Partager l'article ! [Minsk]Une manifestation dispersée dans la violence: Le Monde.fr | 19.12.10 | Des arrestat ...
Le Monde.fr | 19.12.10 |
Des arrestations par dizaines, peut-être par centaines ; des candidats de l'opposition transférés dans les locaux des services biélorusses, avant leur inculpation probable ; un quatrième mandat
de suite pour Alexandre Loukachenko au terme d'un simulacre de scrutin, remporté avec près de 80% des voix. Les enseignements de la soirée du dimanche 19 décembre
font craindre aux forces démocratiques pro-européennes un immense pas en arrière.
Se pose aussi la question des responsabilités respectives, après la fin électrique d'une mobilisation exceptionnelle dans la rue de plusieurs dizaines de milliers de personnes, défilant contre le
régime.
L'intervention de la police anti-émeutes a eu lieu dimanche, peu après 22 heures, Place de l'Indépendance, lorsqu'une poignée de personnes ont voulu forcer
l'entrée du siège du gouvernement biélorusse. Ils ont tenté, pendant de longues minutes, de briser les vitres, qui avaient été renforcées par des panneaux en bois. "Reculez, reculez !", criaient
d'autres manifestants, tandis qu'au micro, les orateurs appelaient à ne pas employer des moyens illégaux.
Cette tentative a pourtant provoqué l'intervention éclair des forces anti-émeutes, qui se sont déployées devant le bâtiment puis ont repoussé la foule à coups de
matraques, de boucliers et de bottes, procédant à des dizaines d'arrestation.
Qui étaient les jeunes hommes qui ont tenté de pénétrer dans le bâtiment officiel, donnant des arguments au régime qui dénonçait par avance les intentions insurrectionnelles de l'opposition ?
Interrogé par Le Monde lundi 20 décembre, Alexandre Milinkevich, une des figures de l'opposition, en retrait dans cette campagne après avoir affronté Alexandre Loukachenko lors du scrutin de mars
2006, ne croit pas à quelques manifestants surchauffés.
"Il s'agit d'une stratégie étrangère, avance-t-il, d'un scénario à la kirghize où les gens sont provoqués [en référence au soulèvement à Bichkek en avril 2010 qui a conduit au renversement du
président Kourmanbek Bakiev]. Si on veut comprendre ce qui s'est passé, il faut examiner à qui profite cette situation idiote. Tout cela affaiblit l'opposition et les chances de la Biélorussie
pour une intégration européenne. Quant au régime, il est intéressé par l'aide financière occidentale. Ce ne sont pas des démocrates, mais ils ont besoin de soutiens
pour conduire un minimum de modernisation."
"L'ATTAQUE LÂCHE"
Se disant "très triste", Alexandre Milinkevich, qui a été l'un des principaux promoteurs dans son pays du dialogue entre l'Union européenne et Alexandre Loukachenko, anticipe les critiques que
vont formuler les responsables européens.
Dès lundi matin, le président du Parlement à Strasbourg, le Polonais Jerzy Buzek, a dénoncé "l'attaque lâche" dont a été victime dimanche l'un des candidats de
l'opposition, Vladimir Neklaiev, hospitalisé brièvement pour un traumatisme crânien.
Un autre candidat de l'opposition, l'économiste Iarsolav Romantchouk, a pris ses distances, lundi matin, par rapport à d'autres candidats très en vue dans la soirée, comme Andrei Sannikov,
Nikolaï Statkevitch et Vitali Romachevski, tous arrêtés.
Dans un entretien téléphonique avec Le Monde, il a estimé que ces derniers n'ont pas respecté leurs engagements, en faveur d'une manifestation pacifique, en se rendant devant le siège du
gouvernement. "Cela a conduit à céder aux provocations et à alimenter l'idée du régime que l'opposition serait destructrice et irait contre les intérêts du pays", dit-il.
Selon M. Romantchouk, les arrestations de la nuit constituent "un puissant retour en arrière, qui rappelle l'après-guerre. Les forces démocratiques sont
éparpillées". "Le pouvoir veut mettre en prison des figures de l'opposition pour longtemps. L'Union européenne doit exiger la libération des personnes arrêtées et une enquête objective doit être
conduite. Si quelqu'un a brisé des vitres, il doit en répondre, mais pas l'orateur à la tribune."
En début d'après-midi, les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) devaient présenter leurs premières remarques sur le processus électoral. Les leaders de l'opposition, eux, sont soit sous les verrous, soit dans une semi-clandestinité.
Piotr Smolar
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Une journaliste de l'AFP interpellée
Une journaliste de l'AFP a été appréhendée dans la nuit de dimanche à lundi par les forces de l'ordre à Minsk, et est maintenue en détention depuis plusieurs heures, a-t-elle indiqué par
téléphone à ses collègues de l'Agence.
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Complément dinfo - Biélorussie : la justice condamne plusieurs centaines de manifestants de l'opposition
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/12/21/bielorussie-la-justice-condamne-plusieurs-centaines-de-manifestants-de-l-opposition_1456185_3214.html#ens_id=1455102
Source :
http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/12/19/a-minsk-une-manifestation-dispersee-dans-la-violence-un-candidat-blesse_1455656_3214.html#ens_id=1455102&xtor=RSS-3208
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Bordeaux - 23 mars 2013
Journée contre les violences policières
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