
Pioché sur Indymedia, le 4 décembre 2011
Ce samedi 3 novembre, la diffusion du tract ci-après, à eu lieu devant le magasin leclerc de talence thouars.
Les responsables du magasin ont rapidement fait appel aux forces de police (l'officielle) dans le but de les dégager.
Les impertinentEs ont cependant pu diffuser tous leurs tracts et discuter avec un grand nombre de personnes venant faire leurs courses, le message semble être bien passé dans la grande majoritée des cas.
Leclerc , là où nos vies ne valent pas cher.
Dans la nuit du 26 novembre leclerc a fait appel à une société de sécurité privée pour expulser la dizaine d'occupant.E.s d'une maison abandonnée attenante à son magasin de Talence. La société s'est ainsi affranchie sciemment de la procédure judiciaire légale, faisant faire à une milice privée le boulot que la police officielle n'a pas le droit de faire.
En cette période de fête, Leclerc et sa milice ont bien compris qu'il était temps de s'impliquer dans la protection des biens ... pas des personnes, juste des biens.
Etant donné que les personnes ne sont pas à prendre en compte dans le fonctionnement d'une entreprise qui n'a pour but que l'accumulation des profits.
Etant donné que les consommacteurs eux-mêmes se chargent déjà d'acheter plus à leclerc pour remplir les poches plastiques de la banque alimentaire.
Etant donné que les consommacteurs eux-mêmes se chargent déjà d'acheter des produits issus du commerce équitable.
Leclerc se concentre donc sur sa principale mission en assurant la protection de ses biens immobiliers, sources en puissance de profits et de dividendes.
Pour illustrer l'engagement de cette grande entreprise française dans le secteur de la sécurité, nous allons vous conter ce qui vient de se passer, samedi 26 novembre 2011, sur les terres du seigneur Michel Edouard Leclerc à Talence.
Une grande maison et son grand terrain, attenants au centre commercial leclerc au 102 de la rue clement thomas, sont abandonnés depuis un an.
Cette propriété est donc celle de Leclerc, qui a certainement de grands projets pour elle.
Nous ne les connaissons pas encore mais nous pouvons peut être les deviner :
- nouvel emplacement pour une station service, extension des bureaux, extension des
- espaces de stockage de marchandises...
Seulement, un groupe d'impertinentEs n'a pas tenu compte de l'importance d'un tel projet et a décidé sans demander l'autorisation, qui, au nom de la loi, n'aurait bien sur jamais été accordée, de s'installer dans ces lieux pour, l'ésperaient-illes, passer l'hiver avec un toit au dessus de la tête. Illes s'étaient installéEs depuis plus d'une semaine quand la police officielle est passée constater l'occupation.
La patrouille appelée par Leclerc constate l'occupation et n'intervient pas pour expulser les habitantEs, constatant qu'il s'agit bien, aux yeux de la loi, de leur domicile principal, et que le propriétaire doit alors entamer une procédure judiciaire pour qu'un juge décide de l'expulsion.
Un expulsion inévitable dans une société ou la propriété privée est un droit plus fort que celui de se loger, en hiver ou tout le long de l'année.
Pour les habitantEs, rien de bien étonnant, le temps de la procédure leur assurera au moins quelques temps de tranquillité et la possibilité de s'abriter.
Pour Leclerc c'est inadmissible, qu'en est-il de son droit de laisser ce lieu vide, inhabité, ouvert, pourrissant ?
Après tout ce n'est pas le problème de Michel-Edouard, de son papa ou de ses actionnaires. Si des personnes n'ont pas d'argent pour se loger elles n'en ont pas non plus pour arpenter les allées de leurs temples dédiés à la consommation, alors qu'elles crèvent, elles qui ne sont pas de la clientèle.
Et, comme leclerc n'est pas n'importe qui, l'entreprise va mettre les moyens à la défense de ses biens, en se payant les services d'une société de sécurité privée, qui se préoccupe encore moins des procédures, des lois et des bavures que la police officielle.
La société Top sécurité protection, experte en expulsions, a donc fait cette nuit du samedi 26 novembre 2011 le travail que la police n'avait pas le droit de faire.
Une quinzaines d'agentEs de sécurité et leurs bergers allemands sont entréEs avec effraction dans le domicile d'un collectif d'une dizaine de personnes.
Illes ont déménagé leurs affaires pour les stocker sur la voie publique sous une fine pluie. Puis ont occupé les lieux pour empêcher les désormais sans logis de réinvestir la maison.
C'est une victoire pour l'argent : les lieux retrouvent leur usage habituel, celui de réserve à capital, de potentielle source de profit. Ils sont vides et sans vie à nouveau.
C'est une défaite pour la vie, mais quelle valeur a-t-elle aujourd'hui ? Il est légal de mourir de froid dans l'hiver. Il est illégal de s'en protéger en occupant les innombrables lieux vides de nos villes.
Ne pleurez pas, pour les expulséEs la vie continue, sans thunes (et c'est mieux ainsi)mais pas sans joie.
Les lieux vides ne manquent pas et illes continueront à en occuper, pour vivre et lutter contre un monde où la vie ne vaut pas cher.
Pour s'en créer un où nos vie sont tout ce qui est cher.
Consommateurs, consommatrices, nous essayons de ne pas être des votres, mais pensez-y : si vous continuez à remplir les caisses de leclerc vous paierez aussi pour le maintien de ce type d'injustices.
Cependant, ne nous trompons pas, d'autres auraient agi de la même façon.
L'humain n'a pas la priorité dans ce monde.
Cyniques communicant.e.s :
Quand leclerc s'interroge pour nous parler de ses parapharmacies :
"Faut-il être riche pour rester en bonne santé ?"
Quand Michel-Edouard Leclerc nous fait pleurer sur son blog :
"je partage avec mon père cette culpabilité des chrétiens taraudés par l'injuste répar tition des richesses "
Source :
http://bordeaux.indymedia.org/article/leclerc-l%C3%A0-o%C3%B9-nos-vies-ne-valent-pas-cher