Partager l'article ! [Bordeaux- Répression]Stade « Les contrôles sont mal vécus »: Depuis le début de l'année, un important disposi ...
Depuis le début de l'année, un important dispositif policier renforce
les contrôles effectués par les stadiers (archives Claude Petit)
BORDEAUX. Les supporteurs du virage sud sont sous surveillance policière. Le préfet reste intransigeant. Pour les Ultramarines, qui espèrent un consensus,
il n'y a jamais eu d'incident à Chaban-Delmas
Fumigènes, un sujet brûlant
A la mi-février, Jean-Marc Falcone, préfet délégué à la sécurité, a réuni les dirigeants des Girondins de Bordeaux, la police et un magistrat du parquet pour évoquer la délicate question des
fumigènes au stade Chaban-Delmas. À l'issue de cette entrevue, le préfet a reçu Laurent Perpigna, responsable des Ultramarines (lire ci-dessous). Depuis le début de
l'année et la rencontre face à Boulogne, le dispositif policier aux abords du virage sud a été considérablement renforcé afin de faire la chasse aux fumigènes. « Parce qu'un accident
n'arrive pas qu'aux autres », soutient le contrôleur général Albert Doutre, directeur départemental de la sécurité publique.
Les Ultras n'ont guère apprécié et ont décidé de faire une grève des encouragements la semaine suivante, face à Sedan en Coupe de France. « C'est de la
discrimination », se défendent-ils.
Préfecture et police n'ont pas l'intention de baisser la garde et entendent faire appliquer la loi Alliot-Marie qui interdit « l'introduction de fusées ou artifices de toute nature dans une
enceinte sportive ».
On devrait donc assister à un jeu du chat et de la souris entre forces de l'ordre et supporteurs lors des rencontres à venir. Car des fumigènes passent encore
au travers des mailles du filet malgré les méticuleuses palpations des stadiers et des CRS. La saison dernière, Bordeaux était arrivé derrière Paris et Marseille au nombre de fumigènes allumés
avec plus d'une centaine d'engins incendiaires recensés.
Des fusées en vente libre
Un palmarès qui n'est pas du goût du préfet de région Dominique Schmitt qui a pris un arrêté le 17 novembre 2009, à la veille du match Égypte-Algérie lors de la Coupe d'Afrique des nations.
Craignant des débordements dans les rues de Bordeaux, le représentant de l'État avait interdit « l'utilisation d'artifices de divertissement et des fumigènes sur la
voie publique, dans les lieux où se fait un grand rassemblement de personnes et dans les immeubles d'habitation ou en direction de ces derniers ». Cet arrêté a été prorogé « en tout temps
» et invite les commerçants proposant à la vente des artifices et des fumigènes à apposer dans leur magasin de manière visible le dit texte.
Si quelques supporteurs se fournissent en fumigènes sur Internet, la plupart s'équipent auprès de commerces spécialisés en motonautisme. « Tous les articles sont en vente libre mais on essaie de
ne pas faire n'importe quoi, confie Francis Lescure, gérant de l'enseigne Accastillage Diffusion, aux Bassins à Flots. Je refuse la vente de feux parachutes et lorsqu'un jeune client, le vendredi
soir, achète des torches à main, je le mets face à ses responsabilités en lui montrant l'arrêté. A priori un feu de détresse n'est pas dangereux mais cela reste de
la pyrotechnie. »
Les clients ne faisant pas partie du monde de la plaisance sont sensibilisés par les quatre ou cinq sociétés spécialisées dans le milieu de la mer à Bordeaux. Parfois, il arrive que certaines
refusent même de vendre. Les Ultramarines se veulent des supporteurs exemplaires et ne comprennent pas pourquoi ils sont traités « comme des hooligans ». Leur porte-parole, Laurent Perpigna,
explique que « l'association a une vocation sociale et que le foot doit rester une fête ». Les Ultras ne sont plus responsables d'animations pyrotechniques depuis une dizaine d'années et ils
s'interrogent sur « le tapage orchestré autour des fumigènes ».
« En 2006 et 2007, nous avons eu l'autorisation d'organiser ce genre d'animation, raconte Laurent Perpigna. Cela s'était très bien passé. En Belgique, cela existe avant chaque rencontre. »
Fouillés, déchaussés, les supporteurs du virage se disent « pris en otage » et dénoncent « la politique du chiffre de la police ». Laurent Perpigna a fait le
décompte et explique que « sur 29 procédures judiciaires en cours, 21 concerneraient des fumeurs de shit trouvés en possession de quelques grammes aux portes de Chaban-Delmas ».
Interdictions de stade
Laurent Perpigna et Me Blazy, avocat des Ultramarines. (Photo J.-M. D.)
Des lettres d'adhérents sont arrivées au siège de l'association et toutes s'insurgent de ce traitement. « Nous sommes choqués par l'attitude des forces de l'ordre.
»
Aux côtés de Me Christian Blazy, avocat des Ultramarines, Laurent Perpigna s'insurge aussi contre les mesures d'interdiction administrative de stade prononcées par le préfet. « C'est une décision complètement arbitraire contraire à la liberté de circuler. »
Pour Me Blazy qui travaille de près le dossier, « le préfet s'octroie le pouvoir de dire qu'un supporteur est un délinquant alors qu'il n'y a pas, le plus souvent, d'infraction constatée ».
Demain, pour la venue de Montpellier, les Ultramarines savent qu'ils seront encore contrôlés à plusieurs reprises avant de pouvoir gagner leur place dans les gradins. Ils savent aussi que des
policiers en civil seront dans la tribune pour les surveiller. « Il y en a partout, avec des jumelles, dans les tours, sur les toits, c'est incroyable un tel
déploiement. »
Bientôt, la police promet d'infiltrer le kop avec des fonctionnaires en survêtements et la panoplie du vrai supporteur.
Source :
http://www.sudouest.com/gironde/actualite/article/887196/mil/5787854.html
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