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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 20:49
Le 11 septembre 2009 sur la dalle d'Argenteuil dans le Val d'Oise avait lieu un rassemblement en mémoire d'Ali Ziri, retraité algérien sans histoire, tué par les forces de police le 9 juin 2009.

Sur place une équipe de Télé Liberté a recueilli le témoignage d'un tout jeune adulte, victime lui aussi de la brutalité insupportable de la police.
 
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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 16:23


Transmis par Hacktivismes


C’est un billet d’humeur d’un jeune Français qui s’appelle Anyss Arbib, étudiant en quatrième année à Sciences-Po Paris et habitant Bondy, en Seine-Saint-Denis, dans l’une de ces banlieues dites «sensibles».

Sur sa page Facebook, il a intitulé son texte «Au cœur d’une guerre franco-française». Ce qui en dit long sur le ressenti de cet étudiant témoin de «violences policières aveugles», à l’encontre de Français issus de l’immigration le soir de la qualification de l’Algérie aux dépens de l’Egypte pour la Coupe du monde de football en Afrique du Sud.

Lui-même et son ami se sont fait copieusement asperger de gaz lacrymogène par un CRS, geste accompagné d’insultes xénophobes : «Dégage, sale Arabe !» Sur sa page, il écrit : «Je ne pouvais même pas lui répondre que j’étais au moins autant français que lui, la menace physique et l’impunité étant bien trop grandes. Mon honneur, mes valeurs et mes certitudes sous le coude, je rentrais chez moi blessé… par la nation.

Blessé dans une guerre franco-française qui, malheureusement, semble être banalisée». Voici le témoignage qu’il a livré à Libération.


***

«Terreur».

«Mercredi soir, quand l’Algérie se qualifie, en banlieue, il y a des explosions de joie. Moi, je suis français issu de l’immigration marocaine. J’ai un ami d’origine algérienne qui me dit : « Viens, pour une fois, on va aller fêter ça à Paris. »

On monte dans sa voiture immatriculée 93 (le département de Seine-Saint-Denis).

Des milliers d’autres personnes ont eu la même idée.

Sur le périphérique, le trafic est bloqué. Des gens descendent de leur véhicule et agitent des drapeaux algériens. On finit par rejoindre l’Arc de triomphe et les Champs-Elysées. Quand on arrive, c’est calme.

Mais, dix minutes plus tard, ça commence à dégénérer. Des jeunes lancent des bouteilles et des pétards sur les forces de l’ordre. Les habituels casseurs profitent des circonstances pour briser des vitrines et se livrer à des larcins. J’en vois certains courir avec des costumes dans les mains. Les forces de l’ordre répliquent. Ce qui est normal.

Là on se dit : « Stop ! On rentre. »
On retourne en voiture vers la Porte Maillot.

Avant de prendre le périphérique pour rentrer à Bondy, on stationne sur le bas-côté pour attendre le frère de mon ami, qui se trouve dans une autre voiture avec un copain. On s’est appelé sur les portables.

Des CRS sont présents, mais tout se passe bien jusque-là.

D’autres automobilistes arrivent, et stationnent. Ils sont comme nous : ils sont partis en groupe et veulent rentrer en groupe. Comme nous, ils ont quitté les Champs-Elysées parce qu’ils ne veulent pas être mêlés aux violences.

Certains descendent de voiture pour fumer une cigarette. Il est autour de 0 h 30.

Là arrivent d’autres cars de CRS. Des hommes descendent et commencent à donner des coups de matraque à toute personne en dehors de sa voiture. Ils cognent sans raison et sans aucun ménagement sur des gens qui n’ont rien à se reprocher. Ils instaurent un climat de terreur.

La logique est manifestement de faire peur à tout le monde.


Plus ils arrivent nombreux et plus ils sont violents. Un père de famille debout devant son véhicule se prend un grand coup de matraque sur le flanc. Il repousse le CRS. Et là, à plusieurs, ils se mettent à le matraquer. Ils agissent avec beaucoup de vulgarité. Ils disent aux gens « dégage », « casse-toi « , au lieu de dire « partez ».

A un moment, on assiste à une scène hallucinante : une BMW arrive des Champs coursée par des policiers en civil. Je suppose que le conducteur avait commis quelque chose. Porte Maillot, la voiture est obligée de ralentir. Un policier parvient à ouvrir la porte avant. Le conducteur perd le contrôle et emboutit deux autres automobiles. Ils sortent le jeune de son véhicule et commencent à le rouer de coup sans retenue. Ils ont cessé lorsque des témoins se sont mis à crier : « Arrêtez, vous allez le tuer ! »

Je considère qu’il est du devoir de la police d’arrêter des gens qui ont commis un délit.
Mais pas avec un tel déchaînement de violence.


 «Révoltant».

 «Peu après, la voiture dans laquelle se trouve le frère de mon ami arrive.

On décide de partir.

 A ce moment-là, on voit un CRS fracasser le nez d’un jeune d’un coup de matraque net et précis.

On regarde, atterrés.

Un CRS s’approche de notre voiture, tape du poing sur la tôle et lance: « Qu’est-ce que tu regardes ? Dégage, dégage ! » Je commence à trouver cela révoltant. J’ai l’impression que nous ne sommes plus dans un Etat de droit. On est livrés à une police qui agit comme elle le veut, qui déploie une violence incroyable sans légitimité.

Porte Maillot, il n’y a pas de casseurs. Au policier qui me demandait ce que je regardais, je lui réponds : « Je regarde devant moi, je connais mes droits, je suis étudiant à Sciences-Po. » Réponse : « J’emmerde Sciences-Po ! »

Je lui fais observer que je suis poli avec lui et qu’il n’a pas à utiliser un tel langage. Il coupe court : « Ferme ta gueule. »

Son collègue me pulvérise sur le visage un gel lacrymogène. C’est la première fois que cela m’arrive. C’est une agression gratuite. Un geste injustifiable.

Je n’arrive plus à respirer. Je sors de la voiture, je m’allonge par terre. J’ai la sensation d’agoniser en étouffant.

Mon ami est dans le même état.

Quand je reprends mes esprits, j’essaie d’avoir des explications. On me dit : « Dégage, sale Arabe ! »


Après coup, mes copains m’ont dit : « Sciences-Po ou pas, tu restes un Arabe ! »

Ce soir-là, j’ai eu l’impression que la police agissait en se disant : « Ils nous ont fait chier sur les Champs-Elysées, on va les castagner avant qu’ils ne rentrent, pour marquer les esprits. »

Quand il y a des manifestations de ce type, on se retrouve identifié comme un ennemi dans sa propre République.
Or les seuls points communs entre un casseur et moi, c’est qu’on est tous les deux français et qu’on a tous les deux le teint bronzé.

A part ça, je n’ai pas plus de point commun avec lui qu’avec quelqu’un qui promène son chien avenue Foch. Je ne suis pas dans la victimisation. Je me suis toujours battu pour atteindre mes objectifs en utilisant l’offre qui est faite à tout citoyen. Je veux juste témoigner des dérives auxquelles j’ai assisté. Des gens se sont battus pour avoir des droits dans ce pays, je ne veux pas que, plus tard, mes enfants subissent encore ce genre d’injustices.»

Par TONINO SERAFINI

Source :
http://www.richard-descoings.net/2009/11/24/%C2%ABcomme-un-ennemi-dans-sa-propre-republique%C2%BB/
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 15:00

Les abus policiers, ça ne date malheureusement pas d'hier...

Pioché sur Indocile - Rédigé le 22/07/2007

« Vous croyez que c’est normal de me tabasser ? »

Assise sur un tabouret à l’angle de la rue Dejean, Josiane, la vendeuse de safous, me raconte son interpellation, mardi soir.

Elle déplie une feuille de papier : c’est un certificat de constatation de lésions fait par le médecin qui mentionne des ”cervicalgies aigues“. Elle a dix jours d’ITT.

Elle confirme ce qu’ont vu les témoins. La brutalité des policiers, les coups et pour finir la garde à vue.



Josiane a tout dit ou presque. Mais j’ai pris des notes avant de la filmer, et aussi après.


« Les policiers sont venus me demander mes papiers, m’a-t-elle raconté. Ils m’ont dit de ne pas bouger. La foule s’est rassemblée. Et puis un policier m’a tirée. J’ai dit “tu m’amènes où ?“ Il m’a dit “au commissariat“. Et il m’a tirée, alors j’ai dit “laissez moi marcher !“  Un policer m’a donné un coup de poing sur le nez et j’ai commencé à saigner.  Il m’a poussée et je suis tombée. D’autres policiers m’ont tirée encore. J’étais couchée au milieu de la rue…

Après ils m’ont jetée dans la voiture. Je me suis retrouvée allongée dans la voiture à l’arrière. Le policier est monté sur mon dos, et il me tabassait, il me donnait des coups sur la tête de gauche à droite. Une femme de la police était devant avec le conducteur.

Au commissariat, ils m’ont annoncé que j’étais en garde à vue pour outrage. Après je me suis allongée par terre dans une cellule de la Goutte d’or. Deux dames étaient avec moi. Personne ne m’a dit un mot. J’ai pensé “je vais mourir dans ce commissariat“. Les pompiers sont arrivés, mais ils m’ont laissé. Ils sont partis.

Quand j’ai vu l’officier, je lui ai demandé : “Pourquoi me tabasser ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Je n’ai pas volé ! Vous croyez que c’est normal de me tabasser“. L’officier m’a dit “oui, c’est normal“.

Finalement, vers une heure du matin, ils m’ont amené à l’hôtel Dieu, mais là il n’y avait pas d’échographie…
J’ai été transportée dans un autre hôpital, pour faire l’échographie, puis je suis revenue à l’hôtel Dieu. J’étais dans des salles fermées [ndlr, division semi-carcérale de l’hôpital, les urgences médico-judiciaires].

A midi, deux dames sont venues pour me demander de signer ma libération. J’ai les oreilles bouchées. J’ai le cuir chevelu qui me fait mal. Je prends un Efferalgan toutes les deux heures, et des gouttes pour les douleurs aux oreilles. J’accouche bientôt. »

Le mari de Josiane, Traore, est là aussi. Sur la vidéo filmée par Damien, on le voit, avec un tee-shirt rouge, qui tente de s’interposer, tout en tenant son fils par la main. On le voit aussi avec son fils dans les bras, après avoir reçu des gaz lacrymogènes. Il raconte à son tour :


« Quand je suis arrivé, elle était par terre. Un policier avait son pied entre ses jambes. J’ai dit mais pourquoi on met une femme enceinte par terre !

Dès que j’ai voulu m’approcher, ils m’ont envoyé des gaz lacrymogènes.

Ils m’ont dit : “vous prenez l’enfant comme bouclier“. Je ne le prenais pas comme bouclier, c’est mon fils ! Ils ont embarquée Josiane de force au commissariat.

Après tout ça, je suis allé au commissariat de la Goutte d’or pour savoir comment allait ma femme. Et pour lui remettre ses chaussures. Ses chaussures étaient restées dans la rue.

Au commissariat, les gens ont pris les chaussures, vers 22 heures, mais personne ne m’a dit comment elle allait, ni où elle se trouvait. Elle est quand même enceinte !

Je voulais savoir si la maman se portait bien... Les policiers m’ont dit “on ne sait pas…“

Et pourtant on n’est pas contre la police. Chacun fait son boulot.

De 18 heures jusqu’au lendemain midi, je suis resté sans nouvelles ! C’est elle qui m’a appelé vers midi, pour me dire qu’elle se trouvait à l’hôtel dieu.

J’étais choqué. Je ne savais pas à qui m’adresser. Je ne connaissais pas l’adresse de l’IGS (Inspection Générale des Services) alors je suis allé au ministère de l’Intérieur. Et je suis même passé à la présidence, qui est à côté. Ils m’ont conseillé d’aller déposer plainte auprès des gendarmes… »

Depuis, Traore a récupéré l’adresse de l’IGS. Il a prévu d’aller déposer plainte lundi.

Source :
http://indociles.blogs.liberation.fr/laske/2007/07/josiane-raconte.html

 

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 11:54
Après la description des usages policiers en matière de reconduites à la frontière (lire là) :

http://www.mediapart.fr/journal/france/071009/un-escorteur-de-la-paf-raconte-la-violence-ordinaire-des-expulsions-forcees),

la suite du récit de l'escorteur, dont Mediapart a recueilli le témoignage.


L'agent de la police aux frontières (PAF), employé à l'unité nationale d'escorte, de soutien et d'intervention (Unesi) basée à Rungis, détaille ses conditions de travail.


Il a intégré ce service pour échapper à son affectation précédente, où il se faisait «caillasser» et où la «procédure judiciaire ne suivait pas». Mais aussi pour les «voyages».

Il raconte les «avantages» de son métier: aller «au bout du monde» et se retrouver «sur le bord d'une piscine avec un cocktail». Accumuler des miles sur sa carte flying blue ne l'empêche pas d'entrevoir les limites de sa mission qu'il juge «un peu absurde» et de s'indigner de la manière dont Nicolas Sarkozy «a fait sa carrière sur le dos des policiers». Primes en baisse, retraites «bousillées», mutations «bloquées», il regrette l'attitude de l'administration à l'égard de sa profession.

« On voit du pays »

Notre cycle de travail, c'est trois jours de travail, trois jours de repos, toute l'année. Si des vols sont programmés, on part. Il faut être tout le temps disponible. On nous dit: “demain, tu prends à 8 heures à Roissy ou Orly ou au Bourget”. Le Bourget, c'est là que sont les avions de la boîte, c'est-à-dire les avions que la police loue. Il y a un Beechcraft de 19 places et un Dash 8 d'une cinquantaine de places. Le Beech, on l'appelle le vomito, parce qu'il bouge beaucoup, y'a pas de toilettes, alors, quand c'est pour des familles, avec les enfants, faut prévoir. Mais l'avantage, c'est qu'on est maître à bord, c'est nous les stewards. À Roissy et Orly, on prend des avions de ligne, le plus souvent sur Air France.

Dans la plupart des cas, les missions se passent très bien, sans problème. Pour beaucoup de policiers, mon service, l'unité nationale d'escorte, de soutien et d'intervention, est l'un des meilleurs services de la police. On a quand même un boulot sympa parce qu'on voyage beaucoup, on fait la fête, on voit du pays, la liste d'attente est très longue! Quand je dis à mes ex-collègues que j'étais au bout du monde, sur le bord d'une piscine avec un cocktail... J'ai été partout, sur tous les continents. Il n'y a que la Bolivie, j'ai pas fait encore, je regrette. Comme on a des frais de mission un peu dérisoire, on essaie de récupérer les mémos pour avoir les miles. Certains personnels d'Air France, qui n'ont pas d'a priori trop négatifs sur la police, acceptent.

On est toujours bien habillés [les escorteurs sont en civils], on a un comportement respectueux, on est pas des cow-boys. Mais y'en a qui nous envoient balader. Ce n'est pas grave, on le fait sur internet, avec notre code. J'ai ma carte platinum, c'est une rare, celle-là, il y a quatre niveaux et celle-là c'est la plus élevée, je suis à 140.000 miles, ça fait pas mal de voyages.

« Ce travail, je sais très bien pourquoi je le fais »

Je ne me cache pas derrière les ordres. Ce travail, je sais très bien pourquoi je le fais, je n'ai pas honte.
La première raison, c'était pour me barrer de mon précédent poste. Avant l'Unesi, j'étais dans un coin très dur, je me faisais caillasser, du coup, aujourd'hui, je me considère en vacances. Il y avait des mecs, on avait beau faire, des saloperies, la procédure judiciaire ne suivait pas, on les retrouvait dehors trois jours après les avoir arrêtés. Un fumeur de joint, ça passe. Mais les agresseurs sexuels qui ne sont jamais inquiétés... C'est pour ça que la plupart des collègues sont démotivés, c'est pour ça que je suis parti.

Ici, on a une excellente hiérarchie, ça y fait beaucoup. Les collègues sont des fêtards, personne se tire dans les pattes, on est content d'aller au boulot. En gros, on est là pour s'amuser. Moi, je suis là pour ça, il n'y a pas d'ambiguïtés. Après, qu'il y ait une législation sur les étrangers, c'est tout à fait normal. Quand on vient en France, on a des papiers, c'est tout. À partir de là, tout le monde est bienvenu. Forcer le passage, c'est pas tout à fait correct.

« La mission est un peu absurde »

Je suis bien conscient que ne pas avoir de papiers, c'est un délit mineur.
La mission est un peu absurde. Que le système ne serve à rien, on le sait tous. La plupart des mecs qu'on reconduit sont des victimes, ça coûte cher de les faire partir et, en plus, la plupart vont revenir. Une fois, j'ai dû raccompagner un Tunisien uniquement parce que son visa était périmé depuis quinze jours. Les collègues étaient allés le chercher chez lui à 6 heures du matin. Quand même, ça ne se fait pas. Là, ce n'est pas les bons mecs qu'on ramène.

Je me souviens aussi d'un proxénète, il a pris deux ans de prison, il a fait un an avec une expulsion définitive, mais comme il avait une double nationalité, il pouvait revenir quand il voulait. Les retours volontaires, c'est n'importe quoi. Les Roumains, quand on les ramène, ils ont leur enveloppe avec la petite Marianne dessus. Ils partent avec plusieurs centaines d'euros en liquide dans la poche, comme ça, payés par la France.

À un moment, ils parlaient de dissoudre notre service parce qu'on ne faisait pas assez partir les gens. On a eu des remontées de bretelles, il y a six mois, comme quoi on n'était pas assez efficaces. C'est officieux, on nous a dit: “Les gars, vous faites trop de refus”.

« Les objectifs chiffrés, c'est du vent »

On est gérés directement par la direction centrale de la PAF qui fait le grand écart entre le ministère de l'immigration et le ministère de l'intérieur.
Le patron du pôle éloignement met la pression sur nos effectifs. Mais, moi, je ne la ressens pas.

Il y a parfois des paroles malheureuses. Par exemple, un collègue a refusé une reconduite, le major lui a dit: “pourquoi, t'as peur ?” Moi, quand je refuse, on me dit: “ah tu déconnes, tu aurais pas pu le faire partir quand même ?” Mais je m'en fous, j'explique pourquoi, c'est tout.

Il y a des erreurs de procédure aussi. Les dossiers, administrativement, ne sont pas toujours carrés. Parfois, on se trompe de destination, c'est déjà arrivé.

En fait, les objectifs chiffrés [26.000 en 2007, 27.000 en 2009], c'est du vent. Ils les gonflent, c'est électoraliste, on le sait très bien. On sait très bien qu'on ramène très peu de personnes.


Des missions, s'il y en a une dizaine par jour, c'est un très bon jour. À l'ULE [unité locale d'éloignement - dans l'aéroport, où sont conduits les étrangers expulsés avant l'embarquement], il y a un grand tableau. Il y a quelques années, il était plein, ça inclut tout le monde, y compris ceux qui acceptent de partir tout seul. En ce moment, c'est mort, y'a vraiment pas de mission. On est tous en train de perdre nos cartes flying blue !

Ceux qui ressentent vraiment la pression, ce sont les collègues qui font des interpellations. Avant, ramener un étranger en situation irrégulière, c'était la honte, du temps perdu. Maintenant, ils ne font quasiment plus que ça. C'est facile, vous allez à Belleville, vous êtes sûrs d'en trouver et ça remplit les objectifs.

« L'administration nous traite comme des chiens »

En fait, je n'ai pas de problème avec mon service et avec mon boulot, mais avec l'administration qui nous traite comme des chiens, c'est partout pareil dans la police. Je gagne 1.900 euros net par mois, y compris la prime de risque, qui s'appelle chez nous la prime de sujétion police, 200 euros à peu près. Par rapport à ce qu'on fait, c'est que dalle. À cela s'ajoutent les frais de mission, ça dépend de la destination, de 9 euros pour Bamako jusqu'à 160 euros pour un pays du golfe persique. On est la police la moins bien payée d'Europe, de très très loin.

Jusqu'en 2006, l'Unesi était un service de rêve. Les frais de mission étaient 80% plus élevés, c'était super intéressant.

Maintenant, ça a changé. Il n'y a plus d'heures de nuit. En plus, on est souvent rappelés sur les repos. Dans ce cas, on touche des heures sup, mais on ne peut pas toujours récupérer.

À l'inverse, si je suis censé travailler mais qu'il n'y a pas de reconduite, ils nous prennent nos heures sup, alors que normalement c'est de l'astreinte. Car on est rappelable à toute heure, c'est-à-dire que si j'éteins mon téléphone, je me fais engueuler, donc je suis bloqué chez moi. Si on avait des syndicats dans la police, ça se saurait !

« Sarkozy, personne ne l'aime dans la police »

Mais je ne me plains pas, je suis volontaire pour le service. Avant, les collègues pouvaient poser des vacances et demander à repousser le billet de retour s'ils étaient sur une destination intéressante. Ça se faisait.

Maintenant, ça ne se fait plus. C'est l'ère Sarkozy. Avec Sarkozy, ça ne déconne plus. Personne ne l'aime dans la police, à part les officiers parce qu'il leur a augmenté leurs primes de façon monstrueuse. Mais les policiers de base ne l'aiment pas du tout parce que leurs primes ont fortement baissé.

Dans la police, il est considéré comme un parasite, il a fait toute sa carrière sur notre dos.
Tout ce qu'il dit, on sait très bien que c'est du vent, qu'il n'y a aucun suivi judiciaire sur ce qu'on fait, on sait très bien qu'il a baissé nos salaires, qu'il a bousillé nos retraites, qu'il est en train de bloquer les mutations, il a détruit la police. Les sanctions contre les flics ont explosé. L'administration préfère casser du flic que d'avoir des émeutes.

En plus, les effectifs diminuent. Jusqu'en 2004, ils ont fait des énormes appels d'offre parce qu'ils avaient besoin de remplacer les départs à la retraite. En fait, ils ont pris n'importe qui, parce que personne ne voulait plus rentrer dans la police. Maintenant, les robinets sont fermés. C'est pour ça que les mutations sont bloquées.

En janvier 2008, le commandant d'alors nous a dit: “si vous prenez la carte flying blue, vous êtes des ripoux”.
Alors que lui faisait ses courses avec la voiture de fonction, téléphonait avec le téléphone de la boîte et avait des billets gratuits... parce qu'à la PAF, ils ont des liens étroits avec les compagnies aériennes. On travaille ensemble, on a tous des contacts partout, pour avoir des billets pas chers.

C'est ça la police, on se rend service, la vie est dure. À partir du moment où les policiers ne sont pas bien considérés, pas bien payés, la corruption arrive tout de suite. Même quand ils sont bien payés, d'ailleurs, à partir du moment où il y a du pouvoir, c'est facile d'en abuser.
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 16:13
Témoignage anonyme d'un policier sur sa profession.
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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 21:12

http://www.etiame.com/sarkozy.jpg

Transmis par Lutin


Monsieur le président, je vous fais une ...
Par Philippe Leclercq, mercredi 13 mai 2009

Quand Sarkozy se déplace ... on n'a plus que les yeux pour pleurer !

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République,

sous couvert de Monsieur le Préfet de Meurthe et Moselle

Monsieur le Président,

Vous êtes venu à Nancy ce mardi 12 mai. Comme quelques centaines de personnes, j’ai tenté de vous faire savoir mon désaccord avec votre projet de loi « « Hôpital, Patients, Santé, Territoire ». Je voulais aussi vous dire la crainte déjà ressentie par les 650 personnes dont le poste sera supprimé ici.

Dans l’exercice de notre droit à manifester, nous sommes arrivés à quelques centaines de mètres du cortège de véhicules.

Certains ont alors commencé à quitter la place de Vosges.

Un individu a entrepris la fouille d’une poubelle.
J’étais à moins de 10mètres. (j’affirme qu’il n’y a pas mis le feu comme la police l’a affirmé ensuite ; aucune flamme ni fumée n’est jamais apparue)

Tout à coup, il a été plaqué au sol par 4 policiers tandis Que 3 autres restaient debout à proximité. Ils l’ont amené à 2 mètres de moi et de quelques autres personnes.

Alors que l’individu était maitrisé, maintenu face contre le sol, l’un des policiers lui assené un coup de genou entre les omoplates puis 2 autres l’ont saisi et l’ont trainé par terre, les mains liées dans le dos.

Je me suis avancé d’un pas pour dire au policier debout, le plus proche, qu’il était inutile de le brutaliser ainsi puisqu’il était entravé et ne résistait pas. D’autres personnes ont crié leur révolte devant ces gestes ...

Je dois ajouter à ce moment de mon récit que j’ai 60 ans et que je portais mon écharpe d’élu du Conseil Régional de Lorraine et étais donc totalement indentifiable.

Probablement pris de panique, le policier a sorti sa bombe lacrymogène et a aspergé devant lui, donc sur moi à 50cm.

En tant qu’élu de la République j’ai vigoureusement protesté ... avant de ne plus rien voir !

S’en est alors suivi une bronca et les policiers ont rapidement rebroussé chemin avec l’individu.

Cette violence policière était totalement gratuite ... et aucunement justifiée. Il y avait alors encore environ 200 personnes sur la place et les policiers largement en surnombre mais il ne s’en est fallu d’un rien que ça ne dégénère !

L’incident a été provoqué par la police qui aurait du demander d’abord au service d’ordre des manifestants mais a voulu montrer ou était la force !

J’étais à Strasbourg au moment de la manifestation contre l’intégration de la France dans le commandement de l’OTAN et je constate que désormais la police n’a jamais la volonté de « garder la paix » mais d’attiser les affrontements !

Monsieur le Président de la République, est-ce votre volonté ou est-ce par crainte d’être submergés que les policiers agissent ainsi ? Avons-nous à faire à des personnes qui n’ont pas « la maitrise du terrain » ? qui n’ont pas encore participé à la formation qui leur aurait permis de garder leur sang froid ?

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’accepter mes salutations les plus citoyennes.

***

Source :
http://www.philippe-leclercq.fr/blog/index.php?2009/05/13/44-monsieur-le-president-je-vous-fais-une


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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 01:24

Les violences policières dans le collimateur d’Amnesty International

Amnesty.gif

Cette semaine sur le site d’Amnesty, une enquête sans concessions
sur les violations des droits humains commises par des policiers français dans l’exercice de leurs fonctions. Passages à tabac, recours à une force excessive, menaces, abus de tous ordres, les dérapages policiers bénéficient d’une impunité inconcevable et la France est désormais mise à l’index.


Le Collectif 217 A s’associe à Amnesty international et réitère son souhait de voir notre état major politique se pencher sur la question des violences policières de toute urgence, avant que le clivage entre police et population ne soit irréversible.


 

Eunice2.gif

Eunice Barber, mardi 3 février à 10h30 au Tribunal de Bobigny


Ce Mardi 3 février 2009 à 10h30, le Tribunal de Bobigny examine la plainte déposée par Eunice Barber contre les policiers pour “faux en écriture”.


Dans l’affaire des violences policières dont elle a été victime, Eunice Barber avait déposé, il y a deux ans, une plainte pour “faux en écriture” contre les policiers.


Curieusement, quatre (4) jours après sa condamnation du 3 décembre dernier par le tribunal de Bobigny à payer 5000 euros d’amendes aux policiers pour “refus d’obtempérer et rébellion” , Eunice recevait une convocation du juge d’instruction de ce même tribunal pour examen de sa plainte.


Cette procédure qui consiste à condamner d’abord Eunice puis à examiner sa plainte pour “faux en écriture” à l’encontre des policiers est paradoxale.

On n’a l’impression qu’il fallait la condamner à tout prix, alors que la logique la plus naturelle commandait que l’on examinât d’abord sa plainte pour valider ou infirmer les accusations portées contre elle par les policiers.


Dans l’ambiance actuelle où même des fonctionnaires de la Justice dénoncent la mise sous tutelle de l’institution judiciaire, il est légitime de se demander si le juge d’instruction a pu instruire en toute liberté et en toute indépendance la plainte accusant les policiers.


C’est dans ce contexte que le tribunal de Bobigny examinera ce mardi 3 février à partir 10h30 la plainte pour “faux en écriture” déposée par Eunice Barber contre les policiers.

 

Le tribunal va-t-il apaiser la douleur de toutes les victimes des violences policières, célébrités ou citoyens anonymes, ou va-t-il accentuer le sentiment d’injustice ressenti de plus en plus par les citoyens ? Le tribunal va-t-il faire respecter la Constitution Française qui stipule que les forces de l’ordre sont au service des citoyens et non le contraire ?


Source : http://www.thotep.com/article.php3?id_article=648

 

Document audio - Interview de Maryse Ewanjé-Epée sur cent pour cent radio à propos du collectif Eunice Barber

Cliquez pour écouter l'interview

 

COMMUNIQUE DE PRESSE - EUNICE BARBER & COLLECTIF 217 A CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES

  • EUNICE BARBER :
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    « J’ai décidé de tourner la page et ne ferai pas appel de la décision prise par le Tribunal de Bobigny le 3 décembre denier.


    La plupart des accusations initiales des policiers ont été abandonnées les unes après les autres et cela est consigné dans un document officiel extrêmement édifiant. Je devrai donc me satisfaire de cela.


    J’ai été durement affectée par cette affaire qui m’a permis d’être confronté directement au fonctionnement des institutions, cette mauvaise expérience me laissera sans aucun doute un sentiment d’injustice et d’amertume.


    Des évènements récents au sujet d’un contrôle de police musclé dans un collège du Gers, d’une interpellation humiliante d’un journaliste, et d’un contrôle de police achevé en garde à vue pour un joueur de l’OL, m’ont aussi fait comprendre que le contexte était pour le moins curieux et m’ont confirmé que le problème que la situation que j’ai vécu est hélas loin d’être un cas isolé.


    Mes amis, mes aussi des simples citoyens se sont mobilisés pour moi (dont 2500 sur Facebook), des associations m’ont assurée de leur soutien – le CODEDO notamment, une pétition circule à l’initiative de Maryse Ewanjé-Epée et de mon club. J’ai été extrêmement sensible à tous ces soutiens et je n’ai pas assez de mots pour les remercier car ils m’ont considérablement aidé à traverser cette période douloureuse.


    Ceux-là savent et comprennent les raisons pour lesquelles je ne souhaite pas poursuivre plus loin cette procédure. L’enquête a pu prouver les déclarations mensongères des policiers qui ont témoigné contre moi. J’ai cependant été condamnée. Il est donc inutile de continuer de saisir une justice qui semble dysfonctionner.


    Je me battrai dorénavant sur d’autres terrains, en suivant et en soutenant notamment les actions de celles et ceux qui oeuvrent pour les droits de l’homme, et pour une meilleure justice dans notre pays, la France.


    Et pour la mémoire de tous, aujourd’hui 10 décembre 2008 je souhaite faire un hommage à l’anniversaire des 60 ans de la déclaration de droits de l’homme et je rappellerais l’artcle7 : « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination ».
     

    Je vais reprendre à présent le cours de ma vie sportive et personnelle, celle d’une citoyenne lambda qui a été bien perturbée par cet incident.


    « J’espère revenir plus forte et prouver à ceux qui ont cherché à salir mon image qu’ils ont eu tort. »


    Eunice Barber


  • COLLECTIF CONTRE LES VIOLENCES POLICIERES :
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    « Nous avons souhaité accompagner Eunice durant la pénible semaine qui précédait le jugement et avec elle toutes les victimes anonymes des violences policières. Nous lui souhaitons aujourd’hui de retrouver la paix et la sérénité indispensables à une championne sportive. »


    Le 3 décembre dernier, Eunice Barber était condamnée à 5000 euros d’amendes pour outrage par le Tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

    Une semaine plus tôt, le Procureur avait requis 2 mois de prison avec sursis contre la championne, une décision qui avait provoqué un émoi bien compréhensible quant à l’injustice d’une telle décision, d’où la création d’un collectif, choqué de voir le Tribunal accepter la plainte pour outrage et rébellion déposée par la police, alors même que la plainte initiale, déposée par Eunice pour violences policières, n’a même pas été examinée.


    En moins de 8 jours, le « Collectif Barber contre les violences Policières », qui se rebaptise aujourd’hui Collectif 217 A contre les violences policières à présent que le jugement a été rendu, et en hommage à la résolution 217 A de l’Assemblée Générale des Nations Unies adoptant il y a 60 ans jour pour jour la Déclaration universelle des droits de l’homme, a ainsi récolté pas moins de 2500 adhésions au groupe créé sur Internet et plus de 500 signatures sur une pétition réunissant des personnalités et des simples citoyens.


    Nous nous félicitons également d’avoir contribué à modifier la perception du public sur le fondement de cette histoire.


    Eunice Barber a été présentée durant les 2 années d’instruction comme une championne cherchant à échapper à une sanction.

    L’enquête et la production d’une vidéo de surveillance a démenti les accusations mensongères graves et permis l’abandon des charges initiales qui pesaient contre elle au profit du simple délit « d’outrage et rébellion ».


    Le cas médiatique d’Eunice Barber, qui a eu le courage d’aller au bout de sa plainte, pose des questions d’actualité sur le “délit d’outrage”, systématiquement invoqué par la police à l’encontre des citoyens qui déposent une plainte contre elle.


    Ce cas intervient dans une actualité troublée par les abus policiers, commis contre nos concitoyens. L’Affaire De Filipi, les contrôles anti-drogue dans un collège du Gers, la garde à vue musclée du footballeur de l’OL John Mensah, le tabassage filmé d’Abdoulaye Fofana à son domicile de la cité des Bosquets à Montfermeil, puis la douteuse disparition de son dossier au moment où s’ouvre son procès pour… outrages et rébellion sur forces de l’ordre (sic), ne sont que les plus médiatisés des cas d’abus policiers commis quotidiennement.


    Le Collectif 217 A contre les violences policières souhaite réagir aux abus de pouvoir policiers dont les dépôts de plaintes pour « outrages » montrent qu’ils se multiplient (plus de 31.000 cette année), tandis que les mauvais traitements et surtout l’impunité face à ses mauvais traitements sont aussi en constance augmentation (cf. LNH – Amnesty International).


    Le Collectif 217 A va donc se rapprocher des organismes qui oeuvrent notamment pour une police meilleure, mais également pour une révision du délit d’outrage, véritable alibi à la violence policière. Nous soutenons par ailleurs la campagne nationale Police, personne ne bouge, dont le lancement a eu lieu le 6 décembre denrier à 14 heures 30, date anniversaire des 22 ans de la mort de Malik Oussekine, sur les lieux même de son passage à tabac par 3 policiers, devant le n° 20 de la rue Monsieur le Prince, dans le 6ème arrondissement de Paris - policepersonnebouge.free.fr/appel.htm


    Nous rappelons également que notre but n’est pas de couper une partie de la population de sa police, garant de la sécurité et de la paix sociale.
    Nous souhaitons vivement que la Loi s’applique y compris à ses représentants et que soient aussi attribués les moyens nécessaires à la formation des policiers notamment. »

    Contact : mee@collectif-barber.com

 


« Lu dans le Canard Enchaîné mercredi 10 décembre »


Photo Jean-Luc Adde
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Quelques cas cités :


• Le 31 juillet 2008, Sylvain GARREL, conseiller municipal Vert du XVIII° de Paris, convoqué au commissariat pour « affaire le concernant ». Je me pointe à 10 heures du matin. J’avais fait plusieurs demandes, en tant qu’élu, pour visiter les locaux et contrôler les conditions de garde à vue. Aucune réponse. En arrivant, j’apprends que je suis… en garde à vue, en attendant d’être confronté à un témoin. Lors d’une manif contre un projet immobilier dans mon quartier, on m’aurait aperçu en train d’abîmer une dalle de béton sur le chantier. J’ai toujours nié et j’ai fait remarquer que c’est une mesure inutile : je suis venu spontanément et suis disposé à revenir à l’arrivée du témoin. Mais les policiers refusent de me lâcher. Les poulets ont accepté de passer un coup de fil à ma femme car j’étais censé aller chercher mon fils de 4ans à l’école.


Mon contradicteur a rappliqué à 19 heures. Je suis sorti à 21 heures. Depuis plus aucune nouvelle de cette histoire.


• Le 20 AOUT 2008, Jean-François de LAUZUN, 58 ans. Je rentrais chez moi, à Versailles. Il était 19h30 et, comme c’était désert, j’ai traversé sans faire attention au feu. Une policière, très agressive, me fait remarquer que le petit bonhomme était rouge. Je passe mon chemin. Mais elle me rattrape et me demande mes papiers. Le contrôle d’identité s’éternise, avec consultation des fichiers centraux.

Quelques personnes observent la scène. Plusieurs d’entre elles prennent ma défense. Ce qui leur vaut d’être à leur tour contrôlées. Je finis par rentrer chez moi, croyant l’incident clos.

Mais à 22h15, on sonne. Fatigué, je me suis couché tôt. J’enfile une robe de chambre et me retrouve devant les policiers, qui ont une convocation pour moi. Je leur fais remarquer que ce n’est pas une heure pour venir chez les gens. J’ajoute que les proportions prises par cette histoire sont ridicules et évoque des « méthodes totalitaires ».

On me signifie alors que je suis en garde vue. J’aurais « incité à l’émeute » lors du contrôle ! Je suis menotté, emmené en pyjama, enfermé dans une cellule qui sent l’urine. Je comprends vite pourquoi. Par deux fois, on me refuse l’accès aux toilettes et je dois me soulager dans un coin. L’interrogatoire se passe avec une menotte attachée à la chaise. Depuis, j’y pense tout le temps. Je n’ai aucune nouvelle depuis trois mois.


• Le 21 JUILLET à paris, Pierre CONLEY, 28 ans. Je prenais un verre avec ma petite amie suédoise au soleil couchant, après un pique-nique au square du Vert-Galant.

Deux hommes surgissent de derrière un saule pleureur. Je fumais une cigarette de tabac roulé. Ils me demandent si c’est un joint. Je leur réponds que j’en fume jamais, mais à ma grande surprise, ils exigent que je les suive pour un contrôle intégral. Très agressifs, ils me tirent, en me tordant le bras. Je prends peur, appelle au secours. Ils me plaquent au sol. J’ai l’impression qu’on m’étrangle.

Leurs collègues déboulent. Je suis en règle mais ils décident de m’emmener au poste de la rue du Louvre, ou l’on me menotte. Au bout d’une heure, je suis conduit au commissariat St Honoré pour un éthylotest électronique. Taux d’alcoolémie négatif : 0,13mg !


On me ramène rue du Louvre. Quand je demande si ça doit durer longtemps, on me répond : « Vous n’allez pas nous casser les couilles toutes les deux minutes. » Après quatre heures de ce traitement, on enlève mes menottes. J’apprends que je suis accusé d’ « incitation à l’émeute » pour avoir appelé au secours.


J’ai écrit à l’IGS. Pas de réponse. Et à Michèle Alliot-Marie qui, elle, m’a assuré par courrier de « son entière détermination à intensifier toujours plus la formation des policiers, en particulier en matière déontologie. »

http://www.collectif-barber.com/

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Samedi 6 décembre 2008 dernier, au 20 rue Monsieur le Prince, Paris 6ème, sur les lieux du massacre dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986 de Malik Oussekine par 3 policiers “voltigeurs”, a eu lieu le lancement de la 1ère campagne “police, personne ne bouge ?!” contre les pratiques policières violentes.


L’initiative du forum social des quartiers populaires (FSQP), mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB), AC le feu, bouge qui bouge, MRAP, droit de cités, collectif Lamine Deng et le comité justice pour Hakim Aimi, souhaite alerter sur les dérives et la mise en danger des citoyens, et le non-respect des droits de l’Homme à travers l’utilisation de certaines pratiques et techniques d’immobilisation lors d’interpellation ainsi que des comportements humiliants, violents et disproportionnés, qui tendent à se banaliser, dont sont victimes des innocents ou des justiciables.


Sydney Mamoka (Tourcoing, 1998), Getu Hagos K’Mariame (vol AF990 pour Johannesbourg, 2003), Lamine Dieng (Paris XXème, 2007), et plus récemment Hakim Ajimi (Grasse, 2008) ont tous été victimes de ces techniques d’interpellation pour le moins violentes qui ont valu à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) dans un arrêt du 9 octobre 2007.


Par ailleurs, le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) a, dès 2002, demandé à la France d’éviter son utilisation en vain.


Il est à noter que dans toutes ces affaires, les responsables n’ont jamais effetcué de prison ferme, et ont toujours été réintégrés dans les forces de police !

Informations et contacts :

Email : policepersonnebouge@gmail.com

Téléphone : 06 71 07 54 15 (porte-parole de la campagne) - 09 54 39 41 04 (FSQP)

Site Internet : policepersonnebouge.free.fr


Le Collectif va se rapprocher des organismes qui oeuvrent notamment pour une police meilleure, mais également pour une révision du délit d’outrage, véritable alibi à la violence policière.

Nous soutenons par ailleurs la campagne nationale « Police, personne ne bouge », et réitérons notre vœux de voir dans les délais les plus rapides notre gouvernement se pencher enfin sur les questions de Droits de l’Homme en France comme il l’a fait à plusieurs reprises, concernant la politique des Droits de l’Homme de pays voisins, en ce jour anniversaire de la résolution 217 A adoptant la Déclaration des Droits de l’Homme il y a déjà 60 ans.

 

mercredi 8 avril 2009

Témoignage de Sophia, poursuivie pour outrage par des policiers du commissariat de la rue Truffaut (Paris 17)

Témoignage de Sophia, victime de violences, poursuivie pour outrage par des policiers

Procès le 25 mai 2009 - Dans l’attente d’une confrontation avec un policier devant l’IGS, audience reportée au 16 novembre 2009.

 

Le vendredi 27 mars 2009 vers 21h00, j’avais garé ma voiture près du palais des congrès Porte Maillot sur une place autorisée. Vers 2 heures du matin, je viens la récupérer et constate qu’elle n’est plus là. Je téléphone au commissariat qui m’apprend qu’elle est à la fourrière porte Pouchet. Je prends des photos de l’endroit où ma voiture était garée pour prouver que l’enlèvement était illégal et me rends en taxi à la fourrière. Je leur explique mon problème mais rien n’y fait, ils exigent le paiement. Je leur réponds qu’il n’est pas question que je paie car ma voiture étant bien garée, ils n’avaient pas le droit de l’enlever d’ailleurs il n’y a même pas de macaron rouge ou de PV sur mon véhicule, j’ai pris des photos. Je demande à ce que l’on appelle la police et je récupère ma voiture.

Je me gare devant la barrière de sortie et attends l’arrivée de la police. Ils arrivent et la conversation commence à peine que je suis déjà accusée par un policier d’être folle et saoule. Il me dit que lorsque l’on a pas les moyens de payer 136 euros, on ne possède pas de voiture que j’ai dû très certainement payer avec des aides sociales.

Je lui réponds qu’il n’a pas à me parler ainsi et que si je les ai fait appeler c’est parce que j’avais besoin d’assistance.

Cela dure ainsi pendant au moins vingt minutes où même je demande à passer le test d’alcoolémie qui est négatif mais le policier cheveux court dit que le test a mal été effectué.

Je recommence encore une fois et toujours négatif mais le policier dit que ce n’est pas bon car je ne souffle pas correctement. Il ricane et me dit que je suis mythomane, folle et que je devrais me faire soigner. Je lui explique que je suis présidente d’une association qui lutte contre les violences et que ce qu’il me fait est une violence pour laquelle je porterai plainte devant l’IGS. J’essaie de lui expliquer (poliment) que je n’ai strictement rien à me reprocher alors qu’il arrête d’être si agressif envers moi sans raison légitime. Il continue alors je lui dis que la discussion ne peut plus continuer car il est trop agressif et insultant.

Plus tard, deux autres policiers, une femme et un homme d’une cinquantaine d’années, arrivent en renfort et me demandent de leur expliquer ce qui se passe. J’explique que si je fais un chèque, il sera sans provisions car j’ai de gros problèmes financiers et que c’est aussi pour cela que j’avais fait très attention où je me garais.

Il me dit que cela n’est pas un souci car avec le délai, je peux faire opposition à l’amende de 136 euros et avoir le temps de trouver l’argent pour m’éviter des problèmes tout en m’exposant plusieurs solutions. Puis, je remercie le policier qui m’accompagne à ma voiture avec sa collègue pendant que je raconte le comportement de leurs collègues et leur dis que dès demain, je porterai plainte à l’IGS.

Il me repond que si je leur ai dit cela et qu’en plus ils sont arrivés et ont réglé le problème en cinq minutes alors maintenant ils doivent être « enragés ».

Je sors de la fourrière et vois à ma gauche, deux voitures de police stationnées, je reconnais le policier qui m’a insulté et commence à paniquer quand je vois que les deux voitures me suivent alors que j’entre dans Saint-Ouen.

Ils me font signe de me garer, ce que je fais. Je baisse la vitre pour savoir ce qu’ils veulent et ils me demandent de descendre. Je leur dis qu’il n’en n’est pas question et que j’appelle le commissariat pour prévenir de ce qui arrive et demander l’intervention d’un supérieur.

J’appelle le commissariat et leur dit que je me trouve devant le 10 rue Morel à Saint-Ouen devant chez Sony et explique la situation (dans le PV, les policiers donnent une autre adresse et disent que la 2e voiture est arrivée après en renfort).

Cela les fait rire et ils me disent que je peux appeler tant que je veux car ce sont des collègues qui reçoivent l’appel. L’un des policiers passe à l’arrière et va pour casser ma vitre aussi je la descends et leur dis que cela n’est pas nécessaire.

Ma voiture est envahie par les policiers, deux m’agrippent par l’arrière pendant que leurs collègues ouvrent ma portière. Une femme policière me prend le bras gauche tout en me le tordant pour me faire sortir du véhicule pendant que l’un de ses collègues me tire pour m’extirper du véhicule.

Elle me dit « là c’est fini de rigoler, tu sors de là connasse ».

Je me retrouve cernée par les policiers qui me tiennent les bras à l’arrière dont le bras gauche qui est tordu et me fait horriblement mal. Je le leur dis et au lieu de relâcher la pression, il ou elle m’appuie encore plus fortement dessus. Le policier agressif se met à imiter ma voix en me disant « alors tu fais quoi maintenant ? Ils sont où tes copains qui vont te sauver ? » Je lui réponds que les choses ne seront pas ainsi et que dès demain, je porterai plainte contre leurs méthodes et que des policiers comme eux sont la honte de la police. Ils me mettent les menottes en les serrant fortement puis me font monter dans un véhicule de police.

Dans le véhicule deux policières m’encadrent, l’une me pousse avec le coude car je suis collée à elle.

Nous arrivons vers 4h30 au commissariat rue Truffaut dans le 17e et je suis montée au 3e pour subir un test d’alcoolémie. Les policiers d’abord pénètrent dans le bureau pour discuter avec leurs collègues puis me font rentrer et me soumets au test d’alcoolémie persuadée qu’il sera négatif mais il indique 0,25 mg. Je dis que cela est impossible et demande à recommencer : le test indique toujours 0,25. Ce que je conteste. Je suis redescendue et menottée à un banc.

Vers 9h00, on me donne un jus d’orange et des gâteaux. Je vois d’abord un OPJ qui m’indique que je dois aller à une visite médicale si je veux être libérée rapidement et je signe le document qu’il me présente, trop pressée de sortir.

Nous partons pour Bichat (je suis menottée) et là j’ai affaire à des policiers courtois et compréhensifs, à qui j’explique mon histoire. Ils ne sont même pas étonnés de mon aventure et me disent qu’effectivement les policiers en question devaient être très en colère car ils ont été ridicules vis-à-vis de leurs collègues et parler d’IGS les énerve toujours.

Ils me racontent aussi qu’il y a déjà de nombreux problèmes parfaitement connus au commissariat sur ces enlèvements illégaux car des policiers ont eu leurs véhicules enlevés alors qu’ils étaient sur des emplacements autorisés.

A Bichat, je vois le médecin et je suis tellement fatiguée et pressée de sortir que je ne lui montre pas mes poignets ni ne lui parle des douleurs aux bras et au dos. Je pensais aller chez mon médecin dès que je serais dehors pour faire constater.

Nous retournons au commissariat (non menottée) où je suis de nouveau fouillée et on me retire mes sous-vêtements, montre et bijoux. Je suis mise dans une cellule crasseuse sentant l’urine et pleine de crachats complètement au fond où nul ne pouvait me voir tout comme je ne pouvais voir personne.

J’attends en croyant que je vais bientôt sortir et quand on vient me chercher au bout d’au moins deux heures, je crois que ma libération est proche.

Mais c’est pour prendre mes empreintes et des photos.

Je reste menottée à un banc à côté d’un autre interpellé qui lui n’est pas menotté pendant que tout le monde est parti manger.

Puis on me redescend encore en cellule et on me dit qu’il faut attendre l’OPJ qui doit me signifier la fin de ma garde à vue. J’attends et vers 16h30 je suis de nouveau remontée au 3e où je vois le même OPJ que le matin, qui me dit qu’il doit m’auditionner pour qu’ensuite le procureur puisse autoriser ma sortie.

Je lui demande combien de temps cela prendra, il m’indique 20 minutes à 2 heures maximum. Je lui demande si je peux téléphoner à mon fils qui doit s’inquiéter et il me répond que c’est lui qui parlera mais que je n’en ai pas le droit.

Je lui demande ce qu’il compte lui dire et il me dit qu’il lui dira que je suis au commissariat en garde à vue et je refuse en lui disant que puisque je vais bientôt sortir, il est inutile de l’inquiéter ainsi car il ne pourra que paniquer en entendant une telle nouvelle. Un policier entre et demande à l’OPJ si je suis Me……. et dit qu’il y a un appel téléphonique me concernant.

Je suis redescendue en cellule et le temps passe. Je tape à la vitre quand j’entends un policier et lui demande l’heure qu’il est : 18h30. Je demande à ce que l’on se renseigne sur ma libération et à téléphoner car là mon fils et mon entourage doivent être très inquiets de ne pas avoir de nouvelles ni de réponses à mon portable qui a sonné plusieurs fois lorsque j’étais en audition.

Le policier revient en me disant que j’ai refusé l’avis à famille quand cela m’a été proposé ce qui est faux car nul ne me l’a indiqué. Il revient en me disant que le chef de poste me refuse cette possibilité.

Le temps passe et je retape à la vitre quand j’entends un policier passer, je lui demande d’intervenir pour que je puisse téléphoner et qu’il me dise quand est-ce qu’enfin je pourrai sortir. Il m’explique qu’il a entendu parler de mon affaire et que je vais être confrontée aux policiers que j’accuse mais que cela ne sera pas avant 22 ou 23h.

Je lui dis que je refuse une confrontation seule et que je demande l’assistance d’un avocat. Il me dit qu’il va voir cela avec l’OPJ et puis plus rien jusqu’à ce que l’on vienne me chercher aux environs de 22h30.

On me remonte au 3e et j’entre dans une pièce où je reconnais l’un des policiers de la veille. Le policier essaie de me faire dire que j’ai pu porter des coups aux policiers sans le faire exprès, ce à quoi je réponds que cela aurait été bien difficile vu leur nombre et mon gabarit. Je refuse qu’il écrive cela car ça ne correspond en rien à la réalité.

Il me relit ma déposition en me disant que nul ne pourra parler de discrimination puisqu’il est « arabe ». Je lui réponds que rencontrant souvent des jeunes victimes de violences policières, il est parfaitement connu que les policiers de couleur ou maghrébins sont bien plus durs envers leurs compatriotes et que rien que le fait qu’il ne me regarde jamais en face mais cherche toujours l’œil approbateur de ses collègues démontre que cela est vrai.

Ils me disent qu’ils ont l’habitude d’avoir à faire à des personnes qui s’inventent une vie mais que la plupart sont des mythomanes (il y avait 4 policiers). Je leur réponds qu’ils peuvent parfaitement vérifier et que si l’on m’autorise enfin à appeler ma cousine, je prouverais que je suis bel et bien une présidente d’association luttant contre les violences de toutes sortes et que j’ai de très bonnes raisons pour cela. Quand il me fait lire la convocation en justice, je refuse d’abord de la signer car il est indiqué que j’ai insulté et frappé des policiers ce qui n’est pas vrai. Mais un policier gradé vient me dire que si je refuse de signer je ne pourrai sortir et resterai en garde à vue alors je signe.



***
Rue Truffaut (Paris 17e) : un si joli commissariat


Le commissariat de la rue Truffaut avait fait parler de lui en octobre 2004 à la suite du décès suspect d’Abdelhafid Rouag, retrouvé mort dans la rue, peu de temps après être passé par ce même commissariat. Un an plus tard, après saisine de la CNDS, deux policiers de ce commissariat, suspectés d’avoir imité la signature de M. Rouag, avaient été mis en examen pour faux en écriture (lire ici), sans que l’IGS ne demande leur suspension. L'affaire est résumée sur le site du collectif de soutien à la famille d’Abdelhafid.

En juillet 2006, dans une affaire beaucoup moins dramatique (Reboux/T’as de la chance qu’il soit pas président!), c'est un policier de ce même commissariat qui fut en quelque sorte à l’origine, deux ans plus tard, de la création du CODEDO, par quelques outrageurs enragés.

On ne sera donc pas étonné que le commissariat de la rue Truffaut, à l'instar de celui de la rue des Orteaux (Paris 20e),  fasse à nouveau parler de lui en 2009 avec l’affaire Sophia A., victime de violences policières et poursuivie pour outrage, selon la désormais célèbre équation policière «Je te violente, je te poursuis, tu fermes ta gueule.»

***

CODEDO (COllectif pour une DEpénalisation du Délit d'Outrage)

LE POUVOIR NE SOUHAITE PAS QUE LES GENS COMPRENNENT QU’ILS PEUVENT PROVOQUER DES CHANGEMENTS. Noam Chomsky

http://codedo.blogspot.com/2009/01/lyon-veronique-victime-de-violences.html

jeudi 8 janvier 2009
Valérie, victime de violences policières à Lyon: "une certaine jouissance à me faire mal et à me voir pleurer"

Valérie est jugée en appel le 3 mars à Lyon. Témoignage reçu à la suite de l’émission d’Alain Bédouet le téléphone sonne du 19/11/2008 sur France Inter. Concernant Lyon, voici un site très utile, Compim.Lyon.fr, qui recense les comparutions immédiates dans l'agglomération lyonnaise.
Le Parquet a requis 400€ d’amende (contre 200 en première instance) + 600€ de dommages-intérêts par policier (300 en première instance). Délibéré fin mars.
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J'ai écouté l'émission Le téléphone sonne sur l'outrage sur France Inter et je voudrais apporter mon témoignage, même si je suis poursuivie pour rébellion. J’ai été jugée le 4 février 2008. Je vous contacte parce qu'il me semble important de vous apporter un témoignage supplémentaire. Je dois également vous dire que j'ai mis longtemps à ne plus être honteuse et coupable de ce qui m'était arrivé. Ma famille n'est d'ailleurs pas au courant de cette histoire. Et puis il y a le sentiment de ne rien pouvoir faire et de ne pas savoir que faire, d'être seule et aspirée. Puis, en parlant à des proches, après avoir retrouvé mes témoins et avoir entendu d'autres histoires comme la mienne, je me suis rendue compte que je n'étais pas si coupable et que je ne devais pas avoir honte. Mais ce sentiment persiste. La pensée de me retrouver à nouveau devant un tribunal me terrorise, même si la juge qui m'a écoutée le 4 février m’a en quelque sorte "entendue". Cette culpabilité, c'est vraiment le sentiment que j'ai eu face à ces policiers. Ils m'ont dit que j'étais bonne à interner, mais j'ai vraiment ressenti que le problème venait d'eux. Surtout un des policiers qui éprouvait apparemment une certaine "jouissance" à me faire mal et à me voir pleurer.

Décembre 2004, rue de la République, Lyon. Je rentre chez moi à vélo, venant d'acheter des produits surgelés, après avoir vu un SDF à l'agonie sur la route.

Tout à coup, une voiture arrivant à vive allure sur une voie réservée aux transports en commun pile dans un crissement de pneus.

Surprise, comme d'autres passants, je m'arrête pour voir ce qui se passe.

Deux hommes sortent et mettent leur badge "police". Ils semblent énervés et arrêtent des jeunes en scooter sur la voie perpendiculaire en stoppant la circulation.

A une dizaine de mètres de la scène, j'observe avec d'autres passants ce contrôle spectaculaire et très peu courtois. "Toi , tu dégages…" et autres propos déplacés. Les jeunes sont en règle, ils repartent. Les deux policiers se rapprochent de leur voiture à 3 ou 4 mètres de moi. Spontanément je dis "bravo", sans intention de créer un conflit. Les deux policiers montent dans leur voiture, font marche arrière, un d'eux ouvre sa fenêtre. "Vous avez un problème, mademoiselle!"

Un peu surprise et déstabilisée par leur ton accusateur, je leur réponds: "Non pas du tout, je suis dans un espace public et comme dans toute cité, j'ai le droit de m'y exprimer." Le policier me répond: "Mademoiselle veut jouer la maligne." 

Ils sortent de leur voiture et me demandent mes papiers. Je ne me sens pas bien du tout, je suis paniquée par leur carrure, leur ton de voix et une sensation étrange de pression. Je cherche mes papiers en tremblant, mais je ne les ai pas.  "Bon, eh bien, vous allez venir au commissariat." Avec un sourire amusé.

  "Non je n'ai rien fait, j'habite à côté, je viens d'acheter des surgelés, ils vont être foutus, j'ai autre chose à faire, je ne veux pas y aller... Vous n'avez pas autre chose à faire?Il y a quelqu'un [le SDF] en train de mourir sur la voie public… Vous feriez mieux de vous en occuper."

Ils insistent, je suis très mal à l'aise car je n'avais aucune intention d'entrer en conflit. J'ai réagi à l'arrestation spontanément par un "bravo" car elle ne me semblait pas très correcte vis-à-vis des jeunes arrêtés. C’est sorti comme ça. Je précise que je suis enseignante en lycée professionnel en ZEP et que le "respect" est un sujet très sensible pour les jeunes de banlieue avec lesquels je travaille.

D'autres passants pensaient la même chose, nous en parlions.

J'enfourche mon vélo sans réfléchir car ces deux hommes me font réellement peur… 

Je suis suivie par une voiture qui me barre la route.

Les deux policiers sortent, immobilisent mon vélo, me demandent de les suivre. Je leur réponds que je n'ai rien fait, je ne vois pas pourquoi je devrais aller au commissariat.

L’un d’eux me prend le bras, me le tord en me faisant très mal. Je crie "au secours, on veut m'emmener mais je n'ai rien fait". Le policier me jette par terre et tire sur mon bras. Je hurle et pleure. "Au secours, au secours… Aidez moi… Je n'ai rien fait." 

Je suis en état de panique, je pleure, on me met des menottes, j’ai la figure contre le sol, le bras complètement tordu, je demande qu'on me lâche, je hurle que je n'ai rien fait et que j'ai mal. Je me débats, je pleure, je ne vois plus grand-chose mais je sens qu'il y a des passants autour de moi. J'entends une voix douce que je connais et qui me nomme. C’est une personne qui suit une formation avec moi. Elle me rassure, me dit que tout va bien se passer, qu'elle s'occupe de mon sac de surgelés.

Je suis jetée dans la voiture des deux policiers avec violence. Je pleure et je demande au policier qui me maintient menottée de me lâcher car il me fait très mal. Il tord la menotte encore plus. "Ah tu veux jouer la maligne, je vais te dresser, moi!" 

Pendant tout le trajet je pleure, je suis en état de choc. Le policier ne cesse de me faire mal avec les menottes. Avant de sortir de la voiture, je demande mes lunettes, et ce que va devenir mon vélo. On me répond: "C’est pas notre problème, il fallait y penser avant, ça t'apprendra à te taire."

Je suis emmenée au commissariat. Je pleure, on me conduit dans un couloir sans public. On me met sur une chaise, je glisse car j'ai un sac à dos assez lourd qui pend entre les deux menottes et je glisse à genoux. Je m'effondre et pleure toujours.

Une femme passe et me dit très brutalement de me taire.

Les deux policiers qui m'ont arrêtée repassent à ce moment, rient et disent. "Elle est vraiment folle, celle-là. Regarde, elle bave, ah... Regarde, elle a même de l'herpès! Faut la faire enfermer en hôpital psychiatrique." Il semble que je les amuse.

Au bout d'un moment on me conduit devant une personne plus calme.

Presque aussitôt, les policiers surgissent, énervés, sortent un papier avec les injures que j'aurais soi-disant proférées, "connard" et autre injures que je n'ai pas du tout tenues, et que je nie.

Le policier qui prend ma déposition me demande ce qui s'est passé, tout en orientant la conversation. Je suis épuisée, je raconte ce qui s'est passé en ne pensant qu'à une chose: rentrer chez moi.

On me demande de signer, je n'ai pas mes lunettes, je signe et m'en vais en tremblant… 

En descendant les escaliers vers l'accueil, je retrouve la personne que je connaissais et qui m'avait rassurée dans la rue, elle est accompagnée de trois autres personnes. Je leur dis que j'ai très mal. Ils m'expliquent ce qui s'est passé.

Un car de CRS est arrivé sur les lieux de mon arrestation, ils ont menacé de gazer toutes les personnes qui demandaient qu'on me lâche. Il m'explique qu'ils sont venus au commissariat car, inquiets pour moi, ils n'ont cessé de demander de mes nouvelles à l'accueil du commissariat. Ces personnes m'accompagnent jusque chez moi, je suis vraiment mal et épuisée. L'un d'eux me conseille de téléphoner à un avocat et de porter plainte. Devant chez moi, ils me donnent un papier avec leurs coordonnées, au cas où.

Le lendemain, mon bras est bleu, j'ai très mal au dos, à la tête et à l'omoplate. Je décide d'aller faire constater cela par un médecin. Je fais même prendre une photo de mon bras.

J'appelle l'avocate conseillée la veille. Je lui explique ce qui s'est passé. Elle me dit que je peux porter plainte mais que les procédures sont lentes et lourdes. Elle me conseille d'écrire ce qui s'est passé et d'attendre. Quinze jours après, je déménage, je suis submergée par le concours que je prépare pour le mois de février, par mon travail à plein temps sur deux établissements en dehors de Lyon. Et puis, je n'ai pas du tout envie de me rendre à nouveau dans un commissariat après ce qui s'est passé. Je mets donc cette histoire de côté.

Mai 2007. Je reçois une lettre d'huissier me demandant la somme de 1537 euros. Je ne comprends pas et appelle de suite. On me répond de me déplacer. J'apprends alors que je suis condamnée à deux mois de prison avec sursis et 1537 euro de dommages et intérêts. Je ne comprends rien mais me remémore cette histoire.

J'appelle de suite l'avocate que j'avais contactée deux ans et demi avant. Elle accepte de me recevoir. Je lui explique les faits et m'étonne d'avoir été jugée sans être prévenue. Nous essayons ensemble de comprendre.

En effet j'ai déménagé entre-temps. L'avocate m'explique que l'on doit prouver que je n'étais pas informée du jugement afin de faire opposition et non appel (elle m'explique que l'appel est très difficile à Lyon.)

Après bien des difficultés, nous parvenons à faire accepter cette opposition.

Je suis convoquée le 4 février 2008 pour être rejugée. L'opposition fait polémique mais la juge décide de me juger puisque je suis là et afin d'en finir avec cette histoire. Je suis très émue et impressionnée par tout cela, je ne peux m’empêcher de pleurer, je ne comprends toujours pas ce que je fais là, cela me dépasse. Mes témoins (j'avais pu en retrouver trois) sont appelés à la barre et mon avocat me défend.

Quelques semaines plus tard j'apprends que je suis relaxée mais une semaine après une lettre m'annonce que la partie civile et le Parquet font appel. 

A ce jour, j'attends ce nouveau procès avec beaucoup d'inquiétude car la Cour d’appel de Lyon est connue pour être "dure". Je précise que la déposition des policiers montre certaines incohérences ou mensonges. Par exemple :
* Je serais intervenue dans leur arrestation, ce qui est totalement faux puisque j'étais sur le trottoir à au moins 10 mètres et j'échangeais avec une dame sur la manière de faire.

* J'aurais tenu des propos sur la République (injustices, pays pourri, etc). C'est faux.

* J’aurais été emmenée au commissariat dans un fourgon. Pourtant mes trois témoins disent bien m'avoir vue être jetée dans la voiture des policiers. Je suis également certaine de ce que m'a dit le policier dans cette voiture, et je me souviens bien de son acharnement à me faire mal. Aucun des moments où je suis seule, malmenée et humiliée n'apparaît dans leur déposition. Mais il n'y a que moi pour en témoigner.

* Trois policiers portent plainte et demandent des dommages et intérêts pour rébellion alors que je n'ai eu affaire qu'à deux policiers. Le troisième restait dans la voiture lors de nos échanges. J'aurais également griffé un des policiers qui a fait constater sa blessure par un médecin (quelques millimètres) alors que je suis face contre sol, avec un policier le genou sur mon dos et les bras menottés.

De plus l'ordre de paiement des dommages et intérets réclamés par huissier découle de la demande d'un des policiers avant même que la peine soit enregistrée par le tribunal. J'ai appris en faisant opposition auprès de la greffière que ce policier n'avait pas à demander la somme avant que je sois informée de la peine par le tribunal. Pourquoi cet empressement ?

Je suis encore choquée par cette arrestation qui a pris une dimension que je ne comprends toujours pas. Je suis accusée de rebellion. En effet, je n'ai pas suivi les policiers au commissariat car je n'avais pas commis de délit et ils me faisaient peur. J'ai ensuite appelé les passants en criant "au secours, aidez-moi." Que dois-je me repprocher ? D'avoir réagi spontanément devant une arrestation qui me semblait non respectueuse ? D'avoir eu peur de policiers trop près de moi et impressionnants, d'être complètement paniquée par les menottes et la violence de mon arrestation ?

J'ai le sentiment que ces policiers se sont défoulés et amusés avec moi. Ils ont abusé de leur pouvoir. Je me sens totalement démunie. La police est assermentée et sa parole compte plus que la mienne, même s’ils mentent. Alors que faire ?
 
Publié par CODEDO à l'adresse 13:06 icon18_edit_allbkg.gif

3 commentaires:

Plus les jours passent, plus les "affaires " se multiplient et plus j'ai de mal à reconnaître mon pays. A la tristesse se mêle désormais une colère grandissante.

fière rebelle a dit…

votre récit ressemble en beaucoup de points à ce qui m'est arrivé en 2007 à Roubaix, je reconnais là tout à fait leurs méthodes pour moi pas de poursuite mais une garde à vue de 17 heures avec brimades, humiliations , refus de soins médicaux ...
leurs actes me donnent la nausée
je suis de tout coeur avec vous courage !

Bdel63 a dit…

Il m'est arrivé une chose semblable dans une petite ville, dans le Nord.
J'avais été abordé par un policier en civil (il portait un t-shirt noir) qui ne s'était pas présenté - bien il ait prétendu l'avoir fait dans sa déposition. Étant donné son allure et sa façon de s'exprimer, j'avais d'abord cru qu'il s'agissait d'un civil, peut-être un peu éméché (il y avait une fête foraine à proximité).
Quand il m'a dit qu'il était de la police (après que je lui aie demandé de me parler sur un autre ton), j'avais vraiment eu du mal à la croire et pensé qu'il cherchait à m'impressionner. Je lui ai répondu : "c'est pas un flic de m... qui va m'emmerder". Il m'a alors demandé de le suivre au poste de police, parce que je venais de l'outrager. Ce que j'ai refusé, pensant "naïvement" n'avoir rien à me reprocher, n'ayant fait que "répondre" à un individu m'ayant abordé de manière "peu respectueuse" (et qui avait omis de se présenter comme policier).
Il m'a alors sorti de force de ma voiture avec le renfort d'un collègue, jeté à terre, menotté et j'ai passé 24 heures en garde à vue (ce qui m'a permis "d'apprécier" le comportement de quelques "policiers de terrain").
Lors du procès il m'avait semblé que dans leur déclaration, les policiers avaient inversé leurs noms.
J'en ai eu confirmation récemment, ayant rencontré une conseillère municipale de cette ville à qui j'ai raconté ma "mésaventure". Elle a deviné à quel policier j'avais eu affaire, lequel semble avoir une "certaine réputation" dans cette commune, ce qui explique sans doute l'inversion des noms.
Dans la voiture qui m'avait conduit au poste, le policier "teigneux" à qui j'avais eu affaire (son collègue semblait nettement plus posé) avait dit à ses collègues qu'il m'avait déjà vu, ce qui est fort peu probable étant donné que je ne me rends qu'exceptionnellement dans cette ville (où j'avais été lycéen 25 ans plutôt) : ce jour là j'y étais allé pour rendre service à une "amie de longue date" que je fréquente assez rarement.
Comme je suppliais que l'on les desserre les menottes qui me faisaient très mal (il m'a fallu plusieurs semaines pour retrouver une sensibilité normale de la main gauche), un collègue policier (qui avait l'air d'être un "supérieur hiérarchique") s'est moqué de moi.
Je n'avais pas jugé utile prendre un avocat (en fait je voulais surtout ne plus repenser à ce qui m'étais arrivé), lors du jugement qui a eu lieu environ un an plus tard j'ai été condamné à 500 € d'amende, et j'ai appris ensuite (en étant empêché de m'inscrire à un concours) que j'avais une inscription à mon casier pour "outrage et rébellion".
Tout cela parce que - ce que j'avais dit au juge dont j'avais par ailleurs bien compris où allait les "sympathies politiques", pour l'avoir entendu parler de "rôle de la police" dans un jugement précédant le mien - j'avais eu la politesse d'écouter un vieux monsieur qui me disait que sa petite fille s'était fait renverser par une voiture la veille (le corps reposait dans une maison à proximité dans la maison à côté de laquelle je m'étais garée, et ce monsieur m'avait aidé à quitter mon stationnement dans cette petite rue encombrée : nombreuse voitures en stationnement, piétons circulant sur la chaussée).


 

Victime de brutalités suite à une interpellation

Maître Ursulet porte plainte pour “abus policiers”

samedi 22 janvier 2005

Originaire de la Martinique et pénaliste réputé, ce ténor du barreau de Paris a déposé plainte auprès du procureur de la République contre trois agents de police pour "arrestation et séquestration arbitraires, violences, discrimination et injures" après une interpellation le 6 janvier dernier dans la capitale.

(Page 16)

Plaidant dans l’affaire des écoutes de l’Élysée, Me Ursulet se rendait en scooter ce jour-là en début d’après-midi à son domicile, situé dans le quartier du Marais, pour aller chercher sa robe d’avocat. Appréhendé par les fonctionnaires aux abords de l’Hôtel de ville pour, apparemment, un contrôle d’identité, le ton monte très vite.
L’avocat raconte qu’on l’a tout d’abord tutoyé puis empoigné de manière brutale. Selon la plainte qu’il a déposée, il a été conduit au commissariat du 4ème arrondissement où il a été menotté pendant plus d’une heure à un radiateur. Il indique avoir été ensuite placé dans une salle de garde à vue, toujours menotté, avec interdiction de passer le moindre coup de fil - ce qui est illégal - dans l’impossibilité de rencontrer un officier de police judiciaire.
La préfecture de police explique, de son côté, que l’avocat, qui aurait franchi quatre carrefours au feu rouge, n’avait pas voulu suivre les fonctionnaires de son plein gré pour effectuer les vérifications d’usage. Une enquête préliminaire pourrait être ouverte prochainement par le parquet de Paris.
Pour sa part, le bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Jean-Marie Burguburu, a écrit au ministre de l’Intérieur, Dominique de Villepin, pour dénoncer "les excès de pouvoir" des policiers. "Je crains que cette qualité (d’avocat) et ses origines martiniquaises (...) n’aient conduit les policiers (...) à se comporter de cette manière", écrit-il.


Le bâtonnier de Paris dénonce les “excès de pouvoir”

Dans un courrier adressé le 11 janvier au ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin, Jean-Marie Burguburu, bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau de Paris, estime que "les policiers qui ont commis ces excès de pouvoir et ces violences n’ignoraient pas la qualité d’avocat d’Alex Ursulet, spécialisé dans les affaires criminelles et bien connu du grand public. Je crains que cette qualité et ses origines martiniquaises - je ne peux penser que ce soit sa couleur de peau - n’aient conduit les policiers (...) dont les matricules sont connus à se comporter de cette manière".
Le bâtonnier en profite pour rappeler qu’"il ne faut pas que les fonctionnaires de police abusent de leur pouvoir en infligeant à des citoyens honorables (...) des vexations publiques, des rétentions abusives dans les locaux de police et des traitements discriminatoires contraires aux droits de l’homme et à toutes nos traditions".
Le parquet de Paris a ouvert hier une enquête préliminaire pour "arrestation arbitraire" afin d’éclaircir les conditions de l’arrestation de Me Alex Ursulet. L’enquête a été confiée à l’Inspection générale des services (IGS), la police des polices.

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Publié par C.L.A.P33 - dans Autres témoignages
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