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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 11:22

Depuis Paris Luttes Info, le 10 février 2016

Chronique de l’arbitraire policier, une soirée dans le métro chez les bourgeois

Ici va être relaté un de ces, hélas trop nombreux, cas d’immoralité dont j’ai été témoin.

Hier soir, à 23 heures, mon copain est venu me chercher à mon travail alimentaire pour que nous rejoignions des amies pour un anniversaire.

En faisant le changement à Odéon, nous remarquons trois individus (la quarantaine, bien bourrés, bien insolents) se moquant et humiliant un SDF.

Ce pauvre homme cherchait désespérément une petite pièce dans la gouttière, eux trouvaient ça drôle de lui dire d’arrêter de faire le ménage et qu’il y a bien des « cons » dont c’est le boulot.

Mon copain, outré, leur fait remarquer que c’est minable de rire d’une personne essayant de survivre.

Ont suivi des insultes de la part des quadragénaires.

C’est là le « drame » : mon copain, dans l’énervement, appuie légèrement sur la gâchette de sa gazeuse..

A peine. Hélas.

Nous sommes donc partis reprendre le métro les laissant en arrière.

On les a bien entendus nous insulter de tous les noms (même moi qui n’était que témoin) en pleurant, appelant leurs chères mères (qui ont du oublier de leur apprendre le respect).

Le gaz reçu dans les yeux était en tout cas assez léger pour qu’ils se relèvent et aient le temps de nous courir après, bousculant des passagers.

Puis prendre à trois mon copain et le sortir violemment du métro.

Alors s’en est suivi les « espèce de connard, tu m’as défiguré, je vais plus jamais pouvoir sortir, on va pas pouvoir aller à notre soirée » etc.

C’est là que nous avons appris que deux sur trois de ces hommes étaient flics.

Appelant des renforts en précisant être en présence de deux individus dangereux, en quelques minutes arriveront la sureté RATP et une demi douzaine de flics… pour deux dangereux étudiant-e-s…

Mon copain partira en garde à vue et nous venons d’apprendre qu’il était déféré au palais de justice, pour une seconde nuit en cellule.

Tout cela pourquoi ? Pour défendre une personne de cons qui s’avèrent être des policiers.

Mon copain est sorti après 23h de GAV et une nuit au palais de justice. Il est convoqué dans un mois au tribunal pour des faits de violences aggravés.

Les policiers eux sont bien sûr les victimes d’un individu violent...

Face aux violences policières, face à la justice : autodéfense populaire.

Source :
https://paris-luttes.info/quand-la-police-opprime-la-justice-4854

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 11:52

Le 11 février 2016

Une sale affaire de violence policière a eu lieu à Pantin le 14 décembre, ce jour-là, le fils aîné de la famille Kraiker, Bilal, âgé de 18 ans, a été agressé par la police dans le hall de l’immeuble du 21, rue Auger.

Ici la police (Brigade Spécialisée de Terrain) procède à de très fréquents contrôles d’identités au pied de la tour qui se situe près de la porte de Pantin.

Un harcèlement quasi quotidien qui en fatiguerait plus d’un. Ce jour-là les policiers sautent sur Bilal, 18 ans, il est étranglé et reçoit une pluie de coups.

Puis laissé là sans soins, écroulé sur le bitume. C’est sa mère, qui le conduira à l’hôpital où il sera opéré en urgence dans la nuit. Le policer l’ayant notamment visé aux testicules.

Suite à cette bastonnade, il reçoit 30 jours d’ITT et décide de porter plainte à la police des polices, l’IGPN, (le commissariat de Pantin ayant refusé sa plainte).

Mais le harcèlement ne s’arrête pas là.

Le 26 décembre la police remet ça. Ils se mettent à fouiller une quinzaine de jeunes gens présents « un peu trop profondément » dira l’un d’entre eux. La colère gagne ces jeunes harcelés et humiliés quotidiennement.

Les policiers n’hésitent pas à lancer une grenade de désencerclement, la détonation affole la mère de Bilal qui vient juste de descendre.

Zahra Kraiker est animatrice à la mairie de Paris, elle sort en panique, craignant pour son fils déjà blessé et pas encore rétabli.

Elle demande alors ce qui se passe aux policiers, affolée, des jeunes lui apprennent que Bilal est menotté à l’arrière de la voiture de police.

Alors qu’elle veut comprendre pourquoi ils s’en prennent encore à lui, elle est alors violemment repoussée, puis battue, et aspergée de gaz lacrymogène.

La scène publiée sur internet à été filmée par une voisine qui depuis craint les menaces de l’OPH comme plusieurs autres familles témoins ou victimes de la violence policière qui se déchaîne au pied de cette tour nommée l’ïlot 27.

Wassil, le plus jeune des enfants de Zahra, âgé de 15 ans, arrive, voyant sa mère battue, il tente de s’interposer pour la défendre, c’est alors contre lui que se déchaîne le policier, il est à son tour violemment tabassé, immobilisé au sol, menotté, tandis que sa mère est jetée à terre, son fils est frappé au visage, toujours menotté dans le dos, n’attendant qu’une chose : que la pluie de coups cesse, avant d’être embarqué.

Zahra Kraiker, aura 10 jours d’ ITT (interdiction temporaire de travail) suite à ses blessures.

Au total, cinq jeunes, dont 4 mineurs, seront frappés et embarqués.

Après 48 heures les familles auront enfin de leurs nouvelles, ils seront déférés en vue de l’ouverture d’une information judiciaire au bout de 72 heures !

La garde à vue au commissariat de Pantin, sera mouvementée : gifle, insultes racistes etc.

Puis, les cinq jeunes gens sont libérés et placés sous le statut de témoins assistés, « signe que les faits qui leur sont reprochés ne sont pas aussi clairs que la version policière » — notera S. Mouillard, journaliste de Libération, dans son article du 29 décembre 2015.

Mais cette affaire sordide de violence policière ne s’arrête pas là.

Entre-temps le commissaire de Pantin a été changé, et c’est le nouveau commissaire qui, hier matin — mercredi 10 février 2016 — à 6H20, se présente au domicile de la famille Kraiker pour embarquer leurs deux fils et leur chiot (le chiot sera amené à la SPA) ainsi que les deux jeunes témoins de l’agression précédente, pour, leur dit-on, des faits de dégradations en réunion ?!!

Ils ont donc été à nouveau placés en garde à vue dans ce même commissariat de Pantin, où il est impossible de rentrer, la porte étant barrée par une béquille bleue et des nombreux hommes en armes, le doigt sur la détente de leurs Famas.

Entre-temps de nouvelles arrestations de jeunes de l’îlot 27 sont faites... Histoire de mettre en scène une affaire d’importance ?

Cet après-midi — jeudi 11 — ils ont été déférés au tribunal de Bobigny pour une « affaire » qui remontrait au mois de juin, on les accuse de dégradations au 21 de la rue Auger, à hauteur de 86.000 euros !

Surprise : le juge n’est pas au courant du contexte actuel, ni de la plainte déposée à l ’IGPN par la famille Kraiker, ni donc de l’enquête en cours !

Le procureur de la République requerrait pour Bilal, jeune majeur, une peine d’emprisonnement !

L’avocat Me Mairat expose alors le contexte dans laquelle la dite « affaire émerge ».

Pendant ce temps les mineurs sont reçus par le juge pour enfant (audition non publique). Les parents vont et viennent entre les deux chambres, effondrés, mais déterminés.

Bilal, 18 ans, sera jugé le 19 mai prochain, le procureur de la république requérait carrément sa mise en détention immédiate ! Après délibéré, il a été libéré mais mis sous contrôle judiciaire avec interdiction d’aller au 21 de la rue Auger, l’immeuble voisin où il y aurait eu ces dégradations, sous peine d’emprisonnement immédiat.

Un Comité de vigilance contre les violences policières s’est créé en soutien à la famille Kraiker et aux autres habitants du quartier victimes du harcèlement de cette police qui n’hésite pas à tabasser tout ce qui bouge, enfants, maman etc.

Un Facebook du même nom publie informations et vidéos, notamment celle de la conférence de presse qu’ils ont organisée le 30 décembre dernier, que nous vous invitons à regarder ci-dessous.

Voir en ligne : Facebook : Comité de vigilance contre les violences policières à Pantin

Source :
http://www.parisseveille.info/harcelement-sur-une-mere-et-ses,3434.html

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 09:48

Le 12 février 2016

L'IGPN enquête sur des soupçons de violences policières lors d'une intervention policière à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), en banlieue parisienne, en octobre dernier. Dans le cadre de cette affaire, quatre policiers ont été récemment mis en examen.

Suite à une décision de justice le 23 octobre, la "police des polices" (l'IGPN) est chargée d'enquêter sur une intervention policière devant un local de la cité de la Noé, à Chanteloup-les-Vignes mi-octobre.

Vendredi 16 octobre 2015, les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) rattachés au commissariat de Conflans-Sainte-Honorine, ont interpellé un homme soupçonné de trafic de stupéfiants. Deux autres ont pris la fuite.

L'avocat de la personne interpellée, Me Jean-David Scemama, a déposé plainte notamment pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité et faux en écriture publique.

A l'époque, il affirmait que son client contestait le trafic de drogue et n'avait opposé "aucune résistance ni verbale, ni physique".

Son client a été condamné en novembre à un an de prison ferme pour trafic de drogue, rébellion et violences sur les forces de l'ordre dans le cadre de cette même affaire.

Une vidéo montre des violences policières

Des images présentées comme une vidéo de la scène tournée au téléphone portable par un habitant, et diffusée notamment sur le réseau social Facebook, montrent des policiers tentant de faire entrer l'homme dans une voiture.

Puis l'un des fonctionnaires, vêtu d'un gilet à capuche gris clair, le frappe au visage alors qu'il est menotté dans le dos, avant de le traîner au sol.

Quelques instants plus tard, le même policier tire sans le toucher en direction d'un homme qui s'était approché, seul, sac plastique à la main.

Une source policière avait indiqué à l'époque que la police avait "fait usage d'un tir de flash-ball" pour disperser un "groupe d'individus hostiles".

Quatre policiers mis en examens

Ce policier, qui apparaît violent dans la vidéo, a été mis en examen pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" ayant entraîné une incapacité de travail inférieure à 8 jours, a indiqué jeudi à l'AFP une source proche du dossier, confirmant une information du Parisien.

Trois autres policiers sont quant à eux soupçonnés de "faux en écriture publique", en lien avec des procès-verbaux d'interpellation.

Contacté, le parquet de Versailles a refusé de confirmer ces poursuites.

A ce jour, les quatre policiers, âgés d'une trentaine d'années, sont toujours en poste. L'un d'entre eux n'intervient plus en BAC.

Source :
http://www.itele.fr/justice/video/quatre-policiers-mis-en-examen-suite-a-une-interpellation-musclee-153331

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 11:42

Le 17 janvier 2015

En 2012, Amine Bentounsi, un délinquant de 28 ans, était tué d’une balle dans le dos par un gardien de la paix au commissariat de Noisy-le-Sec.

Depuis, le policier, Damien S., a toujours affirmé avoir agi par légitime défense. Son procès lui a donné raison puisque, le 15 janvier, il a été acquitté.

Il y a un an, "Marianne" avait rencontré la grande soeur d'Amine Bentounsi, Amal. Nous republions son histoire, celui d'un combat contre les violences policières.

Amal est née dans la France de Giscard, en 1976, Farid dans celle de Mitterrand, en 1985. Amal a grandi en Seine-Saint-Denis, Farid dans une cité de Clermont-Ferrand, au pied des volcans auvergnats.

La première est devenue commerçante, et même chef d’entreprise ; Farid, lui, est ingénieur.

Rien ne les prédisposait à faire un bout de chemin ensemble dans la France de Sarkozy, puis de Hollande, s’il n’y avait eu ces drames.

Le grand frère de Farid, Wissam el Yamni, est mort dans une voiture de police dans la nuit du 31 décembre 2011, alors qu’il avait 20 ans.

C’est pour lui faire part de son expérience qu’il téléphone à Amal après la mort de son petit frère, Amine Bentounsi, tué par balle à l’âge de 30 ans alors qu’il fuyait les policiers dans une rue de Noisy-le-Sec, le 21 avril 2012, un revolver à la main.

« Ne te laisse pas faire, lui dit-il, ils prendront ta gentillesse pour de la faiblesse ».

Depuis, Amal et Farid marchent main dans la main pour obtenir un début de vérité judiciaire de la part de ces institutions qu’ils avaient envie de respecter, eux qui n’avaient jamais eu affaire à la police, ni à la justice.

Ils s’apportent mutuellement cet oxygène qui leur fait parfois défaut quand des bouffées de colère les assaillent.

Produits de leur époque, droits dans leurs bottes, éduqués, ils connaissant parfaitement leurs droits, loin de ces familles maghrébines qui baissaient les yeux quand l’un des leurs rencontraient malencontreusement les balles de la police, au siècle dernier.

Ce que lui racontait son petit frère, les tabassages réguliers dans les commissariats, Amal n’a jamais voulu y croire. « Pour moi, c’était inconcevable ».

Lorsqu’à la veille du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, le commissariat de Bobigny l’appelle pour lui annoncer sa mort, elle voit défiler sous ses yeux la vie d’Amine, incarcéré pour la première fois à 15 ans parce qu’il avait (2 ans plus tôt) allumé un feu près d’une école, lui qui chantait les chansons de Renaud (L’Hexagone) à ses amis de la cité de la Pierre-Collinet, à Meaux.

« On l’a jeté aux loups, dit-elle. Il était comme mon fils. J’étais la seule qui pouvait le comprendre. Il se faisait appeler « Jean-Pierre » pour ne plus être catalogué. Il ne voulait pas retourner en prison, c’est pour ça qu’il a disparu pendant deux ans. Il comptait se rendre parce qu’il n’en pouvait plus de la cavale… ».

Lire la suite :
http://www.marianne.net/mort-amine-bentounsi-combat-sa-soeur-amal-100239510.html

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 15:12

Procès aux assises de Bobigny de Saboundjian Damien le meurtrier de Amine Bentounsi

Ce procès aura permis d'avoir un aperçu sur les dessous de la police quand ils sont mis en cause dans une affaire de meurtre ou de violence.

Ouverture du procès, Merchat avocat de Saboundjian récuse 3 jurés qui ont un nom à consonance maghrébine sans aucun motif et justification.

- Une balle dans le dos qui sera fatale à la vie de Amine Bentounsi.

- 6 témoins qui voient Amine Bentounsi tombé face contre terre et Saboundjian derrière lui le braquer les 2 mains jointes sur l'arme, droit sur ses 2 jambes.

- 4 témoins dans une voiture braqués par Saboundjian, une balle tirée par le policier sur le bas de caisse d'un automobiliste à l'arrêt au feu rouge.

- Pas d'empreintes sur l'arme (avec selon laquelle Amine court pendant sa fuite) pas d'empreintes non plus sur la grenade factice qu'il aurait jeté sur les policiers selon la version policière.

Des écoutes téléphoniques accablantes contre le policier qui feront ressortir :

- le racisme "collègue policier Saboundjian " tu sais la clio que tu a vendu ? J'ai vu 2 arabes dedans, on aurait su on aurait mis une bombe à l'intérieur, hi hiiiii"
- Pression des syndicats policier sur les enquêteurs de L'IGS. Saboundjian "ils savent pas qu'ils ne doivent pas toucher à un syndicaliste, ils vont jarretée, j'ai eu le préfet Lambert j'ai tout son soutien je peux demander ce que je veux maintenant"

Le soutien infaillible du préfet Lambert proche de Sarkozy.
- La Soeur de Saboundjian "tu sait j'ai eu Merchat ton avocat, il a dit que le mec de l'igs si il continue, il va lui mettre une balle entre les 2 yeux"
- Saboundjian "moi j'ai pas confiance en Bobigny, j'aurais préféré Paris de toute façon"

- Son collègue " Valls est venue à Noisy au Commisseriat pour te soutenir, il a refusé de parler à la famille Bentounsi"

- Saboundjian "ah Oue, bah je suis bien content, de toute façon ce mec c'était une chiur" collègue " de toute façon ce sont tous des batards, ont leur pisse dessus"

Ces écoutes révéleront aussi qu'en plus de nombreux mensonges à la société, il ment aussi à sa femme où il s'adonne à la prostitution avec des filles de joies et conversation avec sa maîtresse.

- Faux témoignage de son collègue Boursier Guislain qui au départ qui dit" j'ai tout vu", et grâce au travail de l'igs finira par dire "j'ai menti pour couvrir mon collègue Saboundjian le meurtier de Amine Bentounsi"

À tous ceux qui soutiennent ce policier tueur, menteur, manipulateur et qui n'ont pas assisté au procès de ce policier, nous avons là dans ce dossier la démonstration des dessous de la police un corpus qui se soutien même face à l'indéfendable, de nombreux mensonges et incohérences et malgré le réquisitoire de l'avocat général qui demandez à la cour de condamner et désarmer ce policier pour la sécurité de la société. Il a été acquitté.

En l'acquittant, La justice se condamne elle même et délivre un permis de tuer aux policiers.

Ce procès est une exception qui vient de confirmer la règle de l'impunité policière.

Les masques viennent de tomber.

Je ne lâcherais rien, je deviendrais comme un poison dans leurs vies.

Amal Bentounsi
Collectif urgence notre police assassinee
http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 14:41

Le 19 janvier 2016

A chaque fois qu’Amal m’appelle, elle est en train de conduire. Je lui demande toujours si elle a bien branché son kit mains libres. Elle me dit « Oui bien sûr Nadir ». Parfois, j’ai l’impression qu’elle se fout de ma tronche, mais je suis peut-être un peu parano sur les lignes.

Si je lui prends la tête avec ça, c’est parce que je m’inquiète pour elle : beaucoup de flics la détestent. Et ils attendent juste le moindre faux pas. Parce qu’en trois ans, Amal est devenue leur bête noire.

Il faut dire qu’avec elle, ils ont du mal.

C'est plus facile avec les hommes. Avec les mecs, les basanés et les Noirs, ils n’hésitent pas. Ils peuvent les cogner, les insulter, voire les buter. Ils savent qu’ils ne seront jamais inquiétés. De temps en temps, ils sont traduits devant les tribunaux.

Faut faire genre que la démocratie fonctionne un minimum dans ce pays et qu’un flic n’est pas au dessus de la loi. On n’est pas aux Etats-Unis cocotte, mais en France, on ne plaisante pas avec le droit et la justice.

Devant la Cour, les policiers poursuivis ne sont jamais seuls. C'est une caste avec un système bien rodé. Une machine huilée qui pense plus à mettre sous les écrous qu'a réfléchir sur ses pièces défectueuses.

Bien sûr, parmi les flics, beaucoup ne sont pas des couillons et ils savent très bien que le collègue a merdé mais ils se disent qu’on règlera ça plus tard : « entre nous ».

Et puis, ils se disent que ça peut leur arriver aussi à eux, qu’ils ne sont jamais à l’abri d’une bavure et qu’ils seraient bien contents de voir qu’ils sont soutenus à leur tour.

Avec Amal, c’est un peu plus compliqué : c’est une honnête mère de famille, tout juste la quarantaine, une belle nana en plus, faut être honnête.

Elle craque de temps en temps, c’est pas Robocop quand même, comme lors du verdict rendu après le procès sur les policiers responsables de la mort de Zied et Bouna, où elle s’était mise en larmes à crier son désespoir devant tout le monde quand elle avait appris le non-lieu.

Vendredi dernier, vers 20h20, elle est rentrée une dernière fois dans cette salle de la cour d’assises de Bobigny, où avait lieu pendant toute la semaine le procès du policier qui a abattu son petit frère, mort à Noisy-le-Sec d’une balle dans le dos en avril 2012.

Ce n’était que la quatrième fois en 50 ans qu’un procès pour violences policières avait lieu aux assises.

Et c'était grâce à Amal qui s'était battue comme un lionne pour faire traduire ce flic devant les tribunaux. Le reste du temps c'est "Circulez Y'a Rien à Voir".

C’était l’heure du verdict. Une date qu’elle attendait depuis trois ans.

Forcément, c’était un moment très spécial pour elle.

Amal était entourée de sa fille et de sa nièce. Elle était aussi calme qu'Olympe, c’était magistral de la voir aussi digne.

Elle s’est assise et j’ai pas pu m’empêcher de la regarder. Amal avait la tête baissée, les yeux quasiment fermés et elle attendait.

Elle se recueillait je crois. Peut-être même qu’elle demandait à Dieu de l’aider. De lui rendre justice.

La salle de la cour d’assises était bondée de monde. Beaucoup de soutiens présents. Ca l’a aidée à rester forte.

Y avait aussi les flics, la mafia institutionnelle qui restait debout et qui nous regardaient comme on regarde un ennemi.

L’avocat général a été le premier à rentrer. Il avait été très bon. Lui, avait compris qu’un flic est un justiciable comme un autre. Lui, avait compris que le policier mentait et il avait demandé aux jurés qu’ils le condamnent. Qu’ils rendent justice.

Il avait demandé cinq ans, avec du sursis, c’est vrai que ça paraît peu.

Mais il voulait surtout que ce flic ne puisse plus jamais travailler sur le terrain, car il avait compris que c’était un type dangereux pour la sécurité des autres, qu’il avait la gâchette facile.

Quelques minutes plus tard, l'accusé est apparu.

Lucky Luke avait la mine défaite. Il avait beaucoup pleuré pendant le procès mais je crois pas qu'il était sincère : ses larmes c'étaient juste de la mythonnerie artificielle, juste pour attendrir les jurés.

Il a marché tout droit. Le colosse d’1m95 n'a regardé personne. Il s’est assis. Il était pressé d’en finir.

Le président est entré juste après, suivi des 7 jurés. Un jury populaire, sans les Gnoules, nombreux au départ, mais qui ont tous été révoqués parce que tout le monde croit qu’une couleur de peau similaire, ça suffit à être solidaire.

Tout le monde s’est levé parce que c’est l’usage.

Puis, tout le monde s’est assis parce que c’est aussi l’usage.

Et le président a parlé. Il a été droit au but et il a commencé à énoncer le verdict.

Je regardais Amal. Elle n’avait pas bougé d’un iota. Sa fille commençait à avoir les larmes qui inondaient son visage. Y avait un silence encore plus fort que dans une cérémonie de cimetière.

Le président m’a mis sur la fausse route du bonheur parce qu’il a commencé à dire que le jury était d’accord avec toutes les premières questions auxquelles il a dû répondre : Oui, le policier avait causé la mort du jeune Amine. Oui, le jury avait considéré qu’il l’avait tué en tant que flic.

J’étais tellement submergé par l’émotion que je voyais ça comme un bon signe. J’entendais le jury répondre Oui à tout et j’étais pas assez concentré pour comprendre qu’il dirait Non à la dernière question, la plus importante de toutes.

Il y a eu quelques secondes de flottement et derrière moi, une collègue journaliste a dit : "Merde, ça veut dire qu’il va être acquitté."

Elle avait l’habitude des tribunaux, c’est pour ça qu’elle avait vu juste : le policier était bien responsable de la mort d'Amine, mais il repartait libre parce que le jury avait estimé qu’il avait agi en état de légitime défense.

Je suis resté sans rien dire pendant quelques secondes et j’ai entendu crier.

Tous les flics présents dans la salle ne montraient pas leur joie à l’extérieur mais je voyais bien qu’ils étaient en kiff total à l’intérieur.

Ils étaient tellement contents qu’ils s'en cognaient de la réaction des citoyens solidaires qui criaient de toutes leurs forces : "Honte à l'injustice!" Une scène poignante. Comme un coup de poignard... dans le dos.

Amal, elle, ne disait rien : c'est elle qui avait le plus mal et pourtant elle restait silencieuse. Elle allait juste réconforter les autres.

D'abord sa propre fille qui chialait de toute sa chair. Une rage déversée à la mémoire de son oncle.

Je me suis levé et j'ai commencé à filmer. Je voulais moi aussi crier ma furie et ma haine mais j’ai pris sur moi. J’étais ici en tant que journaliste mais j’avais mal comme les autres.

Amal s'est battue dignement jusqu'au bout. Avec foi.

La loi, elle, est morte.

Source :
http://www.lecourrierdelatlas.com/1074619012016La-chronique-du-Tocard.-Amine.html

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 10:24


Anzor, Dina et Massoud Madiev, dans leur appartement des Hauts de Rouen.

Le 21 décembre 2015

Cela fait plus de quinze jours que les policiers sont repartis après leur perquisition mais la famille Madiev, des réfugiés tchétchènes, n’a toujours pas retrouvé le sommeil. Dina, la mère, n’arrive pas à fermer l’œil, aux aguets : « Et s’ils revenaient ? » Le moindre bruit la fait sursauter. Massoud, le père, s’est fait prescrire des anxiolytiques, mais il se réveille encore en sueur.

Quand les policiers tentent de forcer leur porte, ce 30 novembre à 6 heures du matin, à Rouen (Seine-Maritime), les murs fragiles de l’appartement HLM se mettent à trembler. Le bruit est assourdissant. Dina pense immédiatement aux bombardements sur son village, pendant la guerre, et à ce jour où les soldats russes ont débarqué dans leur maison et abattu le frère de Massoud sous ses yeux : « J’ai cru que les Russes revenaient », raconte-t-elle la voix encore tremblante.

Tétanisée, elle se lève pour aller regarder par le judas mais il est obstrué. De nouveaux coups. La porte, robuste, résiste. Dina se résout à l’ouvrir. Et se retrouve nez à nez avec une vingtaine d’hommes, pour la plupart en tenue d’intervention, armés et casqués. « Ils semblaient surpris qu’on leur ait ouvert », se souvient Dina, qui se demande toujours pourquoi ils n’ont pas essayé, tout simplement, de sonner.

Colis de Noël ouverts

Leurs cris la hantent encore. « Allongez-vous au sol ! », ordonnent-ils à Massoud et son fils, Anzor, 23 ans, en pointant sur eux leurs armes et leurs lampes torches. « C’était spectaculaire, comme au cinéma, comme s’ils venaient arrêter des criminels », raconte Dina. Le père et le fils, en caleçon, sont menottés et placés dans le salon, Dina dans une autre pièce. Séparés.

Les policiers commencent leur fouille, à la recherche d’armes. « Elle est où ta kalach' ? », demandent-ils à Massoud. Bac de linge sale, albums photos, téléphones et ordinateurs portables : rien n’est épargné. Même les colis de Noël sont ouverts. Une intimité familiale retournée, fouillée, aspirée.

Dina se souvient d’un instant d’affolement, quand les policiers ne parvenaient pas à ouvrir une mallette : « "C’est quoi le code, c’est quoi le code ?", ils criaient » – il fallait en fait appuyer sur deux attaches. Et de leur déconvenue lorsqu’ils y ont découvert une ménagère de couverts de table.

Malgré la peur et les larmes, Dina cherche à comprendre. « C’est un ordre du préfet », est la seule réponse. Contactée, la préfecture de Seine-Maritime confirme et justifie la perquisition au motif que « M. Madiev fait l’objet d’une fiche S » et « qu’il est connu des services de renseignement pour entretenir des relations avec des représentants radicaux caucasiens ».

Ce motif – qu’il conteste –, Massoud Madiev espérait ne plus jamais en entendre parler. Il lui a déjà valu le rejet de sa demande de naturalisation française et de tous ses recours, jusque devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Lors de son entretien avec les services de police spécialisés en juin 2009, M. Madiev avait fait état de son soutien à la cause indépendantiste tchétchène. Il était loin d’imaginer que cette déclaration motiverait le rejet de sa demande de naturalisation, l’année d’après. Selon l’arrêté du ministère de l’immigration de l’époque, M. Madiev aurait « revendiqué [son] attachement à la cause indépendantiste tchétchène et déclaré entretenir des relations avec les membres de cette rébellion armée », qui perpètre des attentats dans son pays d’origine, est-il souligné.

« Je n’allais pas être du côté des Russes qui ont détruit mon village ! »

Une interprétation erronée, se défend M. Madiev : s’il n’a jamais nié que sa famille et lui avaient été, par le passé, en contact avec certaines figures indépendantistes, il n’a plus eu aucun contact avec eux depuis son arrivée en France, en mai 2004, assure-t-il.

Quant à son soutien à la cause tchétchène, « ça oui, bien-sûr », il l’assume : « Je n’allais pas être du côté des Russes qui ont détruit mon village et massacré les miens ! » Cela ne fait pas de lui pour autant quelqu’un qui a pris les armes ou commis un attentat, souligne-t-il.

« La liberté d’opinion suppose que l’on puisse se positionner pour un mouvement d’indépendance sans pour autant être favorable aux actions violentes que ce mouvement pourrait mener », abonde Me Cécile Madeline, l’avocate de M. Madiev. Et de pointer ce qu’elle juge être une contradiction du dossier : son client avait obtenu le statut de réfugié politique très peu de temps après son arrivée en France, or « on n’accorde pas ce statut à quelqu’un qui est soupçonné de terrorisme ». Selon elle, M. Madiev est ainsi victime d’un « harcèlement » : « La perquisition a eu lieu parce qu’ils avaient déjà quelque chose depuis le dossier de naturalisation. »

Après deux heures de recherches infructueuses, les policiers sont repartis. Sans rien. Ni armes, ni drogues, ni explosifs. « Aucun élément en lien avec une activité terroriste n’a été mis en lumière », confirme la préfecture.

Un silence de plomb s’est alors installé dans l’appartement. Dina a encore tremblé plusieurs heures. Puis elle s’est attaquée au nettoyage et au rangement de l’appartement, comme pour effacer les traces de ce passage qu’elle voudrait pouvoir oublier. Les dégâts psychologiques, eux, seront plus longs à réparer.

« Il faut montrer à l’administration que tout n’est pas possible »

« Je n’aurais jamais cru que ce qu’on avait fui dans notre pays on puisse le retrouver ici, en France, pays des droits de l’homme », dit Massoud dans un soupir, en avalant deux calmants. Triste ironie : quand ils ont mis les pieds pour la première fois en France, les Madiev se répétaient qu’ici, au moins, ils allaient enfin pouvoir dormir tranquilles. Se sentir à nouveau en sécurité leur avait pris du temps : longtemps, à la vue des contrôleurs en uniforme dans les transports, Dina ne pouvait réprimer des tremblements. Mais elle avait fini par s’apaiser.

Aujourd’hui, les convulsions sont revenues. « Je ne me sens nulle part en sécurité », s’étrangle Massoud. « L’Etat français a-t-il prévu de réparer les dommages collatéraux de ces perquisitions violentes ?, questionne Me Madeline. Au motif de vouloir assurer la sécurité du territoire en réalisant des procédures à titre préventif, on ne peut pas agresser et traumatiser des gens. » L’expertise psychologique qu’elle a demandé pour ses clients, qu’elle juge « victimes de l’état d’urgence », confirme le traumatisme et le stress engendrés par l’événement. Et préconise un accompagnement psychologique sur la durée.

L’avocate s’apprête désormais à contester la perquisition devant le tribunal administratif et à engager une demande indemnitaire symbolique : « Pas pour l’argent mais pour le principe : il faut montrer à l’administration que tout n’est pas possible, même en état d’urgence. »

Dina s’est sentie « humiliée », « comme violée » dans son intimité. « Ils se comportent comme si tout était permis : ils n’ont aucune justification à donner et on n’a aucune question à poser », s’emporte-t-elle.

Les méthodes employées lors de la perquisition, étaient brutales et, pour le menottage, illégal – « en l’absence de crime ou de délit, pas plus les membres des forces de l’ordre que l’officier de police judiciaire présent ne disposent d’un pouvoir de retenue ou de mesures de contrainte à l’encontre des personnes présentes », rappelait le ministère de l’intérieur lui-même dans une circulaire.

« Vous allez à la mosquée ? Combien de fois par semaine ? Pourquoi ? »

Dina, dont la religion veut qu’elle couvre ses cheveux en présence d’un homme, s’est retrouvée en chemise de nuit devant les policiers. Ils ne lui ont pas laissé le temps de s’habiller, assure-t-elle.

Ils ont marché avec leurs chaussures sur le tapis de prière, alors que Massoud leur avait demandé de l’éviter.

Il y a eu aussi cet interrogatoire sur leur pratique religieuse : « Vous allez à la mosquée ? Combien de fois par semaine ? Pourquoi ? »

La préfecture n’est pas en mesure de commenter les méthodes qui ont été employées par les forces de l’ordre, puisqu’elle n’était pas présente au moment de la perquisition. Mais elle indique : « La sécurisation de la scène peut impliquer certaines mesures de contraintes. L’intervention se fait dans la sécurité du personnel, toutes les précautions d’usage sont prises. »

En repartant, les policiers ont demandé à Massoud de passer au commissariat pour signer le procès-verbal de perquisition. Encore en état de choc et n’étant pas sûr d’avoir compris la portée du document, Massoud a refusé de le signer. « J’ai reconnu les mots “sympathisant radical caucasien”. J’avais peur de me faire piéger », explique-t-il – à l'écrit notamment, son français est encore imparfait.

Il n’a pas obtenu de double et est reparti sans document prouvant la perquisition.

Un fonctionnaire lui a toutefois tendu l’adresse du tribunal administratif, et lui a expliqué qu’il pouvait y déposer un recours en annulation de la perquisition.

Marqués au fer

Traumatisée, la famille Madiev se retrouve aussi stigmatisée. « Depuis la perquisition, les voisins nous évitent », soupire Dina. Ses amies du quartier ne décrochent plus. Même la communauté tchétchène les fuit. Les Madiev ne leur jettent pas la pierre : « Nous aussi, à leur place, on aurait pensé que des gens perquisitionnés ont forcément quelque chose à se reprocher. »

« Perquisitionnés. » Le mot est désormais marqué au fer rouge sur leurs fronts et leur porte. « Dix ans qu’on habite ici, on n’a jamais eu de problème, et, du jour au lendemain, on est devenus des suspects », lâche Dina. Elle n’ose pas demander de l’aide à leur office HLM pour la réparation de la porte, « trop honte ».

« Que faire maintenant ? », questionne, désespéré, Massoud. Impossible de retourner en Tchétchénie, difficile de mener une vie normale en France. « On n’est nulle part à notre place », assène-t-il.

Leur volonté de s’intégrer était grande, pourtant. « On a tout fait pour devenir de vrais Français : apprendre la langue, demander une francisation de nos nom et prénoms, travailler », égrène Dina, les larmes aux yeux.

Leurs deux fils jumeaux étaient pressentis pour intégrer l’équipe de France de boxe dès l’obtention de leur nationalité française. En vain. Les adolescents ont dû renoncer à leur rêve. « J’aurais pourtant été fier de représenter la France », dit tristement Anzor, qui s’est rabattu sur un CAP de plomberie : « Là, au moins, pas besoin d’être Français. »

Camille Bordenet (Rouen, envoyée spéciale)

etatdurgencelemonde@lemonde.fr

Source :
http://delinquance.blog.lemonde.fr/2015/12/21/etat-durgence-jai-cru-que-les-russes-revenaient/

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 09:15

Le 7 janvier 2016

Une vidéo, mise en ligne par les militants de « No border », montre des jets massifs de gaz lacrymogènes des forces de l'ordre sur des cabanes où vivent femmes et enfants.

Un feu d’artifice de gaz lacrymogènes. Depuis lundi, la « jungle » de Calais a été arrosée de grenades par les CRS plusieurs nuits de suite. Témoin, ce petit film de sept minutes mis en ligne par le groupe No Border « Calais Migrant Solidarity ».

On y distingue les cabanes du bidonville, côté rue des Garennes et chemin des Dunes, plongées dans un nuage de gaz, dans la lumière blafarde des lampadaires de la rocade.

On entend des cris, des applaudissements, des rires de la centaine d’exilés qui tentent d’en découdre avec les forces de l’ordre.

Certains migrants, parfois très jeunes, retournent les grenades à l’envoyeur ou jettent des pierres.

Pour ces jeunes hommes afghans et kurdes qui en ont vu d’autres, désespérés de ne pouvoir passer en Angleterre après des mois de tentatives, on dirait un jeu.

On aperçoit des averses d’étincelles quand les grenades touchent les toits des cabanes. Certaines grenades sont envoyées à tir tendu (voir à 6’55'').

Dans ces cabanes, il y a aussi des gens qui dorment, des femmes et des enfants, surtout dans la zone la plus proche de la rocade, où se trouvent de nombreuses familles kurdes d’Irak.

« En ce moment, c’est toutes les nuits », raconte Mehdi, un Iranien qui ne participe pas aux heurts. « Tout le monde mange du gaz. Les calmes et les énervés. Les familles qui n’ont rien demandé à personne, comme les autres ».

Il estime à une centaine le nombre de grenades jetées chaque nuit. On avait rencontré ces familles en novembre, dans le carré des Kurdes. Elles racontaient comment des tentes avaient pris feu à cause des grenades.

Une femme expliquait que son fils de 4 ans respirait avec difficulté à cause des gaz.

Pour un activiste No Border qui veut rester anonyme, cette stratégie qui consiste à arroser tout le monde relève de la « punition collective ». « La nuit, la jungle est en état de siège. La police bloque les gens. En retour, ces jeunes qui viennent de pays en guerre le vivent comme un jeu. C’est tragique. »

Les No Border annoncent deux blessés au visage.

Rondins et poteaux

Selon le groupe No Border « Calais Migrant Solidarity », qui s’exprime en anglais sur son site, dans la nuit du 4 au 5 janvier, les migrants avaient répondu à une provocation d’un groupe d’extrême droite contre les exilés aux abords de la jungle.

La nuit suivante, le scénario est plus classique : des exilés tentent de ralentir le trafic sur la rocade portuaire pour créer un embouteillage et tenter d’entrer dans les camions, comme le font les plus hardis de ceux qui n’ont pas les moyens de payer les milliers d’euros que coûte désormais le passage. Ils jettent des rondins de bois et des poteaux métalliques sur le trajet des camions.

Réaction policière : repousser les exilés jusqu’à l’entrée de la «jungle» et bombarder de grenades lacrymogènes la jungle elle-même.

Résultat, le bidonville est plongé dans un épais brouillard qui brûle les yeux et la gorge de tous. Les quelque 100 exilés excités, et les milliers d’autres.

La préfecture du Pas-de-Calais, à qui on a demandé de commenter la vidéo, a répondu par écrit : « Cette vidéo présente une vision tronquée des événements. Les réactions des forces de l’ordre que l’on peut voir sur la vidéo étaient des réponses à des tentatives de blocage de la rocade portuaire. »

Etonnante réponse : à l’image, ce sont les cabanes et les tentes du bidonville qui sont bombardées de grenades lacrymogènes, pas la rocade portuaire. Comme si ceux qui y vivent, y compris des hommes, femmes, et enfants endormis, n’existaient pas.

Entre 4 000 et 7 000 personnes vivent dans la jungle de Calais, selon les sources. La préfète a annoncé lundi qu’elle souhaitait faire descendre ce chiffre à 2 000. Elle souhaite faire démanteler les cabanes du bidonville, à mesure que ce remplit une aire de bungalows chauffés, prévue pour 1 500 personnes, un « camp humanitaire », qui doit ouvrir lundi.

On construit un « camp humanitaire » le jour, et on arrose la jungle de lacrymogènes la nuit.

Source :
http://www.liberation.fr/france/2016/01/07/la-nuit-a-calais-les-crs-arrosent-la-jungle-de-lacrymogenes_1424987

Le site de Calais Migrant Solidarity
https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/

La chaîne Youtube de Calais Migrant Solidarity
https://www.youtube.com/channel/UCXxDdnArqSqQmdYjAvZqMlw

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 12:34

Le 5 janvier 2016

La photo de son visage tuméfié et ensanglanté est impressionnante. Michel Ratombozafy dit être encore sous le choc de ce qui lui est arrivé dans la nuit de samedi à dimanche. Il a accepté de parler au Bondy Blog. Interview.

Comme beaucoup de monde ce soir-là, Michel Ratombozafy , 19 ans, se trouvait avec des amis dans un bar situé au port des Sables d’Olonne. Vers une heure du matin, un ami à lui est interpellé par une patrouille de police juste en face du bar.  « J’ai couru jusqu’à leur voiture pour tenter de convaincre les agents de ne pas l’embarquer, mais ils ne voulaient rien entendre », raconte le jeune homme, qui dit ignorer pour quelle raison exactement son ami a été arrêté. « Je crois qu’il a insulté un policier mais je n’en suis pas sûr ». En revanche, il est catégorique : « à aucun moment, je n’ai touché le véhicule », se défend-il en réponse aux allégations de la police diffusées dans la presse.

« Quelques secondes après, une voiture de la BAC (Brigade anti-criminalité, NDLR), une Ford bleue nuit, arrive vers moi. Trois policiers se trouvent à l’intérieur du véhicule. Deux sortent de la voiture. Je suis seul mais il y avait beaucoup de monde autour. Les deux policiers me mettent à terre, j’essaye de me débattre, je leur dis que je n’ai rien fait de mal. Ils forcent. L’un d’eux me menace avec une clé portée à ma gorge, puis me tire par le cou. Il me force à entrer dans le véhicule. Il coince et bloque alors ma tête entre le siège conducteur et le siège passager avec son pied. Alors que la voiture roule, il m’assène de coups de poings au visage, surtout à la bouche et au nez. Il m’a mis une dizaine de coups au moins », raconte-t-il.

« Je sentais mon visage complètement ensanglanté. C’était des vrais coups de poing. Cela a duré je crois 5 minutes, le temps du trajet entre le port et le commissariat ». « Je lui disais ‘arrêtez, arrêtez’ mais il continuait de me frapper. Il avait vraiment la haine dans les yeux ; il ne voulait que frapper, frapper, frapper. Je n’arrivais pas à bouger. J’étais obligé de cracher mon sang dans la voiture ». Il affirme également que les deux autres policiers présents dans le véhicule, le conducteur et le passager, ne sont jamais intervenus pour faire cesser les coups. « Ils n’ont rien dit de tout le trajet », précise-t-il.

Le jeune homme réfute catégoriquement les allégations de la police selon laquelle il s’en serait pris physiquement à l’un des policiers, le blessant à l’épaule comme rapporté par le site Buzzfeed. « Je ne pouvais même pas bouger, ils m’ont plaqué au sol et dans la voiture, j’étais complètement bloqué ».

Michel assure par ailleurs n’avoir jamais eu à faire à la police auparavant. « J’ai déjà été contrôlé dans la rue mais rien de plus ». Il affirme aussi qu’il ne portait aucune arme ou objet qui pouvait être dangereux aux yeux des policiers. « Je n’avais que mon portefeuille et mon téléphone sur moi », nous raconte-t-il.

« Arrivé au commissariat, l’agent qui m’a roué de coups, m’a fait sortir du véhicule.  À l’intérieur, on m’a fait asseoir, menotté à un banc. J’ai attendu pendant près d’une heure. Je n’ai pas refusé de souffler dans un éthylomètre comme j’ai pu le lire. Les policiers de la BAC ne me l’ont jamais demandé. On m’a dirigé vers une machine mais c’est à ce moment-là qu’ils m’ont dit qu’ils m’amenaient à l’hôpital. On m’a alors emmené aux urgences. Un médecin m’a ausculté et m’a délivré un certificat médical ».

Le certificat en question, nous l’avons consulté. Il a été établi par les urgences du Centre Hospitalier des Sables d’Olonne à 3h26 dans la nuit de samedi à dimanche. Le document indique plusieurs lésions : une hémorragie au niveau de l’œil gauche, un saignement du nez et un oedème au niveau des lèvres.

« De retour au commissariat, j’ai été placé en garde à vue. C’est une dame qui m’a entendu. Elle m’a indiqué que j’avais été placé en garde à vue parce que le rapport des agents de la BAC mentionnait les délits suivants : outrage à agents et acte de rébellion ».

Le jeune homme reconnaît avoir insulté l’agent de la BAC : « je lui ai dit ‘’espèce de pd, pourquoi vous me frappez ?’’. Mais je l’ai insulté parce qu’il était en train de me tabasser dans le véhicule de police ! ».

Le jeune homme quitte alors le commissariat le visage encore tuméfié.  Il y retournera quelques heures plus tard avec sa mère à la recherche d’explications. « Les agents sur place nous répondent qu’ils ne savent rien car ils n’étaient pas présents sur place au moment des faits ».

Dimanche, selon le jeune homme, une agent de la police des Sables d’Olonne a appelé au domicile familial et a demandé la suppression d’une publication Facebook. Rédigée par une amie de Michel, elle est accompagnée d’un appel à témoins et de la photo du visage du jeune homme ensanglanté. « Ils nous ont demandé de retirer la publication me menaçant d’être embarqué une nouvelle fois ».

Michel affirme avoir déposé plainte ce lundi pour coups et blessures contre le policier de la BAC et pour non assistance à personne en danger contre ses deux collègues. La plainte a été déposée à la gendarmerie de La Mothe-Achard en Vendée. Une information confirmée au Bondy Blog par la gendarmerie.

Contacté à plusieurs reprises, le commissariat des Sables d’Olonne n’a jamais répondu à nos demandes d’interview.

Nassira El Moaddem

Source :
http://bondyblog.liberation.fr/201601050001/ce-policier-avait-vraiment-la-haine-dans-les-yeux/#.Vor_-Vn45_m

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 12:35

Le 3 janvier 2016

Compte-rendu du rassemblement avec les migrants du 30 décembre 2015 et analyse des stratégies policières à l’oeuvre et surtout de la vraie question : comment les déjouer ?

Encore une manif réprimée

La doctrine "un rassemblement = des arrestations" est à l’oeuvre à Paris. Hier, le rassemblement de solidarité avec les migrants n’a pas dérogé à cette règle instaurée par le préfet … Le rassemblement était fixé trop tôt. A 17h30 peu de gens peuvent venir.

Rien de surprenant donc quand j’arrive à 17h 45 environ de voir le rassemblement entouré par les flics.

Ils ne sont pas très nombreux mais le rassemblement est plutôt maigre. Environ 70 ou 80 personnes sont déjà dans la nasse, principalement des migrants. Quelques gens sont autour et chantent en solidarité. Le tout juste devant le métro au centre de la place.

On écoute les flics qui parlent au Talkie Walkie et ils décident de "faire du brassage" avant d’embarquer les gens.

Novice en expertise sur ce qu’est le "brassage", on attend de voir ce que ça donne. Ca arrive vite.

Le "brassage" est donc une sorte de tri des manifestants afin de voir qui veut aller dans la nasse ou bien qui veut partir.

En sortira la phrase de la soirée de la bouche des CRS présents : "soit vous êtes dedans, soit vous êtes dehors".

Les plus retors d’entre nous précisent à la gente policière qu’on est déjà dehors et qu’on est sur la voie publique, qu’aux dernières nouvelles, on avait le droit de flâner place de la Rép’. Ce à quoi le flic répond "tu ferais mieux de flâner plus loin sinon je te défonce".

Lire la suite :
https://paris-luttes.info/comment-briser-une-nasse-policiere-4638

****
Témoignages sur la manif de solidarité avec les migrant-e-s du mercredi 30 décembre à République
https://paris-luttes.info/temoignage-sur-la-manif-de-4644
https://paris-luttes.info/rafle-du-reveillon-ce-matin-a-repu-4632

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 14:37

Le 27 décembre 2015

Samedi, un contrôle d'identité en Seine-Saint-Denis a mal tourné. France 3 revient sur les faits.

Elle a décidé de porter plainte pour violences policières. Une mère de famille a été blessée et s'est vue prescrire dix jours d'interruption temporaire de travail, samedi 26 décembre, après avoir tenté de s'opposer à l'interpellation de ses deux fils, âgés de 18 et 15 ans à Pantin, en Seine-Saint-Denis. L'interpellation a été filmée par une voisine. Devant ces images, Zahra Kraiker, la mère de famille, du mal à retenir sa colère. "Regardez comment ils frappent. Je sépare mon fils parce qu'ils sont en train de le massacrer. On m'a gazé. On m'a mis au sol", explique-t-elle.

"Elle a eu peur pour son enfant. Et eux, ils se sont comportés comme des animaux, comme si on était des ennemis", fustige son frère, Nordine Isnasni, conseiller municipal à Nanterre et fondateur du Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB), joint dimanche après-midi par francetv info.

Les deux fils toujours en garde à vue dimanche soir

À l'hôpital de Bondy, les médecins ont constaté une entorse au doigt, et diverses contusions, notamment au dos et au coude. Ni elle ni son mari ne comprennent pourquoi leurs fils ont été interpelés, et étaient toujours en garde à vue dimanche soir.

Dans le quartier, les contrôles sont fréquents et souvent tendus. La police affirme qu'il y a eu outrage à agent de la part des jeunes arrêtés hier.

De leur côté, les jeunes de la cité dénoncent un harcèlement quotidien et des brutalités de la part des policiers.

Zahra, quant à elle, a décidé de porter plainte pour violences policières.

Source :
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/pantin-un-controle-d-identite-derape-une-mere-de-famille-violentee_1241673.html

***

Pour aller plus loin

Compte-rendu d’une conférence de presse suite aux violences policières subies par la famille Kraiker, le 14 et 26 décembre, dans le quartier Hoche de Pantin.
https://paris-luttes.info/a-pantin-une-famille-agressee-par-4633

Pantin enrage contre les «cow-boys»
http://www.liberation.fr/france/2015/12/29/pantin-enrage-contre-les-cow-boys_1423472

Intervention mouvementée à Pantin: les 5 jeunes remis en liberté
http://www.leparisien.fr/pantin-93500/le-calme-reviendra-t-il-a-l-ilot-27-a-pantin-29-12-2015-5408561.php

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28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 13:20


Marseille, 20 octobre 1980 – Manifestation suite à la mort de Lahouari Ben Mohamed

 

Le 10 octobre 2015

"L’histoire de mon frère m’a hanté durant toute ma vie. J’ai décidé de me confronter après tout ce temps à ce qu’il s’est passé. J’ai décidé d’ouvrir le sarcophage de la mémoire et de me replonger dans la douleur."

« Je suis Hassan Ben Mohamed. Je n’avais que 4 ans le soir du 18 octobre 1980. Aujourd’hui en 2015, j’en ai 38. L’histoire de mon frère m’a hanté durant toute ma vie. J’ai décidé de me confronter après tout ce temps à ce qu’il s’est passé. J’ai décidé d’ouvrir le sarcophage de la mémoire et de me replonger dans la douleur afin d’y trouver les explications, d’y découvrir pourquoi mon frère est mort, qui était cet assassin, que s’était-il vraiment passé ce soir-là… ».

Marseille, le 18 octobre 1980, veille de l’Aïd, Lahouari et trois de ses amis subissent un contrôle de routine.

Un des CRS grommelle « ce soir j’ai la gâchette facile ». Il fouille la boîte à gant avec le canon d’un pistolet-mitrailleur, puis tire. Lahouari est tué sur le coup.

Dans la cité des Flamants, à la Canebière (Marseille), c’est l’émoi. Afin de le préserver du tumulte, le petit frère Hassan, est éloigné par sa famille. Il découvrira peu à peu ce qui s’est passé.

En 2010, Hassan Ben Mohamed devenu lui-même policier, décide de se plonger dans son en-quête de mémoire. Elle va durer 5 ans.

Face aux souvenirs qui s’effilochent et à une connaissance partielle, fragmentée, des faits et de leurs conséquences, il recueille et croise les témoignages des différents protagonistes, remonte jusqu’au meurtrier lui-même.

Il recherche dans des archives privées ou publiques, et rencontre de nombreux acteurs impliqués dans l’effervescence sociale, judiciaire, politique ou culturelle suscitée par l’affaire.

Collectant ainsi toutes sortes de documents audio, vidéo, écrits ou photographiques, il se lance dans l’écriture du livre La gâchette facile (disponible depuis le 8 octobre 2015), avec la participation de son cousin Majid El Jarroudi.


A gauche : Laouhari Ben Mohamed (paix à son âme) – A droite : Momo Bouzidi, interprétant « Yaoulidi », sa chanson en hommage à Louhari (1982)

Témoignage de Momo Bouzidi

« En 1974, nous sommes arrivés aux Flamants, là j’ai bien connu le béton. Quand je suis arrivé à Frais Vallon, mon père participait à la construction de ces grands ensembles les Flamants et c’est comme cela qu’il s’est fait aider pour y habiter.

Aux Flamants c’était le béton, le béton et le béton.

Le 26 décembre 1976, de ma fenêtre, j’ai vu un jeune qui courait, poursuivi par deux policiers.

J’étais frappé par tous ces murs gris. On s’en plaignait avec mes sœurs, car il y n’avait rien d’autres que le béton, pour s’échapper de tout cela. Il y avait bien le pic de l’étoile où l’on pouvait trouver les espaces verts. Ces espaces sauvages m’ont marqué.

En 6éme, j’ai commencé à lire Pagnol, je me suis intéressé à Allauch, La Treille, sur les traces de l’écrivain.

Je partais à la chasse avec un copain. Je ramassais des figues, des prunes, du thym, du romarin. Je pense que s’il y avait eu plus de lieux comme ces zones verdoyantes de Verdun, il y aurait moins de dégâts, moins de gens pour prendre un mauvais départ dans la vie.

Ces espaces de jeux sont importants, lorsque l’on on est enfant. Avec le béton, on ne s’approprie pas les emplacements sinon par défaut ».

« La gâchette facile » par Hassan Ben Mohamed en collaboration avec Majid el Jarroudi.
Avant-propos par Toumi Djaïdja – Editions Max Milo – 296 pages

Source :
http://downwiththis.fr/mag/depuis-longtemps-ils-ont-la-gachette-facile/

 

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 11:21

Le 20 décembre 2015

Hommage. Une centaine de personnes a marché hier au Havre en mémoire d’Abdoulaye Camara, abattu par la police il y a un an alors qu’il poignardait un homme.

C’était la deuxième marche organisée en mémoire d’Abdoulaye Camara, abattu par la police alors qu’il poignardait un homme dans la nuit du 15 au 16 décembre 2014 au Havre (lire nos éditions du 19 février). La première avait eu lieu le 21 février (lire nos éditions du 22 février).

Abdourahmane, un de ses frères aînés, a redit sa volonté que justice et lumière soient faites sur l’affaire et ses « zones d’ombre », comme notamment les vidéos sur lesquelles, « on voit rien ». « Y a rien sur les vidéos, on ne voit pas l’agression (...) on ne voit pas le passant non plus, pourquoi s’il y avait une agression, ils nous montrent pas les preuves ».

Interrogé par des journalistes, il a déclaré : « Notre état d’esprit est très bas parce que la justice nous renvoie à chaque fois les mêmes causes, la légitime défense du procureur, la légitime défense de la police des polices, l’IGPN (lire nos éditions d’hier), nous ne l’acceptons pas ».

Pour lui, « l’IGPN s’est contenté de recopier ce qu’avait dit le procureur Francis Nachbar, il n’y a pas eu d’enquêtes pour moi, comme dans tous les autres cas où il y a des policiers impliqués dans des morts, c’est pareil, toujours pareil, la légitime défense ».

S’il craint le non-lieu et l’absence de procès, il dit attendre une condamnation des deux policiers concernés.

« Policiers, porcs, assassins ! »

Il s’est ensuite adressé à la foule d’une centaine de personnes, parmi lesquelles des membres du collectif « Urgence la police assassine » et d’autres (du 8 juillet contre les violences policières, Ali Ziri, Assemblée des blessés, des familles et des collectifs contre les violences policières) ainsi que les deux sœurs d’un Havrais fauché par un train après avoir fui un contrôle de police (lire nos éditions du 24 avril).

« Soi disant qu’il s’en est pris à un passant, vingt-six balles vous croyez ça vous ? vingt-six balles pour un passant, vingt-six balles on tire, soi-disant il a agressé une personne, c’est normal ? C’est pas normal non ! La police tue et la justice acquitte ! » a débuté Abdourahmane Camara (lire l’interview de la victime dans nos éditions du 8 août).

Le cortège s’est ensuite mis en branle, aux bruits des pétards et aux cris de : « urgence la police assassine en toute impunité », « police partout, justice nulle part », « pas de justice, pas de paix », « policiers, porcs, assassins »...Parti du parvis de l’hôtel de ville, le cortège a fait une halte devant le palais d’« injustice », pour observer une minute de silence.

Source :
http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/4723456/le-havre--une-marche-en-memoire-d-abdoulaye-camara-un-an-apres-sa-mort#.Vnb7KVIc1Dq

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Documentation

ACTIONS C.L.A.P33 & Co...

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Bordeaux - 18 mars 2017

Journée contre

les violences policières

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Violences Policières

France - Trois rapports
ACAT : klik !

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L'impact disproportionné
de l'état d'urgence

Un rapport d'Amnesty  : klik !

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Hommage aux victimes

21 Mars 2015

 
15 mars 2014
 

19 mars 2011
 

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" Vétérante "

O.P.A

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Soutien à m.
Nous n'oublierons pas
 le 19 Mars 2009 à Bordeaux !
 
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