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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:38

Depuis Rebellyon le 19 février 2012

Concernant les récentes tentatives d’infiltration policière au sein du milieu militant lyonnais.

Ce pourrait être une rencontre banale. Une discussion dans un hall d’hôtel de Lyon. Sauf que les deux protagonistes font partie de mondes qui sont sensés s’opposer. D’un coté, un activiste, militant anti-fasciste de premier plan. De l’autre un agent de la DCRI. C’est lui qui a convenu du rendez-vous.

Il n’y a pas de cadre légal, c’est juste une discussion. Ça parle de l’actualité lyonnaise fafs/antifas, des questions sont posées sur les derniers squats publics ouverts, entres autres...

Petit retour en arrière. Courant 2011, un militant est convoqué au commissariat. L’appel n’explique pas les motivations. L’intéressé s’y rend et tombe sur un agent de la DCRI. Pour commencer le deal parait simple, un échange de "bons procédés" : lui accepte d’être en liaison avec la DCRI et les flics, de leur côté, lui fourniront quelques renseignements utiles à l’occasion (« attention tel jour ne sort pas de chez toi, il y a des fascistes en planque dans le coin »).

Un téléphone portable est remis au jeune homme. Il accepte. En tout cas il ne dit pas non.

Les jours suivants, il garde tout pour lui, seule une toute petite poignée de gens est au courant. Il va retourner à plusieurs reprises au commissariat et être par la suite invité dans des halls d’accueil de grands hôtels lyonnais.

Au fil des rencontres, il y a ce sentiment d’être complètement dépassé, piégé, d’avoir mis le petit doigt dans un engrenage infernal qu’il ne maîtrise plus. Il y aura bien quelques confessions à ses potes, des tentatives de justification ("c’était pour infiltrer la police", "je n’ai jamais rien lâché").

Les policiers lui proposent même de l’envoyer à Notre-Dame-Des-Landes aux frais du Ministère de l’Intérieur : "après tout toi ça te ferait plaisir d’y aller et nous ça nous arrange".

Après le refus, il y a la fuite. Sans doute pour ne plus faire le jeu de la police, certainement aussi parce que la proximité avec les condés reste heureusement difficile à assumer au sein des milieux militants ou « radicaux ».

Lire la suite :
https://rebellyon.info/Concernant-les-recentes-tentatives-d

***
Lire aussi
Internet - L’autorisation d’enquêter sous pseudonyme est généralisée dans la police et la gendarmerie
http://www.20minutes.fr/societe/1719855-20151029-internet-autorisation-enqueter-sous-pseudonyme-generalisee-police-gendarmerie

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:15

"Guide de survie à destination des aventuriers d’Internet ou comment protéger ses libertés en milieu numérique hostile".

Paris, le 13 septembre 2016

Le CECIL propose un livret, plus que jamais nécessaire, pour préserver nos libertés face aux dangers de la surveillance en ligne.

L'association CECIL (Centre d'Etude sur la Citoyenneté, l'Informatisation et les Libertés), en partenariat avec la LDH (Ligue des Droits de l'Homme) est heureuse de vous annoncer la parution de son Guide de survie des aventuriers d’Internet.

Face à la surveillance illégitime, ce guide vise :
* à sensibiliser à ses dangers : profilage, publicités ciblées, mesures restrictives de libertés, IP‑Tracking, autocensure... ;
* à assimiler de bonnes pratiques pour mieux défendre nos vies privées et nos libertés ;
* à améliorer la maîtrise des outils numériques courants : navigateur, mots de passe, cookies… ;
* à inciter à adopter des mesures et outils simples pour se protéger : anti-traceurs (ex. uBlock Origin), chiffrement (ex. GPG-PGP), réseaux anonymisants (ex. TOR)…

Ce livret de 68 pages A5 est la version papier de 12 fiches pratiques déjà disponibles sur notre site (www.lececil.org/fiches/ sous licence Creative Commons : Attribution-Partage à l'identique).

Vous trouverez ci-joint un extrait, ainsi que la couverture réalisée par le talentueux dessinateur libriste Péhä.

Le CECIL milite pour une approche raisonnée du numérique.

Nous proposons des ateliers de sensibilisation et des formations pratiques sur les questions relatives à la surveillance. Le guide est un support pédagogique idéal pour nos « ateliers d'autodéfense numérique ».

Nous somme prêts à partager notre savoir-faire avec des organisations qui voudraient l'utiliser.

Le guide est proposé au prix de 5 euros et est disponible lors de nos différentes interventions publiques.

Pour les envois postaux et en nombre nous contacter via : contact@lececil.org.

Pour plus d'informations sur cette publication ou les activités du CECIL, nous sommes à votre disposition par courriel : contact@lececil.org

livretguidedesurvie-extraits.pdf
livretguidedesurviecouv.pdf
livretguidedesurvie-4emecouv.pdf

Source :
http://www.lececil.org/node/18001

***
Complément d'info
Sylvain Steer, chargé de mission du CECIL, interviewé par Framablog
https://framablog.org/2016/09/13/un-guide-pour-les-liberer-tous/

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 10:26

Bonjour,

Voici en pdf, le No 155, septembre 2016, du petit journal mobile recto-verso A4 "RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et sécuritaires.

Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l'équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques ...

A bientôt.
L'équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article565

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Au sommaire

- Dans les égouts de la République

- L'illusion du tout-sécuritaire

- [ C h r o n i q u e d e l ' a r b i t r a i r e ]
        La chasse anti-rroms continue
        Quel espoir pour les réfugiés ?
        Justice pour Adama !
        Gardé-à-vue après avoir été électrocuté
        La video, outil de lutte
        Comment meurt-on d’une fracture du crâne dans un commissariat ?
        Sous-traitance des violences policières

- [ A g i r ]

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 10:37

La Bataille du voile par Frantz Fanon

Frantz Fanon a abordé sous le titre de la bataille du voile, l’enjeu central constitué par le thème du dévoilement des femmes algériennes durant la domination coloniale française.

Le voile des femmes était considéré comme le symbole par excellence de la nature rétrograde de la société algérienne et la colonisation présentée comme une mission de civilisation qui se donnait pour objectif premier de libérer les algériennes du patriarcat arabo-musulman dont elles étaient victimes en les dévoilant.

Avec le voile, les choses se précipitent et s’ordonnent. La femme algérienne est bien aux yeux de l’observateur « Celle qui se dissimule derrière le voile. »

Nous allons voir que ce voile, élément parmi d’autres de l’ensemble vestimentaire traditionnel algérien, va devenir l’enjeu d’une bataille grandiose, à l’occasion de laquelle les forces d’occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses, et où le colonisé déploiera une force étonnante d’inertie.

La société coloniale, prise dans son ensemble, avec ses valeurs, ses lignes de force et sa philosophie, réagit de façon assez homogène en face du voile.

Avant 1954, plus précisément, depuis les années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l’administration française en Algérie, préposés à la destruction de l’originalité d’un peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d’existence susceptibles d’évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l’occurrence, comme symbole du statut de la femme algérienne.

Lire la suite :
http://www.madinin-art.net/la-bataille-du-voile-par-frantz-fanon/

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Comment le voile est devenu musulman ?

Lire ici :
klik !

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Le corps féminin, enjeu géopolitique dans la France postcoloniale

Cet article propose une lecture géopolitique des relations entre la société française et ses « Autres » musulmans, en s’appuyant sur les travaux historiques et sociologiques qui ont démontré l’intrication des questions sexuelles et des questions raciales.

Il s’agit en particulier de montrer comment le contrôle des corps féminins et de la sexualité féminine est devenu l’un des « terrains » sur lesquels s’est porté l’hypothétique « choc des civilisations », et plus particulièrement comment les corps des femmes sont instrumentalisés dans des représentations visuelles largement diffusées, comme métaphores d’enjeux de contrôle territorial.

À travers notamment la question du voile et de ses représentations, la continuité avec l’époque coloniale est soulignée, ainsi que la place donnée à la sexualité dans le domaine politique.

Lire la suite :
https://espacepolitique.revues.org/1882

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L’enjeu du statut des femmes durant la période coloniale en Algérie

Le statut des femmes en Algérie constitue un enjeu aussi bien pour le régime colonial français que pour les nationalistes algériens. Pour l’État français, il sert à inférioriser la société des dominé·e·s ; pour la société algérienne, menacée de disparition par la colonisation, il sert à affirmer et maintenir l’identité collective, d’où la crainte d’une assimilation par les femmes, cheval de Troie des valeurs étrangères.

Cette peur est pourtant injustifiée quand on considère le peu de changements entrepris par l’administration coloniale dans la situation des femmes pendant la colonisation.

L’irruption des femmes algériennes dans la sphère politique dans les années 1950 et notamment leur engagement dans l’action armée change le discours sur leur rôle. Cependant, malgré ce passage de la condition d’objet au statut de sujet, elles ne peuvent que se couler dans le moule nationaliste et elles n’ont pas la possibilité d’affirmer des revendications spécifiques.

(...)

Le colonisateur qui déplore le sort des Algériennes va-t-il pour autant améliorer leur situation ? Examinons deux indices de statut qui nous permettront de répondre à cette question : la scolarisation et le droit de vote.

En ce qui concerne la scolarisation, les lois Ferry, lois scolaires françaises rendant l’enseignement primaire obligatoire (1881) et gratuit (1882), sont étendues à l’Algérie en vertu du décret du 13 février 1883, mais omettent « momentanément » les filles musulmanes.

À la veille de l’indépendance, dans les années 1950, seulement 4 % des filles scolarisables vont à l’école (10 % pour l’ensemble des enfants algériens et 97 % pour les enfants européens) alors qu’un « plan de scolarisation » a été lancé par le décret du 27 novembre 1944.

Les quelques centres de formation ouverts notamment à l’occasion du Centenaire, en 1930, confinent les filles et les jeunes filles aux tâches ménagères (cuisine, repassage) ou artisanales (tissage de tapis, broderies…) et leurs effectifs sont symboliques.

C’est ainsi que les centres Bons Pasteurs d’El Biar ou de Miserghin comptaient 125 filles, les Centres de formation familiale et ménagère de Bône (Annaba) 80 filles et de Philippeville (Skikda) 60 filles. Les filles sont exclues de la scolarisation, encore plus que les garçons : en 1962, à l’indépendance de l’Algérie, 90 % des femmes sont analphabètes.

Le chapitre du droit de vote est tout aussi sombre : alors que c’est à Alger qu’est signée l’ordonnance du 21 avril 1944 qui accorde le droit de vote aux femmes françaises, les Algériennes en seront privées jusqu’au 28 septembre 1958 pour le scrutin constitutionnel.

Lire la suite
http://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2008-3-page-16.htm

****
Pourquoi le voile pose-t-il problème ?

Au-delà des clichés et sans apologie aucune, peut-on envisager le voile islamique sous un autre angle? Entretien avec Silvia Naef, professeur à l’unité d’Arabe de l’Université de Genève, spécialiste de la culture des mondes arabes et musulmans, qui effectue actuellement des recherches sur le voile et ses symboliques.

(...)

Le fantasme de la femme dévoilée

C’est aussi pour cela que le fantasme de la femme dévoilée (visibles dans les tableaux d’Ingres par exemple) dans des bains turcs est si présent. C’est une manière de contourner ce refus. Ce problème symbolique est très important. Grâce au voile, les musulmans soustraient les femmes à la vue des occupants, et diminuent ainsi leur pouvoir de domination. C’est une sorte d’acte de résistance. Aujourd’hui, on constate que le voile islamique est plus que jamais une fixation de la part des Occidentaux.

Il y a selon moi différents types de questions et différentes manières de les aborder. Tout d’abord, très simplement, il existe des citoyens qui refusent la présence musulmane en Europe, et pour qui le port du voile constitue une provocation, une agression, et un acte de revendication insupportable. Il existe également toute une génération de féministes, qui ont dû se battre contre une multitude d’oppressions, dont certaines provenant du christianisme, et pour qui le voile islamique renvoie à ces combats si chèrement gagnés.

On voit également beaucoup de partis ou de groupes, notamment d’extrême-droite, pour qui le droit des femmes n’est absolument pas une priorité dans leur propre pays, mais qui sont à la tête du combat contre le voile sous prétexte de l’égalité homme/femme. Cette manière de se concentrer sur le voile des musulmanes sans s’intéresser aux problèmes des femmes de son pays se retrouve d’ailleurs déjà au XIXème siècle, et perdure largement aujourd’hui.
(...)

Je pense enfin que le désir de posséder, symboliquement ou non, les femmes de pays plus pauvres, plus faibles, existe toujours aujourd’hui, et que les frustrations qui résultent de ce voile qui cache et soustrait les femmes des pays orientaux expliquent en partie cette focalisation sur le voile.

Enfin, il est important de le souligner, pour qui s’intéresse un tant soit peu à la condition des femmes dans les pays musulmans, le voile n’est pas un problème prioritaire.

Cette obsession de vouloir faire retirer le voile aux femmes est d’ailleurs très souvent mal comprise par les principales intéressées, pour qui le foulard, hijab, niqab etc., constitue d’abord un acte de pudeur.

C’est un peu comme si l’on demandait du jour au lendemain aux femmes occidentales de se balader dans la rue les seins nus.

La pudeur se conçoit de manières différentes selon les cultures et les sociétés, et le voile islamique est ancré depuis des siècles comme faisant partie de la légitime pudeur des femmes dans le monde arabo-musulman.

Il semble donc intéressant de se pencher d’abord sur nos propres histoires, nos propres interprétations, pour comprendre un peu mieux le regard que l’on porte sur l’autre, en l’occurrence sur la femme musulmane voilée.

http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/pourquoi-le-voile-pose-t-il-probleme-14-04-2011-1447_118.php

***
La polysémie du voile : Politiques et mobilisations postcoloniales

Comment  se  fait-il  que  le  voile  soit  devenu  en  si  peu  de  temps  un  enjeu  décisif   pour  la  société  européenne  ?  Comment  cette  thématique,  cantonnée  au  début  des  années  90  à  quelques  cas relevant  du  fait  divers,  est  passée  en  l’espace  d’une  décennie  à  la  rubrique  événement  ?  Le  voile,  désormais  islamique,  symbolise  et  éclaire à lui seul l’ensemble des tensions que les sociétés européennes entretiennent  avec  les  minorisés  «  d’origine  »  ou  issues  d’ailleurs.  Les  populations  dites  musulmanes,  homogénéisées  et  réduites  à  leur  seule  identité  religieuse,  se  retrouvent  ainsi  enserrées  dans  un  agenda à la fois médiatique et politique qui limite l’appréhension des voiles aux seules dimensions du légal et du moralement acceptable.

Dès  lors,  les  débats  sur  et  autour  du  voile  posent  comme  une  évidence que les problématiques de l’égalité de genre, du sexisme ou encore  de  l’homophobie  soient  adressées  quasi  exclusivement  à  la  communauté musulmane.

Cet  ouvrage  aborde  le  voile  islamique  comme  outil  heuristique  permettant de comprendre la manière dont les femmes musulmanes sont  devenues  les  alibis,  donc  produites  en  tant  que  tels,  d’un  discours  universaliste  qui  refuse  et  récuse  tout  particularisme.  Il  permet également d’interroger toute revendication identitaire et/ou antiraciste qui ferait l’impasse sur le caractère genré du port du voile.

Les articles ici réunis montrent alors une polysémie du voile qu’il ne s’agit pas uniquement de rechercher dans des situations diversifiées, appréhendées en termes d’usages et coutumes, mais de la reconnaître notamment dans le va-et-vient entre le centre et la périphérie (entre l’Europe et ses anciennes colonies) et dans les spécificités  inhérentes à tel ou tel contexte socio-historiques

Lire la suite :
https://www.fichier-pdf.fr/2016/06/14/le-voile-dans-la-cite/le-voile-dans-la-cite.pdf

***
A relire
http://artexte.ca/wp-content/uploads/l-orientalisme-l-orient-cree-par-l-occident.pdf

 

 

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 10:20

Le 24 août 2016 pat B. Girard

Les dernières mesures annoncées par l’Éducation nationale, relatives à la « sécurisation » des établissements scolaires, sont en réalité une étape supplémentaire dans ce qui apparaît comme le seul projet politique du gouvernement : le projet de la peur.

Pour l’instant, le port du casque n’est pas encore obligatoire, l’armement des enseignants non plus mais les dernières mesures prises par Cazeneuve, ministre de l’Education nationale et présentées par sa directrice de la communication, Najat Vallaud-Belkacem, sont une étape supplémentaire dans ce qui apparaît comme le seul projet politique du gouvernement : le projet de la peur.

La circulaire conjointe de l’Intérieur et de l’EN en date du 29 juillet dernier, manifestement rédigée dans la panique et la précipitation de l’attentat de Nice, le confirme : puisque le gouvernement s’interdit obstinément toute réflexion sur les causes profondes du terrorisme au prétexte qu’ « expliquer, c’est excuser », il ne reste plus qu’à travailler l’opinion publique pour la faire arriver aux mêmes conclusions.

Avec, en arrière-plan, ce vieux principe d’un régime à la dérive : faire peur pour faire obéir.

Surveiller plutôt que protéger

Avec cette circulaire, au-delà des annonces de façade, c’est le vocabulaire choisi qui fait sens :

« vigilance renforcée, plan particulier de mise en sûreté (PPMS), espaces vulnérables de l’école, cellules académiques de gestion de crise, capacités de résilience de la communauté scolaire etc »

Un vocabulaire policier pour une  vision policière de l’ordre scolaire, dont le but ultime est davantage de surveiller que de protéger.

Car si aucun établissement scolaire n’est évidemment à l’abri d’un attentat, il n’est pas nécessaire d’être sorti de l’IHEDN pour savoir que le principe de toute action terroriste consiste précisément à contourner l’obstacle mis sur sa route : devant une porte fermée, on entrera par la fenêtre ; plutôt que franchir une grille, on déposera sa bombe avant.

Au printemps dernier, Estrosi pouvait bien plastronner sur l’interdiction des fêtes de fin d’année décidée pour les écoles de sa ville ; les écoliers qui par malheur se trouvaient sur la promenade des Anglais le 14 juillet au soir ne sont pas obligés de le remercier pour sa lucidité…

De ce point de vue, les « instructions relatives à la sécurité dans les établissements scolaires » présentées par la ministre ont surtout pour objectif de protéger les pouvoirs publics des critiques irresponsables que ne manqueront pas de lancer, en cas d’attentat, des politiciens que rien n’arrête dans la récupération indécente des victimes.

Un catalogue à la Prévert, complètement déconnecté du quotidien des établissements… et de la réalité du terrorisme :

- organisation d’exercices « anti-intrusion » dont on a déjà vu à quelles stupides dérives ils pouvaient mener ;
https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/280416/anti-terrorisme-lecole-entretenir-la-peur

- une « alerte attentat-intrusion », à distinguer de l’alerte-incendie et dont il faudra s’assurer qu’elle soit « audible » (sic) ;

- éviter les « attroupements » à l’entrée des établissements (avec une distance de sécurité minimum entre chaque élève ?)

- la formation des élèves aux premiers secours (PSC1), comme si des élèves de 14 ans en situation réelle d’attentat étaient en mesure de se transformer en urgentistes ;

- sans oublier, bien sûr, la mobilisation formelle de la hiérarchie à tous les échelons, sans laquelle l’EN ne serait pas ce qu’elle est : des « référents sûreté », des « cellules académiques de gestion de crise », des modules de formation pour les directeurs d’école, des stages pour chefs d’établissement au centre de formation de la gendarmerie etc.

- plus grave, la chasse à la « radicalisation » - celle des élèves comme des adultes – ouvrant les portes à toutes les dérives racistes comme on a déjà eu l’occasion de s’en rendre compte.

Si, après cela, les élèves ne sont pas protégés du terrorisme, c’est à désespérer de la communication gouvernementale.

C'est le gouvernement qui fait peur

Un nouveau plan de mesures pour rien ? Evidemment non.

Ce serait négliger le fait que cette nouvelle initiative, sûrement pas la dernière en cette année électorale où toutes les surenchères sont attendues, trouve sa place et sa justification dans le climat anxiogène, virant à la paranoïa, délibérément organisé depuis un an et demi dans le cadre d’un état d’exception devenu permanent et dont l’effet le plus certain est de limiter toujours plus les libertés publiques.

N’est-ce d’ailleurs pas le but poursuivi ?

En dépit de leur caractère objectivement absurde, les dispositions annoncées ne font guère que récupérer, que recycler, des discours plus anciens, bien antérieurs aux attentats, appelant à une « sanctuarisation » des établissements scolaires, en réalité un repli derrière les murs, matérialisé par des dispositifs toujours plus sophistiqués de surveillance et de contention.

Une sorte de politique de la peur, inscrite dans un programme plus large de contrôle idéologique des élèves à base de rabâchage  autour des « valeurs de la république » : de fait, il se confirme au fil des mois que les attentats sont aussi (d’abord ?) un prétexte pour une mise au pas de l’école, de la société avec elle, reflet d’une vision nostalgique d’un monde passé (disons d’avant Mai 68), qui n’est pas l’apanage de la seule droite politique.

Le 4 novembre dernier, donc avant les attentas du Bataclan, de Nice, de Rouen, la ministre de l’Education nationale, déjà flanquée de son collègue de l’Intérieur, concluait ainsi son allocution : « A travers nos deux ministères, ce sont deux piliers de notre République qui se mobilisent conjointement. Une mobilisation qui s'accompagne d'un changement radical de culture. »

Avant l’échéance, fatale, des élections présidentielles, il reste aux acteurs de l’éducation à peine deux trimestres d’une année scolaire pour faire connaître leur point de vue sur ce changement radical de culture.

Source :
https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/240816/rentree-scolaire-la-lutte-contre-le-terrorisme-est-dabord-un-projet-politique

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 10:36

Le 28 juillet 2016

Sous-catégorie du fichier des personnes recherchées, les fiches S visent les personnes potentiellement menaçantes pour la sûreté de l’Etat. Elles sont subdivisées en plusieurs niveaux.

L'enquête menée après l'attaque de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray a montré que les deux tueurs du Père Jacques Hamel, mardi, étaient fiché S . Mais qu'est-ce qu'une fiche S ? A quoi sert-elle ? Combien de personnes concerne-t-elle ? Existe-il plusieurs niveaux de fiche S ?

Qu'est-ce qu'une fiche S ?

Les fiches S, créées à l'origine pour contrôler les déplacements des diplomates, sont une des sous-catégories du fichier des personnes recherchées (FPR), qui regroupe aussi le fichier M (pour les mineurs fugueurs), le fichier V (pour les évadés), ou encore le fichier T (pour les débiteurs du Trésor).

Au total, 400.000 personnes figurent dans ce FPR qui a été créé en 1969.

La fiche S - pour sûreté de l'Etat - vise, selon la loi, des personnes « faisant l'objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l'Etat, dès lors que des informations ou des indices réels ont été recueillis à leur égard ».

En clair, la fiche S peut être attribuée à des personnes soupçonnées de visées terroristes ou d'atteinte à la sûreté de l'Etat, sans pour autant qu'elles aient commis de délit ou de crime.

Une fiche S peut par exemple concernée une simple relation d'un terroriste connu.

Figurent sur cette fiche S, l'état civil complet de la personne recherchée (nom, prénom, date et lieu de naissance, sexe, nationalité, pseudo), une photo et un signalement, les motifs de la recherche et la conduite à tenir en présence d'une personne fichée.

Qui délivre les fiches S ?

Les fiches S sont principalement émises par la Direction générale du renseignement intérieur (DGSI), une des branches du renseignement français. Mais une telle fiche peut être délivrée suite à des informations provenant d'autres pays ou dans le cadre de collaborations internationales : la personne visée peut ou non se trouver sur le territoire français.

A quoi sert une fiche S ?

Etre l'objet d'une fiche S ne signifie pas être surveillé en permanence ou même occasionnellement. « C'est plus souvent un indicateur, une espèce de thermomètre sur lequel il faut veiller en permanence et qu'il faut alimenter pour qu'elle soit efficace », selon un policier.

La fiche S est surtout destinée à attirer l'attention des forces de sécurité si l'une des personnes fichées est interpellée.

Elles doivent alors en référer aussitôt aux services de renseignement.

Combien de personnes sont fichées S ?

En novembre 2015, le Premier ministre Manuel Valls affirmait que 20.000 personnes faisaient l'objet d'une fiche dite « S » dont « 10.500 » pour leur « appartenance ou leur lien avec la mouvance islamique ».

« Tous les autres peuvent concerner des membres d'autres mouvements considérés comme terroristes : le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), la ligue liée à des mouvements tamouls, la branche militaire du Hezbollah, des militants violents liés à l'ultra droite ou à l'ultra gauche, des hooligans, etc. », avait précisé le chef du gouvernement.

Les potentiels djihadistes étaient au nombre de 850 environ fin 2015. Ces personnes sont suspectées mais ne sont pas passées à l'acte.

Un autre fichier, beaucoup moins connu mais très proche dans ses critères des fiches S, est celui tenu par l'UCLAT (Unité de coordination de lutte anti-terroriste). Il comporterait quelque 10.000 noms également.

On peut encore ajouter le fichier européen SIS qui contient les noms de personnes recherchées ou placées sous surveillance et sert à mieux contrôler les entrées dans l'espace Schengen.

Y-a-t-il différents niveaux de fiches S ?

Il y a plusieurs degrés dans les fiches S afin d'assurer un suivi des personnes fichées en fonction de leur dangerosité.

Ces degrés sont matérialisés par des chiffres qui vont de 1 à 16. Attention, un S16 ne sera pas nécessairement plus dangereux qu'un S1.

Le chiffre est surtout destiné à aider les forces de l'ordre à mettre en place les actions les plus corrélées à la situation des individus qu'elles surveillent.

Par exemple, en fonction du niveau, il peut être recommandé aux forces de l'ordre de « ne pas attirer à l'attention », « rendre compte immédiatement au service demandeur », « relever les identités des accompagnants », faire « une photocopie des documents d'identité » ou bien encore signaler les passages à la frontière.

Une personne peut être visée par plusieurs fiches.

A noter que la fiche S14 correspond aux combattants djihadistes revenant d'Irak ou de Syrie.

Source :
http://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/0211166564497-terrorisme-quest-ce-que-la-fiche-s-2017506.php?B4HFeEiL9ETUqzlE.99

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 13:58

Transmis par Saïd Bouamama le 31 août 2016

L’été 2016 a été marqué par trois faits de nature différente : un ignoble attentat endeuille le pays le 14 juillet, une loi détruisant le code du travail massivement rejetée par la population et les travailleurs est votée le 21 juillet et un arrêté municipal interdisant l’accès à la plage pour les femmes portant un « burkini » est pris à Cannes, déclenchant en quelques jours une véritable épidémie d’arrêtés similaires dans d’autres villes.

Les réactions sociales et les commentaires politiques et médiatiques qui ont suivis ces trois événements constituent un excellent analyseur de l’état de notre société, des contradictions qui la traversent et des intérêts qui s’y affrontent.

« Radicalisation rapide », stratégie de dissimulation et production d’une psychose collective

Dès le 16 juillet le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve évoque la thèse d’une « radicalisation rapide » du chauffeur meurtrier accompagnée d’une série de précisions angoissantes :

« Il n’était pas connu des services de renseignement car il ne s’était pas distingué, au cours des années passées, soit par des condamnations soit par son activité, par une adhésion à l’idéologie islamiste radicale […] Il semble qu’il se soit radicalisé très rapidement. En tous les cas, ce sont les premiers éléments qui apparaissent à travers les témoignages de son entourage […] des individus sensibles au message de Daesh s’engagent dans des actions extrêmement violentes sans nécessairement avoir participé aux combats, sans nécessairement avoir été entraînés […] La modalité de la commission de son crime odieux est elle-même nouvelle. » (1)

La thèse de la « radicalisation rapide » est lourde de conséquences. Elle accrédite l’idée que tous les musulmans sont susceptibles de se transformer rapidement et brusquement en terroriste. Le danger est désormais partout où sont présent des musulmans ou supposés tels.

L’heure est donc à la méfiance à chaque fois que l’on croise un musulman réel ou supposé.

Bien sûr, on ajoutera systématiquement « qu’il faut veiller à ne pas faire d’amalgame » soulignant ainsi la conscience des effets probables d’une telle thèse.

Lire la suite :
https://bouamamas.wordpress.com/2016/08/31/lecons-et-consequences-dun-ete-revelateur-la-construction-progressive-des-conditions-dun-pogrome/

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 14:56

Par Carine Fouteau le 24 août 2016

Des femmes sommées par des policiers de retirer leur vêtement sur des plages françaises… Le tour que prend la controverse anti-burkini n'est pas seulement grotesque, il est inquiétant en ce qu'il ouvre la voie à de nouvelles interdictions.

De nombreuses personnalités, notamment des femmes racisées, protestent contre un régime « discriminatoire » réservé aux musulmanes.

« Arrêtez de nous humilier, de nous régenter, d’exécuter la violence sur nos corps » : ce tweet de Sana Saeed, écrivaine et productrice nord-américaine, engagée dans la lutte contre l’islamophobie et en faveur du mouvement Black Lives Matter, résume à lui-seul l’état d’exaspération de nombreuses femmes, en particulier racisées, provoqué dans le monde entier par l’interdiction du « burkini » sur plusieurs plages françaises.

(...)

 Est-ce qu’humilier les femmes publiquement fait partie du plan pour les libérer ? », écrit Rav Danya Ruttenberg, femme rabbin américaine. Résidant à Nice, Feiza Ben Mohamed, porte-parole et secrétaire générale de la Fédération des musulmans du Sud, diffuse sur son compte les vidéos de « chasse aux femmes voilées » et commente : « Une honte absolue pour le pays. Les policiers font se déshabiller une femme voilée. J’ai envie de vomir. »

(...)

La contradiction inhérente à l’interdiction née dans la tête de quelques hommes blancs de plus de 50 ans exerçant le pouvoir est évidente. « Il y a quelque chose qui donne le vertige, développe en substance Amanda Taub, dans le New York Times, dans le fait d’interdire un vêtement au motif que les femmes ne doivent pas se laisser imposer leur vêtement. »

Cette interdiction, qui s’inscrit dans l’histoire coloniale de la France, ne vise pas à protéger les femmes contre le patriarcat, affirme-t-elle, contrairement à ce que ses défenseurs déclarent – Manuel Valls a lui-même fustigé une tenue qui serait la « traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme » et qui, à ce titre, ne serait « pas compatible avec les valeurs de la France et de la République ».

L'objectif est tout autre : il est de donner le sentiment à la majorité non musulmane vivant en France qu’elle peut être « protégée » dans un pays « en mutation » qui refuse de se voir tel qu’il est, c’est-à-dire divers culturellement, racialement et religieusement.

(...)

Le burkini n’est en effet que l’ultime facette de cette stigmatisation qui s’est déjà portée, entre autres exemples, dans l’histoire récente, sur le foulard dans toutes ses versions : à l’école, où il est interdit depuis 2004 pour les jeunes filles ; à l’université, où Nicolas Sarkozy et Manuel Valls à l'unisson estiment son éviction urgente ; dans l’entreprise, où chaque affaire devant les prud’hommes est l’occasion d’une polémique ; lors les sorties scolaires, dont des mères risquent d’être exclues au motif qu’elles portent le foulard.

La « jupe longue noire » est aussi dans le collimateur de certains chefs d’établissement, tandis que le voile intégral est banni de l’espace public depuis 2010.

(...)

Cette fois-ci, comme les précédentes, les principales concernées – les femmes musulmanes portant le burkini – n’ont pas accès à la parole. Quelles ont été leurs motivations pour revêtir cette tenue ? Quelles conséquences cette décision a-t-elle eues dans leur vie ?

Leur voix est restée jusqu’à présent inaudible, et les appels à témoin que viennent de lancer quelques journaux apparaissent comme l’aveu tardif d’un silence devenu assourdissant.

La question des usages de ce vêtement est de même passée en arrière-plan : quelles en sont les trajectoires historiques et les réappropriations présentes collectives ou individuelles ?

Pourtant nombreux, les travaux sociologiques et anthropologiques sur la diversité des significations n'ont guère été convoqués pour éclairer les débats. La linguiste Marie-Anne Paveau voit dans cet « oubli » le symptôme d’une « énonciation ventriloque ».

« C’est un mécanisme tout à fait analogue d’invisibilisation et de réduction au silence qui préside à un autre procédé d’ordre énonciatif qui fait florès en ce moment dans la vie politique et médiatique française et qu’on peut appeler, en termes communs, “parler à la place des autres”, indique-t-elle.

Cette forme énonciative cible particulièrement les individus habituellement minorisés, voire stigmatisés, et parfois vulnérables : les femmes, les individus racisés, les musulman.e.s. Et elle est, sans surprise, plutôt adoptée par des dominant.e.s, non racisé.e.s, non stigmatisé.e.s, et n’appartenant pas à des minorités, visibles ou invisibles. »

Cette fois-ci encore, les femmes musulmanes sont mises à l’index non pas en raison de leur pensée ou de leur attitude (l’une d’entre elles semblait assoupie quand elle a été verbalisée), mais de leur corps.

Le choix vestimentaire pourtant généralement considéré comme relevant de l’ordre de l’intime s’est transformé pour elles en une question de politique nationale, discutée comme un problème mettant en cause soit les « valeurs de la République », soit l’« ordre public ».

Cela n’est pas nouveau.

Dès l’époque coloniale, l’État français n’a eu de cesse de chercher à dévoiler les « femmes indigènes ».

Dans un article publié (avant la controverse estivale) sur le site Contre-attaque(s), Zhor Firar, militante associative, retrace cette « longue histoire française ».

Elle évoque ainsi le rôle d’une association créée par les épouses des généraux Salan et Massu dans l’organisation d’un « dévoilement » public en mai 1958 de femmes d’Alger.

« Dévoiler pour mieux régner et surtout pour contrôler ces consciences, cette arme colonisatrice s’est vue déployée lors de la guerre d’Algérie pour imposer le modèle civilisateur », indique l’auteure, qui explique que plusieurs « cérémonies » suivront lors de manifestations initiées par l’armée.

.........

Cette histoire serait grotesque, si elle n’était pas grave. Car, ce faisant, des maires, qui n'ont pourtant pas de pouvoir législatif, préparent le terrain à de nouvelles interdictions nationales. Les policiers municipaux ne sont pas des sociologues, susceptibles de distinguer entre tel et tel usage. Les verbalisations de femmes simplement voilées en témoignent.

Le rôle de police des mœurs qui leur est confié les place dans une situation juridiquement, politiquement et humainement intenable.

Le Conseil d’État, appelé à se prononcer ce jeudi 25 août, saura-t-il rappeler les va-t-en guerre à la raison ?

Source :
https://www.mediapart.fr/journal/france/240816/derriere-les-arretes-anti-burkini-l-humiliation-des-musulmanes

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 10:29

Transmis par Libérons Les le 22 août 2016

[Oaxaca] Lutte communautaire et répression politique à Eloxochitlán de Flores Magón, le cas de Miguel Betanzos

Traduction collective

(Télécharger librement ce livre)

Ce bulletin a pour but de diffuser l’un des cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, il a été réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonnier.e.s Anarchistes, qui a eu lieu du 26 au 30 août 2015.

Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée.

Ce bulletin a été créé sans aucun but lucratif.

Nous encourageons toute forme de solidarité envers nos compagnons et compagnonnes prisonnier.e.s.

Miguel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca.

Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. T

outes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux.

Vous pouvez reproduire totalement ou partiellement ce bulletin.

Répands et étends librement ces idées.

Solidarité et camaraderie avec nos compagnon-n-e-s prisonnier.e.s

À bas les murs des prisons !

Destruction de la société carcérale !

Bonne lecture !

Les trois passants

****
Télécharger librement ce livre sur :
https://liberonsles.wordpress.com/2016/08/22/oaxaca-lutte-communautaire-et-repression-politique-a-eloxochitlan-de-flores-magon-le-cas-de-miguel-betanzos-telecharger-librement-ce-livre/

Plus d’infos sur :
https://liberonsles.wordpress.com/eloxochitlan-de-flores-magon/

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 10:46

Depuis ACAT, le 5 août 2016

Alors que l'enquête concernant la mort le 19 juillet d'Adama Traoré lors d'une intervention policières semble montrer que la technique du plaquage ventral a joué un rôle dans sa mort, l'ACAT revient sur l'utilisation de gestes d'immobilisation dangereux par les forces de l'ordre en France.

Les  forces  de  l’ordre  disposent,  afin  d’exercer  leur  mission,  de techniques d’intervention qui peuvent leur permettre de maîtriser une personne à interpeller.

Enseignés dans les écoles de police et  de  gendarmerie,  ces  gestes  sont  pratiqués  quotidiennement.

La plupart ne posent pas de problème particulier, à condition toutefois d’être strictement nécessaires et proportionnés à la situation, sans quoi leur pratique deviendrait illégale et serait qualifiée de violence policière.

Mais certaines techniques d'immobilisation controversées peuvent entraîner la suffocation et ont déjà provoqué plusieurs décès en France.

Le pliage : une technique dangereuse mais toujours pratiquée

La technique du pliage consiste à maintenir une personne assise, la tête appuyée sur les genoux afin de la contenir. Elle est susceptible de provoquer une asphyxie posturale et est responsable de plusieurs décès.

Cette pratique a été remise en cause en France après le décès rapproché de deux personnes à l’occasion de leur reconduite à la frontière.

Le 30 décembre 2002, Ricardo Barrientos décédait après avoir été attaché à son siège dans l’avion, la tête maintenue sur ses genoux et les policiers exerçant une pression sur ses omoplates, cela pendant près de quarante minutes et entièrement  recouvert  par  une  couverture. 

Quelques  jours  plus tard,  Getu  Hagos  Mariame  décédait  dans  les  mêmes  circonstances.  Suite  à  ces  drames,  une  instruction  de  police  nationale est venue interdire la pratique du pliage dans le cadre des reconduites à la frontière.

Pourtant, l’ACAT suit plusieurs affaires dans lesquelles la technique du pliage est suspectée d’avoir été utilisée.

Dans deux cas de décès au moins, des policiers ont reconnu avoir atiqué ce geste. Wissam El Yamni est décédé en janvier 2012 après son interpellation.

Selon le journal Le Monde, qui a pu consulter l’autopsie et le rapport de l’IGPN (la police des polices), la pratique d’un pliage serait en cause dans cette affaire.

En 2009, c’est un homme âgé de 69 ans, Ali Ziri, qui décédait suite à une intervention de police. Dans cette affaire à nouveau, un agent de police  reconnaissait  avoir  fait  usage  de  la  technique  du  pliage dans le véhicule qui conduisait Ali Ziri du lieu de son interpellation jusqu’au commissariat.

Plaquage ventral ou immobilisation en décubitus ventral

Ce geste consiste à plaquer et maintenir une personne ventre au sol, tête tournée sur le côté. Les forces de l’ordre ajoutent parfois à cette position d’autres moyens de contention, tels que le menottage des poignets derrière le dos et l’immobilisation des chevilles (avec parfois les genoux relevés), et peuvent aller jusqu’à exercer un poids sur le dos de la personne ainsi maintenue à terre.

Du fait de la position ainsi imposée à la personne, cette technique entrave  fortement  les  mouvements  respiratoires  et  peut  provoquer une asphyxie positionnelle.

En raison des risques de décès qu’elle entraîne, la pratique du plaquage ventral a été dénoncée à plusieurs reprises par Amnesty International. Une étude médicale indépendante attire également l’attention sur cette pratique : « des cas de mort subite chez des individus maintenus en position ventrale lors d’une arrestation, entraînant une asphyxie, même sans pression exercée  au  niveau  du  cou, ont  été  décrits  dans la littérature  et  de nombreux cas ont été rapportés».

Prenant en compte les risques que cette pratique a révélé, le Comité européen de prévention de la  torture  (CPT)  estime  que  les  moyens  de  contrainte  susceptibles de provoquer une asphyxie posturale, comme le plaquage ventral, ne devraient constituer qu’un ultime recours.

À l’occasion de l’examen de la France en 2010, un rapporteur du comité des Nations unies contre la torture (CAT) s’est quant à lui dit « préoccupé par le fait que la technique d’immobilisation dans la position dite du décubitus ventral continue d’être utilisée ».

En 2007, la France a par ailleurs été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme suite au décès d’un homme résultant de cette pratique.

En raison des risques qu’elle comporte, plusieurs pays, tels que la Suisse et la Belgique, ont renoncé à cette technique.

En France, elle a été encadrée sans être toutefois interdite. « Lorsque l’immobilisation d’une personne est nécessaire, la compression - tout particulièrement  lorsqu’elle  s’exerce  sur  le  thorax  ou  l’abdomen  –  doit être la plus momentanée possible et relâchée dès que la personne est entravée  par  les  moyens  réglementaires.» 

Elle  est  ainsi  toujours pratiquée en France et est mise en cause dans plusieurs cas de décès répertoriés par l’ACAT.

Recommandations de l'ACAT

• Proscrire l’utilisation des techniques dites du « pliage » et du « decubitus ventral ».
• Encadrer plus strictement la pratique de clés d’étranglement

Source :
http://www.acatfrance.fr/actualite/des-gestes-d-immobilisation-qui-etouffent

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 09:37

Transmis par ACAT(Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)
Le 10 juillet 2016

Familles décimées - Un web-documentaire comme pièce à conviction

Une plainte contre une entreprise française accusée de complicité de crime de guerre à Gaza.

Gaza, 17 juillet 2014. Au cours de l’offensive israélienne « Bordure protectrice » dans la bande de Gaza, un missile s’abat sur le toit de la maison des Shuheibar, où cinq enfants nourrissaient les pigeons.

Une petite fille de 8 ans, Afnan, et deux petits garçons de 9 et 10 ans, Wassim et Jihad sont morts. Deux autres garçons de 15 et 9 ans, Udai et son cousin Bassil, ont été grièvement blessés.

Le 29 juin 2016, deux ans après l’offensive israélienne, la famille Shuheibar, soutenue par l’ACAT, a porté plainte en France pour complicité de crime de guerre et homicide involontaire contre l’entreprise française Exxelia Technologies.

Un composant de fabrication française a en effet été trouvé parmi les débris du missile tiré sur la maison.

Pourtant, aucune cible militaire n’était présente dans la maison au moment de l’attaque, ni à aucun autre moment.

La famille Shuheibar accuse l’entreprise française de s’être rendue coupable de complicité de crime de guerre ou, a minima, d’homicide involontaire, s’il est établi qu’elle a vendu le capteur à une entreprise militaire israélienne.

Un web-documentaire inédit et poignant
Véritable plongée dans la réalité glaçante de Gaza au cours de l’été 2014, le web-documentaire « Familles décimées » relate l’histoire de dix familles dont les vies ont été détruites lors de l’offensive israélienne de juillet 2014.

Le format du web-documentaire permet - grâce à une combinaison de textes détaillés, de photos et de vidéos - d’offrir non seulement une puissante reconstitution des attaques, mais aussi des portraits intimes des victimes et des survivants.

A partir de cet outil interactif dont elle est partenaire, l’ACAT espère susciter une prise de conscience pour une mobilisation réelle, et redonner ainsi une voix aux victimes de Gaza.

Voir le web-doc :
http://www.obliteratedfamilies.com/

Source :
http://www.acatfrance.fr/actualite/sortie-du-webdocumentaire-familles-decimees

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 10:01

Le 5 juillet 2016

Au terme de six mois de travail, la commission d’enquête parlementaire sur l’action de l’Etat face aux attentats de janvier et de novembre 2015 a rendu son rapport, mardi 5 juillet.

Ce document de trois cents pages se nourrit notamment des auditions de quatre ministres et des directeurs des services du renseignement.

Un important travail de synthèse qui aboutit à trente-neuf propositions, que le rapporteur de la commission, le député PS Sébastien Pietrasanta, et son président, le député LR Georges Fenech, ont présentées au Monde.

Ces propositions balayent plusieurs thèmes, de l’organisation des secours en situation de crise à la sécurisation du territoire en passant par les failles des services du renseignement.

C’est sur ce dernier point que les propositions du rapporteur sont le plus poussées : elles invitent à repenser en profondeur les différents étages de la lutte antiterroriste.

Leur examen met en lumière l’étonnant foisonnement d’acronymes qui prolifèrent dans le renseignement français et sa conséquence : un manque criant de coordination.

Lors de son audition devant la commission, le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), Bernard Bajolet, avait résumé l’ampleur du chantier :
« Des attentats comme ceux du 13 novembre marquent bien un échec du renseignement extérieur : ils ont été planifiés à l’extérieur de nos frontières et organisés en Belgique, c’est-à-dire dans l’aire de compétence de la DGSE. Ils représentent aussi sans doute un échec pour le renseignement intérieur, dans la mesure où ils se sont produits sur notre sol. »

La refonte du renseignement territorial

Premier niveau de réforme exploré par la commission : le renseignement territorial. Afin d’améliorer la détection des « signaux faibles », Sébastien Pietransanta suggère de redynamiser le renseignement de proximité, profondément désorganisé par la réforme conduite en 2008 par Nicolas Sarkozy, qui avait abouti à la dissolution des RG au sein de la DCRI, ancêtre de la DGSI (renseignement intérieur).

Il propose donc la création d’une direction générale du renseignement territorial, placée auprès du ministre de l’intérieur et intégrée au premier cercle de la communauté du renseignement.

Cette nouvelle direction serait formée par la fusion du service central du renseignement territorial (SCRT) – qui dépend de la police nationale – et de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO), le service de renseignement de la gendarmerie.

Elle reprendrait également les compétences de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) en matière d’information générale, la mission de lutte contre le terrorisme étant confiée à la DGSI.

Cette réforme entraînerait la disparition de la DRPP et corrigerait une anomalie en permettant à la DGSI et au renseignement territorial de devenir compétents sur un territoire dont ils sont aujourd’hui exclus : Paris et les trois départements de la petite couronne.

Le rapporteur et le président de la commission fondent leur diagnostic sur l’interruption de la surveillance par la DRPP de Saïd Kouachi au moment de son déménagement à Reims, surveillance qui avait été reprise, puis abandonnée, par la DGSI.

Cette refonte du renseignement de proximité aurait également pour conséquence d’intégrer la gendarmerie – qui couvre 95 % du territoire et 50 % de la population – au premier cercle de la communauté du renseignement, dont elle est aujourd’hui absente.

Afin d’éviter que ce passage de quatre à deux services de renseignement intérieur ne réveille la rivalité qui avait motivé la fusion des RG et de la Direction de la surveillance du territoire (DST) en 2008, le rapporteur suggère que la DGSI demeure le service « pilote » de la lutte antiterroriste.

Rationaliser la coordination des services antiterroristes

Durant ses travaux, la commission d’enquête s’est étonnée de constater qu’il n’existait aucune entité administrative capable de coordonner l’ensemble des services antiterroristes.

Créée en 1984, l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) est censée remplir ce rôle, mais elle est un service de police et n’a donc aucune autorité sur les nombreux services ne dépendant pas de la police nationale.

Afin de combler ce vide, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a créé le 1er juillet 2015 une nouvelle structure, l’Etat-major opérationnel de prévention du terrorisme (Emopt), rattachée directement à son cabinet.

« Mais la commission d’enquête s’est beaucoup interrogée sur l’articulation des compétences entre l’Uclat et l’Emopt. On a eu du mal à comprendre qui faisait quoi », souligne Sébastien Pietrasanta.

Le rapporteur suggère de corriger ce rafistolage et de faire un peu de ménage dans les acronymes en fusionnant l’Uclat et l’Emopt.

La nouvelle entité serait repositionnée auprès du ministre de l’intérieur – et non de la police nationale – et aurait ainsi autorité pour coordonner l’ensemble des directions du ministère dans la lutte antiterroriste.

Création d’une agence nationale antiterroriste

Considérant que l’enjeu de la lutte antiterroriste ne peut cependant se limiter à l’enceinte de la Place Beauvau, Sébastien Pietrasanta propose également de créer une véritable agence nationale de lutte contre le terrorisme, rattachée directement auprès du premier ministre.

Fort de sa dimension interministérielle, cette agence inspirée du National Counterterrorism Center américain aurait compétence pour coordonner l’ensemble des services antiterroristes, dont la DGSE : elle aurait en charge l’analyse de la menace, la planification stratégique, la coordination opérationnelle et veillerait au partage de l’information entre les services.

Un directeur national du renseignement

Il existe aujourd’hui un « coordonnateur national du renseignement », auprès du président de la République. Après huit années d’existence, il est considéré comme un conseiller de l’Elysée plus qu’un réel coordonnateur, une incarnation symbolique de la communauté du renseignement d’avantage qu’un maillon important de la chaîne.

Le rapporteur propose donc de renforcer ses prérogatives en lui octroyant une capacité d’arbitrage budgétaire, pour en faire un véritable « directeur national du renseignement ».

Une base de données commune

« La commission d’enquête a éprouvé de grandes difficultés à obtenir le nombre d’individus suivis par les différents services chargés de la lutte antiterroriste.

La raison en est simple : un tel fichier consolidé n’existe pas », explique son rapporteur. Chaque service disposant de ses propres fichiers, le seul outil commun à l’ensemble de la communauté du renseignement demeure le fichier des personnes recherchées (FPR).

Avec plus de 400 000 fiches, dont 10 000 fiches « S », pour sûreté de l’Etat, cet outil n’est pas dévolu à la lutte antiterroriste.

Pour pallier ce manque, une application informatique a été créée en 2015 par le ministre de l’intérieur, le fichier des signalés pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), qui compterait 13 000 noms.

Problème, il n’est accessible qu’aux services dépendant du ministère de l’intérieur – et donc pas à la DGSE, par exemple – et ne recense pas les personnes représentant une menace hors du territoire national.

Le rapporteur suggère donc de transformer le FSPRT en une base de données exhaustive du risque terroriste alimentée et consultable par l’ensemble des services.

***
L’état d’urgence et l’opération Sentinelle ont une portée limitée sur la sécurité nationale

L’état d’urgence décrété dans la foulée des attaques du 13 novembre et l’opération militaire Sentinelle n’ont qu’« une portée limitée sur la sécurité nationale », estime le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats.

« L’état d’urgence a eu un effet mais il semble s’être rapidement amenuisé. Et dix-huit mois après le début de l’opération Sentinelle, alors que cette contribution qui a été jusqu’à 10 000 hommes est encore aujourd’hui de 6 000 à 7 000 soldats, je m’interroge sur la valeur ajoutée réelle dans la sécurisation du territoire national », déclare le député socialiste Sébastien Pietrasanta.

Source :
http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/07/05/attentats-la-commission-d-enquete-propose-une-profonde-refonte-du-renseignement_4963757_1653578.html

****
Télécharger le rapport de la Commission d'enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015
http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-enq/r3922-t1.asp

Lire la lettre du ministre de l'Intérieur aux auteurs du rapport.
http://mobile.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Lettre-de-Bernard-Cazeneuve-adressee-a-Sebastien-Pietrasanta-et-Georges-Fenech

Lire aussi : "Cazeneuve refuse toute mise en cause de la lutte antiterroriste" (Mathieu Suc, Mediapart).
https://www.mediapart.fr/journal/france/140716/cazeneuve-refuse-toute-mise-en-cause-de-la-lutte-antiterroriste

Source :
http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2016/07/15/Vers-une-refonte-des-services-du-renseignement

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 10:36

Retour sur dix ans de dérives idéologiques

Par Christine Delphy; le 17 août 2016

L’attitude française majoritaire à l’égard du « hijab », c’est-à-dire du foulard porté par certaines femmes musulmanes, est incompréhensible pour le reste de la planète. Pas seulement incompréhensible : elle est répréhensible. C’est ce qu’explique Christine Delphy dans une tribune publiée dans The Guardian. Nous publions ici la traduction en français du texte original.

La première mesure ouvertement anti-musulmane a été le passage d’une loi en 2004 qui interdit aux jeunes filles d’aller à l’école en portant un « foulard islamique » – ce qu’il était appelé alors, avant de devenir, dans le patois journalistique, un « voile ».

Cependant, l’islamophobie, la peur et la haine de l’Islam et des Musulmans, n’est pas spécifiquement française : elle est répandue en Europe, en Amérique du Nord, bref dans tout le monde occidental. Bush Jr a décrété l’Islam ennemi du monde occidental, et c’est ainsi que ce monde en est venu à justifier l’invasion et la destruction d’une grande partie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale depuis les années 2000.

En France, cependant, en sus des raisons géopolitiques (l’alliance avec les Etats-Unis), l’islamophobie a des racines proprement françaises.

La campagne idéologique contre l’Islam a commencé il y a plus de quarante ans. Thomas Deltombe a montré qu’entre les années 1980 et le milieu des années 2000, pas une semaine ne s’est écoulée sans que l’un ou l’autre des principaux hebdomadaires ne publie un numéro ayant un titre comme : « Devrions-nous avoir peur de l’Islam ? » ou « L’Islam est-il compatible avec la démocratie ? ».

Les quotidiens, les radios et les télés faisaient preuve de la même obsession.

Cela n’a fait qu’empirer au cours des années, au fur et à mesure que le public est devenu convaincu que la « civilisation occidentale » était menacée par l’Islam, et que ce danger était incarné en France par les cinq millions de descendants d’immigrés d’Afrique du Nord vivant en France – des Musulmans potentiels.

La loi de 2004 interdisant le port du foulard dans les écoles publiques se base sur la croyance que les signes religieux sont contraires à la laïcité, c’est-à-dire au sécularisme politique. Celui-ci repose sur une loi – la loi de 1905.

Cette loi abroge la loi précédente (datant de Napoléon) qui établissait des liens forts entre l’Eglise (surtout catholique) et l’Etat, qui rémunérait les prêtres, les pasteurs et les rabbins.

La loi de 1905 mit en place une nouvelle règle, qui est de fait celle de tous les Etats modernes : pas de religion d’Etat, toutes les opinions et croyances – religieuses ou non – étant mises sur un pied d’égalité.

Pas d’interférence du clergé dans les affaires de l’Etat, ni de l’Etat dans les affaires religieuses. La liberté de conscience implique la liberté d’expression, et cette liberté signifie que les opinions – sur n’importe quel sujet – peuvent être exprimées en public comme en privé.

Aujourd’hui pourtant, cette loi est utilisée contre les Musulmans, car elle a subi une réinterprétation radicale de la part des politiciens, des journalistes et des lobbies ; elle a été, comme le dit Jean Baubérot, falsifiée.

Elle est présentée comme disant le contraire exact de ce que la loi française et les Conventions internationales disent. Le président actuel, dans son dernier discours de campagne en 2012, a utilisé les mots des polémistes anti-musulmans : « la religion, a-t-il dit, est du ressort du privé, et même de l’intime ».

Mais ni la loi française, ni les Conventions internationales ne font de distinction entre les opinions religieuses et les autres opinions : toutes ont le droit à l’expression publique. Or aujourd’hui, la réinterprétation de la loi de 1905 implique qu’on ne pourrait avoir d’expression religieuse que dans le secret de sa salle de bains.

Même avant la loi de 2004 excluant les adolescente portant foulard de l’école publique – violant ainsi leur droit fondamental à l’instruction – les groupes féministes établis n’acceptaient pas les femmes portant foulard dans leurs réunions. Elles avaient décidé, assez tôt, que ces femmes ne pouvaient pas être féministes, et même, qu’elles étaient contre tout ce que le féminisme représente.

L’une des ironies de leur posture est qu’elle les a menées à essayer physiquement de sortir des femmes portant foulard d’une manifestation… pour le droit à l’avortement (2005) !

En 2003, les féministes blanches décidèrent que le foulard est un « symbole d’oppression », et seulement cela – et pour elles il va sans dire que porter un symbole d’oppression ne peut signifier qu’une chose : que vous êtes pour l’oppression.

Ces féministes blanches n’ont jamais mis en question ce qu’elles portent elles-mêmes.

Seules les quelques féministes opposées à cette loi discriminatoire ont commencé à demander si les talons hauts, le rouge à lèvres et des centaines d’autres « signes de féminité » peuvent tout aussi bien être appelés des signes d’oppression.

Les premières – les pro-loi – n’ont jamais non plus discuté des différents sens que l’on peut donner au même vêtement, ni demandé aux femmes portant le foulard quel sens elles donnent à celui-ci.

Ce mépris est contradictoire avec l’une de leurs positions principales : celui que ces femmes portent un foulard parce qu’elles y sont forcées par leurs hommes (maris, pères, frères), une position que l’on retrouve dans la loi elle-même : cette position est contradictoire en ce que, prétendant que les adolescentes sont forcées par leur famille, elles soutiennent une loi qui les renvoie dans ces familles jugées oppressives, justement en les excluant de l’école.

Si les féministes blanches voyaient vraiment les femmes portant le foulard comme des femmes opprimées, loin d’être une excuse pour les renvoyer de l’école et des mouvements féministes, ce devrait être une raison de les « prendre dans leurs bras ».

L’attitude de ces féministes blanches pose une question : se voient-elles comme opprimées, ou estiment-elles qu’elles ont déjà surmonté leur oppression, et l’ont jetée sur le sol comme les serpents abandonnent leur vieille peau ? Voient-elles l’oppression comme quelque chose qui n’affecte que les « autres » femmes ? Se conçoivent-elles comme agissant non pour elles-mêmes mais pour d’autres femmes qui ne peuvent pas agir parce qu’elles sont « aliénées » ?

Le fait est qu’elles voient ces femmes portant le foulard comme des victimes consentantes de leurs hommes, et même comme des collaboratrices de ces derniers : en d’autres termes, comme des traîtres. Ou plutôt, comme des idiotes.

Les femmes qui portent le foulard sont pour la plupart les filles ou les petites filles de gens qui ont émigré d’Afrique du Nord, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, c’est-à-dire de territoires qui ont été conquis et colonisés par les Français. Ceux-ci leur ont attribué le statut d’ « Indigènes ».

Durant toute la colonisation, qui a duré 130 ans pour l’Algérie, si les « Indigènes » étaient français, ils n’étaient pas des citoyens, mais des « sujets » de l’Empire français.

C’est ainsi que les Français les connaissaient, et c’est ainsi qu’ils continuent de les voir : comme « pas vraiment » Français.

C’est aussi ainsi qu’ils veulent les garder. Les femmes autant que les hommes subissent les manifestations de ce racisme.

Les Blancs, quand on les interroge, expriment des sentiments extrêmement négatifs envers les Noirs et les Arabes. Ils adoptent aussi une posture de déni total vis-à-vis de la discrimination que notre société inflige aux Arabes et aux Noirs.

Les femmes sont aussi discriminées que les hommes, et ont une conscience vive de cette communauté de destin.

Dans ces conditions, porter un signe religieux ostensible peut avoir plusieurs sens différents, et tous à la fois : cela peut signifier leur solidarité avec les autres membre du groupe racisé ; cela peut signifier la tentative d’échapper mentalement à leur condition objective en s’échappant dans la spiritualité que la religion leur offre ; ou revendiquer des racines que les Blancs jugent infamantes ; ou encore une protestation muette contre la façon dont les traitent les Blancs. Et bien d’autres sens encore.

Mais les Blancs, et parmi eux, un grand nombre de féministes, refusent de comprendre leur situation, et continuent de demander qu’elles agissent comme si elles n’étaient pas discriminées et humiliées tous les jours de leur vie ; comme si elles étaient « comme tout le monde », c’est-à-dire comme les Blancs ; or elles ne le sont pas.

Au contraire elles font partie d’un groupe opprimé et défavorisé dans la société. Les fils et les filles d’immigrés africains, né.e.s en France, sont citoyen.ne.s aujourd’hui. Et cependant elles et ils sont deux fois plus au chômage que la population globale, sont persécutés par la police, et insultés par les Blancs.

Ainsi un sécularisme politique – la laïcité dévoyée de son sens – est utilisé pour priver les Musulmans de leurs droits fondamentaux – car en France les Musulmans sont majoritairement des Arabes.

Ceci atteint d’abord les femmes.

Les femmes musulmanes portant le foulard sont progressivement privées – loi d’exception après loi d’exception – de la plupart des possibilités d’emplois rémunérés.

Comme Saïd Bouamama l’a écrit en 2004, la version française de l’islamophobie n’est ni plus ni moins qu’une façon de rendre un racisme classique respectable.

Que des féministes aident et encouragent une telle série de mesures racistes qui sont à la fois ouvertes et illégales, c’est plus qu’inquiétant.

Les féministes devraient comprendre que les femmes portant le foulard partagent avec les autres l’oppression patriarcale, avec en plus le handicap de la discrimination raciste.

Elles devraient comprendre que ces femmes, portant le foulard ou non, aient envie de développer leur propre féminisme, en partant de leur propre situation, et que ce féminisme prendra forcément en compte leur culture islamique d’origine.

Les féministes blanches contribuent à aggraver l’une des pires coupures de la société française, alors qu’il est urgent de la réparer.

****
P.-S.
Ce texte est la version originale et intégrale d’une tribune publiée en anglais dans The Guardian. Nous la publions avec l’amicale autorisation de l’auteure.
http://www.theguardian.com/lifeandstyle/womens-blog/2015/jul/20/france-feminism-hijab-ban-muslim-women

Lire également, de la même auteure, « Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme »
http://lmsi.net/Antisexisme-ou-antiracisme-Un-faux

Source :
http://lmsi.net/Quand-des-feministes-soutiennent

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