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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 09:31


http://www.psyecoute.com/images/stories/Fotolia_23512435_XS.jpg
Transmis depuis Refelets.Info
http://reflets.info/

La police a placé en 2010 plus de 20.000 lignes cellulaires sous écoute judiciaire. De la mémoire du mobile aux fichiers des opérateurs, elle peut à peu près tout obtenir.

En découvrant dans la presse les textos échangés par Dominique Strauss-Kahn avec ses amis lillois, combien d'hommes et de femmes ont frémi à l'idée qu'un jour ils puissent avoir à rendre des comptes sur les SMS qui rythment leur vie intime ? La police dispose depuis peu de nouveaux outils qui lui permettent de savoir à peu près tout de ces échanges numériques. À condition de respecter certaines règles légales. Elle a placé en 2010 plus de 20.000 lignes cellulaires sous écoute judiciaire, la dérivation des SMS constituant une option, généralement souscrite par les services d'enquête.

• La mémoire du mobile
Concernant l'affaire de Lille, les textos de DSK ont été récupérés dans la mémoire du téléphone d'un entrepreneur qui avait bien pensé à effacer ses réponses à l'homme politique (messages envoyés), mais pas les questions posées par celui-ci (messages reçus). Quand bien même il aurait tout écrasé, des logiciels sont fournis par les fabricants de smartphones pour restaurer les données, notamment le journal des appels. «Tous les mobiles n'offrent pas cette possibilité, certains modèles anciens présentant une architecture rudimentaire, mais un BlackBerry comme celui que j'utilise perd difficilement la mémoire», ironise un chef de groupe de la brigade des stups. Par ailleurs, la puce ou carte SIM de l'appareil, même endommagée, peut dévoiler ses secrets. Des analyses fines permettent notamment de lire des résidus de données qui seront ensuite assemblés, comme un puzzle. La gendarmerie technique et scientifique, à Rosny-sous-Bois, est passée maître dans l'art de faire parler les composants détruits.

• Les données de connexion
La loi fait obligation aux opérateurs de conserver un an les données de connexion des lignes attribuées, c'est-à-dire les numéros appelant et appelés, y compris lors d'échanges de SMS, les heures de début et de fin d'appel et les bornes activées lors de la connexion. Les magistrats peuvent ainsi demander aux services enquêteurs de reconstituer sur une année les liens entre les individus et même leurs itinéraires, à la seconde près. Par ailleurs, dans le cadre de la lutte antiterroriste et uniquement dans ce cadre, une loi de 2006 autorise les services à obtenir ces données directement auprès des opérateurs, après visa d'une personnalité qualifiée placée auprès du ministre de l'Intérieur.

• Le contenu des messages
Officiellement, le contenu des textos n'est pas archivé par les opérateurs comme le sont les données de connexion. Mais un technicien concède que «techniquement la chose est possible». Et même réalisée, puisqu'un texto dont l'envoi échoue est renvoyé jusqu'à trois jours plus tard en cas de saturation du réseau. «Dans les pays du Golfe et dans la Tunisie de Ben Ali, ils sont archivés ou l'ont été», révèle un ingénieur contacté par Le Figaro.

Légalement, en tout cas, la police ne peut se faire transmettre les contenus qu'à compter d'une demande formulée dans deux cadres précis. D'abord, en réclamant une interception de sécurité ou «écoute administrative», visée par Matignon, pour prévenir le terrorisme, l'espionnage économique, le crime organisé, la reconstitution de ligue dissoute ou pour des motifs de sécurité nationale. Ensuite, dans le cadre d'écoutes judiciaires réclamées par un magistrat. Le flux pourra alors être dérivé pour un mois, renouvelable une fois, dans le cadre des enquêtes préliminaires du parquet, uniquement pour les infractions les plus graves, et pour quatre mois, renouvelables autant que de besoin, lorsque l'affaire dépend d'un juge d'instruction.

«Les SMS sont envoyés sur des postes dédiés installés dans les services. Mais bientôt, ils atterriront sur nos propres smartphones, puisque nous pouvons déjà y entendre, en temps réel, les conversations des voyous», confie une ancienne enquêtrice de la brigade criminelle. Selon elle, «la police ne peut réellement exploiter les SMS que depuis 2007».

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