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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 11:41

Depuis Quartier Libres, le 4 août 2015

"Je me sens impuissant, l’air me manque, je ne voie rien, n’entend que les cris…"

« J’arrive pas à croire que je viens de serrer la main de Fadela Amara…

Ouf, pas de photographe, ça n’alimentera pas le « mais commeeeeeeent avez vous oséééééé parlementer avec ces traiiiiiitreeeeesseeeuuuuuh »…

Déjà que ça ne m’enchantait guère, déjà que la seule chose qui m’empêchait de verrouiller la porte et froncer les sourcils pendant les 9 heures de négo en mode « vous avez fait d’la merde pendant trop longtemps, aujourd’hui vous assumez » était la peur de voir débarquer la marée chaussée et la perspectives de conséquences lourdes pour les réfugiéEs…

Allez, il fait beau, les NPNS nous sourient de manière figée se demandant vraisemblablement si nous respecterons notre engagement de quitter leurs locaux, j’ai autre chose à faire que de refuser cette main tendue…

On a mieux à faire, on profite de l’ambiance festive pour finir le travail entamé la veille par les camarades : ouvrir le portail du collège Baudé, qui n’a pas reçu d’élèves depuis plus de dix ans, qui attend que soit rendue effective la décision de le désamianter…

Mais la place des fêtes n’est pas la rue Lauriston, il est des engagements qui s’oublient plus facilement que d’autres…

Ainsi donc, deux semaines après avoir été humiliéEs lors d’une réunion avec la Mairie qui n’avait rien d’autre à proposer que des sarcasmes, nous décidions d’occuper cet espace immobilisé pour rien depuis tant de temps par la Mairie, quand celle ci nous mettait au défi de trouver des lieux libres et occupables dans Paris…

Encore saisi des réflexions nous opposant quand à la conduite des négociations de la veille, où nous avons échouéEs à obtenir les locaux NPNS pour le mois d’Aout, et où nous avons décidés de ne pas durcir le ton au nom de la sécurité des réfugiéEs et du respect de la parole donnée, nous nous acquittons donc de notre tâche, sans trop savoir combien de temps nous parviendrons à tenir…

L’équipe est en place, comme un seul homme l’assemblée occupant NPNS se lève et se dirige vers le lycée pour nous rejoindre…

Alarme silencieuse? Dénonciation du voisinage? Planque depuis la veille? Toujours est il qu’une dizaine de policier en civil, n’abhorrant aucun signe permettant de les identifier, nous emboîte le pas et « sécurisent le périmètre »…

Deux devant le portail ouvert, dont l’un le flash-ball dégainé, 5 qui font le tour du batiment, 4 qui pénètrent les lieux…

J’initie le contact en m’approchant du premier, je sens son malaise, nous savons tous les deux que je n’ai rien à faire ici, mais que sans commission rogatoire il ne peut pas m’interpeller…

Il ne se présente pas, il me demande simplement ce que je fais là.. Je ne dis rien.. Il réitère sa question, ses collègues le suivent et interrogent mes camarades.. Personne ne pipe mot…

Nous sommes alors conduit dans un couloir à l’abri de tout regard extérieur, là ça commence à monter en pression…

Lire la suite :
https://quartierslibres.wordpress.com/2015/08/04/je-me-sens-impuissant-lair-me-manque-je-ne-voie-rien-nentend-que-les-cris/

Une vidéo ici :
https://www.facebook.com/100008007855558/videos/1617743905169189/

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 09:38

Transmis par Janos le 19 juillet 2015

L’inégalité récurrente de l’accès aux soin

Dans un avis du 15 juillet 2015 [1], le contrôleur général des lieux de privation de liberté a émis un avis à l’attention des pouvoirs publics en ce que « les atteintes constatées aux droits fondamentaux [des prisonniers] contreviennent au principe imposé par la loi d’égalité de soins entre les personnes détenues et l’ensemble de la population [2]. »

Parallèlement saisi, le défenseur des droits, dans une décision du 9 janvier 2015 [3], n’avait pas manqué lui aussi de pointer ces mêmes difficultés récurrentes, privant les prisonniers de l’égalité dont tous les citoyens ont droit quant à l’accès aux soins.

Ban Public profite de la publication de cet avis et des réponses [4] apportées tant par le garde des sceaux que par la ministre de la santé pour pointer la situation particulière d’un prisonnier de Bapaume, âgé de 69 ans.

La situation d’un prisonnier

Jean-Marc fut extrait de détention pour être conduit au centre hospitalier le plus proche, accompagné de trois surveillants d’escorte et de 3 gendarmes.

Lors de cette extraction, il fut menotté dès son départ du centre pénitentiaire.

Durant la consultation médicale, il fut maintenu menotté, ne pouvant de surcroît enlevé sa veste, ce qui était une gêne indéniable pour l’auscultation.

De plus, aucune confidentialité ne fut assurée durant l’entrevue médicale puisque restèrent dans la salle l’un des trois surveillants et l’un des trois gendarmes.

Par ailleurs, le médecin pratiqua un audiogramme : il installa Jean-Marc dans un local vitré et celui-ci devait localiser les sons qui lui étaient envoyés grâce au casque d’écoute. Pour manifester l’audition du son, il devait lever un de ses bras.

Or, menotté, d’une part il ne pouvait lever la main droite et d’autre part, ses gestes étaient tellement ridicules du fait des menottes, qu’il pouvait voir l’un des surveillants qui avait refusé de lui retirer les menottes, rire face à cette situation clownesque.

Jean-Marc n’a pas manqué d’indiquer au médecin spécialiste qu’il trouvait que ce test était effectué dans des conditions totalement dégradantes. Le médecin lui a indiqué ne pas pouvoir exiger le retrait des menottes.

A la fin du test, l’un des gendarmes voulut lui retirer lui-même le casque d’écoute. Ce que Jean-Marc a refusé, demandant au médecin de le faire puisqu’il s’agissait d’un geste médical.

Une fois le test fini, le premier médecin lui a remis le résultat dans une enveloppe kraft.
Le surveillant, qui maintenait Jean-Marc par les menottes, s’est alors saisi de l’enveloppe. Le médecin a indiqué à Jean-Marc, devant les surveillants et gendarmes présents, que Jean-Marc devrait se faire appareiller.

Jean-Marc en informa la direction interrégionale des services pénitentiaires ainsi qu’au directeur de l’établissement. Il y précisa que désormais il refuserait toute extraction médicale dans de telles conditions.

Le directeur du centre de détention lui a répondu que :

- selon le chef d’escorte, aucune faute n’avait été commise ;
- Le port des menottes et entraves n’est pas illégitime ni illégale au sein d’un cabinet médical ;
- La surveillance constante d’une personne détenue est requise durant l’extraction médicale.

Cette réponse est bien la preuve que l’administration méprise sciemment les nombreuses dispositions légales internationales, européennes, nationales et administratives (voir analyse détaillée à la fin de ce document) tant en matière de respect du secret médical lors des extractions de personnes incarcérées que sur l’usage des moyens de contrainte lors des extractions médicales.

Lire la suite :
http://prison.rezo.net/spip.php?article14986

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 09:27

Transmis par Elvis le 18 juillet 2015

En mars 2011, alors qu’ils patrouillaient dans le bois de Vincennes, des policiers étaient attirés par les cris d’une femme leur désignant un homme qu’ils interpellèrent alors rapidement. « Je suis un collègue, j’ai fait une connerie », leur expliqua celui-ci.

Une « connerie » qui sera qualifiée par le procureur de « tentative d’extorsion avec violences ayant entraîné une incapacité totale de travail n’excédant pas 8 jours », et « tentative d’extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secret, fonds, valeur ou bien ».

En effet, après être monté dans la camionnette d’une travailleuse du sexe, alors que celle-ci lui demandait l’argent convenu pour la prestation, il avait sorti une arme à feu qu’il avait pointé à quelques centimètres du front de notre collègue en lui demandant son argent à elle. Fort heureusement, une autre travailleuse du sexe était présente dans le camion, et a pu saisir le canon de l’arme, laissant à la travailleuse braquée la possibilité d’aller chercher des secours. Pendant ce délai, l’agresseur frappa avec son arme la femme restée dans le camion, et un coup de feu partit, heureusement sans la toucher.

Placé en détention provisoire, son procès, lors duquel le STRASS, représenté par Maitre Tewfik Bouzenoune, était partie civile aux côtés des deux victimes, s’est tenu le 9 avril dernier : reconnu coupable, le prévenu a été condamné 4 ans de prison dont 2 ans et demi avec sursis, et à une interdiction de détenir ou de porter une arme de 5 ans. Le prévenu n’ayant pas fait appel, cette décision est désormais définitive.

Cette affaire appelle plusieurs commentaires :

Tout d’abord, elle nous rappelle les conséquences catastrophiques de l’instauration du délit de racolage sur la sécurité des travailleuses du sexe, reléguées dans des zones isolées où elles sont plus vulnérables aux violences.

Alors que le fait de partager un lieu de travail est toujours considéré par la loi comme du proxénétisme, c’est justement parce que nos collègues partageaient une même camionnette qu’elles ont pu suffisamment maîtriser leur agresseur le temps d’aller chercher de l’aide, et ainsi d’éviter le pire. Que serait-il arrivé si la travailleuse du sexe braquée en premier avait été seule ?

Enfin, les agressions ou crimes commis par des policiers sur des travailleuses du sexe n’étant pas rares, nous nous demandons comment, dans un tel contexte, penser que la pénalisation du travail du sexe puisse améliorer la situation de celles qui l’exercent.

Contacts presse :
Me Tewfik Bouzenoune, avocat :
06 78 70 01 56

Cadyne Sénac, coordinatrice juridique du STRASS :
07.60.42.51.80

Source :
http://strass-syndicat.org/condamnation-dun-policier-qui-avait-braque-des-travailleuses-du-sexe/

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 07:20

Transmis par Janos le 24 juin 2015

Tir par méprise d'un policier à Carcassonne : la victime réclame encore justice

Le 26 février 2013, le fonctionnaire avait tiré à huit reprises sur un véhicule qu'il croyait être conduit par un évadé. Une plainte avait été déposée et un juge saisi...

On se souvient que le 26 février 2013, alors qu'il croyait avoir affaire à un évadé (lire ci-dessous) circulant à bord d'une Mercedes C220, un policier de la brigade anticriminalité (Bac) avait fait usage de son arme de service à huit reprises sur le véhicule... Qui était en fait conduite par Horia Ankour, une Carcassonnaise âgée de 33 ans.

Faute de juge d'instruction

Une plainte pour "violence avec arme sans ITT et dégradation de véhicule" a bien évidemment été déposée par la victime. Avant qu'un juge d'instruction soit saisi par le procureur de l'époque, Antoine Leroy... Mais aujourd'hui, plus de deux ans après les faits, force est de constater que l'instruction est au point mort. "En charge du dossier, le juge Luc Dier avait pas mal fait avancer les choses..." se souvient Me Christian de Marion Gaja, qui défend Horia Ankour. "Mais depuis qu'il est parti, il n'a pas été remplacé. Du coup, le dossier n'avance pas, ça dort ! Ils ont tout foutu en l'air en mettant tous les moyens pour le pôle de l'instruction à Narbonne..."

"Hors de question que je laisse tomber"

De son côté, si elle essaye tant bien que mal de ne pas trop penser à cette affaire, Horia Ankour est bien décidée à ne pas abandonner son combat : "Je savais que ça allait être long, mais je ne suis pas pressée. Il est hors de question que je laisse tomber, d'autant que j'ai appris que celui qui m'a tiré dessus essayait d'inverser les rôles en se faisant passer pour la victime..."

Le policier de la Bac était-il en position de légitime défense ? Une chose est sûre, c'est que le rapport établi par l'inspection générale de la police nationale, il y a plus de deux ans, laisse apparaître une terrible méprise, et un extraordinaire concours de circonstances de nature à expliquer le tir opéré par le policier sur le véhicule de la jeune femme, confondu avec celui d'un délinquant. L'avocat de la victime, quant à lui, estime qu'il y a une responsabilité du policier
10 mois pour l'évadé de Béziers

Manuel Soulès, au cœur de l'affaire des tirs par méprise du policier de la Bac, a été condamné à dix mois de prison, le 3 avril 2013, par le tribunal correctionnel de Carcassonne.

Ce dernier s'était évadé d'un établissement psychiatrique le 17 août 2012, après une tentative de suicide à la maison d'arrêt de Béziers où il était incarcéré. Il s'était finalement constitué prisonnier le 3 mars 2013.

Lors de l'audience du 3 avril 2013, le vice-procureur avait évoqué "le déploiement de forces" pour interpeller le prévenu, dépeint "comme dangereux et armé". Et de requérir un an de prison, car Manuel Soulès était en état de récidive d'évasion et déjà été condamné le 4 juin 2012.

Source :
http://www.lindependant.fr/2015/06/24/tir-par-meprise-d-un-policier-la-victime-reclame-encore-justice,2049211.php

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 10:18

« Le policier a sorti sa lacrymo et gazé le jeune à 30 cm des yeux »

24 août 2015 |  Par Feriel Alouti

Le 19 août dernier, alors que la police organisait une « opération maïs » devant un foyer de travailleurs immigrés, situé dans le XIXe arrondissement de Paris, plusieurs agents s’en sont pris violemment à un vieux monsieur et son fils. D’autres, emmenés dans un centre de rétention administrative, risquent l’expulsion.

Jeudi 20 août, 17 heures, trois voitures de police s’arrêtent devant un foyer de travailleurs immigrés, situé boulevard de la Commanderie, dans le XIXe arrondissement. Face aux agents, pour certains équipés d’un gilet pare-balles, d’un Taser et d’un Flashball, quelques hommes, habitués à vendre chaque soir du maïs grillé, prennent aussitôt leurs jambes à leur cou. D’autres, plus âgés et tranquillement assis sur leur chaise, assistent à la scène avant d’être eux aussi approchés par la police et certains, arrêtés. Dix minutes plus tard, les fonctionnaires repartent. L’opération est terminée. « Depuis une semaine, ils viennent tous les jours », soupire Traoré, un grand trentenaire vêtu d’une djellaba.

Plusieurs témoins, rencontrés sur place, ont assisté, la veille au soir, à la même opération. Sauf que cette fois-ci, les agents ne se sont pas contentés d’embarquer plusieurs hommes, ils s’en sont également pris violemment à un vieil homme et son fils.

Jean-Charles qui travaille dans le quartier a observé, avec attention, la scène. Il raconte :
« La police voulait dégager les vendeurs de maïs qui s’installent chaque soir sur le trottoir. Ils sont beaucoup et hier, ils ont décidé de les dégager. En gros, ils ont fait une "opération maïs". À côté des vendeurs, il y a un gars qui changeait une roue de voiture, un papi. La police est arrivée pour enlever la voiture. Le papi a dit : "Je remonte la roue et je pars tout de suite." Le policier lui a répondu : "Non, vous bougez tout de suite." Le papi a tenté de lui montrer les PV qu’il venait juste de recevoir mais le policier a demandé au gars du remorquage d’intervenir. Puis, le papi a demandé à récupérer ses outils. Mais le policier a refusé. Et, là, le fiston s’est interposé et a dit au policier: "Ne bousculez pas mon papa, il est vieux."
Le policier a alors poussé, une première fois, le fils violemment. Le jeune a répondu : "Pourquoi vous faites ça ?" Puis il l’a poussé une deuxième fois hyper violemment. Le jeune a manqué de tomber. Le papi, qui boite en plus, a essayé d’intervenir. Le policier a alors bousculé le papi très fort contre la grille du foyer. Le fiston est arrivé, a rattrapé son père et ajouté : "Mais monsieur, ça ne se fait pas !"

À ce moment, il y avait encore plein de gens autour. Le fils tenait son père puis le policier a sorti une matraque et sans aucune raison, sans que le jeune le menace, il lui a tapé sur les mains. Le jeune a pris son père, il est allé sur l’autre trottoir. Et il a dit : "Vous m’avez frappé, vous n’avez pas le droit !" Et là, le policier a sorti sa lacrymo et a gazé le jeune à 30 cm des yeux. Il s’est étalé par terre en criant. Moi, j’étais juste devant et normalement, je défends toujours la police mais là je me disais "j’y crois pas!".  Une policière m’a dit : "Vous avez un problème monsieur ?" J’ai répondu : "Ça se fait pas ce que vous faites." Elle n’a rien dit. » Le lendemain, sur place, encore choqués par la violence du policier, ils sont une dizaine à corroborer le témoignage de Jean-Charles.

Aux abords de ce foyer, géré par la société d'économie mixte Adoma, anciennement la Sonacotra, nous retrouvons le « papi » dont il est question. Il s’appelle Ibrahim. Les joues creuses, le visage marqué, le corps chétif et la jambe gauche mal en point, le sexagénaire, arrivé de Côte d’Ivoire il y a quarante ans, gagne sa vie en réparant les voitures des habitants du quartier. « Il travaille là-bas parce qu’il connaît bien les gens du foyer », raconte son fils, Yannick, 36 ans, lui aussi mécanicien.

Mercredi soir, lorsque les policiers sont arrivés, Yannick venait voir son père. « Quand les policiers ont voulu embarquer la voiture que mon père était en train de réparer, on a essayé de leur dire qu’on avait déjà eu des PV. Quand ils ont dit, on la dégage, on n’a pas insisté, on a juste demandé à récupérer les outils. Mais ils ont poussé mon père et moi j’ai voulu le protéger, raconte-t-il en mimant la scène. Ils étaient deux policiers. C’est le même qui m’a frappé sur les doigts et le bras et qui m’a gazé. J’ai même pas eu le temps de réagir. Je suis resté une dizaine de minutes les yeux fermés. J’ai pas dormi de la nuit tellement ça me brûlait. Si j’avais cherché la bagarre, si je les avais menacés, j’aurais compris mais là j’ai rien fait, juste essayé de protéger mon père. Ma mère est décédée en juillet dernier, il n’a plus que moi. Vous imaginez s’il était tombé par terre ? Un mauvais coup et il aurait pu mourir. »

Si, aujourd’hui, Yannick pense ne pas avoir « les reins assez solides » pour porter plainte, cette histoire l’a profondément marqué. « Moi, je suis né en France. Mon père m’a toujours dit : "Fais pas de bêtise et trouve un travail." Je l’ai écouté. Je travaille, je paie mes impôts et voilà comment je suis traité. Je suis dégoûté. Et franchement, après ça, j’ai plus envie d’appartenir à ce pays. »

Contacté par Mediapart, un agent de police qui était sur place le mercredi 19 août explique ne pas avoir « vécu de la même manière » la scène. « Ces deux pseudo-garagistes [Yannick travaille dans un garage - ndlr] qui faisaient ça depuis longtemps n'ont pas voulu partir et se sont montrés agressifs. Ils ont bousculé les policiers. Il y a effectivement eu usage de gaz lacrymogène. Mais c’est parce qu'ils étaient menaçants », explique le fonctionnaire qui souhaite conserver l’anonymat. Un agent de police s’est donc senti menacé par un homme de 66 ans boiteux et épais comme un fil de fer ? « Moi à titre personnel, je n’ai pas été menacé mais quand vous êtes au milieu d’une foule, il peut y avoir certaines réactions », rectifie-t-il.

Ce jour-là, la police procédait, sur réquisition du parquet, à une opération de lutte contre les vendeurs à la sauvette, explique le même fonctionnaire. « Il y a eu des plaintes des riverains. Le trottoir est colonisé par les vendeurs de stupéfiants et les vendeurs à la sauvette qui sont souvent agressifs », dit-il.

Présents le lendemain au moment de l’opération, nous avons assisté à l’arrestation d’hommes d’un certain âge. Assis sur des chaises, aucun d’entre eux n’était en train de vendre du maïs. Aucun d’entre eux ne s’est montré agressif.

A lire sur Médiapart

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 11:52

Le 19 août 2015

Retour sur les arrestations de nos 4 camarades et le dispositif d’hébergement pour les migrant-es et communiqués des grévistes du centre d’hébergement Emmaüs Pernety.

Mardi 11 août 2015, plusieurs migrant-es logé-es dans un centre d’hébergement Emmaüs dans le 14ème arrondissement ont entamé une grève de la faim. Hébergé-es dans ce centre depuis le 28 juillet, jour d’une énième expulsion du campement de lutte de la halle Pajol, ils/elles revendiquent des meilleures conditions d’hébergement et une accélération de leurs démarches de demande d’asile.

Le lendemain, ils/elles ont appelé des personnes solidaires rencontrées pendant la lutte pour leur faire constater la situation dans laquelle ils/elles se trouvent. Face au mépris du personnel d’Emmaüs, les migrant-es ont décidé d’occuper le centre pour demander la venue du directeur de l’OFPRA, d’un responsable d’Emmaüs et de la mairie pour entamer une négociation avec eux. Pour toute réponse, ils/elles n’ont obtenu que l’intervention massive de la police.

Depuis le 2 juin 2015, la Mairie de Paris au fil de ses opérations d’évacuation, disperse les migrant-es dans différents centres d’hébergement en région parisienne. C’est la solution privilégiée des autorités, dont elle vante les mérites dans les médias. Or, les migrant-es ont rapidement déchanté. Certain-es ont même préféré revenir sur les campements retrouver une vie collective plutôt que de rester isolé-es et dispersé-es.

Dans les centres d’hébergement, les personnes y sont dépossédé-es de leur vie et n’ont pas prise sur leur quotidien : couvre-feu, repas imposés, interdiction des visites… Sous couvert d’humanitaire, les centres d’hébergement sont en fait un moyen de gestion et de surveillance des populations. Ils tendent à devenir un outil de contrôle et de tri des demandeurs d’asile. C’est une frontière supplémentaire de plus pour les migrant-es. Partout où se trouvent des migrant-es, l’État réinstaure des frontières. Comme dans d’autres pays européens, la France cherche à mettre en place l’enfermement des demandeurs d’asile. Un centre d’hébergement récemment ouvert est ainsi situé dans l’enceinte du centre de rétention de Vincennes.

Pour gérer ces centres, l’État délègue à des associations (Emmaüs, Aurore, France Terre d’Asile, Groupe SOS…) qui en échange reçoivent de généreuses subventions. Par exemple, en 2013 Emmaüs a touché 30 millions d’euros de subventions publiques. Derrière les bonnes intentions se cache le business de l’humanitaire. Plus une association se voit confier la gestion de places d’hébergements plus elle reçoit de l’argent. Ainsi, elles ne cherchent pas à résoudre les problèmes des personnes qu’elles prennent en charge, car sans celle-ci elles n’ont plus lieu d’être. Étant financées par l’État, elles sont en réalité le bras humanitaire du pouvoir dans la guerre aux indésirables.

Suite à l’occupation du centre et à l’intervention de la police le mercredi 12 août, quatre personnes ont été arrêtées et placées en garde-à-vue, accusées de séquestration. Après 48 heures au commissariat, elles ont été transférées au dépôt et placées sous contrôle judiciaire (interdiction de se voir) en attente d’un procès pour « séquestration » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques » qui aura lieu le 9 octobre 2015.

Cette répression et ce contrôle judiciaire ont pour but de faire peur et d’isoler, mais la solidarité avec les migrant-es ne faiblit pas !

Liberté pour tous et toutes, avec ou sans papiers !

Lire la suite :
https://paris-luttes.info/pour-emmaus-la-repression-est-plus-3691

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 14:33

Témoignage Transmis par Urgence Notre Police Assassine

En vacances pendant quelques jours avec mon mari et mes enfants, à la sortie de la plage après une journée tranquille, je me dirige vers le parking pour récupérer ma voiture. En face de moi une voiture de la bac avec 1 jeune qui se prenait des coups par un officier en civile et sa sœur qui crier : "C'est mon petit frère laissez le vous aller le tuer."

Il était inconcevable pour moi de ne pas réagir et de ne pas aller voir les policiers pour leur dire qu'ils devaient arrêter de l'étrangler car il pouvait mourir et qu'il y a eu beaucoup de jeunes qui sont mort à la suite de clé d'étranglement.

Dans la confusion, j'essaye de calmer le jeune qui se plaint de ne plus pouvoir respirer. Je l'indique au policier et lui demande de desserrer.

Entre-temps, du monde, des gens qui filment, un des policier essaye de lui prendre son téléphone en lui indiquant qu'il n'avait pas le droit de filmer des policiers. J'interviens en lui indiquant qu'il était dans son droit si les images étaient utilisees à des fins juridiques.

De la du renfort arrive, trois voitures de police. L'un des policiers de la bac explique la situation et indique le jeune homme qui était en possession des images sur son portable. Le brigadier-chef, arrivé en renfort ,lui demande son portable et lui indique encore une fois qu'il n'a pas le droit de filmer.

J'indique à ce policier que ce jeune est tout à fait en mesure de pouvoir filmer des policiers pendant leur exercice et qu'il n'avait pas le droit de lui prendre son portable pour effacer les images.

Le ton monte. Il me dit : "Vous, vous la fermez. C'est moi qui décide." avec une telle violence. " Allez ! Je t'embarque !"

Je lui indique que je n'ai rien fait et lui rappelle qu'il doit se calmer je suis enceinte et de là il commence à vouloir me porter un coup. Je recule. J'avais une bouteille d'eau ouverte avec la peur je le sentais arriver sur moi, ne tenant en aucun cas compte de mon état de femme enceinte.

Tout s'enchaîne.

Un autre m'attrape par le cou et m'étrangle, un autre me donne un coup de Tonfa sur le flan droit.

Mon mari avec mon fils de deux dans les bras abasourdi et choquée par la violence dont était victime sa femme accoure et s'interpose en indiquant mon état.

Rien ni fait, aucune pitié. Balayé à terre, mon fils de 2 ans qui tombe et hurle, mon mari aspergé de bombe.

Mon autre fils de 13 ans, qui assiste à cette scène choquante et traumatisante, voyant son petit frère hurler demande à un policier : "C'est mon petit frère. Est-ce-que je peux le tenir ?"

Le policier le bouscule, il tombe en arrière. On lui dit : "Ferme ta geule ! Tu passe pas sinon tu te prends ça dans la geule."

Tout ce petit monde est emmené au commissariat.

J'ai dû insister pour indiquer que mes enfants étaient mineurs et que je ne pouvais pas les laisser seus. Rien à faire, le brigadier chef à l'origine ne voulait rien savoir et était prêt à laisser des enfants mineurs abandonnés sur un parking.I

Il a fallu l'intervention d'un Asvp qui a fait le nécessaire pour ranger nos affaires dans la voiture et demander à ce que les enfants nous accompagnent aux commissariat.

Arrivée en garde-à-vue, certains policiers qui ont assisté à la scène sont scandalisés par la violence avec laquelle j'ai été interpellée. Je sentais bien dans le regard qu'il n'avait aucun pouvoir et m'ont tout de même encouragée à porter plainte.

En garde-à-vue, je suis entendue par le "brigadier-chef ALLIOD ERICK".

Il me demande de faire taire mon fils de deux ans en remuant la tête avec mépris. Et tout d'un coup, voyant que mon fils ne s'arrêtait pas, il lui hurle dessus.

Je lui dit :"Vous êtes un monstre. Est-ce que le fait de porter l'uniforme vous donne le droit de hurler sur un enfant de 2 ans de la sorte ?"

Il me répondit que c'était lui le chef. Je suis choquée et abasourdie par la violence et l'absurdité de ces policiers qui avaient en face d'eux une femme enceinte qui a aucun moment n'a été violente ni dans ces propos ni dans ces gestes, un enfant de deux ans blessé à la tête traumatisé par le choc.

Je tiens à préciser que j'ai demandé à plusieurs reprises le matricule du brigadier-chef qui m'avait agressé puisqu'il n'était pas visible. On m'a indiqué qu'il apparaîtrait dans la procédure.

J'ai été libérée à 22h30, mon mari a été maintenu en garde-à-vue on ne sait pas pour quel motif. Moi je suis convoquée demain. Je suis soupçonnée dans une enquête d'avoir commis ou tenté de commettre l'infraction "de violences avec arme par destination sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Sincèrement, ils ont un tel sentiment d'impunité qu'ils se croient tout permis.

Pour toute ces raisons, je continuerais à me battre pour dénoncer cette violence institutionnelle.

Une pensée a tous ceux qui subissent cette violence au quotidien, aux personnes tués entre les mains de la police.

Cette expérience, si on peut appeler ça une expérience, ne fait que renforcer mon combat contre l'impunité policière.

Amal Bentounsi - Le 16 août 2015

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 09:55

Le 24 juillet 2015

Par l’Assemblée des blessées,
des familles et des Collectifs contre les violences policières.

Octobre 2005 : le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy se rend sur la Dalle d’Argenteuil et, sous les projectiles des habitant-e-s, crie à qui veut l’entendre : « Vous en avez assez de cette bande de racailles, hé bien, on va vous en débarrasser. » Dix ans après, la nuit du 14 Juillet 2015, près de cette même dalle d’Argenteuil, Amine joue dans son quartier et reçoit un tir de Flash-Ball dans le testicule.

Cette bavure structurelle a poussé le Défenseur des Droits à recommander l’abandon de certaines armes de la police.

Réponse sous forme de mise au point de l’Assemblée des blessées, des familles et des Collectifs contre les violences policières.

***
Lettre ouverte au Défenseur des Droits

À la suite du rapport de la Commission d’Enquête Parlementaire concernant le maintien de l’ordre et de l’Inspection Général des Services, vous préconisez l’abandon du Flash-Ball super-pro®.

Voici comment dans votre rapport vous qualifiez les démarches de l’Assemblée des blessés, des familles, des collectifs contre les violences policières :

« Le maintien du Flash-Ball super-pro® en dotation est en effet une source potentielle de tensions et contestations de l’action des forces de sécurité, ainsi que le démontre l’émergence d’actions communes, en justice, comme de sensibilisation de la société sur les caractéristiques de cette arme, à l’initiative de victimes de tirs de Flash-Ball super-pro®. »
(Lire le rapport intégralement : klik !)

Sachez, Monsieur le défenseur des droits, qu’au sein de l’Assemblée des Blessées, autant de personnes ont été blessées et mutilées par des tirs de Flash-Ball super-pro® que par des tirs de Lanceurs de Balles de Défense 40×46 (LBD 40).

Aussi la manière dont vous qualifiez les membres de notre assemblée est fausse. Ceci est regrettable car nous avons toujours pris le soin de condamner ces deux armes. Si vous n’avez jamais pris le temps de lire nos interventions et nos témoignages, c’est fort dommageable compte tenu de notre statut de victimes et de votre statut de Défenseur des Droits. Si vous travestissez la vérité sans aucun égard pour le combat que nous menons, c’est simplement détestable.

Mais peut-être faut-il rappeler au plus grand nombre les caractéristiques de ces deux armes car les institutions policières et les médias alimentent volontairement un flou à leur propos. L’une et l’autre sont des armes à feu projetant des projectiles en caoutchouc.

• Le Flash-Ball super-pro® est le premier arrivé sur le marché. C’est une arme de poing, utilisée par la police depuis 1995. Elle est particulièrement imprécise. C’est pour cette raison que vous demandez sa suspension puis son retrait. Depuis quelques années déjà, cette arme est abandonnée progressivement au profit du LBD 40.

• Le LBD 40 est une arme d’épaule de type fusil, doté d’un viseur militaire et d’un canon rayé. Plus précis et plus puissant, il fait officiellement partie des « armes à feu à usage militaire » (catégorie A). Aujourd’hui, ce second modèle est le plus répandu et engendre le plus de blessures graves dans les périphéries des métropoles comme dans les manifestations. À Argenteuil, le jeune garçon grièvement blessé a très certainement été touché par un tir de LBD 40.

Alors monsieur, le Défenseur des Droits, si nous souscrivons au moratoire sur le Flash-Ball super-pro® et si comme vous, nous demandons qu’il soit interdit, nous ne comprenons pas pourquoi une telle omission concernant le LBD 40, allant jusqu’au travestissement de la vérité, de ce que nous sommes, de ce qui nous a blessé.

Disons les choses comme elles sont, en l’état, vous ne demandez pas l’interdiction du Flash-Ball mais son remplacement par un autre plus puissant et précis qui est la cause de très nombreuses mutilations.

On se souvient comment suite à la mort de Rémi Fraisse, le ministère de l’Intérieur avait, dans une magistrale opération de communication, suspendu un seul type de grenade en maintenant l’emploi de toute une gamme tout aussi dangereuse.

Si vous obtenez l’interdiction du Flash-Ball super-pro® seulement, il ne faudra pas attendre longtemps pour que de nouvelles mutilations viennent défrayer la chronique.

Pour cela, nous demandons que le moratoire concerne aussi le LBD 40 de manière à obtenir à terme l’interdiction de tous les types de Flash-Ball.

En revanche, nous saluons fortement votre analyse et critique du règlement du 2 septembre 2014 concernant l’usage du Flash-Ball super-pro® et du LBD 40 qui comme vous le démontrez, vise explicitement à disculper les policiers tireurs. Toutes les interdictions formelles de tirer au visage et dans les parties génitales ont disparu, la distance de tir minimum en dessous de laquelle il est interdit de tirer, aussi. Ce qui constitue un très grave recul.

C’est la réponse à nos revendications, à nos initiatives judiciaires et politiques : un tour de passe-passe. Si ces nouvelles dispositions n’étaient pas simplement meurtrières, on rirait de leur petitesse.

Pour toutes ces raisons, nous continuerons de réclamer l’arrêt de l’utilisation d’armes de guerre sur la population civile.

Nota : Flash-Ball est une marque déposée. Par métonymie, il désigne aujourd’hui dans le vocabulaire courant, tous les types de lanceurs de balles en caoutchouc.

23 juillet 2105

Contact : assemblee.des.blesses@gmail.com

****
Pour aller plus loin

Se défendre de la police / collectif 8 juillet
https://collectif8juillet.wordpress.com/

Un bilan des violences policières du 14 juillet 2015 / Paris-luttes.infos
http://paris-luttes.info/que-fait-la-police-ca-creve-les-3613

Bavures policières mortelles : trente ans de quasi impunité ? / Basta !
http://www.bastamag.net/Bavures-policieres-mortelles

« On voyait la justice plus grande », Entretien avec Ramata Dieng, sœur de Lamine Dieng, mort dans un fourgon de police
http://jefklak.org/?p=857

L’Assemblée des blessés à l’Assemblée nationale. L’intervention eut lieu le jeudi 19 mars 2015, lors de la Commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre.

La transcription de l’intervention ici.
http://collectif8juillet.wordpress.com/2015/06/01/intervention-de-lassemblee-des-blesses-lors-de-la-mission-denquete-parlementaire-sur-le-maintien-de-lordre

Source :
http://jefklak.org/?p=2256

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 11:20

Le 25 mai 2015

Alors que son affaire redémarre, le principal inculpé dans l’affaire de Tarnac, Julien Coupat, répond aux questions de "L'Obs" sur son avenir judiciaire, la loi sur le renseignement et la France de l’après-Charlie.

Il ne s’était pas exprimé dans la presse depuis 2009. Après avoir été incarcéré six mois pour des accusations de "terrorisme", Julien Coupat était devenu à gauche un des plus puissants symboles d’une dérive autoritaire du pouvoir sarkozyste, accusé de monter en épingle une affaire de sabotage de caténaires SNCF pour créer un "ennemi intérieur". Leader intellectuel du groupe de gauche radicale dit "de Tarnac", il n’avait pas cessé depuis de dénoncer une manipulation policière, menant une rude bataille judiciaire aux côtés des autres inculpés.

On le sait désormais, le quinquennat socialiste n’aura pas inversé la tendance. Deux jours après le vote par l’Assemblée de la loi sur le renseignement, Julien Coupat, 40 ans, s’est donc vu signifier, le 7 mai dernier, une demande de renvoi en correctionnelle pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", aux côtés de deux jeunes femmes, parmi lesquelles sa compagne Yildune Lévy. Un certain François Hollande, alors président du conseil général de Corrèze, territoire sur lequel se trouve Tarnac, avait pourtant pris la plume au printemps 2009 pour ironiser sur la qualification des faits en "terrorisme" et dénoncer une "affaire politique".

Aujourd’hui, Julien Coupat reprend la parole. Entretien.

L'Obs - Le parquet a de nouveau retenu la qualification de "terrorisme" dans votre dossier et demandé votre renvoi en correctionnelle. Comment prenez-vous cette nouvelle ?

Julien Coupat - Dans n’importe quel autre pays d’Europe, un dossier comme celui-ci aurait depuis longtemps donné lieu à relaxe avec de discrètes excuses des autorités. Mais nous sommes en France, et, comme l’écrivait Alexandre Herzen, "en France, quand on entre dans un tribunal, on recule de deux ou trois siècles". Dans son formidable autisme historique, la magistrature n’a manifestement pas eu vent de la chute de la monarchie. Elle croit pouvoir tout régler en coulisses, guetter des signes de la cour avant chacune de ses décisions, tordre le cou à toute logique et mettre à mort qui s’est rendu coupable de lèse-majesté. L’humanité à la Daumier des prétoires ferait bien de s’aviser de l’arrogance de son anachronisme. Ou bien elle devra constater de ses propres yeux que ce François Hollande avait bel et bien un parfait profil de Louis XVI.

Vous n’êtes plus que trois, au sein du groupe de Tarnac, à faire l’objet de poursuites. Avez-vous eu à un moment donné l’espoir d’un abandon définitif des charges ?

- Depuis le jour de nos arrestations, nous avons toujours trouvé hilarantes les charges qui pèsent contre nous. Et nous trouvons toujours aussi hilarant que le parquet s’appuie dans son réquisitoire, pour étayer l’accusation de "terrorisme", sur un livre en vente à la Fnac, "L’Insurrection qui vient", et le témoignage sous X d’un mythomane qui a reconnu au 20-heures de TF1 avoir été manipulé par la police antiterroriste. Les procureurs sont des écrivains de polars ratés. Leur littérature, pleine de "structures à finalité subversive clandestine", de "plans terroristes", de "tentatives de déstabilisation de l’Etat par la destruction des infrastructures ferroviaires", est manifestement le produit de l’imagination squelettique de gens qui regardent la vie depuis les fenêtres de leurs cabinets molletonnés. Leur mauvaise foi prête à rire. Mais, un peu comme pour le procès-verbal de filature D104, l’hilarité s’arrête quand vous prenez conscience que la magistrature a, dans son petit monde suspendu, le pouvoir de transformer, contre toute évidence, un faux grossier en "vérité judiciaire" – quand vous réalisez que tout cela est grotesque, mais que cela marche, et se dirige vers vous pour vous écraser.

Nous ne nous sommes pas battus, et nous ne nous battons pas, pour faire reconnaître on ne sait quelle innocence ni pour que la justice, dans sa grande mansuétude, daigne abandonner ses poursuites infondées. Nous nous battons parce que l’on a tenté et que l’on tente encore de nous détruire, de rayer définitivement de la carte la possibilité politique dont l’Etat a fait de nous un exemple.

Nous nous battons pour nous, pour nos proches, pour nos amis et pour tous ceux qui nous ont un jour exprimé leur sympathie, et ce malgré la disproportion massive des forces.

Plutôt que de faire prudemment marche arrière, l’appareil antiterroriste, ivre de sa toute récente popularité, insiste pour avoir le dernier mot dans l’enceinte de ses petits tribunaux. Qu’il sache que nous ne sommes pas de ceux qui se laissent faire, que nous préférerons toujours déchaîner les feux de l’enfer plutôt que de nous laisser piétiner, et que nous ne sommes pas seuls.

L’incrimination la plus grave, celle de "direction" d’un groupe terroriste, qui était initialement retenue contre vous et pouvait vous valoir les assises a finalement été abandonnée. De "chef" vous voici devenu simple "animateur"… Comment qualifieriez-vous votre rôle réel au sein de la collectivité de Tarnac ?

- De paratonnerre, plutôt.

Vos avocats ont réagi en disant que maintenir la qualification élargie de "terrorisme" au sujet de votre dossier ouvrait la voie à une "hyper-criminalisation des mouvements sociaux". Est-ce votre crainte, notamment suite à l’adoption de la loi sur le renseignement ?

- Nous vivons dans un monde qui va dans le mur à tombeau ouvert, et qui le sait. Les faits l’attestent tout autant que la production hollywoodienne. Ceux qui tiennent les rênes de la machine préfèrent qu’il en soit ainsi plutôt que de renoncer à la moindre miette de leur pouvoir. Ils s’attachent simplement à distiller dans la population le sommeil nécessaire, quitte à le peupler de cauchemars terroristes. C’est ce dont témoigne exemplairement le vote sans états d’âme de la nouvelle loi scélérate dite "sur le renseignement".

Que l’on en soit, quinze ans après le Patriot Act, après le rapport du Sénat américain sur la torture, après les révélations de Snowden, à adopter des mesures aussi exorbitantes dit à la fois le cynisme inoxydable et le pathétique mimétisme des gouvernants français.

Ils croient vraiment qu’ils vont pouvoir refaire avec quinze ans de retard le coup du néo-conservatisme martial, et que nous sommes tous trop bêtes, trop lâches et trop passifs pour nous en insurger.

Evidemment, le fait que le parquet, qui tenait son réquisitoire prêt depuis des mois, ait choisi le lendemain du vote de cette loi pour le faire fuiter dans "Le Monde" ajoute à l’impudence du geste. Le geste dit : "Oui, nous allons tous vous mettre au pas par un contrôle de masse au nom de l’antiterrorisme, et vous allez voir quel traitement nous réservons à ceux qui nous résistent."

Il est vrai que le seul espoir des gouvernants est de convaincre chacun qu’il n’y a pas d’autre choix que de les suivre, qu’il est vain de croire pouvoir construire d’autres mondes, insensé de s’organiser contre eux et suicidaire de les attaquer. C’est pourquoi Tarnac doit être décapité. C’est pourquoi les ZAD doivent être mises au pas, que ce soit par voie judiciaire ou avec l’aide de milices.

Lire la suite :
http://tempsreel.nouvelobs.com/loi-renseignement/20150511.OBS8735/exclusif-julien-coupat-le-cynisme-de-nos-gouvernants-est-inoxydable.html

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 11:01

Le 11 juin 2015

Cinq policiers de Molenbeek viennent d’être renvoyés devant le tribunal correctionnel pour y être jugés du chef de coups et blessures volontaires, dans le cadre de la « fameuse » bavure dénoncée sur un gamin de 14 ans, le petit Moad, en janvier 2013.

Le parquet demandait pourtant le non-lieu des poursuites, mais la chambre du conseil de Bruxelles a, au contraire, suivi l’argumentation des avocats des parents de l’adolescent, partie civile, en estimant qu’il existe des charges suffisantes.

Les photos montrant les lésions et les plaies sur le visage de ce gamin de 14 ans, taille poids plume, suite à son interpellation musclée par la police locale de la zone ouest à Molenbeek, le 11 janvier 2013, avaient fait scandale.

Alors que l’adolescent n’avait rien d’autre à se reprocher que de courir en rue pour regagner son domicile, pour aller y chercher son équipement de sport.

Un comportement suspect aux yeux d’une équipe de policiers en patrouille, qui l’ont jeté au sol, menotté, frappé et malmené au commissariat.

Source :
http://www.lacapitale.be/1308043/article/2015-06-10/moad-14-ans-tabasse-alors-qu-il-rentrait-simplement-chez-lui-cinq-policiers-renv

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 12:18

Depuis Paris-Luttes Info le 13 juin 2015

Ce lundi 8 juin 2015, j’ai filmé un policier qui a sa façon à lui de faire partir la sauvette du trottoir : monter dessus en voiture et puis le descendre toutes sirènes hurlantes en roulant sur les affaires des biffins.

Quand c’est un gros tas, il fait plusieurs allez retour dessus pour bien écraser.

Le policier au volant m’a très bien vu le filmer, et à en juger par son absence complète de réaction quand il a croisé mon regard, j’en déduis qu’il n’est n’est pas rongé d’incertitudes quand au caractère juste et moral de son action : après tout, ce ne sont que les affaires de pauvres et d’étrangers, pas vrai ?

Un employé modèle on vous dit.

Source :
https://paris-luttes.info/brutalite-ordinaire-un-policier-en-3419

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Publié par C.L.A.P33 - dans Autres témoignages
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 11:38

Transmis par Amnesty International le 10 juin 2015

Deux ans après avoir diffusé des documents révélant l’ampleur de réseaux d’espionnage gouvernementaux, Edward Snowden, qui a lancé l’alerte contre l’Agence nationale de sécurité des États-Unis, nous parle de la manière dont lui-même et le paysage politique ont changé.

Qu’est-ce qui a changé ces deux dernières années selon vous ?

Les gens sont beaucoup plus sceptiques face aux programmes de surveillance qu’ils ne l’étaient avant que je ne me manifeste. Après avoir pris connaissance des informations qui ont été révélées, les gens ont largement confirmé que nos gouvernements avaient enfreint la loi. Même les tribunaux, qui ont toutes les raisons de dire : « Circulez, y a rien à voir ». Avoir participé à cela, et avoir désormais la possibilité de ramener, non seulement un peu de respect pour la loi au sein des gouvernements, mais également un peu de liberté dans notre vie numérique, voilà quelque chose qui me donne une raison de me lever le matin.

Quel est le discours du milieu du renseignement ?

Les personnes travaillant pour les services du renseignement ont tout intérêt, d’un point de vue politique, à dire : « ces révélations sont extrêmement néfastes ». Mais en privé, nombre d’entre elles se soucient beaucoup de savoir si la surveillance de masse est légitime ou non, et si elle a lieu d'être ou non.

Les responsables pensent par ailleurs que la sensibilisation du public à la surveillance de masse leur est en réalité bénéfique. Parce que si vous révélez à la planète que vous avez le système d’espionnage le plus incroyable au monde, la moitié des espions veulent vous parler et échanger des informations avec vous. J’ai souvent vu ce genre de choses.

Des regrets ?

J’ai un regret : J’aurais dû me manifester plus tôt. Si je l’avais fait, je pense que nous aurions beaucoup plus de liberté en ligne. Parce que la principale difficulté à laquelle nous sommes confrontés concernant la réforme de ces programmes de surveillance réside dans le fait qu’une fois que le budget a été dépensé, et que les pratiques sont institutionnalisées en secret, sans que le public ne le sache, il est très difficile de revenir en arrière.

Le gouvernement ne veut pas extirper ces systèmes et s’en débarrasser. Et les chefs des services secrets se sont habitués à avoir la possibilité de dire : « Ce n’est même pas la peine d’ordonner la surveillance de cette personne - nous avons déjà toutes ses données privées parce que nous espionnons tout le monde. Alors épluchons ses appels téléphoniques, ses localisations et passages aux frontières de ces 30 dernières années. » Il est très difficile de les convaincre d’abandonner cela.

Que diriez-vous aux personnes qui pensent « Je n’ai rien à cacher, alors la surveillance de masse ne me dérange pas ? »

La question n’est pas de n’avoir rien à cacher, mais de pouvoir être vous-même. C’est en relation avec votre capacité à être ami avec qui vous voulez, sans avoir à vous soucier si cela passe bien sur le papier ou dans un dossier privé dans une sombre chambre forte du gouvernement.
C’est comme le fait qu’il y a une raison pour laquelle nous fermons la porte de la salle de bains. Nous avons nos raisons pour ne pas vouloir que la police nous filme pendant que nous prenons un bain moussant. Il y a une raison à la forte inquiétude que suscite Samsung TV, qui enregistre ce que vous dites dans votre salon et l’envoie à une tierce partie. Voilà ce qui va arriver. Ce n’est plus vous qui allez regarder la télé. C’est la télé qui va vous regarder.

Que va-t-il se passer maintenant d’après vous ?

Ces questions sont celles qui vont avoir le plus d’impact sur le terrain des droits humains ces 30 prochaines années. Car nous n’en sommes actuellement qu’au tout début. Tous ceux qui travaillent sur les aspects techniques pensent : Comment pouvons-nous allez plus loin ? Comment recueillir plus d’informations ? Les technologies vont devenir plus abordables, les connexions seront plus aisées et les réseaux plus répandus, de sorte que vous ne vous trouverez jamais loin d’un moyen de transmission de données. Si nous ne nous saisissons pas de ces questions, et n’adoptons pas de véritables normes internationales sur le genre de comportement qui est approprié dans une société libre et ouverte, nous allons découvrir un jour que les sociétés libres et ouvertes n’existent plus.

Et sinon, comment allez-vous ?

J’ai beaucoup moins de temps libre. C’est plutôt drôle. Les gens pensent sans doute qu’entrer dans la clandestinité est une démarche assez désinvolte. Mais en réalité je n'ai jamais autant travaillé que maintenant. Et je trouve ça très épanouissant. En général je travaille sept jours par semaine. Parce qu’il y a tant à faire.

La chose la plus difficile ces deux dernières années a été d’être loin de ma famille et de chez moi. J’ai fait beaucoup de sacrifices. Je vis plus simplement maintenant, mais au bout du compte ça en valait la peine. Et les gens ont été d’un grand soutien - même des personnes issues du milieu du renseignement.

Un dernier mot ?

C'est la dissidence qui mène au progrès. Si personne n’est prêt à faire bouger les choses, ou à essayer quelque chose de différent, si personne n’est prêt à aller au-delà de ce que les gens ont l’habitude de faire, nous aurons des sociétés très statiques et, je pense, très limitées.

Lire aussi :
deux ans après les révélations d'Edward Snowden
la France prête à adopter la surveillance de masse ?

Source :
http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression/Actualites/Edward-Snowden-J-aurais-du-me-manifester-plus-tot-15355

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 10:15

Transmis le 13 juin 2015

Incarcérée depuis novembre 2012, Christine purge plusieurs peines écopées ces dernières années suite à de multiples insoumissions à l’autorité de différentes institutions (flics, Administration Pénitentiaire, institution psychiatrique,..). Tous ceux qui, quotidiennement, ont pour rôle de réguler et réprimer nos vies, d’assurer le contrôle social. À l’intérieur, Christine ne faiblit pas et continue de résister.

Régulièrement en conflit avec l’Administration Pénitentiaire (AP) et son personnel, elle se bouge contre ce qu’elle ne supporte pas : par exemple le fichage à l’entrée en détention, et les fouilles et palpations corporelles répétées. En réponse, l’AP et la justice ne manquent pas de moyens pour, chaque jour, tenter de la broyer un peu plus.

Lundi 29 juin 2015, à 13h30, Christine sera jugée par le tribunal d’Évry pour quatre chefs d’inculpation de violences sur cinq matons de la Maison d’Arrêt des Femmes (MAF) de Fleury Mérogis.

Fin juin 2014, quand elle arrive à la MAF de Fleury Mérogis en transfert disciplinaire depuis Rennes, ce n’est qu’en transit, le temps qu’une place se libère au Centre de Détention de Poitiers-Vivonne.
Vvoir ici sur son parcours :
http://rebellyon.info/spip.php?page=recherche&recherche=Ribailly

Comme ailleurs, à son arrivée, elle refuse de donner ses empreintes, de prendre la carte de circulation et refuse aussi toute fouille ou palpation [1].

La réponse de la matonnerie est directe, violente et sans concession.

Elle est  directement envoyée au mitard. A partir de là, elle n’en sort, à chaque fois, que pour quelques jours, voire les seules 24h légales [2], le temps qu’une autre commission de discipline ait lieu et l’y renvoie.

Chaque déplacement à l’intérieur de la taule se fait avec une escorte de matons casqués où Christine ne manque pas de se faire molester (plusieurs points de sutures à l’index dès son arrivée).

À chaque retour au mitard, la fouille à nu obligatoire se transforme en une mêlée où une dizaine de matons s’affairent à forcer Christine à se déshabiller, quand ils ne lui arrachent pas littéralement ses vêtements.

En plus de servir de sanction, le placement au mitard permet à l’AP de maintenir Christine isolée des autres détenues. Pas question de donner le « mauvais » exemple ! En effet, durant les quelques jours passés en détention normale, elle est la seule à sortir en promenade sans carte de circulation et sans palpation.

Une petite victoire que l’AP et ses matons vont faire payer cher à Christine.

Le 25 septembre, elle est placée en garde à vue afin d’être entendue à propos de plusieurs plaintes pour des soit disant violences sur des matons de Fleury. Le 29 juin c’est le tribunal d’Évry qui la jugera sur ces plaintes.

En trois mois passés à Fleury, Christine aura passé 87 jours au mitard.

Aujourd’hui, après un nouveau transfert disciplinaire, elle est incarcérée à la MAF d’Épinal, dans les Vosges. La onzième taule depuis le début de son incarcération, toujours dans la moitié nord de la France, le plus loin possible de sa famille et de ses proches.

Elle continue à être maintenue la majeure partie du temps au QD. Ses demandes de libération conditionnelle ont été refusées. Des matons continuent de porter plainte contre elle après l’avoir cognée ou humiliée, pour défendre leur sale corporation et tenter de se grappiller un treizième mois. Et à la finale, c’est la date de libération de Christine qui continue toujours de s’éloigner.

Parce que le rapport dans lequel Christine se débat n’est pas un rapport individuel entre elle et les institutions, mais bien un rapport social fait d’exploitation et de domination que nous subissons tous quotidiennement,
Parce que ces même institutions mettent tout en place pour nous maintenir divisés et isolés,
Parce que, dans un tribunal ou dans une taule, un peu de solidarité peut redonner du courage ou appuyer un rapport de force trop souvent en notre défaveur,

SOYONS NOMBREUX À SOUTENIR CHRISTINE FACE À LA JUSTICE ET L’ISOLEMENT CARCÉRAL.

LUNDI 29 JUIN 2015 À 13H
devant le Tribunal d’Évry (rue des Mazières)

D’ici là et après, pour lui écrire, voici son adresse à Épinal:
Christine RIBAILLY, écrou 15863, MAF d’Épinal, 13 rue Villars, BP21069, 88060 ÉPINAL Cedex9

Pour plus d’informations sur la situation de Christine et lire des extraits de courriers :
http://enfinpisserdanslherbe.noblogs.org/

NOTES :
1/   Bien que la loi pénitentiaire de 2009 interdise théoriquement les fouilles systématiques des détenus, à Fleury comme dans de nombreuses autres taules, à chaque arrivée au Quartier Disciplinaire (QD) et chaque retour de parloir, les détenues son fouillées à nu. Et d’une manière générale chaque sortie de cellule est conditionnée à une palpation corporelle. La formulation du texte de loi est suffisamment floue pour que chaque taule s’en accommode à sa guise.

2/   La même loi de 2009 limite à 30 jours la période maximale des placements en QD. 24h de pause suffisent pour rembrayer sur une autre période de mitard.

***
Ci-dessous, un récit de Christine sur cette période passée à Fleury-Mérogis
http://enfinpisserdanslherbe.noblogs.org/post/2015/01/30/lettres-de-fleury-juillet-aout-2014/

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