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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 16:30


http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/08/imgscan-contrepoints589-Valls-Roms.jpg?d126be
Depuis Mediapart, le 21 février 2013, par Jean-Marc Adolphe.

Paris, le 20 février

Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Il y eut, ce vendredi 15 février, un tremblement de chairs. A même la terre où nous vivons.

Ce séisme, à peine perceptible pour qui n’a pas les pieds sur terre, a été enregistré aux alentours de 17h, en bordure de la Nationale 7, à une vingtaine de kilomètres de Paris, dans une localité répondant au doux nom de Ris-Orangis. Ce nom doit vous être familier, ne serait-ce que parce que Ris-Orangis est situé dans le département de l’Essonne, non loin d’Evry qui vous a donné vos premiers mandats.

Mais aussi parce que vos services, s’ils lisent la presse ou que par tout autre moyen se tiennent informés, doivent savoir que depuis quelques mois y séjournent quelques familles Roms : 130 adultes et 40 mineurs. En d’autres termes : d’un vague terrain, ces nomades européens (puisqu’originaires de Roumanie) ont improvisé un camping de fortune, aussi appelé « bidonville », sans eau ni électricité, mais le cœur à l’ouvrage.

Là, dans ce terrain à l’abandon, désormais devenu lieu de vie, une ambassade s’est ouverte. Elle n’est d’aucun pays, si ce n’est celui d’une humanité sans frontières. D’un pays existant, elle a pourtant emprunté le nom : PEROU.

Cela signifie, Monsieur le Ministre : Pôle d’Explorations des Ressources Urbaines. Ses « ambassadeurs » sont de jeunes politologues, urbanistes, sociologues, artistes, étudiants, qui tentent de construire du commun et de « faire hospitalité » en compagnie de militants associatifs, jeunes ou moins jeunes.

Or donc, à l’initiative du PEROU, ce vendredi 15 février, un ambassadeur provisoire est venu en délégation dans ce bidonville. Israel Galván, étoile du flamenco, révolutionnaire danseur sévillan, était alors à l’affiche du Théâtre de la Ville, avec sa dernière création, Le Réel, dont la source puise à la mémoire du génocide tsigane perpétré pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le 15 février, pour lui jour de relâche mais non de relâchement, il est venu à Ris-Orangis pour danser et connaître par lui-même la situation de ces familles Roms, que le Théâtre de la Ville a eu l’élégance d’inviter afin que certains puissent voir un spectacle qui est aussi le leur. Afin d’accueillir dignement Israel Galván, les Roms de Ris-Orangis (parmi eux, d’excellents menuisiers) ont construit en quelques jours un plancher posé sur la terre boueuse.

Prévenu de cette visite, le directeur du cabinet du maire de Ris-Orangis (lui-même astrophysicien de formation mais ayant oublié que certains êtres vivants, notamment Roms, peuvent être en eux-mêmes des « étoiles ») a cru bon s’enquérir de la demande d’autorisation qui eut dû, selon lui, être faite.

Sachez, Monsieur le Ministre, qu’un artiste, pour exercer son art, n’a nul besoin (sauf dans certains régimes que vous réprouvez) d’y être autorisé.

Qu’a fortiori il ne s’agissait pas d’un « spectacle » recevant du « public », mais d’une visite privée, d’égal à égaux. Certes, Israel Galván n’était pas seul à entrer dans le bidonville où les Roms avaient repris l’une de ses phrases (« Les forces qui vont me manquer un jour, je les dépense ») pour la peindre sur la porte cochère, ouverte à tous vents. L’y accompagnaient une poignée d’amis, quelques journalistes, et certains des danseurs et musiciens qui jouaient alors avec lui au Théâtre de la Ville. Parmi eux, Bobote, le guitariste Caracafé et Carmen Lérida, dite La Uchi, trois artistes de très grande classe.

Pénétrant dans le bidonville, découvrant les baraques de fortune qui y ont été dressées, leur émotion était à fleur de peau. Car ils vivent toujours dans le ghetto gitan de Séville, construit par le régime franquiste qu’ils ont connu et dont ils ont subi les foudres.

Là, à Ris-Orangis, sur vos terres, leurs yeux avaient peine à croire ce qu’ils voyaient. Qu’un tel bidonville puisse encore exister (et beaucoup d’autres, qu’ils n’ont pas vu), en 2013, dans un pays qui s’appelle la France, et qui se prétend de surcroît « socialiste ».

Monsieur le Ministre, vos parents ont eux aussi connu le franquisme, et l’ont fui. La France a alors su leur faire accueil. A une militante âgée, qui soutient l’action du PEROU, qui vous le fit remarquer un jour, vous avez répondu en substance : « Oui, mais eux -vos parents, donc-, ils étaient artistes. »

Les Roms dont il est ici question sont tout comme vos parents : la plupart sont artistes, manient le violon ou l’accordéon comme personne ; et tous, en tout cas, cultivent depuis des générations un art de vivre (et souvent même, de survivre) dont nous autres aurions beaucoup à apprendre. Seraient-ils extra-européens, non « schengeniens », ils pourraient prétendre sans coup férir à ces cartes de séjour « compétences et talents » que votre ministère octroie à des personnes remarquables que la France souhaite garder sur son sol.

Suprême paradoxe : nés pour la plupart en Roumanie, ces Roms sont citoyens européens, et se voient pourtant refuser, en France, l’accès au travail légal comme à des conditions de vie décentes et conformes à leurs us et coutumes. Pire : là où l’actuel président de la République s’était engagé lors de la campagne électorale à ce qu’« aucune minorité ne [soit] stigmatisée ni utilisée comme bouc émissaire », vous avez peu ou prou endossé le costume de votre prédécesseur, Claude Guéant, et sous votre ministère, le nombre d’expulsions a même augmenté, passant de 33 000 en 2011 (et 28 000 en 2010) à 36 822 en 2012.

Un tiers de ces expulsions concernent des citoyens européens : gitans roumains et bulgares.

Ces données officielles sont rappelées par Miguel Mora, correspondant à Paris d’El País. Evoquant la situation à Ris-Orangis, il a publié, dimanche sur une pleine page du grand quotidien espagnol, un long article intitulé : « Un “apartheid” gitan près de Paris ».

J’imagine, Monsieur le Ministre, qu’eu égard à vos convictions républicaines et au sens de votre engagement politique, il n’est guère aimable de vous entendre qualifier de complice, voire d’exécutant d’un régime d’apartheid. Pourtant, sur ce sujet, nous ne vous entendons guère, et comme le dit le proverbe : qui ne dit mot consent.

Comment expliquez-vous, Monsieur le Ministre, qu’il ait fallu de trop longues semaines pour qu’enfin les enfants roms de Ris-Orangis soient normalement scolarisés, comme l’exige la loi, et comme le rappelle une belle tribune de votre collègue George Pau-Langevin, Ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, parue ce mercredi 20 février dans Libération.

Il a fallu la pression médiatique, celles d’Amnesty International et de la Fondation Abbé Pierre, du Défenseur des Droits, Dominique Baudis, et du Comité européen des Droits sociaux du Conseil de l’Europe (qui a condamné la France pour « violations manifestes » des droits de la communauté gitane) pour qu’enfin le Préfet de l’Essonne impose à la municipalité de Ris-Orangis l’obligation d’inscrire à l’école 10 enfants du bidonville rom.

L’affaire est-elle close pour autant ? Pas le moins du monde, puisque le maire de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli, convoque enseignants et parents d’élèves pour envisager « avec détermination » […] « la position que la commune doit adopter au regard de cette nouvelle situation ». De quelle « détermination » parle le maire de Ris-Orangis ? Celle de trouver une issue digne et positive à cette situation ?

On peut en douter, au vu des nombreux communiqués et prises de position antérieurs qui n’ont cessé d’inquiéter les populations et de stigmatiser les Roms. La municipalité de Ris-Orangis n’est pas contrôlée par le Front national, ni même par l’UMP. Stéphane Raffalli est l’un des vôtres.

Mais vous, êtes-vous dans son camp ? L’ancien maire de Ris-Orangis, Thierry Mandon, n’est certainement pas de votre bord : il a même, pendant la « primaire » socialiste, mené campagne pour Arnaud Montebourg ! Mais il est aujourd’hui député de la 9e circonscription de l’Essonne, et porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Le 9 janvier dernier, dans un Communiqué de presse au sujet de la question des Roms à Ris-Orangis, il écrivait notamment : « Le maire a tenu à rappeler que l’on ne pouvait pas demander à une commune de régler seule un problème qui est un problème de la responsabilité tant de l’Etat que du Conseil général […] et que son devoir est de faire respecter les règles de sécurité des personnes et des biens.

Thierry Mandon regrette par ailleurs l’utilisation politicienne de la situation des Roms qui, exploités économiquement n’ont pas besoin en plus d’être exploités politiquement. Il soutiendra donc les efforts du maire de Ris-Orangis pour que soient retrouvées les conditions d’un retour à la normale et l’Etat de droit dans sa commune. »

Thierry Mandon est donc « socialiste » ou prétend l’être. Mais qu’est-ce alors qu’être « socialiste » ? Thierry Mandon soutient le maire de Ris-Orangis qui organise une réunion en mairie (le 5 février) avec une poignée de riverains dont certains menacent de « sortir le fusil de chasse ».

S’il était soucieux de « faire respecter les règles de sécurité des personnes et des biens », que ne déciderait-il sur le champ de protéger les Roms et de désarmer certains des riverains qui pourraient éventuellement être équipés d’un fusil de chasse ?

Pour pouvoir se ravitailler en eau, les Roms sont obligés de traverser les quatre voies de la Nationale 7, dont le trafic est intense.

Si le maire de Ris-Orangis est soucieux de « faire respecter les règles de sécurité des personnes et des biens », que ne fait-il installer un point d’arrivée d’eau dans l’enclave du bidonville ?

Faudra-t-il attendre qu’il soit attaqué en justice pour non-assistance à personnes en danger pour qu’il se résolve enfin à ouvrir le robinet du bon sens ?

Il ne s’agit pas là, Monsieur le ministre de l’Intérieur, d’une « situation locale ». Votre responsabilité politique est engagée. Cette « lettre ouverte » vous adresse une question simple : êtes-vous complice ou non d’un régime d’apartheid qui s’est installé en France ?

Cette question appelle, de votre part et sans délai, une réponse sans détour. En attente de mots, et d’actes.

Jean-Marc ADOLPHE.

Source :
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-marc-adolphe/210213/france-2013-regime-dapartheid-lettre-ouverte-manuel-valls-ministre-de-linterieur


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