votre visage et des mouvements de votre tête.

Gaspard Koenig : Certaines associations se sont lancées tambour battant dans cette polémique, à tort. A priori, un système de reconnaissance faciale qui prévoit que les données ne quittent pas le téléphone de l’utilisateur ne me pose pas de problème.

Ne sombrons pas dans la technophobie !

Le vrai souci serait que l’Etat puisse constituer de manière centralisée un mégafichier de données biométriques.

Un décret de 2016 le prévoit sous la forme du fichier TES. Génération libre, mon association, l’a contesté devant le Conseil d’Etat ; nous avons été déboutés .

Mais nous poursuivons cette action au niveau européen.

Car pour nous, il vaut mieux vivre dans une société plus chaotique, peut-être même plus dangereuse, mais dans laquelle une forme de "droit à l’errance" est préservée.

Le principe de précaution à l’européenne freine-t-il notre compétitivité ?

Gaspard Koenig : Bien sûr, les intelligences artificielles se développent généralement grâce à l’accumulation des données, le big data. Donc, avec le RGPD, qui en restreint la collecte, l’UE a choisi de faire un sacrifice économique au nom des libertés.

C’est un choix culturel fort. Et nous ne sommes pas les seuls. En

Californie, berceau des technologies, les choses bougent.

La ville de San Francisco vient d’interdire la reconnaissance faciale dans l’espace public. En réalité, c’est tout le monde occidental qui est confronté à un dilemme nouveau.

Longtemps, on nous a expliqué que le progrès économique et la liberté individuelle marchaient main dans la main.

A présent, on constate que l’IA rend ces deux termes antagonistes et qu’il faut trouver un équilibre entre le développement économique, la sécurité et les libertés.

Raphaël de Cormis : La contrainte rend toujours les hommes plus innovants. Collecter de la donnée massivement ne permet pas de répondre à tous les problèmes, et c’est très énergivore.

Nous arrivons à d’excellents résultats avec des IA qui ne sont pas basées sur le "machine learning", et qui sont transparentes, explicables et éthiques. Rassurez-vous, sur la reconnaissance faciale, l’Europe est loin d’avoir décroché.

* Vice-président innovation et digital de Thales-Gemalto, l’un des groupes français les mieux positionnés sur cette technologie.
** Fondateur de Génération libre, auteur de "La Fin de l’individu, voyage d’un philosophe au cœur de l’intelligence artificielle".

Source :
https://www.capital.fr/economie-politique/la-reconnaissance-faciale-va-t-elle-virer-au-cauchemar-1358784

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