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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 11:26

Le 8 juin 2016

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »), a livré lundi 6 juin ses chiffres liés aux violences policières dans les mouvements de protestation contre la loi El Khomri depuis mars. « Il y a eu 48 enquêtes judiciaires ouvertes, principalement à Paris et Rennes, concernant exclusivement des violences », selon la directrice de l’IGPN. « Il faut les mettre en parallèle avec les quelque 1 500 manifestations » souvent « violentes », a-t-elle ajouté. De quoi relativiser les bavures ?

POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ

Contactée par Le Monde, la police n’a pas souhaité donner plus de précisions sur ces chiffres. Impossible, également, de nous communiquer la liste des cas concernés « sans l’accord du magistrat », fait-on valoir.

Selon nos recherches, une dizaine de ces procédures seulement ont été évoquées par la presse, dont deux sont liées à des blessures graves : un étudiant qui a perdu l’usage d’un œil à Rennes, en avril, et un homme de 28 ans plongé dans le coma pendant une dizaine de jours à Paris, de fin mai à début juin.

Il y a néanmoins plusieurs raisons de penser que ce chiffre de 48 enquêtes judiciaires se situe au-dessous de la réalité.

Premier point : si tel était le cas, cela présupposerait que 100 % des dossiers de violences remontent jusqu’à l’IGPN, ce qui n’est pas garanti.

Plusieurs témoignages font aussi état de réticences des officiers à enregistrer les plaintes.

Joël Labat s’est ainsi rendu dans les locaux de l’IGPN, à Paris, le 23 mai, après avoir reçu une grenade (probablement lacrymogène) sur la jambe, lors d’une manifestation contre la loi travail, six jours plus tôt, ce qui lui a valu cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT).

Ce réalisateur de 57 ans estime avoir été victime de violences policières, car, selon lui, le policier qui l’a blessé a fait un « tir tendu », ce qui est interdit. Il estime également avoir été ciblé parce qu’il filmait la manifestation.

Sa caméra tournait au moment des faits et le site Reporterre a publié une vidéo de la scène :

Malgré cela, les officiers qui le reçoivent à l’IGPN vont d’abord refuser d’enregistrer sa plainte : « Je suis venu avec mes images, mais on m’a répondu que c’était un montage et on m’a dit de déposer plutôt une main courante », témoigne-t-il.

Son avocat, Raphaël Kempf, qui confirme sa version des faits, lui conseille alors d’opter pour la main courante… En précisant, dans sa déposition, qu’il lui a été refusé de porter plainte. Une demande qui sera une nouvelle fois refusée par l’IGPN.

Il faudra un échange entre la commissaire et l’avocat par téléphone pour que Joël Labat puisse finalement déposer sa plainte. « On peut regretter qu’il faille en arriver là pour exercer un droit fondamental. Même si les policiers considèrent que cela ne mérite pas une plainte, ce avec quoi je suis par ailleurs en désaccord, ils doivent l’accepter », tranche l’avocat. Les suites de ce dossier ne sont pas connues pour l’heure.

Toutes les violences ne sont pas signalées

« D’une manière générale, il y a une certaine réticence à porter plainte contre les forces de l’ordre. Dénoncer des actes commis par la police, on se dit que ça peut nous causer des soucis », estime Raphaël Kempf.

Selon lui, les chiffres communiqués par l’IGPN ne reflètent pas les violences policières dans leur intégralité, mais seulement « ceux qui se sont battus jusqu’au bout pour porter plainte ».

L’avocat explique que, dans un certain nombre de cas, « cela ne va pas apparaître suffisamment grave pour porter plainte, ou difficile à caractériser ».

Par exemple, pour quelques insultes ou quelques coups. « Mais c’est une réalité », ajoute-t-il.

Une accusation ne vaut pas toujours condamnation

Un recensement partiel de BuzzFeed France, basé sur les accusations de violences policières relayées dans la presse ou sur les réseaux sociaux, va dans le même sens.

A ce jour, des suites judiciaires n’ont été confirmées que dans quatorze des quarante-trois cas présentés, soit un tiers environ.

Or, même les vidéos ou photos qui montrent des blessures ne suffisent souvent pas à prouver les possibles bavures.

Encore faut-il s’assurer que l’usage de la force par les forces de l’ordre a été disproportionné ou contraire aux règles (on peut en revanche estimer qu’elles disent au moins quelque chose du climat des manifestations).

De même, les chiffres livrés par le ministère de l’intérieur sur le nombre de policiers blessés (un peu plus de deux cents entre mars et mai, quelques dizaines supplémentaires depuis) ne donnent pas d’indication sur les causes et la gravité de leur état.

Source :
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/06/08/violences-policieres-seulement-48-cas-lors-des-1-500-manifestations-contre-la-loi-travail-vraiment_4942300_4355770.html

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 10:53

Le 30 mai 2016

Par Noël Mamère, Olivier Besancenot, Annick Coupé, Jean-Baptiste Eyraud

Les faits sont têtus. Le 18 mai, une voiture de police est incendiée par des manifestants. Une vidéo montrant des individus non identifiables tourne en boucle sur les chaînes d’information en continu.

Le soir même, puis le lendemain matin, quatre personnes sont arrêtées et mises en examen « pour tentative d’homicide volontaire, destruction du bien d’autrui en bande organisée, violences en bande organisée et participation à un attroupement armé », passibles d’un déferrement devant une cour d’assises, sur la seule base de leur participation à la manifestation parisienne non déclarée du mercredi 18 mai et d’un témoignage sous X ultérieur d’un policier, probablement infiltré dans les réseaux « antifa ».

Comme le soulignent leurs avocats, le dossier est totalement vide, et aucun élément objectif n’indique leur participation aux faits incriminés.

Incarcérés en préventive, trois d’entre eux sont libérés par le juge des libertés et de la détention.

Dans le cas présent, outre le vide du dossier, les éléments concernant la qualité des présumés « agresseurs » plaident en leur faveur. I

ls disposent de domiciles connus, sont étudiants ou travailleurs, et ne peuvent être suspectés de fuir le procès.

Farce honteuse

Un tollé s’ensuit dans les médias, animé par le syndicat policier Alliance, le même qui avait organisé la manifestation de la police ce même 18 mai sur la place de la République.

Rappelons qu’en France l’incarcération préventive est l’exception et la mise en liberté jusqu’au procès, la règle. Sinon les policiers, eux non masqués et reconnus dans des vidéos pour avoir tabassé de jeunes lycéens, se retrouveraient en prison.

La question posée est donc simple : pourquoi dès qu’il s’agit d’actes dont les victimes sont des policiers, y a-t-il deux poids, deux mesures ?

En réalité, cette affaire dans l’affaire de la voiture incendiée est symptomatique d’un climat créé par le pouvoir qui ne peut déboucher que sur des farces honteuses, préjudiciables au bon fonctionnement des rapports entre police et justice, pour ne rien dire des rapports entre police et citoyens.

Cette farce honteuse pour le pouvoir politique et les syndicats de policiers est le produit de plusieurs facteurs :

- La délégitimation des institutions judiciaires en général et des magistrats en particulier par des responsables politiques de haut niveau. Au lieu de s’inquiéter des errements et des insuffisances de l’enquête policière, les politiques se contentent de reprendre à leur compte les déclarations des principaux syndicats de police, selon lesquels la violence de l’adversaire exonère le dispositif de maintien de l’ordre.

La rhétorique de Manuel Valls est de ce point de vue préoccupante. Il commente les décisions de justice un peu à la manière de M. Sarkozy, mettant en cause systématiquement les décisions de la justice.

- En faisant pression de fait sur le cours d’une procédure, les responsables des syndicats de policiers et leurs soutiens au sein du pouvoir exécutif organisent de fait une fabrique à coupables. En bafouant les principes de séparation du pouvoir, ils empêchent que le dossier de cette affaire ne soit examiné sereinement à l’aune des faits vérifiables, des preuves à charge et à décharge et des principes fondamentaux du droit.

- Depuis les attentats de 2015, le discours martial des dirigeants politiques masque leur impuissance à rassurer une population légitimement inquiète. Ils multiplient les mesures d’affichage, dont l’instauration de l’état d’urgence que nous combattons depuis le début comme un état d’exception inefficace et attentatoire aux libertés.

- En tentant de faire passer en force une loi travail rejetée par la société, ils accentuent cette stratégie de la tension qui ne peut déboucher que sur la mise en scène d’affrontements de plus en plus violents. Les forces de l’ordre se retrouvent en première ligne mais leurs commanditaires, eux, se réfugient dans une hypocrisie sans limites.

Des militants stigmatisés et dépersonnalisés

Ce climat de peur ressemble à celui qui existait il y a plus de quarante ans et qui allait déboucher sur la première loi anticasseurs.

Ce terme « casseurs » est lui-même connoté.

Il dépersonnalise des militants qui, au-delà des désaccords avec leurs méthodes, sont ainsi stigmatisés. Ils n’apparaissent que comme motivés par la casse, assimilés à de simples voyous quand ce n’est pas à des terroristes.

De proche en proche, les « casseurs » sont assimilés aux manifestants et à leurs causes légitimes par un pouvoir qui lui-même orchestre la répression à coups de gazages massifs et systématiques, de flashballs et de LDB.

Nous devons arrêter cette dégradation de l’Etat de droit qui entraîne une criminalisation du mouvement social.

Nous refusons que la justice soit sous la surveillance de l’alliance entre des syndicats de policiers d’extrême droite et d’un pouvoir politique à la dérive.

Nous soutenons le magistrat qui, pour avoir exercé son office de gardien des libertés, pour avoir pris une décision que la loi lui commandait de prendre, pour avoir pris ses responsabilités en qualité de juge des libertés et de la détention, et ce en opposition à la volonté de l’Etat, est la cible d’une campagne médiatico-politique orchestrée.

Une justice indépendante est garante de la démocratie. En s’ingérant dans une enquête en cours, le pouvoir exécutif met en cause les fondements mêmes de notre Etat de droit. La démocratie à un prix : l’indépendance de la justice et des juges.

Noël Mamère est député écologiste, Olivier Besancenot est membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Annick Coupé est syndicaliste et Jean-Baptiste Eyraud est militant associatif.

Source :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/05/30/comment-le-gouvernement-cree-une-fabrique-a-coupables_4929169_3232.html

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 10:35

Le 8 juin 2016

Depuis le début du mouvement contre la loi Travail et la naissance de «Nuit Debout», plus de 40 personnes se disent victimes de violences policières. BuzzFeed News les recense.

Il y a eu 48 enquêtes judiciaires ouvertes, principalement à Paris et Rennes, concernant exclusivement des violences », a déclaré la directrice de l’IGPN lors d’une conférence de presse.

Nous avons recensé 43 personnes se disant victimes de violences policières (le tableau en comptait 34 le 12 mai dernier).

Le 26 mai dernier, Romain D., 28 ans, photographe indépendant, a été atteint à la tête par l’éclat d’une grenade de désencerclement lancée dans la foule en marge d’une manifestation contre la loi Travail.

Les médecins ont constaté une « fracture temporale avec enfoncement de la boîte crânienne », et ont précisé qu’ils avaient dû le plonger dans le coma. Alors qu’une enquête de l’IGPN est ouverte et que le défenseur des droits s’est auto-saisi, Mediapart a publié des vidéos montrant qu’il n’y avait pas de danger imminent pour les policiers lorsqu’ils ont jeté plusieurs grenades.

« Une mobilisation nationale pour dénoncer ceux qui dénoncent des prétendues violences policières. » C’est en ces termes que Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance Police Nationale, a annoncé une manifestation des forces de l’ordre le 18 mai prochain. D’après ce syndicat, les violences policières n’existeraient pas. Et d’après les préfectures, le nombre de manifestants blessés serait infime.

Pourtant, si certains manifestants s’en prennent régulièrement et violemment aux forces de l’ordre (un policier a notamment été grièvement blessé après avoir reçu un projectile à la tête fin avril), certains policiers se sont aussi rendus coupables de violences depuis le début de ce mouvement social.

BuzzFeed News a donc tenté de réaliser un premier bilan des violences policières présumées depuis ces contestations contre la loi Travail en les recensant dans un tableau.

Nous avons retenu les cas de violences les plus caractérisés et sourcés sur des manifestants ou des journalistes. Dans chaque situation retenue, les victimes étaient désarmées ou ne présentaient selon les témoignages aucun danger pour les forces de l’ordre.


Klikez sur l'image pour l'agrandir !

Pour pouvoir lire le tableau dans son intégralité avec les dates, les suites juridiques, les lieux et les sources, cliquez sur ce lien : http://bit.ly/1TcyquC

Lire la suite :
https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/loi-travail-deux-mois-de-violences-policieres-presumees-resu

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 10:48

Le 3 juin 2016

Véhicules de police chargeant un cortège, manifestants et journalistes matraqués, élèves d'un collège blessés... Les débordements du côté des forces de police semblent se multiplier cette semaine. Manuel Valls assure qu'elles sont pourtant "très encadrées, très surveillées".

Dernier évènement en date, qui a beaucoup choqué localement et plus largement sur les réseaux sociaux : l'hospitalisation de trois enfants suite à une intervention policière visant à déloger des parents d'élèves de l'entrée du collège Surcouf à Saint-Malo, pour protester contre sa fermeture.

"L'un des enfants hospitalisés souffre d'une fracture de la jambe et un autre d'une fracture au poignet. Et une troisième élève a un genou abîmé", explique à Reuters Gwenaël Lepaih, secrétaire régional du SNES, qui évoque également des "blessures psychologiques" et des élèves "très choqués".

Huit autres enfants ont été légèrement blessés.

Pour un professeur d'histoire présent sur place, on a assisté à "des scènes impensables dans un contexte d'établissement scolaire".

"Des élèves ont été malmenés, tirés, poussés, jetés par les policiers. Il y eu plusieurs blessés, des personnes choquées."

Une mère de famille raconte au micro de Brigitte Hug le choc face à cette évacuation.

"L'intervention par la force, ça me dépasse. Y'avait des enfants en pleurs, des enfants qui ont eu mal, des enfants hospitalisés. Ça ne peut pas se faire en France, je ne peux pas être d'accord avec ça."

Une impression de violence de plus en plus vive

Reste que l'image est désastreuse pour les forces de police, et que les choses ne s'arrangent pas.

Jeudi, c'est une charge particulièrement musclée qui a mis fin à la manifestation contre la loi travail à Rennes.

Des véhicules de police ont chargé des manifestants pour les devancer et les empêcher d'envahir la rocade.

Plusieurs journalistes ont également reçu des coups de matraque.

Mais là encore, on relativise : le préfet d'Ille-et-Vilaine Christophe Mirmand évoque "20 fonctionnaires de police pour 300 manifestants particulièrement déterminés".

"L'enjeu n'était naturellement pas de repousser les manifestants vers cette rocade c'était donc de s'interposer entre cette rocade et les manifestants. C'est la raison pour laquelle ils ont été obligés de déborder les manifestants, peut-être dans des conditions de rapidité qui ont pu apparaître à certains comme un signal ou un signe d'agressivité à leur égard, ça n'était pas le cas."

Cette semaine, c'est le Défenseur des droits a lancé une enquête sur le cas d'un jeune manifestant blessé à la tête, vraisemblablement par une grenade de décenserclement lancé par les forces de police.

Il a été plongé dans le coma et sa famille a annoncé vendredi qu'elle avait porté plainte contre X pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique".

Plusieurs vidéos montrent un policier en tenue anti-émeute lancer une grenade à terre, puis le jeune homme s'effondrer au sol, la tête en sang.

Au total, la police des polices travaille sur une quarantaine d'enquêtes sur des violences policières lors des différentes manifestations contre la loi travail. Sans compter les nombreuses vidéos circulant sur Internet et qui montrent des interventions à coups de matraques sur des manifestants sans arme ni casque.

En visite à Athènes, le Premier ministre, Manuel Valls, reste circonspect sur ces évènements.

"La police française est très encadrée, très surveillée. L'objectif de la police et de la gendarmerie n'est pas de donner des coups de matraques ni aux journalistes ni aux jeunes. S'il y a le moindre incident, il doit être éclairé, il est éclairé par le ministère de l'Intérieur en toute transparence."

Tout en ajoutant que "mon rôle, puisque j'étais aussi ministre de l'Intérieur, c'est d'assurer les forces de sécurité de mon soutien".

Aline Daillère de l'Association des chrétiens pour l'abolition de la torture était l'invitée du journal de 13h

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 10:43

Le 24 mai par Olivier Fillieule & Fabien Jobard

Tandis qu’en France, la police tenue pour coupable d’acharnement appelle à un rassemblement contre la « haine anti-flics », en Allemagne, en Suède, en Suisse, l’interaction entre police et manifestants se distingue par la maîtrise et le dialogue. La police française résiste aux nouveaux modèles de maintien de l’ordre, articulés autour de la notion de désescalade. O. Fillieule et F. Jobard expliquent les raisons de ce retranchement doctrinal.

« De toutes les manifestations du pouvoir, celle qui impressionne le plus les hommes, c’est la retenue ». Thucydide

Quelques jours après la tenue d’une manifestation à Paris contre la « haine anti-flics » appelée par diverses organisations syndicales de police, il nous a semblé que le décalage comparatif pourrait éclairer la compréhension de ce que l’on appelle en France le « maintien de l’ordre », c’est-à-dire la gestion des foules (protestataires, sportives ou festives) par les forces de police et de gendarmerie [1].

La désescalade à l’allemande

Qu’en est-il ailleurs de la violence contestataire et de l’hostilité aux policiers ? Voyons le week-end du 1er mai en Allemagne. Depuis le milieu des années 1980, le Premier Mai est l’occasion déclarée par divers groupes anarchistes, autonomes et anti-fascistes, d’une confrontation violente avec la police (projectiles, cocktails molotov, tirs de mortier, fusées diverses interdites en Allemagne mais achetées en République tchèque ou en Pologne) [2].

Cette année, un important dispositif était déployé dans les lieux habituels de confrontation, mais l’imposant cortège policier, et une politique habile de « désescalade » (nous y reviendrons), ont tenu les hostilités à un niveau très bas.

Dans le même temps cependant se tenait à Stuttgart le congrès du parti de droite radicale Alternative für Deutschland (AfD). Dans la ville, « 800 à 900 autonomes gauchistes violents » (expression de la police locale), protégés dans un cortège de 4000 manifestants, s’en sont pris à la police tandis que 1500 autres ont tenté par la violence d’empêcher les membres de la AfD de rejoindre le lieu du congrès.

500 protestataires ont été interpellés, et des arrêts de travail ont été constatés chez 3 policiers.

Pendant ce temps, à Zwickau, en Saxe, haut lieu des manifestations Pegida, le ministre SPD de la Justice, Heiko Maas, s’est vu obligé de tenir son allocution publique sous protection policière, des troupes d’extrême droite s’étant déplacées de toute la région pour empêcher le meeting.

À Schwerin, dans le nord de l’ex-RDA, une manifestation du parti d’extrême droite NPD (son interdiction est en cours d’examen par le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe) a donné lieu à des affrontements avec les militants de gauche, et la police avait pour mission de séparer les deux cortèges hostiles l’un à l’autre.

Même situation à Bochum, dans la Ruhr. A Plauen, à la frontière tchèque, des militants d’extrême droite défilant en piétinant des drapeaux de l’Union européenne ont jeté projectiles et explosifs sur la police, qui a balayé le cortège au canon à eau.

Comme on le voit, les polices allemandes ne chôment pas. Elles affrontent des violences de gauche et des violences de droite ; des violences dont elles sont l’objet et des belligérant.e.s qu’elles séparent ; elles protègent des ministres et des foules ; elles emploient la force et elles interpellent.

Mais le point crucial qui les distingue des polices françaises est ceci : force reste à la loi ; force reste dans la loi.

Pas de manifestant.e.s menotté.e.s et frappé.e.s par un policier. Pas de manifestant.e.s à terre et frappé.e.s. Pas de manifestant.e.s injurié.e.s. Pas de jets indiscriminés de gaz lacrymogène dans une foule composite engouffrée dans le métro, au prétexte que s’y seraient glissé.e.s des autonomes ou des casseur.e.s. Pas de matraquage dans le dos de passant.e.s. Pas de perte de contrôle. Pas de gazage dans les entrées ou les enceintes du métro.

Au final, pas de polémique.

Lire la suite :
http://www.laviedesidees.fr/Un-splendide-isolement.html

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 10:27

Le 6 juin 2016

Légalement, le président de la République ne peut le décréter que pour 12 jours. Un état d'urgence pour répondre à l'urgence de l'État.

Au-delà, les députés sont obligés de voter sa prolongation.

Ce qu'ils/elles ont fait, deux fois déjà. Depuis le 13 novembre, la France est donc officiellement sous état d'urgence, comme sous perfusion.

Mais que diffuse cet législation d'exception au coeur de notre société ? À le prolonger sans cesse, ne risque-ton pas de s'y enfermer ?

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 10:17

Transmis par Saïd Bouamama le 4 juin 2016

Le mouvement de contestation de la loi El Khomri fait la Une des médias lourds depuis plusieurs semaines. L’inscription dans la durée lui donne une dimension d’analyseur de ces  médias qui plus que jamais apparaissent comme remplissant une fonction sociale précise, celle que Serge Halimi a dénommé « nouveaux chiens de garde[1] » par paraphrase de Paul Nizan[2] qui attribuait cette fonction aux « philosophes » au service des classes dominantes. Sans être exhaustif, l’analyse de trois leitmotivs médiatiques permet d’interroger la production quotidienne d’une vision dominante qui en dépit de son vernis d’objectivité participe des luttes sociales en cours.

Une violence de casseurs et de la CGT

Le discours sur les « casseurs » est le premier leitmotiv se déployant à longueur d’antennes. Il s’inscrit dans un discours plus général sur la « montée de la violence » irrationnelle et/ou illégitime qui depuis des décennies est mis en avant pour justifier un tournant sécuritaire.

Il s’agit de produire de la peur pour susciter une demande de « sécurité ».

Pour que ce processus d’émergence d’une demande sécuritaire puisse se déployer, il est nécessaire de construire la violence constatée comme étant une « violence sans cause » c’est-à-dire comme une violence pathologique et/ou résultante de la stratégie d’une minorité invisible.

La violence est ainsi mise en scène médiatiquement comme étant le fait d’une minorité de marginaux.

Selon les circonstances, cette minorité est soit dépolitisée, c’est-à-dire que les faits de violences qu’on lui impute sont renvoyés au déclassement, à la décomposition ou à la pathologie mentale ; soit surpolitisée la violence est alors attribuée à une minorité politique occulte déployant une stratégie de déstabilisation.

Des révoltes des quartiers populaires aux manifestations actuelles en passant par la chemise du directeur des ressources humaines d’Air France, la violence est systématiquement l’objet de réductionnismes médiatiques dont le point commun est de nier les bases matérielles légitimes à la colère sociale.

Lire la suite :
https://bouamamas.wordpress.com/2016/06/04/le-traitement-mediatique-du-mouvement-social-casseurs-et-prises-dotage/

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 10:29

Le 29 mai 2016

Depuis le début des mobilisations contre la “loi travail”, la répression contre les manifestants s’accentue, et les blessés se multiplient. Pour Pierre Douillard-Lefevre, auteur de L’Arme à l’œil, ces violences sont le fruit d’une “militarisation de la police”. Entretien.

La liste des éborgnés et des blessés graves suite à des tirs de Flash-Ball et des grenades de désencerclement s’allonge depuis le début des mobilisations contre la “loi travail”.

“Au rythme où on va, quelqu’un va mourir parce que la violence est à chaque manifestation un peu plus élevée”, s’inquiétait Jean-Luc Mélenchon suite à la manifestation du 1er mai.

Pierre Douillard-Lefevre, diplômé en histoire et sociologie, a lui-même perdu l’usage d’un œil en 2007 suite à un tir de Flash-Ball.

Engagé depuis aux côtés d’autres blessés contre la militarisation des forces de l’ordre, il vient de publier L’Arme à l’œil, Violences d’Etat et militarisation de la police. Entretien.

La mort de Rémi Fraisse aurait pu être l’occasion d’une remise en cause de l’arsenal policier, pourtant comme vous l’expliquez dans votre livre ça n’a pas été le cas. Pourquoi a-t-on raté cette occasion ?

Pierre Douillard-Lefevre – La mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade de la gendarmerie en octobre 2014 est un moment révélateur, épiphanique. Non seulement il n’y a pas de remise en cause de l’arsenal policier, mais c’est au contraire l’occasion d’un renforcement historique et d’une légitimation de la violence d’État contre les contestataires par le gouvernement socialiste.

Il faut remonter à l’année 1986 pour trouver un cas comparable : la mort de Malik Oussekine tabassé par les voltigeurs – des policiers à moto – lors d’une manifestation étudiante contre la loi Devaquet.

A l’époque, l’ensemble de la gauche descend immédiatement dans la rue, un ministre démissionne, le projet de loi est retiré, les voltigeurs sont supprimés.

A l’automne 2014, après la mort de Rémi Fraisse, l’ensemble de la gauche institutionnelle garde le silence. Pire, les manifestations organisées en réponse au drame sont férocement réprimées, voire interdites, à Paris, Nantes, Rennes ou Toulouse. Les socialistes décident d’assumer la mort du jeune manifestant et d’écraser la colère.

Nous entrons dans une nouvelle séquence du maintien de l’ordre, qui est aussi l’aboutissement de 20 ans de surenchère sécuritaire et d’expérimentations d’un nouvel arsenal policier dans les quartiers périphériques des métropoles et aux frontières de l’Europe.

La commission d’enquête parlementaire lancée suite au drame de Sivens rend son rapport après les attentats de janvier 2015.

Après des semaines d’auditions largement consacrées à l’écoute des doléances de la police et de la gendarmerie, le rapport final préconise notamment la généralisation du LBD 40 – plus puissant que le Flash-Ball – et l’arrestation préventive d’individus fichés par les services de renseignements.

Cette commission lancée après la mort d’un manifestant ne prétend même plus promouvoir un “maintien de l’ordre républicain”, mais consacre ouvertement les revendications des policiers.

Vous dites qu’on assiste depuis deux décennies à une militarisation de la police : comment se manifeste-t-elle ? Les armes ont-elles changé ?

La militarisation du maintien de l’ordre est le processus par lequel on a introduit des armes de plus en plus dangereuses dans les mains des policiers.

Il y a aujourd’hui un effacement de la limite entre opérations militaires de “maintien de la paix” à l’étranger et opérations policières de “maintien de l’ordre” à l’intérieur de nos frontières.

Cela s’illustre aussi bien dans le lexique de la police – on parle de “neutraliser des cibles”, “d’adversaires” – que dans ses pratiques – utilisation de drone, d’hélicoptères, quadrillage de l’espace, opérations de grande envergure sur les ZAD.

A partir de 1995, trois générations de lanceurs de balles en caoutchouc, de plus en plus puissants, sont distribuées dans la police.

Les Flash-Ball Monopro puis Superpro, et enfin le Lanceur de Balles de Défense 40 – LBD 40 – testé à partir de 2007, doté d’un canon rayé, d’un viseur Eotech, et classé dans la catégorie A, “arme à feu à usage militaire”.

Aujourd’hui, plusieurs milliers de balles en caoutchouc sont tirées chaque année en France.

Le geste n’est pas anodin : on tire à nouveau sur la foule. L’objectif n’est plus de repousser un groupe, mais de blesser des individus, de marquer dans la chair, d’en toucher un pour en terroriser cent.

C’est un tournant dans les doctrines du maintien de l’ordre.

Lire la suite :
http://www.lesinrocks.com/2016/05/29/actualite/violences-policieres-lobjectif-nest-plus-de-repousser-groupe-de-blesser-individus-11832511/

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 10:19

Le 26 mai 2016

Face au blocage des raffineries, et désormais des centrales, par les syndicats opposés à la loi travail, Manuel Valls a promis une « réponse extrêmement ferme ».

Six raffineries sur huit bloquées. Seize des dix-neuf centrales nucléaires en grève. Face au mouvement d’opposition à la loi travail, plusieurs personnalités issues de la droite demandaient mercredi au gouvernement de procéder à des réquisitions de salariés. Une hypothèse que Manuel Valls n’a pas écartée, affirmant que « toutes les possibilités sont sur la table ». Mais que peut vraiment faire le gouvernement ? Déblocage, réquisitions… La loi permet-elle de restreindre le droit de grève ?

La grève est-elle un droit absolu ?

Oui. Et non. « C’est une liberté fondamentale, protégée par la Constitution et l’Organisation internationale du travail », explique l’avocate spécialiste du droit social, Catherine Le Manchec. Sauf que le droit de grève peut buter contre une autre liberté fondamentale : la liberté d’entreprendre, de travailler. « Les deux peuvent se confronter et la grève peut alors devenir un mouvement illicite », affirme l’avocate membre du Club des juristes.
Un piquet de grève qui empêcherait les non grévistes d’atteindre leur lieu de travail par exemple.

Dans quelles conditions l'Etat peut-il débloquer un site ?

« Bloquer un site est illicite : ce n’est pas un exercice normal du droit de grève. On peut revendiquer et arrêter de travailler sans être sanctionné pour ce fait. Mais un blocage est un abus. Le salarié est en faute. Il peut être poursuivi et licencié », assure l’avocat Arnaud Teissier.

L’exercice de la grève que constitue un blocage se confronte à la liberté d’entreprendre et de travailler.

Les pouvoirs publics cependant, ne peuvent pas utiliser ce motif pour débloquer un site puisque la liberté d’entreprendre est une liberté privée, qui n’est pas du ressort du préfet.

« Un salarié par contre, peut saisir le juge. Si l’entrave à la liberté d’entreprendre est prouvée, il peut ensuite demander au préfet de débloquer le site », explique Isabelle Taraud, avocate spécialiste du droit social. Idem pour un employeur. Selon Arnaud Teissier, « il peut même demander des dommages et intérêts à un syndicat ou à un salarié s’il y a eu entrave à la route pour empêcher une livraison de fioul par exemple ».

Tout est alors histoire de nuances. Un barrage filtrant par exemple, puisqu’il n’empêche pas complètement les non grévistes d’aller travailler, est plus difficilement condamnable juridiquement.

Autre motif de déblocage, qui dépend cette fois, des pouvoirs publics : le trouble à l’ordre publique ou à la sécurité. Que ce soit dans l’enceinte privée d’une entreprise ou sur la voie publique, si le préfet, garant de l’ordre public, considère que le mouvement social constitue un problème de sécurité, il peut demander le déblocage du site.

C'est ainsi qu'ont été débloquées les sites de Douchy-les-Mines le 25 mai, ou de Fos-sur-mer le 24 mai. L'intervention des forces de l'ordre s'appuyait sur le motif de trouble à l'ordre public et plus précisément d'entrave à la circulation, explique par exemple la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

La réquisition du personnel est-elle légale?

Oui, dans certaines conditions. Le préfet, qui représente l’État, ou le gouvernement peuvent ordonner une réquisition mais doivent justifier leur décision. « Ce n’est plus la question de liberté d’entreprendre qui est en jeu, explique Catherine Le Manchec. Il faut que l’atteinte constatée ou prévisible au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publique l’exige. » Il faut également que cette solution soit la dernière possible.

Pour les raffineries par exemple, la réquisition peut être justifiée par la nécessité de ravitailler en carburant les véhicules prioritaires comme les ambulances. Tout dépend donc de l’activité de l’entreprise bloquée.

« Plus une activité est porteuse de risques, plus la réquisition a de sens », explique Arnaud Teissier. Les centrales nucléaires par exemple, font partie des sites qui ont une activité à risque.

Mais en leur sein même, tous les salariés ne sont pas logés à la même enseigne. « Il y a des règles particulières pour les salariés qui assurent la sécurité et la maintenance du site. Une centrale doit tourner à minima car pour la faire repartir, il y a des procédures très lourdes. C’est différent pour les salariés qui n'assurent pas directement le fonctionnement minimal de la centrale », développe Isabelle Taraud.

Le cas des centrales nucléaires est d'autant plus particulier qu'EDF, bien qu'étant une entreprise privée, est considérée comme responsable d'un service public. Ainsi, le producteur d'électricité peut directement réquisitionner ses salariés, sans passer par le gouvernement ou le préfet.

Un salarié qui ne respecte pas la réquisition encourt une peine de six mois de prison et de 10000 euros d’amende. Il est cependant possible de déposer un recours, alors étudié par le tribunal admnistratif.

Quel précédent en 2010 ?

Retour six ans en arrière. Les syndicats se battent contre la réforme des retraites que le gouvernement Fillon veut mettre en place et décident donc de bloquer les raffineries.

En réaction, le gouvernement procède alors à des réquisitions, estimant que l’arrêt des raffineries constitue un trouble grave à l’ordre public.

« Ils s’étaient appuyés sur le besoin de carburant pour les véhicules prioritaires, raconte Arnaud Teissier. Le problème, c’était que les réquisitions avaient permis un fonctionnement normal et pas minimal de l’entreprise. Or le but d’une réquisition n’est pas un fonctionnement à 100% mais bien partiel. Ça ne doit pas par exemple permettre la livraison de fioul domestique pour les particuliers ».

Si le Conseil d’État valide alors l’arrêté du préfet, l’Organisation internationale du travail condamne alors la méthode.

L’état d’urgence peut-il être un argument supplémentaire si le gouvernement veut débloquer des sites ?

« La situation sécuritaire actuelle peut mener le juge à plus d’exigence en termes d’ordre public », affirme Arnaud Teissier. Si l’argument de l’état d’urgence ne peut justifier à lui seul une réquisition ou un déblocage, « il peut donner du poids à ces mesures. Le gouvernement pourrait utiliser l’argument du ravitaillement des véhicules prioritaires comme les ambulances et les véhicules de police, et dire que dans le contexte sécuritaire, cela est d’autant plus important ».

Source :
http://www.liberation.fr/france/2016/05/26/la-loi-permet-elle-de-restreindre-le-droit-de-greve_1455096?google_editors_picks=true

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 10:13

Le 12 mai 2016

Un débat organisé par Médiapart

Avec Jacques de Maillard. Chercheur et universitaire, spécialiste des questions de police et de sécurité, directeur-adjoint du Cesdip.
Axel Ronde, secrétaire général de la CGT-Police Ile-de-France.
Éric Beynel, porte-parole du syndicat Solidaires
Christophe Gueugneau, journaliste à Mediapart

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 10:35

Depuis BastaMag le 16 mai 2016

Lois antiterroristes, loi travail : comment le gouvernement affaiblit la possibilité d’une justice équitable pour tous.

L’état d’urgence est prolongé jusqu’au 26 juillet, pour couvrir l’Euro 2016 et le Tour de France. Cet « état d’urgence » deviendrait-il permanent ? Réduire le rôle de la justice et des magistrats indépendants, au profit du pouvoir des autorités administratives, policières, politiques, voire même économiques, telle est la logique des récentes lois adoptées.

Avec pour conséquences, la multiplication de retenues administratives sans avocat, des assignations à résidence sur décision préfectorale ou des interdictions de manifester, au prétexte d’un « comportement » suspect et non d’un délit avéré. Certains dénoncent une « porte ouverte aux dérives d’un pouvoir arbitraire ».

L’État de droit est-il menacé ?

Ça ne se voit pas. En apparence, la vie quotidienne de la plupart des gens ne s’en trouve pas affectée.

Pourtant en France, le rôle de la justice tend à s’affaiblir de jour en jour. Une série de mesures récentes met ainsi à mal, peu à peu, le pouvoir judiciaire. Loi antiterroriste de 2014, loi renseignement de 2015, réforme de la procédure pénale…

Même le projet de loi travail s’attaque au pouvoir judiciaire.

Une dérive particulièrement inquiétante, qui se traduit par l’instauration progressive d’une justice limitée, sous autorité du pouvoir administratif et des directives émanant du gouvernement.

Pour de nombreux spécialistes, l’apport de l’état d’urgence en matière de lutte contre le terrorisme reste discutable.

Perquisitions, assignations à résidence, écoutes téléphoniques, existaient déjà avant l’état d’urgence.

En cas de soupçon grave, une enquête pouvait être ouverte, le juge judiciaire était saisi et avait la possibilité d’employer ces mesures préventives.

« Avec l’état d’urgence, ce ne sont plus des mesures judiciaires, puisqu’il n’y a pas d’infraction, souligne Marion Lagaillarde, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature. Certains faits et gestes vont être considérés dans une espèce de zone grise, entre l’infraction et ce qui relève de la liberté de chacun ».

Voilà une subtilité invisible pour les personnes concernées par une privation de liberté, car pour elles, le résultat est le même. Mais sans juge pour enquêter et rendre la justice, qui est garant des droits de chacun ?

Lire la suite :
http://www.bastamag.net/Lois-antiterroristes-loi-travail-comment-le-gouvernement-affaiblit-la

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 10:06

Depuis Médiapart le 26 mai 2016

Suite aux événements récents survenus à Rennes, plusieurs universitaires se penchent sur le degré de répression et de criminalisation du mouvement contre la loi « travail(le) » et dénoncent le fait qu'aujourd'hui « notre République, si fière de ses libertés, repose désormais un peu plus chaque jour sur la surveillance, la répression et l'enfermement de prisonniers politiques ».

Le degré de répression et de criminalisation du mouvement contre la loi « travail(le) » a franchi ces derniers jours un nouveau seuil. Un seuil que beaucoup auraient jugé inacceptable avant novembre dernier.

Après tout, c'est l'état d'urgence, et lorsqu'il y a urgence, le temps n'est plus celui de la réflexion.

Il s'agit donc de suivre nos dirigeants et de prendre pour argent comptant le tissu de mensonges dans lequel ils cherchent à noyer le mouvement contre la loi « travail(le) ».

Il faut notamment fermer les yeux sur cet état de fait : notre République, si fière de ses libertés, repose désormais un peu plus chaque jour sur la surveillance, la répression et l'enfermement de prisonniers politiques.

Il est toujours difficile pour un État qui se veut démocratique d'avouer que ses prisons sont remplies de personnes dont la faute est d'être en désaccord radical avec le cours des choses.

Il est tout aussi difficile d’admettre que cet État met en place une série de techniques de répression et de mesures de privation de liberté arbitraires à destination de tous ceux qui amorcent un refus de s’y soumettre entièrement (mutilations de manifestants, assignations à résidences, interdictions de manifester, arrestations sans aucun élément de preuve de prétendus incendiaires de voiture de police, de lanceurs de mottes de terres ou de micros - jusqu’au recours au 49.3).

Il faut alors tout un travail pour convertir ces manœuvres politiques en opérations policières.

Dissoudre les évidences et propager la peur

Tout d'abord, il faut habituer chacun à ne plus faire de différence entre des actes qui vont indistinctement être désignés comme « violents ».

Il y a des « casseurs », nous dit-on, et ceux-ci sont violents parce qu'ils cassent des vitrines de banque ou de boîtes d'intérim, ou parce qu'ils bloquent la circulation.

On parle aussi de la violence de la police, et le fait qu'un même terme circule occulte ce qui devrait pourtant être évident aux yeux de tous : que les violences qui causent des blessures ou des morts (Zyed et Bouna, Rémi Fraisse et bien d’autres) ne sont pas de même nature que celles dont on accuse les « casseurs ».

Combien de vitrines de banque vaut un œil crevé, un crâne ouvert ou une main brisée ?

Cette question absurde devrait rappeler l'incommensurabilité qui existe entre ces « violences ».

Qu'on le veuille ou non, c'est la police française qui éborgne et qui tue.

C'est elle qui tire flash-balls ou grenades lacrymogènes à hauteur de visage, de ventres ou de poitrines.

C'est d'ailleurs elle, aussi, qui s'est fait récemment rappeler à l'ordre sur ses pratiques et ses dérives, à l'occasion d'un rapport étrangement passé sous silence dans la plupart des médias, et pourtant rédigé par le Comité contre la torture de l'ONU.

Lire la suite :
https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/260516/lamnesie-et-la-peur-rennes-comme-ailleurs

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 10:00

Le 13 mai 2016

En débat dans Ce soir (ou Jamais !)  : Violences policières, contrôle au faciès, affaire Neyret, manifestation contre « la haine anti flics », la police est au centre des débats.

Pour en parler, Frédéric Taddéï a invité :

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police « Alliance »

Michel Floquet, journaliste, auteur de Triste Amérique

Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, auteur de Basse politique, haute police : une approche historique et philosophique de la police

Almamy Mam Kanouté, militant associatif, éducateur de rue

Georges Moréas, écrivain, auteur de Dans les coulisses de la lutte antiterroriste, ancien commissaire et avocat

Mathieu Rigouste, sociologue, auteur de Le marché global de la violence

Mathieu Zagrodzki, chercheur en Sciences Politiques, auteur de Que fait la police ?

Mara Goyet, essayiste, auteur de Sous le charme du fait divers

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