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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 10:24
[Vidéo] Paris - Meeting contre la répression

Université de Paris 1 Tolbiac le 6 octobre 2016

Vidéo complète des interventions de la tribune :

[0:00] Thabitha, étudiante, membre du comité de mobilisation de la fac de Paris 1 contre la loi travail

[03:07] Lecture du message de Michael Wamen, CGT Goodyear, ayant eu un empêchement de dernière minute

[07:15] Amal Bentounsi, collectif Urgence Notre Police Assassine

[16:33] Assa Traoré, soeur d'Adama Traoré, tué par la gendarmerie le 19 juillet 2016

[27:00] Guillaume Vadot, enseignant victime de violences policières le 22 septembre à Saint-Denis

[37:07] Sihame Assbague, militante antiraciste

[47:42] Abdoul, collectif Liberté pour Abdoulaye, étudiant guinéen de Paris 1 menacé d'expulsion

[54:36] Romain Altmann, Info'com CGT

Un compte-rendu écrit de cette rencontre

Quelque chose est né ce jeudi 6 à octobre à Paris 1

Près de 600 personnes au meeting contre les violences policières, le racisme et l’islamophobie. Une première ce jeudi soir à l’université Paris 1-Tolbiac.

Après les matraques du printemps qui se sont abattues sur les manifestants mobilisés contre la loi Travail, la mort d’Adama qui s’ajoute à une longue liste de décès dans les mains des gendarmes, l’escalade dans la criminalisation des luttes syndicales comme dans le racisme d’Etat, la répression permanente, l’humiliation et la stigmatisation quotidiennes dont souffrent les populations des quartiers populaires, ce meeting constitue une première réponse unitaire, de secteurs qui habituellement ne se mobilisent pas ensemble, en particulier du fait de la politique des directions syndicales, face à la répression.

A la tribune Assa Traoré, Amal Bentounsi, Guillaume Vadot, Sihame Assbague, la CGT infoCom et le Collectif Liberté pour Abdoulaye, étaient présents pour constituer ce premier front. Dans l’amphi, étudiants, jeunes et moins jeunes des quartiers populaires, cheminots, professeurs, salariés et militants, étaient présents en nombre, bien déterminés à "Faire Front" contre les violences policières et le racisme d’Etat.

Lire la suite :
http://www.revolutionpermanente.fr/600-personnes-a-Tolbiac-un-succes-pour-unifier-la-lutte-contre-la-repression-et-le-racisme-d-Etat

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:45
[Résistons Ensemble] Comment le monstre se construit ?

Transmis par Résistons Ensemble

Bonjour,

Voici en pdf, le No 156, octobre 2016, du petit journal mobile recto-verso A4 "RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et sécuritaires.

Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques ...

A bientôt.
L'équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article566

****
Au sommaire

- Comment le monstre se construit ?

- Adama Traoré – la lutte continue

- [ C h r o n i q u e d e l ' a r b i t r a i r e ]
- Médiation par les coups
- Traqués jusque dans le quotidien
- Manif du 15/9 : répression judiciaire et œil perdu
- Béziers : encore « une mort naturelle » entre les mains de la police
- L'arsenal répressif de terrain se renforce
- Liberté de circulation et d’installation pour tout.e.s !
- Zone À Défendre

> [ A g i r ]
- Convergeons - organisons nous contre la répression !
- Un Cabaret d’Urgence
- Les 8 de Goodyear
- Le « Collectif 17 octobre 1961 Banlieue Nord-Ouest »
- Défense du centre social Attiéké
- Georges Ibrahim Abdallah

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:39

Le 6 juin 2016

Omniprésente dans l'histoire des Etats-Unis depuis les années 1950, la National Security Agency n'avait jusqu'ici pas fait l'objet d'une synthèse en français. C'est chose faite grâce à Claude Delesse, spécialiste du renseignement.

NSA, comme « No Such Agency » : « Une telle agence n'existe pas », répondaient les initiés, passés à « Nothing Sacred Anymore » (« Plus rien de sacré ») quand les médias en firent leurs gros titres.

Mais la plus grande agence de renseignement électronique demeure le chantre du « No Say Anything » (« N'en parlez pas »), quitte à redoubler de mensonges et à camoufler les chiffres de son budget comme le nombre de ses recrues, encouragées à se marier entre elles.

Créée en 1952 par une directive présidentielle secrète, la NSA a pour « père » Ralph Canine, un général quinquagénaire « coriace » que « son personnel adule ».

En cinq années, il développe une structure active dans la plupart des décisions de politique internationale américaine.

Pour le pire, comme au Vietnam ou face à Al-Qaida, ou le meilleur, notamment lors de la crise des missiles de Cuba.

Incapable de casser les codes soviétiques malgré l'aide de spécialistes nazis, la NSA peine d'abord à justifier son existence.

Le président Eisenhower, ancien commandant des forces alliées, sait néanmoins ce qu'il devait aux interceptions des messages de l'Axe. Il ordonne donc que plus de la moitié du budget du renseignement soit alloué à la NSA, toujours dirigée par un militaire et dépendante du Pentagone.

Lire la suite :
http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160602.OBS1811/nsa-une-histoire-tres-secrete.html

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 10:27

Le 5 octobre 2016

Par Norman Ajari et Mireille Fanon-Mendès France, 5 octobre 2016

Le 27 septembre 2016, le site de la Fondation Jean-Jaurès faisait paraître dans sa rubrique « Penser pour agir » un texte intitulé « Un racisme à l’envers ? », signé du préfet Gilles Clavreul, l’homme à la tête de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA).

Cet article démontre une fois de plus que les personnes qui cherchent à se rendre légitimes dans des fonctions pour lesquelles elles ont été nommées sans réelles connaissances du dossier ni compétences particulières analysent les faits sociaux avec une grille de lecture qui ne fait sens que pour elles-mêmes et pour ceux qu’elles cherchent à séduire.

Elles agissent plus par intérêt de classe et de race que par volonté de répondre aux problèmes politiques, moraux, économiques et sociaux auxquels la société fait face. L’ancien préfet de police s’attaque dans son billet à la non-mixité du « camp d’été décolonial » et, plus largement, à l’antiracisme politique et à la pensée décoloniale.

Autant de phénomènes qu’il assimile à un « néo-racisme », dont les militantes et militants sont politiquement racistes et idéologiquement du côté de l’extrême droite ; mais évidemment, ils l’ignorent, n’étant pas « éclairés » par la modernité eurocentrique à laquelle se réfère Clavreul.

S’ils l’étaient, ils comprendraient qu’ils se fourvoient. Dans la France telle que la rêve le préfet, chacun a sa place : il suffit de la trouver et de la prendre – avec parcimonie – ainsi que les politiques les y engagent. Par assimilation, par le « mérite », par identification. Il suffit de suivre, sans poser de questions, ce que dictent les vrais républicains.

Pourquoi s’opposer à cette République qui se targue d’accueillir tous ceux qui acceptent de se taire, de se fondre dans la masse, de raser les murs, de baisser la tête et d’assumer le discours dominant du « vivre ensemble » rythmé par la devise Liberté Égalité Fraternité ?

Émergeront de ce long cortège, structurellement organisé pour l’invisibilité, quelques têtes opinantes, qui viendront confirmer la règle de la success story donnée en exemple à toutes celles et ceux qui, se cognant au plafond de verre, exprimeront leur insatisfaction du fonctionnement de la République.

Lire la suite/Notes :
http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/article2358.html

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 10:43

Le  19 septembre 2016

C'est le lieu de punition par excellence. L'endroit où l'on enferme depuis des centaines d'années les condamnés, celles et ceux qui doivent payer leur dette à la société. La prison.

Les années passent, les établissements pénitentiaires se multiplient mais la surpopulation carcérale reste.

Et à l'extérieur, les chiffres de la criminalité et de la délinquance ne sont pas en chute libre.

Alors au final, même si elle est nécessaire dans une certaine mesure, la prison protège-t-elle réellement notre société ?

SOURCES

"Deux milliards d'euros, voilà la coquette somme engagée par l'État depuis 2012 pour construire de nouvelles places de prisons" :
https://is.gd/OlBYxl

"Au 1er avril 2016, 68.361 personnes étaient incarcérées dans les prisons françaises qui, à la même date, ne disposaient que de 54.118 places" :
https://is.gd/sO3DEZ

"Premier objectif : 6.500 places supplémentaires d'ici 2019. Puis 3.200 autres avant 2024" : https://is.gd/OlBYxl

"Entre 2002 et 2012, le nombre de places en prison a augmenté de plus de 20% mais la surpopulation persiste" :
https://is.gd/ULakqf

"Sur ces mêmes 10 années, 29 lois pénales ont été votées ouvrant de nouvelles voies pour atterrir derrière les barreaux" :
https://is.gd/ULakqf

"61% des détenus sortant de prison sont réincarcérés dans les cinq années qui suivent. Un chiffre qui monte à 63% en cas de sortie « sèche », sans le moindre aménagement de peine, ni accompagnement" :
https://is.gd/hcwGaP

"En revanche, seuls 39% des prisonniers bénéficiant d'une libération conditionnelle retournent en prison dans les 5 ans. Un taux qui tombe à 32% pour les condamnés avec sursis et mise à l'épreuve" :
https://is.gd/hcwGaP

"En 2014, 38% des personnes incarcérées depuis moins de 6 mois souffrent d'addiction aux drogues. 40% des détenus sont atteints de syndromes dépressifs, 21% de troubles psychotiques" :
https://is.gd/hcwGaP

"« Une peine d'emprisonnement sans sursis ne peut être prononcée qu'en dernier recours », c'est écrit tel quel dans la loi depuis 2009" :
https://is.gd/yvJqXx + https://is.gd/ELoSZZ

"En 2012, plus de 96 % des condamnations en attente d’exécution étaient inférieures à deux ans et donc potentiellement aménageables hors des prisons" :
https://is.gd/cx6kRg

La contrainte pénale :
https://is.gd/14cqjI + https://is.gd/xkEJiu + https://is.gd/xBIH8z

"Entre 2014 et 2015, 1.067 contraintes pénales ont été prononcées. Soit 85 par mois, contre 10.200 peines d'emprisonnement mensuelles" :
https://is.gd/OlBYxl

"En 2016, le budget alloué aux Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation, ceux qui assurent justement le suivi des condamnés, était de 24,6 millions d'euros. 1.9% du budget total de l'administration pénitentiaire" :
https://is.gd/oha2Sf

"Résultat : chaque conseiller d'insertion et de probation gère en moyenne 100 dossiers, là où il faudrait se limiter à 40 pour assurer un suivi efficace" :
https://is.gd/Iyr2Fd

"En Suède, en 2015, le taux d'emprisonnement était de 60 détenus pour 100.000 habitants" : https://is.gd/nWYgWF

"À l'inverse, en 2014, les prisons italiennes étaient les plus surpeuplées d'Europe. 8 ans plus tôt, Silvio Berlusconi avait serré la vis avec une loi triplant les peines liées au cannabis" :
https://is.gd/pHkKrN

BONUS

"Les Pays-Bas continuent à fermer leurs prisons par manque de détenus (EN)" :
https://is.gd/QljcI1

"Les Pays-Bas ferment leurs prisons" :
https://is.gd/pmgWmY

Le principe de "désistance" :
https://is.gd/nLbg7R + https://is.gd/5t9kI1

"Conférence de consensus : pour une nouvelle politique publique de prévention de la récidive" :
https://is.gd/ELoSZZ

"Didier Fassin : “Emprisonner plus, c’est moins bien défendre la société”" :
https://is.gd/twU2NN

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 09:53

OPALE

Observatoire de la privation de liberté et  des sanctions et mesures appliquées dans la communauté

Pierre V. Tournier

***
Inflation carcérale et surpeuplement des prisons, les 5 chiffres clefs  :
14 500 – 1 500 - 200 -  500 – 2 700

***
1er calcul : la surpopulation carcérale aujourd’hui : environ 14 500 détenus en surnombre

Au 1er août 2016, sur les 58 507 places opérationnelles, 4 142 sont inoccupées (766 en maisons d’arrêt et 3 376 en établissements pour peine).

Les 68 819 personnes détenues se répartissent donc dans  58 507 – 4 142 = 54 365 places. 

Aussi le nombre de détenus en surnombre est-il de 68 819  – 54 365 = 14 454. Le taux de surpopulation est donc de 14 454 / 58 507 = 25 détenus en surnombre p. 100 places opérationnelles.

Sur ces 14 454 détenus en surnombre, 1 515 dorment sur un matelas posé à même le sol.

***
2ème  calcul : le facteur démographique

Au 1er janvier 2016, la France comptait 66,628 millions d’habitants, contre 66,381 millions un an plus tôt (INSEE).

Ce qui  représente un accroissement absolu annuel, pour 2015, de 247 000 habitants ( + 0,37 %)          

Au 1er janvier  2016, l’administration pénitentiaire disposait de 58 561 places opérationnelles, soit un taux de 87,9 places pour 100 000 habitants.   

« Toutes choses étant égales par ailleurs » , imaginons que la population de la France augment encore de 247 000 habitants au cours de l’année 2016. L’effectif serait alors de 66,875 millions au 1er janvier 2017.

Pour que le nombre de places de prison par habitants reste le même au 1er  janvier 2017, il faudrait disposer de 58 783 places, à cette date.  Ce qui correspond à une augmentation annuelle de 222 places.  

En tenant compte simplement du facteur démographique, il faudrait inaugurer chaque année, la mise en service d’un établissement d’environ 200 places.     

***
3ème calcul : l’évolution du nombre de détenus sur les 5 dernières années (2012-2015)

L’évolution du nombre de détenus au cours des 5 dernières années a été la suivante :  1er janvier 2012 = 64 787, 1er janvier 2013 = 66 572, 1er janvier 2014 = 67 075, 1er janvier 2015 = 66 270, 1er janvier 2016 = 66 678.

Ce qui donne des accroissements absolus annuels positifs pour les trois années 2012, 2013 et 2015 et négatif pour 2014, soit  + 1 785 pour 2012, + 503 pour 2013, - 805 pour 2014 et + 408 pour 2015.

Il n’est guère possible de résumer une évolution aussi irrégulière !

Si on se limite aux effectifs du 1er janvier 2012 et du 1er  janvier 2016, cela donne un accroissement annuel de  (66 678 – 64 787) / 4 =  473   détenues. Ce qui d’ailleurs, revient à faire la moyenne des quatre accroissement annuels.   

Extrapoler, de façon linéaire, ce chiffre, c’est tabler – de façon très hypothétique -  sur une augmentation du nombre de détenus d’environ  + 500 par an, soit 5 000 sur dix ans. Ce qui donne  71 700 détenues au 1er janvier 2026.

***
4ème calcul : l’évolution du nombre de détenus depuis janvier 2016 : une rupture avec les années passées qui, pour l’essentiel, concerne la population des prévenus

En 2016, le rythme de croissance annuel calculé au 1er jour de chaque mois ne cesse d’augmenter pour atteindre  + 4,1 % au 1er août, soit un accroissement absolu annuel de + 2 700

Lecture : entre le 1er janvier 2015 et le 1er janvier 2016, le nombre de détenus a augmenté de 408 unités (accroissement absolu annuel). Ce qui correspond à un taux de croissance relatif  annuel de 0,6 %.

Pierre V. Tournier

Directeur de recherches au CNRS en retraite

Tél.  01 42 63 45 0

 http://acp.hypotheses.org/

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 10:30

Le 28 sept. 2016

C'est la rentrée, le retour des manifs et de la violence policière. Je le sais, je l'ai vu à la télé. D'ailleurs c'est quand même ballot qu'il faille attendre les manifs pour avoir des images de flics qui cognent. Ils font quoi quand y'a pas manif, du coup, les flics?

Je peux pas croire qu'on les paye à rien foutre.

Ici vous retrouverez le travail et les vidéos du collectif "Stop le Contrôle au Faciès" :
http://stoplecontroleaufacies.fr/slcaf/

Vous pouvez retrouver et télécharger le documentaire "Braves gens n'ayez plus peur" sur le site du Collectif Panic ! :
http://www.collectifpanic.org/index_bravesgens.htm

Là vous trouvez un long et passionnant entretien avec Mathieu Rigouste :
http://www.hors-serie.net/Speciale/2016-06-11/La-domination-policiere-id184http://www.hors-serie.net/Speciale/2016-06-11/La-domination-policiere-id184

 

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 10:05

Le 4 octobre 2016

Amal Bentounsi a perdu son frère Amine, tué en 2012 d’une balle dans le dos par un policier. Ce mois-ci, son collectif “Urgence notre police assassine”, publie un guide à destination de tous ceux victimes de violences policières et des familles qui ont perdu comme elle un proche. Entretien.

Bondy Blog : Avec votre collectif, vous éditez ce mois-ci un guide à l’usage des familles de victimes de violences policières. Quel en est l’objectif ?

Amal Bentounsi : Faire en sorte que les familles de victimes ne se fassent plus avoir car les affaires sont souvent classées sans suite.

Souvent, quand votre frère ou votre ami est tué par les forces de l’ordre, on vous dit “circulez il n’y a rien à voir“.

En fait, les constats de mort sont biaisés et les instructions sont très rares.

Pourtant, les familles se battent pour demander la vérité à la justice. L’objectif est donc de créer un rapport de force.

Le guide va servir à cela. Il informera sur les premières démarches à faire comme par exemple demander une contre-autopsie.

Les familles sont souvent désemparées et se fient en la version policière sans se dire qu’il y a peut-être quelque chose qui ne va pas.

Autre conseil : se constituer partie civile auprès d’un avocat.

Les familles ne le font pas forcément. Cela permet d’obtenir des éléments ou de faire des demandes d’expertises supplémentaires.

Il est très difficile pour notre collectif d’aller à la rencontre des familles qui se trouvent aux quatre coins de la France.

Le guide sera téléchargeable sur internet par tous.

Bondy Blog : Pour quelles raisons ce guide a-t-il vu le jour ?

Amal Bentounsi : Il faut savoir que les 48 premières heures sont déterminantes dans ces affaires de crimes policiers notamment pour qu’une enquête soit ouverte.

Dans les cas que nous connaissons, au sein des familles du collectif, toutes les affaires se ressemblent.

Même si les victimes sont mortes dans des circonstances différentes, le processus est le même : il y a une version policière transmise par le biais du parquet et relayée par les médias.

Cette version, nous nous rendons compte depuis 4 ans qu’elle est biaisée.

C’est systématique.

Quand les victimes meurent par étranglement par exemple, on parle à chaque fois de “malaise”, de “crise cardiaque” ou d’une consommation de drogue ou d’alcool qui auraient pu entraîner la mort.

Bondy Blog : Les familles des victimes de violences policières ou les victimes elles-mêmes, sont-elles suffisamment armées pour affronter à la fois la machine judiciaire et la police ?

Amal Bentounsi : Il y a un déni de ces violences et de ces crimes. En tant que famille de victimes tuées par la police, nous ne sommes pas reconnues. Les victimes sont criminalisées à titre posthume ou stigmatisées par rapport à leur passé judiciaire. Même quand elles ne sont pas mortes, on le voit dans les cas de contrôles au faciès, on leur colle systématiquement des “outrage” et rébellion”.

Par exemple s’agissant de mon propre cas, quand mon frère est décédé, ils ont affirmé qu’il était en train de braquer. Il avait un passé judiciaire certes, mais au moment des faits précis, il n’était pas en train de braquer. Il était en train de courir, de dos.

Dans les médias, les éléments étaient à charge pour le criminaliser.

Si la victime n’a pas de passé judiciaire, on va alors trouver quelque chose pour la décrédibiliser et dire que les “forces de l’ordre ont fait leur travail”.

Les familles des victimes ne sont pas armées pour affronter tout cela.

La plupart des familles ont très peur de la police,  peur de représailles, peur de la pression, peur pour l’avenir de leurs autres enfants.

Souvent, il y a des menaces qui ne sont pas dites, des pressions sous-entendues mais suffisamment explicites pour que vous compreniez qu’il est inutile de gratter plus loin.

Bondy Blog : Ce n’est pas une spécificité française?

Amal Bentounsi : Dans d’autres pays, des gens sont aussi tués par la police mais il y a un déni de justice en France. Je ne parle pas des Etats-Unis, c’est bien pire. Mais ce n’est pas parce que c’est pire ailleurs, qu’il ne faut rien faire ici.

Un rapport du Comité contre la torture de l’ONU rendu en mai 2016 fustige d’ailleurs très sévèrement  l’utilisation excessive de la force par les forces de l’ordre françaises et recommande à l’Etat de donner la possibilité aux victimes des violences policières de porter plainte, que les enquêtes soient menées et les sanctions prononcées contre les responsables.

Bondy Blog : Dans votre guide, vous abordez les procédures judiciaires qui peuvent être particulièrement laborieuses. Quelles en sont les étapes les plus délicates ?

Amal Bentounsi : Il faut d’abord être vigilant à bien connaître tous les interlocuteurs en charge de ces affaires.

C’est important pour vérifier qu’il n’y a pas de complaisance envers les uns ou les autres qui pourrait casser la vérité.

Par exemple, nous nous sommes rendus compte que le président de la chambre d’une affaire était le même magistrat qui avait relaxé les policiers dans l’affaire Ali Ziri en 2009.

La Cour d’Assise qui était là pour rendre justice, avait déjà un parti pris, elle avait déjà rendu un non lieu quelques années auparavant sur le dossier Ziri.

Dans cette affaire, un homme de 69 ans a été frappé par des policiers. Le rapport d’autopsie était accablant et malgré cela, les policiers ont été relaxés.

De plus, quand on demande à visionner les images de vidéosurveillance dans les commissariats systématiquement, dans ces affaires, lorsque des gens meurent, on nous dit que les vidéos sont inexploitables.

Bondy Blog : Lorsque la justice prononce une ordonnance de non-lieu, de quels moyens disposez-vous pour accompagner les familles ?

Amal Bentounsi : On essaye de leur apporter toute notre expérience et nos connaissances, de voir avec les avocats tous les recours possibles. On essaye aussi de trouver des témoins qui ne se sont pas manifestés avant, de façon à ouvrir une autre enquête.

Mais malheureusement, nous ne sommes pas des magiciens.

C’est vraiment un soutien moral que nous pouvons apporter.

Dans mon cas, le soutien qui m’a été témoigné m’a permis non pas de faire mon deuil, mais de me sortir de quelque chose de vraiment obscur. Vous savez, en tant que mère en tant que sœur…

Moi, j’ai perdu mon frère et à un moment donné, je me suis dite qu’il n’y aura peut-être pas de justice, que celui qui a tué mon frère va vivre sa vie tranquillement.

Il se passe beaucoup de choses dans la tête à ce moment-là, des choses très noires.

Du coup, ce combat-là a été quelque part une thérapie. On se dit qu’on n’est pas seul et que c’est d’utilité publique aussi. Vous savez, nous n’avons pas d’aide de la part de l’institution judiciaire. On perd un proche, mais on est mis de côté comme des pestiférés.

Bondy Blog : Jusqu’à aujourd’hui combien de familles vous ont sollicités ? Quel accompagnement précis vous leur apportez ?

Amal Bentounsi : Nous sommes sept familles membres du collectif. Nous n’avons pas tous les jours des familles qui nous sollicitent.

Environ, une trentaine de familles prennent contact avec nous chaque mois pour demander conseil sur les contrôles au faciès, sur les violences policières.

Par exemple, le lendemain de la mort d’Adama Traoré, une jeune femme nous a appelés, son fils était dans le coma. Il s’était fait tabasser à Sarcelles par des policiers.

Des gens ont assisté à la scène et elle nous appelait pour nous demander conseil.

Il y a aussi beaucoup de cas où des gens ne meurent pas mais peuvent par exemple perdre l’usage de la parole et gardent de graves séquelles.

C’est le cas de ce jeune Mohammed de Sarcelles. Sa maman est prête à aller jusqu’au bout et à demander des comptes à la police.

Bondy Blog : Dans le cadre de votre travail d’accompagnement des proches de victimes ou victimes, organisez-vous des modules de prévention pour les jeunes ?

Amal Bentounsi : Non, ça se fait malheureusement à chaque fois qu’une personne décède. On va alors à la rencontre des jeunes du quartier. Il est très difficile de sensibiliser, même les gens les plus concernés, avant qu’ils ne soient touchés par un drame.

Souvent, ils nous disent : “on se prend des claques tous les jours par des policiers qui nous appellent par notre nom, nous demandent systématiquement notre carte d’identité… Mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ?”

Et quand ils vont voir des avocats, ils leurs disent “on peut rien faire”.

En réalité, ils sont déjà sensibilisés à ces questions, mais pas sur le fait qu’ils ont des droits et qu’il n’est pas normal de recevoir des claques de policiers.

Ils l’ont acquis, pour eux c’est au quotidien.

J’espère que ce guide, téléchargeable sur internet fera son chemin pour que les gens comprennent qu’ils ont des droits.

Bondy Blog : De quels moyens financiers disposez-vous pour réaliser ce travail ?

Amal Bentounsi : Nous recevons des dons, nous menons des campagnes sur internet notamment pour récolter des fonds. Nous organisons aussi des concerts avec des rappeurs, des artistes pour sensibiliser les jeunes par le biais du rap.

Bondy Blog : Pour vous, il y a toujours une forme d’impunité au sein des forces de l’ordre ? Comment l’expliquez-vous ?

Amal Bentounsi : Ah oui, très clairement ! On ne laisse pas la justice faire son travail. Il va falloir changer les mentalités et les préjugés de certains magistrats. Il faut changer cette proximité qu’il peut y avoir entre les procureurs et les policiers, qui toute l’année travaillent main dans la main.

Je me suis faite agresser quand j’étais enceinte par des policiers. J’assistais à une scène où un homme n’arrivait pas à respirer à cause d’un étranglement. Je suis donc intervenue en demandant à un des agents de la BAC de desserrer.

Un jeune homme filmait avec son téléphone, un des policiers a été vers lui pour prendre le téléphone, je lui ai dit : “Attention vous n’avez pas le droit de faire ça, où est votre matricule ?”

Le policier m’a asséné un coup de pied et un coup de poing. Ils m’ont mise presque à quatre pattes. Les gens n’y croyaient pas.

Le policier a porté plainte contre moi pour “outrage et rébellion” alors que les vidéos disent le contraire.

Quand ils ont compris qui j’étais, ils ont été un peu plus sympas pendant les auditions.

Les policiers retranscrivent le contenu des vidéos sur papier et le transmette au procureur.

Comment se fait-il que des policiers qui travaillent dans le même commissariat qu’un agent impliqué dans ces violences retranscrivent ces vidéos ? Difficile de parler d’impartialité.

Bondy Blog :  Lors de la mort de votre frère, abattu le 21 avril 2012 par la police, avez-vous vous-même bénéficié d’un soutien ?

Amal Bentounsi : Aucun !  Moi ce qui m’a aidé c’est ma pugnacité, ma volonté et mon intuition de croire que mon frère n’était pas responsable et qu’il n’était pas en train de braquer à ce moment-là.

Sur le coup, sincèrement, comme beaucoup, j’ai douté à la première dépêche à la télévision parce que la version policière parlait d’“une fusillade et d’un braqueur”.

Mon instinct me disait que qu’il fallait faire le nécessaire.

J’étais proche de mon frère, c’est quelque chose qui m’a beaucoup touché. Si j’étais restée les bras croisés, j’aurais commis l’irréparable.

Bondy Blog : Le collectif est-il un moyen de résilience pour vous ?

Amal Bentounsi : Oui, absolument, il m’a aidée, apaisée. En aidant d’autres familles, à notre petit niveau, on changera les choses.

Bondy Blog :  Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, vous a attaquée en justice. Que s’est-il passé ? Où en êtes-vous de cette procédure judiciaire ?

Amal Bentounsi : Manuel Valls a porté plainte contre moi pour diffamation en raison du nom du collectif et pour une vidéo qui mettait en scène, de façon parodique, le recrutement de la police française.

Quand nous avons réalisé cette vidéo, j’étais seule face à ma vérité, à mon drame, à ce deuil qui était difficile à porter.

J’ai gagné mon procès, j’ai voulu en faire une tribune pour les familles de victimes qui n’avaient pas eu la chance d’avoir un procès. Elles pouvaient y assister. J’ai fait intervenir des sociologues, des experts, des écrivains, avec des données statistiques et des témoignages.

J’ai été relaxée et ai obtenu justice en 2014.

Bondy Blog : Pour vous, la gauche a-t-elle une part de responsabilité dans le climat entre les habitants des quartiers, les personnes issues de l’immigration et la police ?

Amal Bentounsi : Je croyais qu’on avait atteint un niveau tel de violence et de parole raciste libérée avec Nicolas Sarkozy mais je crois que la gauche a fait le pire du pire. C’est elle qui a été élue par les voix de quartiers populaires.

Nous ne l’oublierons pas.

Aujourd’hui, cette violence est faite aux militants, aux gens qui vont manifester, aux musulmans.

Bondy Blog : La gauche au gouvernement n’a donc rien fait selon vous pour améliorer la situation ?

Amal Bentounsi : Non, maintenant tout le monde est touché par cette violence-là. Ça n’a fait que creuser un fossé entre les citoyens et les politiques.

Aujourd’hui, les policiers sont vus comme des super héros, ils ne sont jamais remis en question. Il y a une tendance à minimiser leurs actes. Il faut le dénoncer.

Il y a une complicité de la part du gouvernement, de la part du ministère de l’Intérieur qui ne remettent jamais en question la parole des policiers, et ça depuis de nombreuses années. La gauche n’a rien changé à cela.

Bondy Blog : Vous avez pour projet la création d’un observatoire des violences policières. Le nom et la démarche de cette structure, plus “scientifique” sont-ils un moyen de porter plus haut la voix des victimes de bavures policières ?

Amal Bentounsi : C’est assez fou que dans le pays des droits de l’Homme, il n’y ait pas ce type d’observatoire. Il faut qu’on ait des chiffres pour que ces crimes policiers soient reconnus.

Avec cet observatoire, il va falloir changer les mentalités, montrer que les policiers ne sont pas tous des super-héros, montrer qu’on peut les surveiller.

Et se sachant observés, peut-être qu’ils se comporteront autrement.

Bondy Blog:  Comment comptabiliserez-vous ces bavures policières ? Vous vous appuierez sur des affaires jugées ou sur des témoignages ?

Amal Bentounsi  : Nous ne parlons pas de bavures ! Nous parlons de crimes policiers et de violences policières car parler de bavures cela donne à penser qu’il s’agit d’accidents. Or, les policiers sont responsables.

Si Ali Ziri, 69 ans, retraité, s’était appelé Robert, il ne serait pas mort entre les mains de la police. En quatre ans nous avons rencontré énormément de monde, de collectifs et d’associations, nous avons constitué un réseau.

Les informations nous viennent de personnes extérieures au collectif, qui viennent nous parler de telle ou telle famille qui aurait vécu un drame. Cela se passe à Rennes, Bordeaux, Strasbourg, Lille, toutes les grandes villes françaises.

Ce réseau nous permet de vérifier les informations, comme nous ne pouvons pas toujours nous déplacer. C’est très important pour nous que ce soient les familles qui portent ce message.

Bondy Blog : Quelles ont été les petites victoires qui ont marqué votre combat pour faire connaître ces violences ?

Amal Bentounsi  : Les petites victoires… Il n’y en a pas eu beaucoup, mais c’est par exemple certaines affaires comme celle de Lahoucine Ait Omghar. Un jeune tué de cinq balles par des policiers. Il n’y avait pas d’espoir d’enquête. Le collectif a pu donner des conseils à la famille et six mois après, on a commencé à se mobiliser. Les petites victoires, ce sont aussi les journalistes. Il ne faut pas se voiler la face, ils sont une aide dans ce type d’affaires. A un moment donné, si certains peuvent relayer des informations biaisées, d’autres, en faisant leur travail d’investigation, apportent des bribes de vérité à la population.

Propos recueillis par Victoire CHEVREUL

Site internet du collectif :
http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

Source :
http://www.bondyblog.fr/201610040930/amal-bentounsi-notre-guide-pour-les-victimes-des-violences-policieres-doit-servir-a-creer-un-rapport-de-force/#.V_OKtoUesy4

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 09:56

Linky et les données « carroyées » - Dans les grilles de l’Insee

Mardi 6 septembre 2016 par Pièces et main d’œuvre

Dans Les secrets de Linky , nous avions vu comment Enedis (ex-ERDF), cette entreprise aux pratiques brutales - suivant le médiateur de l’Energie - comptait vendre nos données personnelles pillées par Linky à l’échelle du maillage IRIS de l’Insee.

Parmi les nombreuses réactions suscitées par ce texte, il y avait celle de cet employé de l’Insee qui nous glissait : « il y a bien pire que la maille IRIS, il y a le carroyage, vous devriez voir… »

On a été voir et on n’en est pas revenus.

On a beau être cyniques (?), blasés (?), résignés (?), quant aux multiples moyens techno-administratifs d’espionnage et de gestion du cheptel humain, il nous arrive encore d’être confondus de l’ampleur et de la précision de ce que la machine à gouverner sait de nous.

Non que les circuits et le fonctionnement de cette machine relèvent du secret d’Etat.

C’est juste qu’il faut - et il suffit - de s’y intéresser, même si le détail est aussi rebutant qu’un volume de jurisprudence en matière d’assurances ; et que les organisations militantes, toutes nuances confondues, ont toujours des sujets bien plus urgents à l’ordre du jour. Le techno-totalitarisme, on verra trop tard.

Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.


Dans les grilles de l’Insee - Linky et les données "carroyées"
Version prête à circuler
159.4 ko

Lire aussi :

- Les secrets de Linky, ce qu’on apprend en infiltrant une réunion de la Métro
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=848
- Nous sommes le gibier, Linky le filet
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=837
- Linky, la filière grenobloise
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=751
- Linky : lettre à ERDF
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=823
- Humanité 2.0 : Linky, l’Enfer Vert et le techno-totalitarisme
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=423
- IBM et la société de contrainte
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=253
- L’Enfer Vert, un projet pavé de bonnes intentions, par TomJo (Editions l’Echappée)
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?rubrique8

Source :
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=864

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 10:03

Le 2 septembre 2016

Ils sont, à chaque fois, un peu gauches en entrant dans son bureau. Ils lui donnent du « Monsieur le Juge » plus ou moins sincère, se tordent les pouces d'un air contrit, font tout pour lui plaire. Ils tentent de lui arracher un sourire et de s'attirer quelques sympathies. Ils disent : « Oui, oui, je ferai attention » à tout ce qu'il leur demande.

Le juge de l'application des peines (JAP) a sur eux un pouvoir total : c'est lui qui décide de qui reste en liberté et de qui retourne en prison.

C'est le magistrat chargé de veiller sur les condamnés qui ne sont pas en cellule.

Dans son bureau, ce jeudi matin d'août, Nicolas Maury, vice-président chargé de l'application des peines au tribunal de grande instance d'Évry, raconte l'ampleur de la tâche : « Nous sommes le dernier rempart de la crédibilité de l'autorité judiciaire. »

Placement sous surveillance électronique (PSE), semi-liberté, obligation de soins, de formation, de rechercher un emploi… Le JAP veille sur tout et a sur lui le poids de la récidive.

Si le condamné, qui purge sa peine au sein de la société, commet un nouveau délit, c'est lui qui encaissera en silence la pression de l'opinion.

Ce matin d'août, Nicolas Maury montre dans un soupir les liasses de papiers, les fax d'un autre temps, les armoires bourrées mais méticuleusement rangées.

Il sourit : « Avec toute cette paperasse, on a des problèmes d'archivage. Dans certains petits tribunaux, les armoires obstruent le passage. Cela pose de vrais problèmes de sécurité. » À Évry, le magistrat suit entre 120 et 150 mesures de bracelet électronique. « Elles sont en augmentation de 15 % sur un an », soutient-il.

Lire la suite :
http://www.lepoint.fr/societe/dans-la-peau-d-un-jap-02-09-2016-2065360_23.php

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 10:17

Transmis par Interdits de manif, le 27 septembre 2016

Bonjour a toutes et a tous.

Notre initiative intervient dans le contexte de prolongation de l'état d'urgence et de la démocratisation des interdictions de manifester, véritable champ d'expérimentation d'une nouvelle forme de repression.

Notre blog:
https://interditsdemanif.noblogs.org/

Mail :
interditsdemanifs@riseup.net

Il s'agit de mettre en contact les interdits de manif pour permettre de :
- Ne pas être seul-e.
- Construire une réponse collective politique et médiatique a ces interdictions.
- Porter les recours juridiques en commun, avec des avocats s'interessant à la question.
- Aiguiller localement les interdits et proposer des noms d'avocats acceptant l'aide juridictionnelle (pour le référé liberté)

Pour permettre d'agir rapidement et de travailler en bonne intelligence avec les différentes structures (comité, collectif, legal team, caisse de solidarité...), nous prenons un premier contact pour faire connaitre cette initiative.

N'hesitez pas a nous contacter

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 09:51

Le 15 septembre 2016

Il y a encore quelques mois en France, comme pour renverser le sentiment d’impuissance de l’année 2015, la jeunesse semblait en passe de retrouver la plage sous les pavés. Quelques mois d’été plus tard, les vagues ont repris d’assaut les plages. Vague d’attentats certes, mais aussi – avec des armes autrement plus puissantes et une politique bien plus ancienne – vagues d’autoritarisme raciste.

Vague après vague, ce mal se propage dans toute l’Europe. Des gouvernements d’extrême droite s’installent, ou s’y préparent.

Mais la situation est déjà critique lorsque l’extrême droite est devenue la principale force d’opposition dans le champ politique, comme c’est le cas aujourd’hui en France entre autres. Imitée de toutes parts, l’extrême droite n’est alors plus que l’une des forces qui accélèrent la surenchère autoritaire des partis bourgeois classiques et de leurs institutions nationales – et a fortiori, supra-nationales.

Un seuil est franchi dans l’accumulation d’abus d’autorité les plus divers, du recours à de vieilles armes constitutionnelles aux dernières mesures liberticides, des attaques les plus officielles et assumées aux violences perpétrées loin des caméras de télévision.

L’état d’urgence semble en passe d’accéder à la durée indéterminée, et une politique ultra-autoritaire se généralise – pas encore la Turquie d’Erdogan, déjà plus la routine antidémocratique de la Ve République.

Lire la suite :
http://www.contretemps.eu/coup-detat-durgence/

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 10:54

13 septembre 2016

Police prédictive: deux chercheurs démontent l’algorithme

PredPol, la société californienne leader du marché, s'est inspirée d'un algorithme de prédiction des répliques de tremblements de terre créé par le sismologue David Marsan.

Mais selon les calculs du sociologue Bilel Benbouzid, il s’agit plus d'un outil de management des effectifs que d'un réel algorithme de prédiction des crimes.

Deux chercheurs publient, mardi 13 septembre, les résultats de travaux démontrant l’inefficacité de l’algorithme de la société américaine PredPol, leader du marché de la police prédictive.

Dans un texte, publié sur le site La Vie des idées, le sociologue Bilel Benbouzid livre en effet les conclusions de ses recherches dans le cadre desquelles il est entré en contact avec le sismologue David Marsan, inspirateur de l’algorithme utilisé par PredPol.

Les deux scientifiques ont tout simplement repris l’algorithme originel afin de vérifier l’efficacité du logiciel de la société.

Les calculs de David Marsan, consultables dans une note transmise à Mediapart (voir l’onglet Prolonger), sont accablants pour PredPol et « jettent de forts doutes sur la capacité » du logiciel de réellement prévoir des crimes.

PredPol est sans aucun doute l’une des grandes success stories de ces dernières années, une de celles dont raffole la Silicon Valley.

Un conte de fées sécuritaire qui débute en 2011 lorsqu’un mathématicien, George Mohler, et un criminologue, Jeffrey Brantingham, mettent au point un algorithme de prédiction des crimes et le testent en partenariat avec le département de police de Santa Cruz en Californie.

Lire l'article :
https://www.mediapart.fr/journal/international/130916/police-predictive-deux-chercheurs-demontent-l-algorithme

****
À qui profite le crime ? Le marché de la prédiction du crime aux États-Unis

Les algorithmes d’apprentissage automatique des « big data » trouvent des applications dans toutes les sphères de la société.

Dans cette supposée « révolution des données », le secteur de la sécurité occupe une place importante.

La police pourrait désormais anticiper les crimes grâce aux méthodes du machine learning.

Parmi les nombreux acteurs qui œuvrent dans ce domaine, Predpol est l’entreprise la plus souvent mentionnée.

Créée en 2012, la start-up californienne a élaboré un logiciel qui indique aux patrouilles de police la localisation des crimes à venir avec une précision époustouflante.

Aux États-Unis, les forces de police sont nombreuses à s’être laissées tenter par l’installation de ce tableau de bord analytique fournissant une information prédictive quotidienne grâce à un algorithme s’inspirant des méthodes de prédiction des tremblements de terre.

Lire l'article :
http://www.laviedesidees.fr/A-qui-profite-le-crime.html

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Pour mémoire

Police prédictive : la tentation de « dire quel sera le crime de demain »

Comme certains services américains de police, la gendarmerie travaille sur des algorithmes capables de pronostiquer les délits. Le sociologue Bilel Benbouzid décrypte l’engouement pour ces logiciels futuristes.

Des logiciels pour prévoir où et quand devraient avoir lieu les prochains crimes ? Jusqu’ici, ce genre de gadgets faisait un peu sourire. On les pensait réservés aux Américains – ah, ceux-là, pour mettre des gadgets dans les voitures de police, ils sont pas les derniers.

Mais le 21 mai, la gendarmerie française annonce avoir acquis un outil permettant de « prédire » certains délits fréquents – cambriolages, vols, trafics de stupéfiants ou encore agressions sexuelles – à partir des régularités statistiques observées ces cinq dernières années.

Bien que la date de mise en service de ce dispositif ne soit pas précisée, il semble que l’information remonte déjà aux chefs de service, chargés « d’adapter leurs moyens et d’exploiter au mieux ces renseignements criminels dans leurs zones », depuis fin 2014.

Lire l'article :
http://rue89.nouvelobs.com/2015/05/27/police-predictive-tentation-dire-quel-sera-crime-demain-259384

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Le chantier de la police prédictive : entre Big Data et prévention criminelle

Utiliser des algorithmes pour prédire le crime ? Alors que certains crient au génie, d’autres angoissent déjà à l’idée d’une société policière à la Minority Report.

Mais les réalités de la police prédictive sur le terrain sont bien loin de tous ces fantasmes. Si aux États-Unis, les logiciels de prédiction criminelle sont légion, la France commence à peine à découvrir la portée de ces outils.

Description d’un chantier pratique, légal et sociologique.

Lire l'article :
http://www.silex-id.com/take-your-time/decryptage/le-chantier-de-la-police-predictive-entre-big-data-et-prevention-criminelle/

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Le Big Data au service de la lutte contre la criminalité
https://bigdatafrance.wordpress.com/2014/08/04/le-big-data-au-service-de-la-lutte-contre-la-criminalite/

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Les logiciels de police prédictive « aggravent la discrimination »
http://rue89.nouvelobs.com/2016/09/13/les-logiciels-police-predictive-aggravent-discrimination-265145

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Les algorithmes prédictifs, le casse-tête annoncé pour les juges et avocats
http://www.usine-digitale.fr/article/les-algorithmes-predictifs-le-casse-tete-annonce-pour-les-juges-et-avocats.N397327

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Kira Radinsky - L'oracle du Net
http://www.parismatch.com/Actu/Sciences/L-oracle-du-Net-791046

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D'autres articles ici :
https://cse.google.com/cse?cx=000973117691330431080%3Azrbinspmbtw&ie=UTF-8&q=&sa=+Ok+#gsc.tab=0&gsc.q=predictions

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Documentation

ACTIONS C.L.A.P33 & Co...

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Bordeaux - 18 mars 2017

Journée contre

les violences policières

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Violences Policières

France - Trois rapports
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Amnesty International : klik !
Paris Luttes Infos : klik !

 

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L'impact disproportionné
de l'état d'urgence

Un rapport d'Amnesty  : klik !

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Hommage aux victimes

21 Mars 2015

 
15 mars 2014
 

19 mars 2011
 

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" Vétérante "

O.P.A

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Soutien à m.
Nous n'oublierons pas
 le 19 Mars 2009 à Bordeaux !
 
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