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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 10:39

Transmis par l'Assemblée des blessés, le 23 juin 2016

Hématomes, fractures, plaies… Onze personnes ayant été blessées lors de diverses manifestations contre la loi Travail, à Nantes, ont annoncé ce jeudi leur intention de porter plainte dans les prochains jours.

La démarche, qui vise « à mettre en lumière les violences policières », se veut collective pour « montrer qu’il ne s’agit pas d’une succession de cas isolés ».

Elle a été encouragée par l'assemblée des blessés, qui a vu le jour mi-mai pour recueillir des témoignages, et est accompagnée par un collectif d’avocats.
Lire ici :
http://www.20minutes.fr/nantes/1843771-20160511-nantes-assemblee-blesses-denonce-violences-policieres-precedent-lors-manifs-contre-loi-travail

Grenades de désencerclement et LBD

Derrière ces « plaintes contre X pour violences volontaires avec (ou sans) arme par une personne de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions », il s’agirait principalement de victimes de tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) ou de grenades de désencerclement, reçus sur le corps ou le visage.

Ces tirs auraient été « effectués sans aucune sommation » à l’occasion de manifestations dont certaines avaient été interdites.

Yves, lui, rapporte que le 28 avril dernier sur l’île de Nantes, un policier « s’est jeté » sur lui, le faisant brutalement chuter au sol, alors qu’il avait une discussion un peu tendue avec un autre groupe de fonctionnaires, en marge du défilé. Il en est ressorti avec une clavicule cassée.
Lire ici :
http://www.20minutes.fr/nantes/1835939-20160428-nantes-grosses-tensions-centre-ville-39-interpellations

Action collective

« Les plaintes seront déposées auprès du Procureur de la République qui doit lancer une enquête de l’IGPN, détaille Me Pierre Huriet. On peut aussi, un peu plus tard, saisir le tribunal administratif pour une action en responsabilité de l’Etat pour que les victimes soient indemnisées. »

« L’objectif de cette action collective est que le Parquet ne puisse pas ignorer pas cette série de plaintes », complète Me Stéphane Vallée.

Si les plaintes ne sont pas classées sans suite, les avocats évoquent ensuite la difficulté de l’identification des policiers mis en cause.

Source :
http://www.20minutes.fr/nantes/1871755-20160623-violences-policieres-nantes-onze-blesses-manifs-vont-porter-plainte

L'assemblée des blessés :
https://blogs.mediapart.fr/assemblee-des-blesses/blog

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 06:09

Transmis par le CAAMLG

Bonjour

Je vous écrit suite à notre rencontre après le tribunal, je suis Nicolas Merle.

J'ai créé cette boite mail pour pouvoir la laisser notamment sur le site de Rue89, dans l'espoir que des gens qui auraient des photos de moi, des vidéos ou des témoignages puissent m'écrire.

A peine quelques heures après ma sortie, je recevais déjà une vidéo de mon interpellation, malheureusement il n'y a pas l'interpellation entière, mais on voit bien sur cette vidéo que je suis nullement entrain de me débattre ou de m'opposer à l'arrestation. Je suis allongé, tranquillement, entrain d'attendre la suite !

Des amis vont tenter de retrouver une personne qui était à sa fenêtre, si j'ai son témoignage cela confirmera bien que mon interpellation s'est faite sans violence... de ma part !

Je cherche également tout ce qui peut prouver que au moment de la charge sur la place Stalingrad, j'étais bien hors de voies de tram (puisqu'il m'a été reproché d'avoir bloqué la circulation et d'avoir été parmi le groupe de ceux et celles qui ont été dispersés).

J'était coiffé d'un casque de chantier ainsi que d'un bouclier.

Je vous remercie, je passe le 15 septembre et je compte bien obtenir la relaxe.

Je compte aussi prouver que le PV qu'a rédigé le policier est un mensonge de but en blanc.

Cordialement, Nicolas

Contact :
defensedumanifestant@gmail.com

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 09:58

Le 15 juin 2016

Gaz dans les yeux, téléphone jeté en l'air : des policiers m'ont agressé sans motif.

Le jeudi 2 juin, plusieurs manifestants contre la loi travail ont été victimes de violences policières à Rennes. Arthur D., étudiant de 21 ans, en faisait partie. Il a souhaité témoigner, alors que François Hollande a annoncé envisager d'interdire les manifestations pour des raisons de sécurité.

À ce jour, la "police des polices" a ouvert 48 enquêtes pour violences policières, suite aux manifestations contre la loi travail. Mais combien vont aboutir à une vraie instruction judiciaire ?

J’ai moi-même subi un acte de violence policière en marge d’une manifestation contre la loi El Khomri à Rennes, le jeudi 2 juin.

Je n'ai par contre déposé aucune plainte, car je ne crois pas qu'une quelconque action judiciaire ait du poids vis-à-vis des forces de l'ordre et de l'impunité officieuse qui couvre leurs actions.

Un policier a fait tomber son arme par terre

Je rejoins la manifestation en début d'après-midi ce 2 juin avec un ami, lors de son passage dans le quartier de Villejean-Kennedy. Je suis à visage découvert, je porte un blouson sans capuche et une casquette, pour me protéger des éventuels jets d'objets.

Après les événements qui ont ensuite été relatés dans les journaux, notamment la charge de véhicules de police sur les manifestants, je décide de chercher une issue pour rentrer chez moi.

Une quinzaine de personnes emprunte une petite rue, je profite donc de l'occasion.

Je propose à mon ami de rentrer chez moi car j'habite à quelques rues de là où nous nous trouvons.

Arrivés à la sortie du lotissement, en voyant le grand boulevard, nous nous disons que la voie est libre.

Puis, tout d'un coup, une dizaine de policiers en civil, portant des casques de protection, et des brassards oranges arrive en courant et en criant "surprise", et cherche à nous bloquer le passage.

Ils sont armés de matraques, de bombes lacrymogènes, de flash-ball et d'armes à feu.

Ils sont à deux mètres de moi, lorsque l'un d'eux, emporté dans son élan, fait tomber son arme de service par terre.

J'ai juste le temps de faire un pas pour éviter le barrage qui se met en place, et je me retrouve derrière eux, sur le boulevard.

Je sors mon téléphone et j'appelle mon ami qui me dit qu'il est caché dans un jardin, je lui promets que je l'informerai dès que la rue ne sera plus bloquée.

Un agent a jeté mon téléphone par-dessus une haie

Apercevant d'autres véhicules de police arriver, je me prépare à prendre des photos.

Là, un agent m'ordonne de ne plus bouger, me menaçant avec sa bombe lacrymogène, tandis qu’un autre me met en joue avec son flash-ball.

Le premier agent arrive vers moi, et m'asperge le visage de gaz, pendant que l'autre menace les passants pour qu'ils s'écartent. J'ai les yeux et le nez qui me brûlent, je ne vois plus rien.

Le policier me fouille avec insistance et me prend mon téléphone, ma casquette et mon portefeuille.

Mais je lui dis que je n'ai pas mes papiers.

J'avais choisi de ne pas les emmener, pour ne pas les perdre, me les faire voler ou confisquer.

Il cherche dans mon portefeuille et trouve quand même ma carte vitale. Il consulte donc sa base de données et me la rend.

Enfin, il consulte les photos de mon téléphone, et le jette par-dessus une haie. Il garde ma casquette et la met dans son véhicule.

Puis, comme une formalité de départ, m'asperge le dos avec sa bombe de gaz lacrymogène longue portée, et étant à moins de 30 cm de ma veste.

Un ami a dû enjamber une palissade pour échapper aux matraques

L'agent embarque dans son véhicule et des passants viennent me voir pour me donner du sérum physiologique. Je vois alors un défilé de véhicules de forces de l'ordre passer devant moi.

Les agents me gratifient de réflexions sympathiques telles que "continue la lutte camarade", ou encore "c'est la lutte finale"... 

J'interpelle un agent et lui dit qu'on a pris ma casquette et jeté mon téléphone. Il me répond : "Tu pleurs parce que t'as perdu quelque chose ? Ahahah et bien va donc porter plainte !".

Après un quart d'heure de recherche, je parviens à retrouver mon téléphone derrière la haie. J'appelle mon ami, et lui raconte ce qui s'est passé.

Lui m'explique qu'il a dû enjamber une palissade pour échapper aux coups de matraque et sortir du quartier.

Des forces de l'ordre agissant en toute impunité et sans motif

Cette journée-là, une vingtaine de personnes ont été blessées, dont cinq prises en charge aux urgences.

De plus, la police a détruit des caméras, des appareils photos, ou encore des téléphones, empêchant certains journalistes d'obtenir des images.

Les agents agissaient sans matricule, ce qui est illégal, et n'ont procédé à aucune interpellation.

On sent clairement une volonté de faire peur au mouvement de protestation.

Personnellement, je me suis senti humilié par des forces de l'ordre agissant en toute impunité, et sans motif, car j'étais un individu isolé et non dangereux.

Ici, la police a-t-elle protégée les citoyens ? A-t-elle la maîtrise des armes qu'elle utilise, sachant qu'un agent a perdu le contrôle de son arme à feu ? Les réflexions que j'ai reçues (et après discussions avec d'autres manifestants, je ne suis pas le seul à en avoir reçu) font-elles partie du code de déontologie de la police ?

N'ayant pas terminé ma formation, je n'ai pas eu l'occasion de retourner manifester depuis, mais j'espère pouvoir le faire.

Un usage abusif du gaz lacrymogène et des grenades

J'ai le sentiment qu'une radicalisation s'opère des deux côtés.

Chez les manifestants, j'ai vu une nouvelle population investir les rassemblements. Ce sont des jeunes qui viennent uniquement pour rechercher les affrontements avec les forces de l'ordre.

Même si le mouvement est globalement constitué de personnes militantes ou souhaitant défendre leurs convictions, ces petits groupes de personnes peuvent provoquer les policiers, ce qui amène des charges policières parfois très violentes.

Du côté des forces de l'ordre, le mot d'ordre est la fermeté, avec un usage abusif du gaz lacrymogène et des grenades de désencerclement,  des arrestations musclées, l'intervention de la Bac et même du Raid pour déloger les squatteurs de la Maison du peuple.

Plusieurs manifestants ont été gravement blessés, et j'ai une pensée particulière pour Romain D., touché à a tête le 26 mai par un éclat de grenade, et qui est resté une dizaine de jours dans le coma....

Source :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1527763-gaz-dans-les-yeux-telephone-jete-en-l-air-des-policiers-m-ont-agresse-sans-motif.html

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 10:29

Le 21 juin 2016

Communiqué de presse du comité local du MRAP de Saint Denis

Le comité local de Saint Denis a fait partie de la délégation qui a été reçue le mercredi 25 mai 2016 par Monsieur Lefebvre sous-préfet, directeur du cabinet de Monsieur Galli, préfet de la Seine Saint Denis et trois de ses collaborateurs chargés de la sécurité du territoire.

D’habitude et selon le thème abordé nous sommes reçus par le secrétaire général, la direction des étrangers, le préfet à l’égalité des chances ou les préfets eux-mêmes.

Nous sommes donc amenés à penser que les problèmes connus par les roms ne sont traités que sous l’angle sécuritaire : c’est une discrimination.

L ‘intervention policière de ce matin sur le terrain dit Coignet, renforce notre conviction. En effet, les forces de l’ordre sont intervenues violemment sur le terrain dit Coignet, selon les témoignages recueillis, un appareil photo ayant été enlevé par la force à un militant.

Le terrain a été quadrillé par plusieurs cars de police à 6h du matin.

Les enfants ont été regroupés au centre du terrain, les femmes sorties par la force de leur lit et les adultes emmenés dans les cars pour la notification d’obligation à quitter le territoire français. Les baraquements ont été ouverts avec brutalité et force.

Des commentaires de nature discriminatoire ont été tenus par certains agents.

Ce terrain faisait l’objet depuis une année d’un travail concomitant de la plateforme régionale préfectorale dite AIOS gérée localement par Adoma et de bénévoles associatifs.

Plusieurs familles signalées lors de la rencontre à la préfecture étaient signataires d’une convention dans le cadre de cette AIOS et en processus d’emploi ou d’accès à un emploi déclaré : l’Adoma s’étant engagé à faire le maximum pour leur proposer un logement. Monsieur Lefebvre ayant en outre proposé aux militants associatifs de leur signaler les « personnes vulnérables ».

A la surprise générale des obligations à quitter le territoire français ont été distribuées à toutes les familles, quelle que soit leur situation en regard de la plateforme officielle, de leur durée de séjour, de leur vulnérabilité.

Le comité local du MRAP de Saint Denis s’indigne de la politique de la préfecture de la Seine Saint Denis, particulièrement violente et stigmatisante à l’égard des roms.

Il demande que les promesses tenues lors de la réunion du mercredi 25 mai soient au minimum tenues.Cela commence par la levée des OQTF des personnes signalées par les bénévoles et l’Adoma, dont les personnes vulnérables.

Source :
https://nuitdebout.fr/paris/2016/06/21/communique-de-presse-du-comite-local-du-mrap-de-saint-denis/

***
Complément d'info
Bidonville de la rue Charles-Michel - Expulsion imminente
http://www.lejsd.com/content/expulsion-imminente

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 08:11

Depuis BastaMag le 17 juin 2016

La Confédération syndicale internationale vient de publier son rapport annuel sur les droits des travailleurs dans le monde.

« Une fois encore, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les pires régions pour la main-d’œuvre, note l’organisation. L’absence totale de liberté syndicale et le système de la kafala, qui expose des millions de travailleurs migrants au risque de travail forcé, sont toujours omniprésents dans les États du Golfe. »

Le système de la kafala consiste en la mise sous tutelle par l’employeur d’un travailleur étranger, dont le passeport est confisqué.

Les travailleurs subissent aussi les pires formes de violence – assassinats, menaces, enlèvements et agressions physiques – en Colombie, au Guatemala, au Honduras, en Indonésie et en Ukraine.

« Luttant pour obtenir de meilleures conditions de travail, les travailleurs sont des cibles à la fois pour les forces de sécurité de l’État et pour les voyous engagés par les entreprises », écrit la CSI, qui fédère les principales organisations syndicales de 150 pays, rassemblant 170 millions de travailleurs.

Mais les situations de répressions syndicale et d’atteintes aux droits des travailleurs ne s’arrêtent pas à ces régions lointaines, loin de là.

« Même dans des pays aux traditions démocratiques solides, les gouvernements ont fait des propositions pour tenter d’établir des barrières législatives pour étouffer la voix des salariés lors des négociations collectives et en matière de politiques gouvernementales, souligne la CSI. Au Royaume-Uni, en France et en Finlande, les organisations syndicales se battent contre des changements législatifs régressifs ».

Dans le classement, la France reste évidemment parmi les pays où les droits des travailleurs sont en général garantis et les violations sporadiques.

Il n’empêche, la CSI note une recrudescence des cas de violations depuis un an : recours illégal à des intérimaires lors d’une grève à La Poste et mise à pied d’un délégué syndical (voir notre article) ; droit de grève bafoué chez Sodexo et ID Logistics ; discrimination et répression anti-syndicale à la SNCF et Air Liquide, entre autres.

Le Rapport met aussi en avant une tendance lourde en France : « Les délégués syndicaux sont moins promus que leurs collègues de travail et sont payés en moyenne 10 % de moins que leurs collègues qu’ils représentent à caractéristiques égales. »

Au Royaume Uni, un projet de loi présenté en mars dernier veut mettre à mal le droit de grève dans le pays : en rendant les actions de grève beaucoup plus difficiles et en permettant aux employeurs de recourir à des travailleurs temporaires pour remplacer le personnel gréviste.

« En dépit d’une farouche opposition de la part des syndicats et de différents acteurs de la scène politique et de critiques émises par la Commission d’experts du Bureau international du travail, les autorités n’ont apporté que des modifications mineures au projet », note la CSI.

En France, ce 15 juin, François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls ont également laissé plané la menace d’interdire les prochaines manifestations contre la loi travail.

« Le Premier ministre vient d’accuser la CGT d’être responsable des violences intervenues en marge de la manifestation nationale du 14 juin, à Paris, contre le projet de loi travail. La CGT tient à rappeler au Premier ministre que cette mobilisation, comme les précédentes, n’a pas été organisée par la CGT mais par 7 organisations syndicales de salariés et de jeunesse qui, depuis 4 mois, dans l’unité, demandent le retrait de ce texte régressif. (...) Menacer d’interdire les manifestations est le signe d’un gouvernement aux abois », a réagi la confédération, également membre de la CSI.

Lire aussi :
Les réformes du droit du travail généralisent la précarité partout en Europe

Source :
http://www.bastamag.net/La-Confederation-syndicale-internationale-denonce-la-repression-qui-sevit-en

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:49

Le 17 juin 2016

Un fonctionnaire de police était jugé devant le tribunal correctionnel de Rouen, vendredi 17 juin 2016, pour répondre de violences à l’encontre d’un adolescent et faux en écriture.

Dernière minute. Le tribunal correctionnel de Rouen (Seine-Maritime) a condamné, vendredi 17 juin 2016, le policier a 12 mois de prison dont six mois ferme, sans mandat de dépôt, suivant les réquisitions du procureur.

En 2012, la France était encore bien loin de Vigipirate, de la grogne populaire actuelle, du 49-3, de la loi Travail, des saccages et des débordements sanglants.

C’est pourtant une affaire de violences policières commises au Havre (Seine-Maritime) que le tribunal correctionnel de Rouen a jugé, vendredi 17 juin 2016, après-midi.

Le 11 mars 2012, un adolescent de 15 ans était interpellé à l’issue d’une « ahurissante » course-poursuite et se retrouvait victime de coups, plus qu’il n’en faut pour le maîtriser.

« Emporté par le stress et l’adrénaline de cette scène particulière, mon client, alors gardien de la paix affecté à la brigade de nuit du Havre, a reconnu avoir frappé le suspect deux fois avec sa lampe-torche », concède le bâtonnier Me Patrick Ben Bouali.

Le policier était poursuivi pour violences volontaires aggravées, mais pas seulement : il était également soupçonné de faux en écriture publique, puisqu’il aurait rédigé un faux rapport.

L’adolescent reçoit des coups de lampe torche

Nous sommes le 11 mars 2012, il fait nuit, et, en plein contrôles routiers, la police prend une voiture en chasse, le conducteur de celle-ci ayant refusé d’obtempérer.

Le fuyard file à toute allure, s’arrête, reprend la route, s’arrête de nouveau…

Il descend du véhicule et court dans tous les sens.

Des renforts sont appelés et la dizaine de policiers (dont un chien de la brigade cynophile) parviennent finalement à interpeller le suspect : un adolescent de 15 ans qui n’a évidemment pas le permis de conduire, et qui, d’après ses déclarations, a pris ce soir-là la voiture de son père pour « faire un tour avec un copain ».

D’après l’enquête confiée au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen par un juge d’instruction (de Rouen également), lequel a été saisi par le procureur du Havre, le mineur de 15 ans a reçu plusieurs coups de Maglite, la lampe de poche qui équipe les personnels de la Sécurité publique.

Ce, alors qu’il avait été plaqué au sol et menotté.

Le médecin-légiste qui a examiné l’adolescent a évalué à 21 jours son incapacité.

« Il a subi de multiples fractures au visage et il aurait perdu l’odorat, entre autres séquelles. J’ai les photos et je peux vous le dire… le passage à tabac a été d’une violence rare », a plaidé Me Claire Moinard, pour la partie civile.

Suspendu de ses fonctions « pendant huit mois et placé sous contrôle judiciaire » selon son défenseur, le policier « a repris le travail il y a deux ans et est, depuis, affecté dans une autre brigade ».

La peine maximale encourue par le prévenu pour le délit aggravé était de sept ans d’emprisonnement. Le faux en écriture, lui, est passible de… 15 ans de prison.

Il a été condamné à 12 mois de prison, dont six mois ferme (sans mandat de dépôt).

Source :
http://www.normandie-actu.fr/violences-policieres-au-havre-un-gardien-de-la-paix-au-tribunal-a-rouen_213010/

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 13:04

Le 17 juin 2016

Face à la répression qui touche les mouvements sociaux. Face à la disparition progressive du droit de manifester. Face aux yeux crevés par les tirs de Flash-Ball.

Nous sommes plusieurs dizaines de manifestant-e-s à venir équipé-e-s de matériel de premiers soins pour aider toutes les personnes victimes des violences policières. Voici ce que nous avons subi !

Pour commencer, nous tenons à souligner que cette manifestation était d’une ampleur exceptionnelle, tant par le nombre de manifestant-e-s présent-e-s que par la violence de la répression.

Elle a été éprouvante pour tou-te-s les manifestant-e-s, medics compris-es.

Plus de 100 medics venu-e-s de partout étaient présent-e-s pour l’événement.

La gazeuse à main était de sortie ce jour, beaucoup de camarades peuvent en témoigner.

Nous avons pris en charge une cinquantaine de personnes brûlées au visage, parfois à bout portant. Elle a entraîné vomissements chez deux manifestants et des troubles de la conscience chez un autre.

Le trajet de la manifestation s’est fait dans un nuage plus ou moins épais mais toujours constant de gaz lacrymogènes.

Les street medics ont pris en charge plus d’une centaine de crises de panique accompagnées de nombreuses détresses respiratoires réelles, des malaises dont certains avec perte de connaissance.

Comme développé dans le communiqué du 10 mai, en plus des difficultés respiratoires et des pleurs/aveuglements, nous constatons que l’utilisation intempestive des gaz provoque beaucoup d’effets à moyen terme tels que des nausées, des difficultés respiratoires, des inflammations des voies respiratoires, des maux de têtes, des inflammations du larynx et des cordes vocales, des bronchites, de l’asthme, des troubles digestifs, etc.

Les palets de lacrymo ont également engendré de multiples blessures chez les manifestant-e-s, notamment au niveau des mains, de la tête et du visage.

Au moins un manifestant a été évacué après avoir reçu un palet sur le front.

Nous précisons que les palets lacrymogènes font des brûlures et qu’ils ont ciblé directement des gens (dont parfois des médics).

Les tirs de Lanceurs de Balles de Défense (ou LBD, remplaçant du Flash-Ball) ont également fait des dégâts : de nombreux hématomes et plaies aux membres inférieurs et supérieurs, au moins trois personnes ont reçu des balles de défense de 40mm dans l’abdomen et une dans la tempe.

Mais en ce 14 juin, ce sont les grenades de désencerclement (GD) explosant au sol, les tirs tendus de grenades lacrymogènes et les coups de tonfa des multiples charges essuyées par les manifestant-e-s qui ont causé le plus de dégâts parmi nous.

En effet, les grenades désencerclantes ont causé des hématomes, des plaies, des brûlures au niveau des pieds, mollets, tibias, cuisses, fesses, parties génitales, abdomen, bras et mains, visage et tête.

En tout, nous avons eu à soigner entre 90 et 100 blessures dues aux GD et au matraquage, une vingtaine de personnes ont dû être évacuées.

Nombre d’entre nous, manifestant-e-s contre la loi "Travaille" et son monde, souffraient d’acouphènes ce soir-là.

Une personne a eu un doigt luxé, 3 personnes se sont retrouvées avec des éclats enfoncés dans le thorax, une personne a perdu connaissance suite à un tir tendu occasionnant une plaie au front, il a été évacué.

Un manifestant a également reçu un tir tendu de grenade lacrymogène au niveau des cervicales, entrainant une plaie importante et, le lacrymogène s’étant activé, une brûlure sur l’ensemble de la plaie et le haut du dos.

La personne a été évacuée d’urgence à l’hôpital.

Les charges et matraquages intempestifs tout au long du chemin ont nécessité des soins au niveau des membres mais surtout au niveau de la tête et du visage : arcades ouvertes, plaies et hématomes du cuir chevelu, pommettes, mâchoires, lèvres, suspicion de fracture du nez, plaie ouverte sous l’œil, plaie au niveau du crâne avec arrachement au niveau du cuir chevelu...

Une centaine de manifestant-e-s ont été pris-es en charge à la suite de ces charges policières.

Toutes ces charges ont provoqué moult mouvements de foule : nous, manifestant-e-s, avons été victimes de chute, piétiné-es par les forces de l’ordre (suspicion de côtes félées), nous sommes foulé des chevilles, le tout toujours au milieu des gaz...

En tout, nous avons pris en charge des centaines de manifestant-e-s ce mardi (pour information, la préfecture annonce un bilan de "17 manifestants tous en urgence relative", à quelle manifestation étaient-ils ?) et soulignons, encore une fois, la fulgurante escalade de la répression au fil des manifestations.

Cette journée a été éprouvante pour nous tou-te-s, mais n’entame en rien notre détermination !

Nous ne sommes ni sauveteuses, ni sauveteurs, juste des manifestant-e-s qui se préfèrent debout plutôt qu’à genoux ! La solidarité est notre arme !

Des manifestant-e-s / street medics, présent-e-s à la manifestation du 14 juin 2016.

Pour prendre contact ou apporter un témoignage : street-medic@riseup.net

P.S. : Nous rappelons que le bilan des violences policières recensées ce mardi 14 juin ne prend en compte que les témoignages des street medics présent-e-s au débriefing post-manif’ effectué place de la République.

Source :
https://blogs.mediapart.fr/street-medic-paris/blog/170616/communique-street-medic-paris-bilan-provisoire-de-la-manifestation-du-14-juin-2016

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 10:42


L'étudiante, après son "lynchage"

Le 8 mai 2016

Charlotte Victoire, 26 ans, étudiante aux Beaux-Arts à Paris, était place de la République le 28 avril, là où se trouve le mouvement Nuit debout. Ses blessures lui valent 15 jours d’ITT. Lundi, elle a porté plainte pour violences policières.

"Ce jeudi 28 avril, l'ambiance est joyeuse et festive : il y a un concert, des enfants… Je suis avec mes amis des Beaux-Arts, là où se construit une cabane. L'arrêté nous permet de rester jusqu'à minuit.

Mais dès 22h30, la place est cernée par des CRS.

Vers 23h30, des lacrymos sont tirées.

Du fond de la place, les CRS font la voiture-balai à coups de grenades de désencerclement.

Certains attrapent des gens un par un, les frappent. On panique. Un fumigène tombe tout près. Je me rabats vers la zone où se tiennent les AG.

Je suis loin du terre-plein, quand une charge de CRS provoque un mouvement de foule. J'arrive à m'extirper.

Derrière, un ami a le crâne en sang.

"Une voix dit : 'Les gars, on va faire ça proprement, on est filmés de partout.'"

Je remonte l'avenue de la République.

À chaque coin, ça crie : "Pas par ici !"

Dans la panique, j'accélère, même si je n'ai rien à me reprocher.

Au carrefour de Richard-Lenoir, une haie de gyrophares, de CRS et de policiers bloque tout. Des gens courent. Je ralentis. Je ne fuis pas.

Des CRS hurlent de se mettre au sol.

L'un me pousse. Je suis docile : je m'allonge sur le dos. "À terre !" J'y suis…

Sans sommation, il m'assène cinq ou six coups de matraque sur les jambes, avec de l'élan. Un autre sur ma main, placée devant mon visage.

"Sur le dos ! Sur le ventre ! Les mains dans le dos ! Sur la tête !" J'obéis. Nous sommes quatre allongés.

Une voix dit : "Les gars, on va faire ça proprement, on est filmés de partout."

Des journalistes de Taranis News filment la scène, choqués.

"Le policier me dit de crier un bon coup, tire sur mon doigt et le remet à peu près"

Les CRS semblent paumés. Que faire après ce coup de pression ?

Ils nous menottent avec un serre-flex.

Ma main droite ne réagit plus bien. Ils m'assoient dos au mur. Ils arrachent mon bonnet et réalisent que je suis une femme…

Ils me demandent d'enlever mon sac à dos pour fouiller. Je réponds : "OK, mais je crois que vous m'avez cassé la main." Un gradé dit : "On va voir ça." Il ôte le serre-flex. Mon doigt fait un angle droit. Je le sens embarrassé.

Dans mon sac, rien, à part mes outils de travail, une caméra et un appareil photo. Il me propose de me replacer le doigt. Difficile de lui faire confiance… et aussi de refuser. Il me dit de crier un bon coup, tire sur mon doigt et le remet à peu près.

Enfin, ils me libèrent.

Aux urgences de Lariboisière, vers 3 heures, le médecin opère une "réduction" sur ma fracture, entre le métacarpien et la phalange. J'ai un plâtre pour six semaines. Sur mes cuisses, d'énormes hématomes. Les traces de matraque sont visibles.

"Je n'avais jamais éprouvé cette violence de guerre dans mon corps"

Très vite, un mot me vient : lynchage. Je vais porter plainte. J'ai conscience que l'impunité des violences policières décourage la plupart des victimes, surtout si elles sont de banlieue, noires, arabes ou avec un casier…

Certaine de prouver mon innocence avec les vidéos, je veux profiter de mon statut pour dénoncer ces faits que d'autres vivent souvent.

Lundi, à l'IGPN, le policier qui me reçoit est calme, doux, précis, bien intentionné. Plus je raconte, plus je le sens choqué. Je sors au bout de trois heures. Ils vont enquêter, me disent-ils.

Mardi, le photographe a témoigné.

Je sais que les plaintes sont souvent classées mais je remuerai ciel et terre. Je n'avais jamais éprouvé cette violence de guerre dans mon corps. Mes blessures sont ostensibles. Aux urgences médico-légales, on m'a mis 15 jours d'ITT.

Mais ce soir-là tous mes amis ont pris des coups ou été gazés. Or plus les policiers sont violents, plus ils nous radicalisent dans l'union."

Source :
http://www.lejdd.fr/Societe/Charlotte-26-ans-a-Nuit-debout-Sans-sommation-il-m-assene-cinq-ou-six-coups-de-matraque-784505

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 10:15

Depuis Paris Luttes Info le 17 juin 2016

48h après la manif du 14, les images sont toujours bien présentes. Relayées sur les réseaux sociaux mais aussi en boucle dans ma tête. Enfin pas toutes, parce qu’après avoir reçu un coup de matraque sur le crâne, j’ai perdu connaissance. Alors forcément, il y a comme un léger voile, une brume qui se dissipe au fur et à mesure que les témoignages arrivent.

Ce dont je me souviens me laisse encore un goût de sang dans la bouche avec des arômes de rage et de larmes salées qui mettront du temps à sécher.

Je revois ce gars que je ne connais pas, que je n’ai jamais vu mais qui, instinctivement, humainement devient un camarade. Il gît à même le sol. Un trou béant dans le dos.

Suffisamment béant pour se dire que là, quelque chose de terrible vient de se produire. Nous sommes quelques unes et quelques uns à le rejoindre, l’estomac noué en nœud de marin. Nous crions. "Médics ! Médics !".

Ceux-là, à l’heure où j’écris ces quelques lignes, je les prendrais bien dans mes bras, toutes et tous, les unes après les uns et même les autres si je le pouvais.

On se laisse guider par les ordres donnés. Des ordres justes. Pas des ordres criminels qui permettent de telles blessures. Des ordres qui vont dans le sens de la vie d’un gars, qui nous parait mort, assassiné par la police.

On me demande de faire un point de compression. Je m’exécute. Si j’avais été devant un écran, j’aurais sans doute tourné la tête pour ne pas regarder. Mais là, non. C’est Bizarre. Cette envie commune de lui donner les premiers soins est bien plus forte que la peur qui nous pétrifie sur place.

Nos gestes sont coordonnés, peut-être pas au millimètre près, mais ils s’harmonisent les uns avec les autres.

Au-dessus de nous, ça se resserre et ça piétine.

Je lève la tête et je les vois. Ils arrivent en nombre, droit devant le bouclier qui s’était formé autour de nous. Filles et garçons se tiennent par la main. Courageusement et fermement. Ils préviennent. "Y a un blessé grave, là !".

Mais ceux que j’ai vu arriver en nombre s’en foutent. Ils ne sont pas la pour ça. Ils ont des cibles devant leurs yeux et ils les choisissent, impunément. Je me relève, cédant ma place à un autre. Je prends place dans le bouclier.

Je croise le regard de l’un deux. Je lui montre la personne qui est au sol en insistant sur le fait que oui, là, c’est chaud.

Et puis soudainement, tout le monde s’est tu. Plus un bruit.

J’ai senti un truc chaud couler le long de mon visage et j’ai vu le sol se rapprocher à une vitesse grand v avant de fermer les yeux pour les ouvrir quelques minutes plus tard.

Il y a des gens au-dessus de moi. Des gens qui me regardent, des gens qui me parlent et qui s’activent à me mettre des compresses sur la tête.

Je ne sais pas où je suis ni ce que je fais par terre.

J’essaye de répondre aux questions que l’on me pose mais les mots ne veulent pas sortir. Une lacrymo tombe, pas très loin. Suffisamment proche pour me couper la respiration.

On me met un masque sur la bouche, on me protège, on m’entoure.

C’était sans doute toi, toi et toi aussi.

Des visages inconnus et pourtant si bienveillants.

Je reviens à moi avec le son qui va avec. Le bruit est assourdissant. Des cris de rage, de désespoir. Et des ordres donnés. Les mêmes ordres justes que je recevais je ne sais plus trop combien de temps avant.

Ça m’a paru interminable, conscient du danger autour de moi mais en sécurité grâce à ce petit groupe qui faisait bloc pour me sortir de là.

Je m’en suis sorti avec un trauma crânien et quelques agrafes. Mais j’en suis sorti avant tout grandi. Et infiniment reconnaissant. Car ce qu’il faut retenir dans tout cela, c’est Vous.

Vous, ces inconnu(e)s, que l’on ne voit pas, que l’on ne montre pas parce que c’est plus vendeur de montrer des types qui cassent des vitres que de montrer des gens qui peuvent sauver une vie.

Vous qui, sans sourciller, bravez le danger pour porter secours à la première ou au premier venu qui en aurait besoin.

Vous, les street-medics, les camarades, les anonymes, les concerné(e)s.

Vous, qui ne faites qu’un pour faire bloc pour un seul.

Merci.
Merci d’avoir été là.

N’abandonnons pas.

Gaël

Source :
http://paris-luttes.info/ce-qu-il-faut-retenir-dans-tout-6178

***
D'autres témoignages
Retours sur la manifestation nationale du 14 juin contre la loi Travail à Paris
http://paris-luttes.info/mardi-14-juin-manifestation-6129

Témoignage d’un Lyonnais blessé à Paris le 14 juin : les grenades peinent à entamer ma détermination
http://rebellyon.info/Temoignage-d-un-lyonnais-blesse-a-Paris-16667

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 10:05

Depuis Les Inrockuptibles le 9 juin 2016

Dans une vidéo publiée par Streetpress, Marco, Théo, Mariam et Aurélien racontent la journée de manifestation du 17 mars dernier.

Des étudiants de l’université de Tolbiac s’étaient faits charger par des CRS qui tentaient de les expulser d’un amphithéâtre. C’est le directeur de l’établissement qui avait demandé aux forces de l’ordre d’intervenir.

Un retour en images sur les débordements de plus en plus nombreux en marge des manifestations contre la loi travail. Bras dans le plâtre, incapacités temporaires de travail (ITT)…

Les manifestants témoignent des violences de la police lors de l’évacuation.

Deux d’entre eux ont été mis en examen et sous contrôle judiciaire, ils devraient faire appel de ces décisions.

Source :
http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/etudiants-de-tolbiac-temoignent-violences-policieres/

Complément d'info
Quand Valls envoie ses CRS SS : fin de manifestation ensanglantée à Tolbiac !
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quand-valls-envoie-ces-crs-ss-fin-179005

L'intervention musclée de la police à la fac de Tolbiac à Paris, mobilisée contre la loi travail
http://www.huffingtonpost.fr/2016/03/18/video-tolbiac-manifestation-paris-images-police-loi-travail_n_9495910.html

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 11:21

Le 11 mai 2016

Attentats, état d’urgence, manifestations contre la loi travail… Un CRS raconte son ras-le-bol après un an et demi d’opérations de maintien de l’ordre.

"J’ai de la chance, j’habite près d’une grande forêt." Vissé sur son canapé, Pascal (le prénom a été modifié), la quarantaine, une taille de géant, se fige un court instant. Puis confesse : "J’y vais souvent me promener en famille. Ça permet d’évacuer le stress, de retrouver un peu de calme."

Dans une vitrine à côté de lui, des médailles disposées en évidence encerclent un fanion rouge sur lequel est inscrite la devise des CRS : "Servir". De préférence sans discuter.

Lui, a décidé de sortir un peu du bois. Comme un besoin de vider son sac pour éviter l’ulcère. Avec une condition : garder l’anonymat. Le gradé doit bientôt prendre du galon, il ne veut pas prendre le risque d’une sanction disciplinaire.

Depuis janvier 2015, il est en première ligne.

Du renforcement du plan vigipirate, après les attentats de janvier, à la mise en place de l’état d’urgence après ceux de novembre, en passant par les mouvements sociaux contre la loi El Khomri… Un an et demi d’opérations de maintien de l’ordre et aujourd’hui un énorme ras-le-bol. Pas contre la "haine anti-flic", comme le scandent certains syndicats de police qui appellent à la mobilisation le 18 mai. Mais contre les donneurs d’ordre.

Depuis le début des conflits autour de la loi Travail, il les accuse de jouer avec le feu.

Alors que le gouvernement a dégainé mardi l’article 49.3 pour passer en force son texte et que de nouvelles journées de mobilisations sont attendues partout en France, Pascal confie ses inquiétudes au JDD.

Et, révèle en filigrane, un sentiment de défiance de plus en plus croissant dans les rangs des forces de l’ordre.

"Du ni fait ni à faire"

Il en est persuadé : de nombreux débordements auraient pu être évités depuis deux mois. Aussi bien la casse que les blessés côté policiers… Et les violences sur des civils, même si lui préfère le terme de "dommages collatéraux". Comme lors du 1er-Mai, où les ordres ont été donnés de couper le cortège en cours de route pour isoler un groupe de casseurs.

Dans le cortège saucissonné, bon nombre de manifestants se sont retrouvés pris au piège sous les gaz lacrymogènes. "Du ni fait ni à faire", tranche le CRS.

D’autant que certaines bandes pourraient être interpellées bien avant.

Comme pendant la manifestation du 9 avril.

Ce jour-là, son équipe est en faction à proximité de la place de la République, où un cortège de manifestants doit prendre le départ vers la place de la Nation.

Vers 13h30, il reçoit un appel. Un groupe cagoulé s’apprête à prendre la tête du cortège. "On les connaît bien, ce sont des ultras connus des services de renseignement", précise le CRS.

Encore maintenant, il enrage de la gestion des événements : "On avait un signalement précis. On s’est dit qu’on n’allait pas les laisser passer… On n’a jamais reçu l’ordre”, rapporte-t-il.

"Au lieu de ça, on les a laissés progresser tranquillement. Ce jour-là, un collègue officier a été blessé gravement à la jambe par un tir de mortier."

"On interpelle juste pour les images du 20 heures"

Un scénario qui se répète au fil des manifs. "Ces gars-là sont entre 200 et 300 maximum", fulmine le gradé. "Il suffirait de les interpeller avant le départ des cortèges, pas la peine d’être un grand tacticien pour comprendre ça", souffle-t-il.

Blasé, il compare la situation avec les forces de l’ordre allemandes qui, le 30 avril, ont procédé à près de 400 arrestations en marge d’un rassemblement du parti populiste AfD.

Une opération qu’il juge impossible actuellement en France faute de courage politique. "Ici, on interpelle juste pour les images du 20 Heures, pour faire croire qu’il y a de la fermeté de la part du gouvernement."

Une situation qu’il interprète comme une volonté de pourrir le mouvement. "Une manifestation qui se passe bien, on parle du fond. Quand vous avez des casseurs, on se focalise sur les violences et les vitres cassées."

Et de s’interroger : "Est-ce que le gouvernement est assez vicieux pour faire ça ?" Une question à laquelle il se gardera de répondre.

"On était comme des sauveurs"

Ce qu’il sait en revanche c’est qu’à ce rythme, la situation peut vite devenir très inconfortable.

Dans son propre entourage, des voix l’interpellent. "Certains ne comprennent plus ce que je fais", lâche-t-il, désabusé. Avant de reconnaître : "J’ai l’impression d’être devenu un pion politique."

Un virage à 180 degrés par rapport à l’après Charlie et aux scènes de communion du 11-Janvier.

"Les gens avaient oublié ce que ça pouvait être un attentat d’ampleur. Face à la peur, on était comme des sauveurs", se rappelle le CRS.

Un état de grâce limité. "Assez vite, tout le monde est retourné dans son train-train. Il fallait être naïf pour croire que ça allait durer."

Selon lui, l’image protectrice a commencé à s’écorner avec la seconde vague d’attentats de novembre. Un électrochoc sans 11-Janvier. "A ce moment, j’ai senti un basculement dans la tête des gens", avance le fonctionnaire de police. "Ils se sont rendus compte qu’on ne pouvait pas tout empêcher. On aura beau s’entraîner, on ne peut pas leur dire : "Dormez sur vos deux oreilles." L’incertitude s’est installée." Voire plus chez certains ?

"Tout le monde déteste la police"

A ses yeux, la défiance est une part inhérente du métier. "On provoquera toujours du rejet chez certains, c’est comme la pluie et le beau temps", phosphore le CRS.

Mais avec le climat sécuritaire de l’état d’urgence, l’opposition donne l’impression d’être montée d’un cran.

Dans les cortèges, le slogan d’hier "CRS avec nous" a laissé place au refrain "Tout le monde déteste la police".

Rien de bien nouveau, nuance le gradé, qui reste prudent sur la thèse d’une banalisation de la "haine anti-flic". "En Mai 68 c’était 'CRS = SS'. Les slogans, ça va, ça vient… jusqu’au prochain attentat", résume-t-il froidement.

"Mais pour les nouvelles recrues, c’est différent", prévient Pascal. "Ils arrivent dans un climat explosif sans forcément voir le bout du tunnel. Ils me demandent : 'C’est ça être CRS ?'"

Sans compter la fatigue. Un an et demi après Charlie, elle n’a jamais été aussi grande. Lui assure tenir le coup mais averti : "J’ai des jeunes collègues qui ont déjà demandé leur mutation."

Et la menace est bien présente.

Dans moins d’un mois débute l’Euro 2016. "On se prépare comme jamais auparavant", glisse le gradé les yeux dans le vide.

Source :
http://www.lejdd.fr/Societe/Un-CRS-temoigne-J-ai-l-impression-d-etre-devenu-un-pion-politique-784991

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 09:11

Le 8 juin 2016

Le porte-parole des pompiers dans la capitale raconte l'évacuation de Romain, le 26 mai, et la soudaine dégradation de son état de santé.

C’est un témoignage inédit qui éclaire les circonstances dans lesquelles Romain D., 28 ans, a été blessé le 26 mai dernier, près du cours de Vincennes à Paris, après une manifestation contre le projet de loi travail.

Gabriel Plus, porte-parole des pompiers de Paris, décrit l’intervention de ses hommes et la dégradation soudaine de l’état de santé de Romain.

Ce dernier, vraisemblablement blessé par une grenade de désencerclement utilisée par un fonctionnaire de la compagnie d’intervention de la préfecture de police de Paris, est désormais conscient, mais pourrait subir d’importantes séquelles.

Romain D. s’est en outre joint à la plainte contre X déposée par sa famille.

Gabriel Plus, quant à lui, raconte la scène.

« On est appelés en fin d’après-midi pour intervenir auprès d’un jeune homme blessé. Il est recueilli dans un état stable, il est conscient et on le fait monter dans le véhicule des pompiers.

Le premier rapport, à 19h25, fait état de secours apportés à un homme dans un état léger, mais qui peut évoluer.

On décide de lui apporter les premiers soins à l’intérieur du véhicule, pour le stabiliser, évaluer la gravité de ses blessures afin de l’évacuer vers le bon hôpital.

Mais au bout de dix minutes, le blessé est pris de convulsions.

Le rapport explique ensuite qu’il s’agit d’un homme épileptique qui fait une crise déclenchée par le dégagement de gaz lacrymogènes [quelques minutes auparavant, alors que Romain gisait au sol, les forces de l’ordre ont lancé des gaz autour du lieu de l’attroupement, ndlr].

C’est très clair : des lacrymogènes ont un effet néfaste sur un homme blessé (1).

« Nos deux secouristes à l’intérieur du véhicule se retrouvent débordés. Une crise d’épilepsie, c’est violent : il faut être costaud pour maintenir la personne, qui peut se blesser si elle ne contrôle plus ses nerfs.

C’est pourquoi les secouristes ont appelé deux gendarmes mobiles à l’intérieur du véhicule pour les aider à maintenir les jambes du blessé. Il ne s’agissait que de cela. Cela nous a permis de le calmer et de lui refaire son pansement à la tête.

Après cette intervention, le blessé avait retrouvé ses esprits, mais il était épuisé, quasiment endormi.

On a ensuite demandé le concours de l’ambulance de réanimation qui se trouvait sur place lorsqu’il a perdu connaissance. Il a été décidé de l’évacuer vers l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière avec une escorte.

A 19h48, le rapport des pompiers fait état d’une urgence absolue. »

(1) Mise à jour 15h50: Gabriel Plus a tenu à apporter cette précision en milieu d'après-midi :

« Le rapport d'intervention fait apparaître que les convulsions du blessé sont similaires à une crise d'épilepsie et c'est pour cette raison que les pompiers font appel aux gendarmes pour les aider à le maintenir. On peut supposer qu'il y a un lien entre le lancer de gaz lacrymogènes et ces convulsions. Ce qui est évident, c'est que de tels gaz ont un effet néfaste sur un homme blessé.»

Source :
http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/manifestant-blesse-a-paris-le-temoignage-inedit-des-pompiers_1458098

Ce qu'en dit l'avocat des policiers :

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 10:51


Photo - Jonathan Konitz

Le 28 mai 2016

Nous avons retrouvé l'homme qui s'est présenté, nu devant les policiers, à Caen, lors des manifestations de jeudi. David*, père de famille, chorégraphe, a bien voulu nous expliquer le sens de son geste : faire baisser la tension avec la police, substituer une autre image que celle de la violence, rappeler l'humanité de ceux qui protestent contre loi Travail. Témoignage.

Le 26 mai dernier, vers midi et demi, je me suis interposé, nu, entre la brigade de CRS "1b" et les quelques 500 manifestants refoulés le long de l’Orne, à Caen.

Cet acte, je ne l’avais pas prémédité. Ce fut une décision de combat, prise sur l’instant, mais nourrie d’une série de réflexions. Sur le coup, elle m’a paru évidente.

Pas de casseurs, pas de dégradations

Deux camps se faisaient face. D’un côté, des hommes et femmes casqués, bottés, recouverts de kevlar de plexi et d’acier, la matraque à la main, tendus, lance grenade braqué, visière abaissée, bloquant l'accès au pont, accompagnés de monsieur Papineau (le directeur de la police du Calvados, ndlr) qui nous sommait de déguerpir dans son mégaphone.

De l’autre, 500 manifestants, poursuivant leur marche au-delà de l'itinéraire prévu, venus défendre leur démocratie : une fanfare de percussion, des ouvriers, employés, chômeurs dont une trentaine de jeunes, préparés à subir l’affrontement, l’attendant sans doute ou l’espérant peut-être, foulards sur le visage pour se protéger des gaz. Pas de casque, pas de manches de pioches.

Exaltés, en colère, mais calmes.

Ces mêmes jeunes qui avaient entamé un "le peuple hait la police !" un peu plus tôt mais qui s’étaient immédiatement arrêtés quand le percussionniste en chef les avait menacé d’arrêter de jouer s’ils ne changeaient pas de slogan.

Cette scène, je l’ai déjà vécue d’innombrables fois depuis 1986, date de ma première manifestation ; la plupart du temps, elle se termine sans heurts. Mais cette année 2016, elle s’achève systématiquement dans la violence, les gazages, les matraquages, et les interpellations de la BAC.

Et pourtant, à Caen, pas de casseurs, pas de dégradations… Mais des interventions policières systématiques, violentes et dénuées de légitimité.

Une autre image que celle de la violence

Alors comment faire baisser la tension ? En substituant une autre image que celle de la violence.

Depuis des semaines, les seules images véhiculées et mises en avant par la plupart des médias sont celles de violences. Comme s’il fallait cacher le fond de l’affaire : les raisons pour lesquelles les hommes et les femmes de ce pays descendent dans la rue. Comme si la seule actualité de ce mouvement, c’était la peur des casseurs, la peur de manquer de carburant, la peur que l’économie française vacille…

La peur. Qu’est-ce qui peut faire moins peur qu’un homme nu ? Un homme simple, avec son corps qui, sans les avoir portés, a eu quatre enfants, a travaillé, s’est fatigué et blessé au contact de la vie, s’est usé au bénéfice d’autres.

Le corps lambda d’un citoyen lambda. Un de ces corps que les matraques policières frappent pour créer la peur ; que l’on maltraite pour en extirper les idées. Un de ces millions de corps dont on voudrait faire du bétail à consommer, une chair à bosser, qu’on voudrait essorer et abandonner au gré des besoins économiques.

Alors oui, nu. J’ai laissé mon sac, mes chaussures et vêtements à des camarades venus comme moi de leur campagne manifester leur révolte et je me suis avancé vers le cordon d'hommes en armes. Nu face aux casques et gilets pare-balles, nu face aux puissants, aux cyniques, nu devant et avec mes camarades de lutte.

Mon corps est mon outil de travail

Je suis danseur et chorégraphe. Mon corps est mon outil de travail, un outil d'expression que j'ai l'habitude d'exposer. C'est avec lui et au travers de celui de mes danseurs que je crée et milite. Ce corps, une fois encore, je l'ai mis en scène, au service de la cause que nous défendions.

On me demande si j'ai ressenti de la peur, de la pudeur. Curieusement, non, ni l'un ni l'autre. Mais j'ai éprouvé très nettement le ridicule de la situation : le ridicule des ces guerriers harnachés pour la guerre, prêts à être lâchés sur... un type à poil ?

Certains crient à la pornographie, s’insurgent que des enfants auraient pu apercevoir mon sexe. Je trouve moi que la pornographie est dans la chair déchirée par les matraques, les flash-balls et les grenades de désencerclement. La pornographie est dans la violence faite aux citoyens de ce pays dont on nie la dignité et l’intelligence.

Au fond, c’est bien ce qu’ils veulent non ? Nous foutre à poil ?

Alors nu, oui, mais… debout !
****
* David a choisi de rester anonyme pour sa "tranquilité professionnelle et familiale" – ce qu'il a fait est passible de poursuites –, et parce qu'il ne veut pas "que son geste éclipse l’engagement des gens qui, chaque semaine font grève ou manifestent avec courage pour préserver notre avenir à tous".

Source :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1520844-loi-travail-je-suis-le-nu-debout-de-caen-voici-pourquoi-je-me-suis-deshabille.html

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Documentation

ACTIONS C.L.A.P33 & Co...

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Bordeaux - 18 mars 2017

Journée contre

les violences policières

Notre appel : klik !

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Violences Policières

France - Trois rapports
ACAT : klik !

Amnesty International : klik !
Paris Luttes Infos : klik !

 

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L'impact disproportionné
de l'état d'urgence

Un rapport d'Amnesty  : klik !

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Hommage aux victimes

21 Mars 2015

 
15 mars 2014
 

19 mars 2011
 

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" Vétérante "

O.P.A

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Soutien à m.
Nous n'oublierons pas
 le 19 Mars 2009 à Bordeaux !
 
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