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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 16:18


http://referentiel.nouvelobs.com/file/13509331-remi-fraisse-pas-de-faute-professionnelle-conclut-l-enquete-interne.jpg
Au  lendemain de la mort de Rémi Fraisse, une réaction spontanée émerge en  région parisienne. Manifestations interdites, interpellations en masse,  militarisation des quartiers, à Paris comme ailleurs, le pouvoir a très  vite mis en place tous les moyens pour tenter de tuer dans l’oeuf ce  mouvement qui pourrait devenir très vite ingérable.

PARIS

Dimanche 26 Octobre

Un  rassemblement spontané se tient à la Fontaine de la place Saint  Michel.  Les 300 personnes présentes partent en déambulation dans les  petites  rues. Très vite les CRS se déploient et chargent sur le parvis  de  l’hôtel de ville pour tenter d’encercler le cortège. Une quinzaine  de  personnes sont faites prisonnières et raccompagnées dans le métro.

 

Mercredi 29 Octobre – 150 Interpellations – 29 GAV

Un  rassemblement est annoncé au parvis de l’hôtel de ville. L’appel à  venir casqué est suivi par une soixantaine de personnes. La tentative de partir en cortège est très vite contrée par un important dispositif policier quadrillant tout le quartier. Quelques tags, crachats et pétards plus tard, ce sont près de 200 personnes qui vont se retrouver   encerclées de près, gazées, détenues à ciel ouvert pendant plus de 4h   pour certaines. Quelques personnes  essuient des coups de matraque en  tentant de s’extraire de la nasse. Les  flics reserrent par la force et  extraient un-e par un-e les  manifestant-e-s pour les mettre dans les  bus à destination du  commissariat de l’Evangile. L’opération dure près  de 4h.

 

Au final, environ 150 interpellations.  La riposte collective a consisté  à refuser de donner son identité et de  prétendre individuellement  s’appeler Rémi Fraisse. Les 26 premières  personnes à avoir tenu cette  stratégie se sont faites placer en GAV pour  refus d’identité, mais cela  a emmerdé les flics qui ont finit par  laisser tomber et libérer sans  contrôle un grand nombre de personnes  toujours détenues dans la cours  du comico de l’Evangile.

 

Si  ces personnes se sont vue signifier la fin de leur GAV le lendemain   (sans suite pour certain.e.s, avec des menaces orales de suites pour   d’autres), 3 autres camarades ont vu leur GAV prolongée et ont été déferrés pour port d’arme prohibé, violence sur agent, outrage ou encore   dégradations. Les trois personnes ont obtenu le renvoi de leur procès   au 21 novembre sous contrôle judiciaire (pointage au commissariat  hebdomadaire ou mensuel).

 

Dimanche 2 Novembre – 150 Interpellations – 17 GAV
Ce  dimanche, c’est initialement une manifestation au départ de  Stalingrad  qui était prévue. La préfecture décide de l’interdire (des policiers se rendent au petit matin chez les personnes signataires pour leur signifier l’interdiction), les organisations se retirent et  préfèrent le sitting au mur de la paix.

Sous un dispositif policier  énorme (plus de  700 agents mobilisés), 300 personnes parviennent à se  rassembler tant  bien que mal, sont chargées et  gazées à plusieurs reprises en tentant de refluer de la Place de la  Rotonde et en  reformant des petits groupes sous le pont aérien de  Stalingrad.

De  nombreuses  interpellations préventives ont eu lieu.

Ainsi, à Montreuil,  une  trentaine de personne sont interpellées dès la sortie du lieu où  elles  avaient préparé une banderole. D’autres le sont à l’issue de l’un  des  multiples contrôles policiers qui quadrillaient tout le nord-est   parisien.

Au total, à nouveau environ 150 interpellations, 17 personnes sont placées en GAV et 5 seront déferrées pour attroupement non armé en   vue de commettre des dégradations ou encore port d’arme prohibée.

4 d’entre elles demandent et obtiennent le renvoi de leur procès (avec   contrôle judiciaire pour l personne). La dernière personne ayant accepté la comparution immédiate a écopé d’un mois de prison ferme sans mandat de dépôt pour port d’arme prohibé.

Mardi 4 Novembre
Lors  d’une assemblée générale à Montreuil, la présence policière s’est faite sentir (voiture banalisée qui tournent, camionnettes de CRS un  peu plus  loin, rumeurs de contrôle d’identité sur des gens quittant  l’AG)

Jeudi 6 Novembre – 2 GAV
Deux  personnes sont interpellées alors qu’elles collaient des affiches appelant aux manifestations du samedi 8 novembre à Toulouse et Paris.   Elles font 48h de GAV et sont déferrées le samedi sous les chefs d’inculpations d’ « incitation directe à la rébellion et refus de signalétique ». Elles obtiennent le renvoi de leur procès.

Jeudi 6 Novembre
Les  lycéens bloquent une trentaine de lycées en Ile de France. Une manifestation au départ de nation rassemble jusqu’à 3 000 lycéens. La police se fait plus que discrète. Dès le lendemain, les blocages sont perturbés par les chefs d’établissement et la police. Les premières  convocations disciplinaires tombent également.

Vendredi 7 Novembre
Au  petit matin, des flics déboulent chez une copine et l’emmènent pour un interrogatoire. Ils prétextent une ancienne histoire de refus d’ADN.

Samedi 8 Novembre
Manifestation  autorisée par la préfecture. La présence policière est  massive mais discrète. Un camarade se fait attraper par des bacqueux et des CRS qui l’emmènent dans une petite rue pour le passer à tabac et  effectuer une vérification d’identité caméra au poing. La presse parle d’une interpellation préventive ce jour pour port d’arme. Pas d’autres  interpellations relevées.

Mercredi 12 Novembre - 12 Interpellations
Au lendemain d’une matinée d’actions spontanées et déterminées notamment  à Saint Denis, les lycéen.ne.s du 93 ont du faire face à la répression policières : 200 flics mobilisés pour certains qui chargent à cheval,  militarisation des lycées et des quartiers, hélicoptère de  surveillance... Durant cette nouvelle matinée d’action, quatorze  interpellations ont eu lieu selon Le Parisien, la voix de la préfecture.  Pas plus de nouvelles de notre côté.

Bilan répressif sur  deux semaines et demi de lutte à Paris : 48 gardes à vue, 9 personnes en  procès, sur près de 330 interpellations

Calendrier des procès :

21.11.2014 : 3 personnes
05.12.2014 : 1 personne
09.12.2014 : 1 personne
16.01.2015 : 2 personnes
Afficheu.ses.rs : date non confirmée.

Si la répression sur le site de Sivens s’est distinguée par sa violence, c’est ici une guerre de basse intensité (Cf Mathieu Rigouste - les Marchands de peur)  que mène l’Etat face à celles et ceux qui s’organisent contre la   police. Les ponts créés entre lycéen.ne.s, habitant.e.s des quartiers  « populaires », et militant.e.s contre la répression sont autant de   remparts face à la société sécuritaire qu’on tente de nous imposer.

Nous ne nous laisserons pas faire, nous n’appellerons pas au calme mais à la colère !

L’équipe juridique qui a suivi la mobilisation en région parisienne.

NANTES

Lundi 27 octobre - huit interpellations

Manif en soirée, il fait nuit. Prises de parole devant la préfecture. Environ 600 personnes. Le cortège prend des petites rues piétonnes avec terrasses de café, beaucoup de tags... plus tard plusieurs bris de vitrines dans les grandes rues commerçantes. Présence policière forte au début, plus discrète pendant la marche...

Il y aurait eu huit interpellations, notamment à un moment où la manif s'est fixée sur des cars de GM et plutôt en fin de manif.
- 3 auraient subi un contrôle d’identité et seraient sorties rapidement.
-  Une personnes est sorti mardi soir vers 17h après avoir été emmerdé pour des histoires de stup
- 2 autres pour vol en réunion visant une banque, sorties mardi.
- Deux personnes seraient accusées de jets de projectiles sur agents, sorites mercredi.

Pas de comparutions immédiates. Une convocation. Un déchaînement dans les médias.

Samedi 1er novembre - 21 interpellations
5 jours de battage médiatique, en gros "la ZAD va descendre en ville tout saccager!". Tram hors service exceptionnelement. Une forte présence policière dans le centre-ville, contrôles d'identité et fouilles.

- 10 personnes sont interpellées avant 14h (RDV pour la manif) pour port d'arme, des couteaux dans tous les cas, après un contrpole d'identité elles sortent toutes le soir même avec un rappel à la loi pour neuf d'entre elles et une personne a un procès en avril.

- 11 GAV. 2 personnes sortent sans suite. Les autres sont poursuivies pour soit outrage, port d'arme, violence sur agents ou dégradations, et ont des dates de procès en décembre, janvier ou avril.

A noter :
- la présence d'un groupe d'extrème droite qui a attaqué une personne isolée puis la manif.
- les tabassages systématiques dans le fourgon cellulaire sur la route du commissariat et la pression forte en GAV.
- des flics exhibant leurs armes, ils ont attaqué et coupé deux fois la manif en deux.
- volonté de faire du chiffre, message : "la police fait son travail", et de rendre le tout plus "spectaculaire et émeutier" pour justifier la violence d'Etat.

Le CARILA, Comité Anti-Rep ISSU de la lutte contre l'aéroport

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