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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 14:27

 

Reçu le 2 mai 2019

Je vous écris pour partager mon témoignage.

Le 1er mai à Bordeaux, rue des Faures à côté de la place St Michel à 16h20, j’ai été blessée par une grenade de désencerclement qui m’est tombée sur la tête.

Les forces de l’ordre avaient bloqué la petite rue et ont décidé de charger et de lancer des grenades (lacrymogènes et désencerclement) mais aussi de tirer au LBD à la suite d’un pétard qui a explosé devant eux.

Je me situais à cet endroit car je viens pour filmer, je n’étais donc pas dangereuse ni menaçante.

Je n’ai pas eu le temps d’éviter la grenade qui est tombée sur ma tête en arrivant par le haut.

Heureusement j’avais une casquette et j’ai les cheveux très épais ce qui a permis d’amortir le choc.

Cependant le choc a quand même était violent et douloureux, j’ai saigné mais je m’en sors avec une petite plaie superficielle.

D’autant plus que je n’ai pas pu être prise en charge de suite car les forces de l’ordre continuaient de tirer et de charger sur plusieurs centaines de mètres.

Pour illustrer mon témoignage je joins une vidéo et une photo de ma casquette avec la trace de l’impact.

Merci d’avance et merci pour tout ce que vous faites.

Bien à vous,

A.

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 13:57

Reçu le 24 avril 2019

Les gilets jaunes face à la « justice » pour avoir participé à la manifestation du 8 Décembre 2018
Vu au TGI - tribunal de grande instance - de Bordeaux, le vendredi 12 Avril 2019, de 14h à 18h.

Voici mon témoignage, rédigé à partir des notes que j'ai pris ce jour là. Les prénoms sont fictifs, pour préserver l'anonymat des accusés.

Il y a des imprécisions, notamment au niveau des chefs d'accusation, je n'ai pas pu tout noter exactement, il peut y avoir des petites erreurs, j'ai fait de mon mieux mais à la base j'avais pris des notes seulement pour moi, ce n'est qu'au fur et à mesure que je me suis dit qu'il fallait partager ces infos...

On était venus, avec un groupe de gilets jaunes de l'A63, soutenir notre ami Bruno, interpellé lors de la manifestation du 8 Décembre 2018 (Acte IV).
***
1er cas : Antoine et Tony, deux jeunes de 24 et 25 ans, sont accusés d'avoir fait un feu de poubelles en marge de la manifestation, en rentrant chez eux, près du cours de la Marne. La BAC, sur dénonciation d'un témoin, a constaté la barricade et le départ du feu.

Il pleuvait.

Antoine explique qu'ils ont reconstitué la barricade que les gilets jaunes avaient construite.

Il explique son action comme un dérapage. L'avocat qui défend Tony (Antoine n'a pas d'avocat), plaide que l'idée vient d'Antoine, que Tony, qui ne pensait pas que ça allait prendre, et qu'il a appelé les pompiers en voyant que finalement ça flambait.

Il ajoute que le feu a été rapidement maîtrisé et demande une dispense de peine pour Tony.

Ce sont deux amis, Antoine est hébergé chez Tony, qui vit avec ses parents..

L'un est manœuvre dans le BTP, en intérim, l'autre est mécanicien. Antoine est en situation de récidive, a déjà eu 3 mois de sursis avec une mise à l'épreuve de 18 mois. Sa mère est décédée quelque jours auparavant, de maladie.

Le procureur demande x mois de sursis (je n'ai pas bien noté) et 18 mois de mise à l'épreuve pour Antoine, 5 mois de sursis pour Tony. Demande s'ils accepteraient de faire des TIG (Travaux d'intérêt général), il répondent que oui.

Verdict : Antoine : 40h de TIG dans les 18 mois ou 500e d'amende. Tony 150e d'amende .
Il est précisé que la condamnation ne figurera pas sur son casier.

***
2nd cas : Vincent est accusé d'avoir participé à un attroupement en étant lui-même porteur d'une arme, et en possession de 0,6g de cannabis. Il portait un fumigène allumé lorsque la manif passait sur le cours d'Albret, c'est à ce moment qu'il a été interpellé.

Il est en CDI aux Galeries Lafayettes depuis plusieurs années, comme manutentionnaire.

Le procureur considère que le fumigène est une arme et requiert 1 mois de prison et 100e d'amende, ainsi que l'interdiction de porter une arme soumise à autorisation pendant 1 an.

Son avocat dit que dans le code du sport, où on parle des fumigènes dans les stades, on précise l'interdiction « d'artifice ou arme » et que donc le fumigène, qui est un artifice, n'est pas considéré comme une arme.

Il ajoute qu'il y a des fumigènes dans la plupart des manifestations pacifistes, y compris dans les manifs de policiers, que son client n'a fait que participer à la manifestation.

Verdict : Relaxe pour les fumigènes, 200e d'amende pour les stupéfiants.

***
3ème cas : Bruno est accusé d'avoir « participé à un groupement en vue de commettre des violences » (en gros).

Il s'est fait arrêter vers 19h, lors d'une charge de policiers au milieu d'un groupe. Soi-disant il courait pour s'enfuir, lui affirme qu'il marchait. Il a pris à ce moment un coup de matraque dans la tête. Il avait un masque à gaz et des lunettes de protection. Le dossier comporte une photo de cailloux et morceaux de tuile trouvés dans sa poche.

Il affirme que c'est un policier à moto qui lui a mis ces cailloux dans la poche, disant « tu vois ce caillou ? Ça, c'est à toi » .

Il n'est pas poursuivi pour le masque à gaz ni les lunettes.

Le barreau dit qu'il y a des images d 'hélico qui montrent des gens ramasser cailloux et débris de tuiles tout près de l'endroit où il s'est fait arrêter.

Bruno affirme qu'il n'était pas avec eux, qu'il n'a rien fait. Il n'y a aucune image où il est identifié.

Le barreau montre clairement qu'ils ne croient pas à sa version des faits.

Il travaille depuis plusieurs années dans l'aéronautique, a travaillé à l'étranger, est actuellement sans emploi depuis novembre. Il a cinq petites infractions sur son casier, relatives à des infractions routières, de l'alcool, des stupéfiants.

Le procureur dit qu'il ne comprend pas ce style de défense, cette façon de ne pas vouloir assumer, il a été interpellé avec des cailloux, « ce n'est pas grave en soi ». Il demande 4 mois de prison avec sursis et une amende de 500e.

Verdict : 1 mois ferme ( il n'aurait pas droit au sursis car il est soumis à une mise à l'épreuve depuis 2014), possiblement aménageable en TIG, bracelet électronique ou autre, à voir avec le juge d'application des peines.

****
4ème cas : Julien est accusé de transport de matériaux destinés à des engins pyrotechniques, dans un contexte où un arrêté est passé, interdisant détention et vente d'engins pyrotechniques, de carburant et d'acides .

Il a été arrêté à 15h devant les Quinconces. Il précise qu'il avait 2 fusées sifflantes qui n'explosent pas, amenées pour l'ambiance festive. Le barreau ajoute que la détention d'engins pyrotechniques et de fumigènes n'est pas mentionnée dans l'arrêté (seulement la vente ?).

Il travaille dans une scierie en CDI, a fait construire sa maison, est en couple avec deux enfants.
Le procureur demande 3 mois de sursis et 300 euros d'amende.

Verdict : Relaxe

***
5ème cas : Thibaut a été interpellé à la manif avec le visage partiellement dissimulé (avec un cache col de ski) et des cailloux dans la poche. Il dit qu'il « avait pris un flashball dans le cul » et des cailloux de la part des manifestants. Il n'avait rien fait mais ça l'a énervé, alors il a rempli sa poche de cailloux. Il était en train de partir, un caillou est tombé de sa poche, il s'est fait arrêter.

Il a dans son casier une détention d'arme catégorie C et une détention de stupéfiants, pour ça il a eu une mise à l'épreuve de 3 ans qui est terminée. Je n' pas noté la peine qu'il a eue pour cette infraction. Il était chef d'équipe de nettoyage de conduits d'air depuis 8 ans, a quitté cet emploi en restant prestataire de son ancien patron, pour monter son autoentreprise. Il habite seul, sans enfant.

Le procureur demande l'utilité de ces cailloux dont certains font 5*5cm : « j'étais énervé, j'avais bu un peu ». Le procureur : « Vous êtes tous des petits poucets » (Véridique !). Disant que ces explications sont vaseuses, le procureur demande 4 mois de sursis et 400e d'amende. L'accusé : « Je trouve que c'est un peu long ».

Verdict : Coupable, 500e d'amende.

***
6ème cas : Justin a été interpellé à la manifestation avec un masque et un casque, des boulons, 37 écrous, 97 billes et des calots. Il affirme que c'est son sac à dos de boulot, qu'il avait récupéré des boulons et écrous pour chez lui. Le barreau demande si c'était pour lancer, il répond « Pas forcément ». Si il avait jeté des projectiles dans les manifs d'avant : « Non ». « Vous venez armé ? » « Pour moi ce sont des projectiles mais pas des armes ».

Justin est un jeune de 28 ans, d'origine asiatique, au casier vierge. Il a quitté depuis peu son emploi de plombier en CDI, a acheté un garage qu'il rénove, est en couple, ans enfant, sa compagne travaille.

Un magistrat demande pour quelle raison il est parti manifester. Il répond que c'est contre le gouvernement, à cause de « ce qu'on vit ».

Il ajoute qu'il a discuté avec l'OPJ pendant sa garde à vue, qu'ils ont eu des échanges intéressants. « ça m 'a ouvert les yeux sur mes bêtises ». Il dit qu'ensuite il n'est plus retourné manifester.

Le magistrat commente : Certaines revendications sont légitimes, le problème c'est que le mouvement dérive, les gilets jaunes refusent le dialogue. (Sic).

L'accusé répond qu'il se retrouve dans certaines revendications, comme pacifiste.

Le procureur dit qu'avec cs explications plus politiques, on peut comprendre certaines choses. Il requiert 3 mois de sursis et 300 euros d'amende.

Verdict : Coupable, 3 mois de sursis et 300e d'amende.

****
7ème cas : Thomas est accusé d'avoir participé à un attroupement, sans porter d'arme lui-même, et de ne pas avoir obéi à la sommation de dispersion, toujours à la manifestation du 8 décembre.

Dans le PV de l'arrestation, une arme est mentionnée : il s'agit d'un appareil photo (!).

Ce chef d'accusation ne sera pas retenu par le tribunal.

Thomas, étudiant en audiovisuel, se trouvait en marge de la manifestation, il dit qu'il ne participait pas à la manifestation.

« Pas de gilet ? » demande le magistrat ? « Non ».

Il avait un appareil photo argentique en main, « perdu » (pris par les policiers?) , et un second dans le sac à dos.

« Je n'ai pas entendu les sommations, j'ai juste vu les policiers charger et envoyer des flashballs. ».

Le magistrat précise qu'il manque le feuillet sur les conditions d'interpellations qu'on aurait dû lui transmettre. Le procureur hausse le épaules.

L'accusé : « J'ai été plaqué au sol, on m'a enlevé mes chaussures, je ne les ai jamais retrouvées ». Le magistrat demande si ces photos étaient une démarche personnelle ou pour un organe de presse.

Thomas répond que c'est une démarche personnelle et artistique.

Il a 20 ans, son casier est vierge. Il est en relation sentimentale, sans enfant.

Le procureur demande 1 mois sursis. (Fou !).

Verdict : Relaxe.
***
8ème cas : Jordan a été interpellé le 8 Décembre à 19h50 place Pey Berlan, assis devant le parking, attendant de pouvoir récupérer sa voiture. Il avait dans son sac un paintball, avec ses cartouches de gaz et ses billes de peintures.

Il avait aussi un masque.

Il explique qu'il comptait participer à une partie de paintball le lendemain, à Mont de Marsan, et qu'il profitait de passer à Bordeaux centre pour faire réviser ce paintball.

Il a participé à la manifestation des gilets jaunes.

Ce jeune de 26 ans, originaire du Burkina Faso, a déjà subi 9 condamnations (vol, violences, défaut d'assurance...) depuis l'année 2012, où il vivait en foyer. Il a respecté toutes les décisions judiciaires le concernant. Il vit en couple, est préparateur automobile dans un garage, en CDI.

Le magistrat lui demande combien il gagne : il répond 1400 euros.

Le procureur requiert 2 mois ferme et interdiction de port d'arme pendant 1 an.

Jordan ajoute que le paintball est une arme de catégorie D, qu'on a le droit de l'avoir et de le transporter, et qu'il n'a pas manifesté d'opposition lors de son arrestation.

Verdict : Coupable, 100e d'amende, interdiction de port d'arme pendant 6 mois. Le magistrat précise que non, on a pas le droit de se promener avec un paintball.

***
9ème cas : Worssman a été arrêté le 8 Décembre à 21h30. Il n'avait aucune arme, déambulait avec son gilet jaune après la manifestation, a commencé à boire. Il a rencontré un jeune qui lui a demandé du feu. Ce jeune essayait d'allumer quelque chose. Il lui a dit qu'il n'avait pas de feu.

Quelques instants plus tard, il s'était éloigné, il a été violemment plaqué par un agent de a BAC, dans le dos. Son téléphone a été cassé lors de son arrestation.

Le procureur demande de requalifier l'accusation en « tentative d'allumer un feu ».

L'accusé : « Je conteste, j'étais seulement à côté ».

Cet homme de 52 ans est agent territorial, il ne vit pas en couple mais a 2 enfants de 25 et 15 ans. Il a la garde alternée de sa fille de 15 ans.

Le procureur demande 4 mois de sursis (!!!).

Verdict : Relaxe.

***
10ème cas : Janis a été arrêté le 8 Décembre en possession d'un shocker (petit tazer de contact). Il set accusé d'outrage pour avoir fait des doigts d'honneur à des policiers.

Il explique que lui et ses amis étaient sur le trottoir dans une petite rue, et qu'ils ont été rasés par une voiture de la BAC qui roulait très vite. Il raconte qu'un de leurs amis s'était fait arracher le nez dans la manifestation.

Il ajoute que l'arme dont on parle lui a été laissée par un ami qui quittait la manifestation, « au cas où », que c'est petit, qu'il s'utilise en défense. Le magistrat demande si c'était pour tazer des policiers, Janis répond « non, pas du tout ».

Janis vit avec sa copine et leur fille de 19 mois.

Son avocat explique qu'il est ouvrier à Emmaüs, comme constructeur de logements sociaux et est confronté au quotidien à la précarité, ce qui explique son engagement avec les gilets jaunes : Il n'est pas là pour casser et se battre mais pour exprimer un ras-le-bol. Il représente cette classe moyenne « - » comme 90% des gilets jaunes qui manifestent le samedi.

Il termine en disant que ces manifestants font face à un pouvoir politique sourd, dont la seule réponse est la répression politique, et que rien n'est fait.

Le procureur demande « pour ce geste idiot », 4 mois de sursis, 500e d'amende, et l'interdiction de port d'arme pendant 1 an.

L'avocat dit qu'il ne demande pas la relaxe, mais qu'1 mois avec sursis lui semblerait plus raisonnable.

Verdict : Coupable, 4 mois de sursis, interdiction de port d'arme pendant 1 an.

***
11ème cas (l'accusé est absent) : Emmanuel a participé au groupement avec de petits fumigènes et un masque des anonymous.

Le procureur demande 2 mois de sursis.

Les magistrats n'arrivent pas à avoir accès au casier et le considèrent donc comme vierge.

Verdict : Relaxe.

***
12ème et dernier cas (l'accusé est absent) : Christian est resté face aux CRS, effectuant un sitting, lors de la manifestation.

Après les sommations de dispersion, il a persisté.

Les CRS ont chargé et c'est là qu'il a été interpellé. Son casier comporte une amende de 500e pour vol de véhicule.

Verdict : 60e d'amende.

***
Voilà... Désolée d'avoir mis si longtemps à fournir ce compte rendu, j'espère que ça vous donnera une idée du traitement judiciaire qui peut être appliqué aux gilets jaunes.

Cependant je pense que c'est vraiment du cas par cas, que tout dépend des magistrats du procès, des consignes politiques, de la défense, des situations personnelles et des casiers des accusés.

Ce que je remarque à titre personnel, c'est que le procureur demande des peines élevées, disproportionnées à l'égard des militants interpellés, qui sont des boucs émissaires car ils n'ont pas fait pire que beaucoup d'autres manifestants !

En vérité c'est plus pour leurs « bagages » que pour des faits qu'ils ont été condamnés : Où sont les preuves d'actions violentes ??? Heureusement que quelques relaxes ont été prononcées, mais c'est la moindre des choses.

Le droit à manifester est sérieusement menacé.

Tous ces manifestants ont fait de la garde à vue, malgré l'innocence de la plupart .

Certains ont subi des violences policières, intimidations, insultes dont il n'a pas été mention au tribunal. Bruno, qui affirme avoir été victime de falsification de preuves a été méprisé et condamné sans preuve.

Certaines irrégularités n'ont pas été soulignées suffisamment, et les victimes d'abus policiers n'ont pas eu réparation ( téléphone cassé, appareil photo et chaussures « disparues », violences disproportionnées...).

Cette justice à deux vitesses ne se donne pas la peine de prouver ses accusation, et la présomption d'innocence est bafouée.

Il peut y avoir quelques imprécisions, mais je me base sur des notes prises au fur et à mesure au tribunal, donc globalement c'est ça.

OSEF

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 13:09

Témoignage reçu le 2 mai 2019

Bonjour,

Suite au conseil et à la rencontre de personnes présente devant le commissariat ce matin je vous fait parvenir mon témoignage suite à une blessure légère de LBD.

Comme la plupart des manifs le samedi, je suis présent pour filmer le déroulement de la manifestation.

Dans l’après-midi, le cortège arrive sur la place Meynar depuis la rue Gaspard Philippe.

Il prend ensuite la rue des Faures où un barrage de police en bout de rue nous empêche d'aller plus loin et d'atteindre le cours Victor-Hugo.

Je ne sais pas si ce sont des pétards ou des bombes lacrymo qui explosent entre le cortège et la police, mais suite à ça la police a envoyé des lacrymo.

Le cortège a reculé sur la place Meynard et les LBD se sont déchainés.

Me protégeant derrière une borne, je continue à filmer mais voyant les policiers charger et se rapprocher de moi, j'ai l'instinct de m'enfuir dans le sens opposé et c'est la dans ma course que j'ai reçu le tir de LBD dans le mollet.

Je vous met le lien de ma vidéo sur youtube où tout est filmé, la scène de la charge étant en fin de vidéo.

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 10:05

Cagnotte de soutien pour F. :
https://www.leetchi.com/c/floriane-flash-ball-frais-avocats

******

Reçu le 6 février 2019

Tir de LBD dans le mollet 12 janvier 2019

Bonjour,

Je vous contacte sur les conseils d'une amie.

En effet, pour faire simple, samedi 12 janvier 2019 vers 18h45/19h, mon mari, un ami et moi partions de Pey Berlan à Bordeaux, nous n'avions plus nos gilets jaunes.

Nous étions rue Duffour Dubergier, sur le trottoir, pas au milieu de la rue, pas en train de soulever les voitures ou casser, lorsque les forces de l'ordre (BRI ? selon mon mari) sont arrivés par la rue du loup.

Ils ont tiré au flash ball direct, sans sommation et sur les civils.

Un homme a reçu une balle et a crié. Mon mari s est arrêté pour l'aider. Moi aussi. Voyant les street medic arrivés, les flash ball fusant de partout, nous sommes repartis.

Et c'est là que j'ai été touchée au mollet.

Nous avons entendu d'autres tirs autour de nous, amortis par les panneaux de signalisation...

Depuis c'est un engrenage infernal.

La blessure à fait un énorme hématome, une énorme cloque (phlyctène).

Jeudi 16 janvier, mon médecin traitant l'a percée et m'a fait une ITT de 3 jours.

Depuis lundi 21 cela se dégrade encore. La plaie a suinté ce qui m'a obligée à aller aux urgences. Mercredi soir l'infirmière a domicile découvre une nécrose !!!!

Jeudi matin 24 janvier, un chirurgien plastique à donc enlevé la nécrose, sans anesthésie générale car je ne sens rien tellement c'est mort. Greffe de peau dans quelques jours... si je n ai pas de complication entre temps...

Depuis, j'ai des soins infirmiers quotidiens, des détersions par le chirurgien hebdomadaires....

Je viens vers vous car j'entends que ceux qui déposent plainte peuvent être mis en garde à vue, portable saisi... je n ai rien à me reprocher mis à part ma participation à 3 actes aux manifestations gilets jaunes. pas de casse, pas de pavé lancé, juste marche en chanson et un flash ball dans le mollet au moment de partir de l'acte IX.

J'ai vu un avocat qui me demande 3000 € pour lancer 2 procédures : 1 au pénal qui n'aboutit surement pas, mais qui va permettre de récupérer des preuves pour l'autre, à savoir récupérer tout ce que je dépense et perd dans cette affaire (arrêt de travail, franchises, médicaments non remboursés, préjudice... ... ...)

Je vous remercie d'avance de vos conseils et de ce que vous pourrez faire pour moi. Merci pour votre aide.

F.

****
Après lui avoir envoyer quelques conseils et surtout les coordonnées d'un autre avocat, nous reprenons contact pour savoir où elle en est.

Réponse reçu le 28 février 2019

 Bonjour,

Merci de prendre des nouvelles.

J'ai été opérée pour la greffe de peau vendredi 22 février.

Depuis, je suis obligée de dormir sur le canapé, car plus proche des toilettes. Je ne peux ni marcher, ni poser le pied à terre. La plaie où ils ont pris le greffon est extrêmement douloureuse...

De plus, j'ai perdu mon grand père et à cause de cette blessure, je n'ai pu aller aux funérailles.
Je t'avoue que le moral flanche, mais j'ai un mari adorable et des infirmières à domicile dévouées.

Pour le suivi en justice, j'ai pris contact avec maître Wendling Manon. On a convenu de se voir dès que je pourrai marcher.

Le Défenseur des Droits a été saisi et j'ai reçu hier un courrier pour leur envoyer le plus de doc possible.

Mon signalement à l'IGPN est pour l instant muet... pas de retour...

En ce qui concerne mon témoignage, tu peux bien sûr utiliser ce que l'on s est dit. J'aimerai parler mais je ne suis vraiment pas apte à me déplacer... quelle galère.

J'espère que l'avocate sera indulgente pour les frais car ma cagnotte n'est pas bien élevée (environ 300 €)...

Voilà.  Je suis donc en arrêt de travail depuis vendredi, opérée, douloureuse ++++, handicapée et immobile (fauteuil roulant pour aller à l'hôpital et béquilles pour aller aux wc).

Merci encore et bonne journée.

Cagnotte de soutien pour F. :
https://www.leetchi.com/c/floriane-flash-ball-frais-avocats

Bises

F.

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 08:36

Bonjour,

Suite à ma visite de la permanence du collectif Lundi dernier, je vous envoie mon témoignage concernant des violences policières et vous dit. A bientôt !

*****
Témoignage

J’ai voulu manifester pacifiquement pour un monde meilleur, j’ai subi des violences policières et fait 20 heures de garde a vue.

Le 02 Février 2019 je me suis rendu a la manifestation des Gilets Jaunes à Bordeaux.

Vers 16h la place de la Victoire est le théâtre de scènes de violence entre manifestants et policiers.

J’observe la scène en restant à l’écart afin de pouvoir fuir en cas de charge des CRS. Je chante avec les manifestants des chants anti-police en levant mon majeur en l’air (sachez que le premier week-end de manifestations je n’avais absolument rien contre les forces de police mais à force de les voir se comporter comme des cow-boys je n’hésite pas à chanter contre eux… C’est juste un chant après tout…).

La situation dégénéré à la Victoire, des gaz lacrymogènes envahissent la place et les CRS chargent sans faire de détail…

Je retourne avec d’autres manifestants dans un coin plus tranquille.

Vers 18h30 je décide de rentrer chez moi.

Alors que je suis le seul a porter un gilet jaune et que j’arrive vers la place des Capucins, un groupe de CRS sort de la rue en face. Je les garde a l’œil mais continue a marcher tranquillement.

Soudain je vois que deux policiers me fixent en se parlant. Puis ils se mettent à courir vers moi. Je regarde autour de moi et me rends compte que je suis le seul avec un gilet jaune. C’est pour moi.

Je commence à courir aussi vite que possible et au bout de 300 m je me retourne et vois les deux policiers a 5 mètres derrière moi !

Je décide de tourner dans la ruelle de gauche mais je glisse…

Je me mets en boule au sol et les deux policiers fondent sur moi. Ils sont visiblement très énerves et me demande de me relever.

Je sais qu’en étant au sol avec les mains visibles les policiers n’ont pas le droit de me frapper.

Ils me tirent par les bras et m’obligent a me lever.

Je prends un violent coup de poing par derrière dans la tête.. ‘’Et allez ça commence’’ … Puis un des deux flics m’empoigne et me pousse violemment contre un mur .. ‘’Et Allez !’’ …

Ils me mettent les menottes en me serrant le bras très fort - je pense que si je ne hurle pas à ce moment ce gentil petit policier m’aurait pète le bras… - et me demandent de rester en tailleur au sol. Je m’exécute pendant que tout un régiment arrive autour de moi, empêchant un jeune couple de filmer la scène grâce à des menaces de coups de matraque (les policiers n’ont normalement aucunement le droit de demander à un citoyen de ne pas le filmer).

L’un des policiers me demandent mon identité.

Policier : Nom ? Prénom ? Adresse?

Je lui donne mon non nom / prénom et quand vient l’adresse je lui donne aussi mais un autre flic me dit : ‘’ je vois où tu habites et on va se retrouver et devenir meilleurs amis… Je vais venir chez toi et te défoncer.’’

Je le regarde incrédule, je vois dans ses yeux le néant donc je ne sais pas si cette menace est a prendre au sérieux.

Je regarde tous les autres policiers autour et leur demande si c’est normal qu’un policier dans l’exercice de ses fonctions se permettent de dire de telles choses. Ils font les sourds et regardent ailleurs. Bande de lâches.

Deux minutes plus tard un camion blinde de la gendarmerie vient me prendre et m’emmène au poste de police.

Je passerai 20h en garde a vue et serai convoqué devant un juge pour ‘’outrage a agent’’, je risque 1 an de prison et 15000 euros d’amende.

M.

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 15:30

Bonjour,

Frédéric Roy a eu la main arrachée par une grenade place Pey Berland lors de l’Acte III des Gilets Jaunes à Bordeaux, le 1er décembre 2018.

Si beaucoup de vidéos et de témoignages ont circulé sur Facebook au moment des faits, nous n’arrivons pas aujourd’hui à en retrouver les traces.

Frédéric en aurait besoin pour constituer son dossier de plainte.

Vous trouverez téléchargeable ici le modèle d'attestation de témoin à remplir si vous êtes prêts à produire un document écrit.
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R11307

Merci de nous le renvoyer à :
collectif.clap33@gmail.com

Pour les images et les vidéos, merci de nous contacter :
collectif.clap33@gmail.com

Vous trouverez ici un lien vers un article où Frédéric raconte :
https://www.liberation.fr/france/2019/01/17/violences-contres-les-gilets-jaunes-toutes-les-chairs-etaient-brulees-j-ai-ete-ampute-au-niveau-du-p_1703705

Un lien vers sa cagnotte :
https://www.leetchi.com/c/solidaritepourfrederic

Merci de faire suivre dans vos réseaux !

Solidairement,

Le collectif Contre Les Abus Policiers – C.L.A.P33 - Bordeaux

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11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 13:22

Communiqué du collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33)
Le 11 Octobre 2017

Dernière sommation
 
Bonjour,
 
Le collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33) suspend pour un temps indéterminé ses activités (tous les détails ci-dessous)
 
Nous invitons les victimes de violences policières qui cherchent conseils et soutien en vue de se défendre sur le plan juridique à se rendre ICI. Vous y trouverez toutes les démarches à entreprendre.

Vous trouverez ici informations et conseils pour les Garde A Vue et manifestation.
 
Par ailleurs, vous pouvez aussi contacter m., victime et membre du collectif,  pour échanges et conseils à l’adresse mail :
orchestre.poetique.bx@gmail. com
 
Elle  reste disponible comme personne ressource pour témoignage, débats, partage d’analyses sur l’Etat policier et la société de contrôle.
 
DERNIERE SOMMATION
 
C.L.A.P. 33
Le 15 mai 2009 à Bordeaux, nous individu-e-s libres et autonomes, ayant renoncé dans ce cadre à leurs étiquettes politiques, syndicales et associatives, nous sommes constitué-e-s en collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33) en solidarité à Myriam E. (m.), victime de coups et blessures et à toutes les victimes de violences et d'abus de pouvoir émanant des forces de l'ordre.
 
 
1ère sommation
2017, nous prenons le courage de la lucidité face à un grave et crasse constat que nul ne peut plus ignorer, s’il use un tant soit peu de la plus mesurée de ses libertés individuelles ou collectives.
 
Nul-lle ne peut plus ignorer les abus, violences et crimes policiers.
Nul-lle ne peut plus ignorer les victimes de toutes les formes de répression et d’oppression.
Nul-lle ne peut plus ignorer les technologies qui nous manipulent, nous contrôlent et nous privent d’autonomie.
Nul-lle ne peut plus ignorer que nous vivons sous une forme nouvelle de dictature silencieuse, participative et consentie mais toujours totalitaire.
 
Après presque 10 ans, issu-e-s de métissage de ces nuls-lles, à ce jour :
nous constatons la radicalisation de la police au service d’un état autoritaire ;
nous n’oublions pas les vies volées, les victimes de violences et crimes policiers ;
nous partageons la douleur de deuils dus à une politique raciste, ségrégationniste et systémique d’une France malade de ses passé et  présent coloniaux ;
nous sommes détenus en état d’urgence permanent, prolongement d’une forme acceptable d’un état policier décomplexé ;
nous observons la fabrication d’un ennemi intérieur et  nous nous demandons à quel moment nous serons nous-mêmes désignés comme cet ennemi ;
nous savons que l’état est à la botte de la filière économique « Sécurité » et que les politiques sécuritaires sont les leviers d’un marché juteux en pleine croissance ;
nous voyons lentement mais sûrement les juges dépossédés de leur pouvoir judiciaire parce que celui-ci est détourné au profit du pouvoir exécutif ;
nous expérimentons les faibles capacités de résistance et d’actions des personnes ordinaires face à la domination des technologies de surveillance globale mais désormais légalisées ;
nous pouvons témoigner d’un instant T violent et significatif de la société de contrôle ;
cibles et marchandises, nous éprouvons ses formes multiples qui aboutissent à notre criminalisation, notre exclusion, la confiscation de la justice et de nos libertés, la militarisation et la privatisation de nos espaces publics.
 
Sans Sommation
Nous suspendons pour un temps indéterminé cette expérience collective totalement horizontale, libre et créative.

Dans la bonne humeur, tout en n'oubliant pas la gravité de l'engagement qui nous réunissait, nous avons échangé nos idées et éprouvé notre vigilance face aux tentatives (mal)habiles de l'Etat Policier de légitimer son existence et ses actes.

Nous avons veillé, partagé et par là, alerté les individu-e-s sur les multiples formes d'oppressions, de contrôle et de domination.

Nous avons témoigné de la surveillance et de la répression dont font l’objet celleux  qui les refusent et les dénoncent publiquement.

Nous avons animé localement des actions concrètes et non violentes pour rendre hommage aux victimes assassinées, blessées, emprisonnées, condamnées, harcelées, stigmatisées... par la police et la justice et pour dénoncer la violence et le racisme d'État.

Nous avons créé des outils pour aider les victimes, pour diffuser leur parole, mis en ligne plus de 7000 articles concernant autant les violences policières que les lois liberticides qui ont jalonnées les huit années d’existence de notre collectif.

Avec les moyens du bord, nos actions se sont inscrites dans une dynamique locale, nationale mais aussi internationale.

Nous saluons nos camarades québécois qui nous ont donné l’idée  d’organiser en France les journées du mois de mars contre les violences policières.

S’il existe à Bordeaux  une volonté de poursuivre nos actions, nous serions heureux de partager notre expérience et notre réseau.

Nous nous autoriserons aussi réactiver notre collectif si nous sentons la nécessité de se servir de cet outil et des champs d’actions et de réflexions qu’il offre.
 
Dernière sommation !
Notre pire ennemi reste la résignation

Riches de cette expérience collective, nous sommes toujours attaché-e-s à ne pas jouer le jeu de l'acceptation silencieuse et passive. Cet engagement se manifestera sous de nouvelles formes, là où nous continuerons d'interroger et d'éprouver notre liberté.
 
« Créer c'est résister, résister c'est créer », nous sommes persuadés que chacun-e de vous peut trouver en lui les ressources pour incarner cet héritage et même l’énergie de le vivre collectivement.

Tant de lieux attendent d’être habités sans mot d’ordre par votre intelligence et votre imagination.
 
Nous encourageons les familles de personnes décédées, les victimes, leurs proches et leurs soutiens à s’organiser et à s’exprimer.
 
Nous saluons solidairement tous les collectifs, associations, individus qui aujourd’hui savent et font. Vous êtes légitimes.

Nous saluons solidairement tous les lieux qui nous ont accueillis, toutes les mains tendues et saisies. Vous êtes précieux.
 
Merci à tous ceux qui ont contribué à enrichir et animer le C.L.A.P.33 dans le respect des modalités que nous avons toujours défendues : la non-violence, la bienveillance, la juste colère.
 
Crimes policiers, Répression : il faut qu'ça cesse !
 
Nous n’oublierons pas que le 19 mars 2009 !
 
Pour votre sécurité, retrouvez votre humanité.

Le collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33)
http://clap33.over-blog.com/

Notre manifeste
https://www.scribd.com/document/361318832/Manifeste-du-collectif-Contre-Les-Abus-Policiers-de-Bordeaux-C-L-A-P33
 
Respirez plus fort que le souffle du bourreau
https://www.scribd.com/document/361312996/Respirez-plus-fort-que-le-souffle-du-bourreau-A-Nos-Victimes

Victime : les démarches
https://fr.scribd.com/document/82651632/Mini-Guide-Juridique

Conseils manifestation/Garde A vue
https://www.scribd.com/document/361312488/Conseils-Garde-A-Vue-Manifestation

Le cas m.
http://soutien-m.over-blog.com/de-l-oppression-%C3%A0-la-r%C3%A9pression-m.-dans-l-oeil-du-viseur

Nos vidéos
https://www.youtube.com/playlist?list=PLB-kKjZPEBpV_heuZuWvwn_7e3qGhBnmD

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:02

Bordeaux - 21 avril 2017

m. - porte-plume & porte-voix pour O.P.A - témoigne après son procès gagné contre l'Etat pour les violences policières qu'elle a subies en 2009.

Un des objectifs du collectif Contre Les Abus Policiers est atteint !

Merci à toutes et tous de vos soutiens !

Complément d'info :
De l'oppression à la répression, m. dans l'oeil du viseur

http://soutien-m.over-blog.com/de-l-oppression-%C3%A0-la-r%C3%A9pression-m.-dans-l-oeil-du-viseur

http://clap33.over-blog.com/

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 16:55

Le 14 avril 2017

Myriam Eckert vient de remporter coup sur coup deux victoires judiciaires de taille. Après sa récente relaxe avec deux camarades du Dal, elle fait condamner l’Etat pour faute lourde suite à une interpellation sanglante.

Après avoir été acquittée en appel le 23 mars avec deux militants du Droit au Logement (voir encadré), la militante bordelaise vient de faire condamner l’Etat pour des violences policières en 2009.

Plaquée au sol en 2009

Pour le tribunal de grande instance de Bordeaux, les violences qu’elle a reçues lors d’une charge offensive des CRS ne peuvent être contestées puisqu’elle n’a eut aucun comportement « permettant de considérer que le coup de matraque qui lui a été porté revêtait un caractère nécessaire proportionné » décrit le délibéré.

La cour ajoute : « Les certificats médicaux corroborent le caractère excessif et disproportionné de la violence employée ».

Myriam Eckert avait été placée en incapacité totale de travail (ITT) durant 7 jours. Elle s’était retrouvée évanouie, plaquée au sol, menottée puis conduite au commissariat, « sur la base de mentions erronées » note le TGI, avant d’être placée en garde à vue où l’officier de policier judiciaire la conduira au CHU Pellegrin.

Les pieds sur terre en 2017

Myriam Eckert a sa sortie de garde-à-vue le 20 mars 2009 (DR)

Pour le tribunal, le matraquage et l’interpellation de la femme alors ensanglantée rendent l’Etat responsable d’une faute lourde. Des dommages et intérêts à hauteur de 7000 euros lui seront versés. Pour Myriam Eckert, la victoire judiciaire est évidemment un soulagement. Elle salue le travail de son avocat Maitre Ophélie Berrier et garde les pieds sur terre :

« Je pense toujours aux victimes qui n’ont pas eu cette justice mais aussi aux prochaines qui pourront faire valoir leur droit. Pourquoi moi j’ai cette chance ? On profite de cette justice mais on s’interroge toujours pour ceux qui ne l’ont pas eue. »

L’Etat peut encore faire appel de sa décision.

Le collectif Contre les abus policiers (Clap 33), créé suite à ces agressions, continuera sa bataille pour défendre les violences subies par la population.

****
Fin mars, une première victoire au goût amer

Le 23 mars dernier, trois militants du Dal étaient acquittés par la cour de cassation. Au départ, ils étaient 5 à être accusés d’avoir réquisitionné un logement inoccupé, rue Planterose à Saint-Michel, en 2013.

En première instance, ils avaient été condamnés à trois mois de prison avec sursis pour violation de domicile. En appel, la condamnation est confirmé bien qu’allégée. En cassation, l’avocat général avait demandé la relaxe pour les trois militants qui avaient pu se pourvoir. Relaxe finalement obtenue.

Au délibéré de la cour de cassation, le sentiment de Myriam Eckert était paradoxal. La joie de sa relaxe ne masquait pas sa désolation de savoir les deux autres militants définitivement condamnés à 7000 euros « alors qu’on voit bien que le dossier est vide ».

« La seule personne qui aurait pu être condamnée, c’est le préfet qui ne fait pas valoir le droit d’asile et ne s’occupe pas de loger les gens » s’agaçait alors la Bordelaise.

Source :
http://rue89bordeaux.com/2017/04/letat-condamne-violences-policieres-bordelaise/

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 17:45

Bordeaux, le 11 février 2017

« Nous ne sommes plus dans un état de droit mais ce sont les policiers qui se font droit. »
Maitre Ophélie Berrier – Avocate de m. – Extrait de sa plaidoirie.

Le jeudi 9 février 2017, m. a assigné l’Etat au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux pour faute lourde dans le cadre des violences policières qu’elle avait subies le 19 mars 2009.
Lire ici :
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/jeudi-9-fevrier-2017-bordeaux-violences-policieres-l-etat-en-proces.html

Dans l’œuf fragile du tribunal, la parole est d’abord donnée à Maitre Charlotte Panighel, défenseuse de l’Etat. Elle tente vainement de faire valoir l’incompétence du tribunal mais la juge la recadre vertement, lui rappelant que cette requête arrive trop tard et que le procès va se poursuivre.

Il ne reste plus à Maitre Panighel qu’à plaider et que peut-elle dire pour défendre l’indéfendable ? La même litanie qu’avait fait sienne à l’époque la Direction Départementale de la Sécurité Publique, à savoir que « certains [manifestants] avaient revêtu des foulards et des écharpes pour se dissimuler le visage dans un mouvement de progression paraissant vindicatif vers les effectifs de Police ».

m. (avec le keffieh) peu avant son arrestation à visage découvert !

A l’entendre, m. et ses camarades avaient clairement l’intention de s’opposer physiquement à l’expulsion.
Selon elle, ce soir-là, face à cette situation de tension, les crs ont fait leur boulot.

Quand l’avocate de m. prend la parole, c’est pour rappeler qu’ici, ce ne sont pas les crs qui sont mis en cause. Quatre d’entre eux, susceptibles d’avoir porté les coups, ont bénéficié de non-lieu depuis longtemps.
C’est l’Etat qui est désigné comme responsable des manquements graves et de la désorganisation de ses services. Blessures, arrestation, menottage, garde-à-vue, absence de soins… Rapport du Défenseur des Droits en main, Me Berrier déroule l’évidence de la bavure.

L’évidence aussi d’une impunité qui n’est plus acceptable.

Car dans l’œuf fragile du tribunal planaient les fantômes de Lamine, D’Ali, de Babakar, d’Adama, d'Amine, d'Hakim, de Mamadou, de Rémi et de tant de morts sans justice, les présences diffuses de Geoffrey, de Joachim, de Maxen, de Théo et de tant de blessé-e-s sans justice...

Et c’est en pensant à toutes ces victimes d’une guerre qui ne dit pas son nom que m., son avocate et les soutiens quittèrent le tribunal.

Le délibéré sera rendu le jeudi 13 avril 2017.

D’ici là et au-delà, « ne rien lâcher, ne pas rechigner à la tâche ».

Le collectif Contre Les Abus Policiers
http://clap33.over-blog.com/

L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A
http://www.opa33.org/

****
Revue de presse du procès

[Vidéos]

m. & Maitre Berrier à la sortie du tribunal
https://youtu.be/YOdOJldRRkM

m. témoigne lors du rassemblement de soutien à Théo
9  février 2017 - TB33
https://youtu.be/qLQyyNlCz90

[Articles]

Elle assigne l’Etat
Sud-Ouest - 9 février 2017
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/elle-assigne-l-etat.html

« Ils me frappaient alors que j’étais au sol et évanouie »
Rue89 - 9 février 2017
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/proces-de-violences-policieres-ils-me-frappaient-alors-que-j-etais-au-sol-et-evanouie.html

m. à Bordeaux engage la responsabilité de l'Etat devant la justice
France Bleue Gironde - 9 février 2017
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/violences-policieres-myriam-a-bordeaux-engage-la-responsabilite-de-l-etat-devant-la-justice.html

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 17:41

Yep !

Jeudi 9 février 2017 - Place St Michel - m. interviewée par Sandra de TB33lors d'un rassemblement de soutien à Théo.

Source :
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/video-m.temoigne-lors-du-rassemblement-de-soutien-a-theo.html

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 17:38

Yep !

Bordeaux  - Conférence de presse le 9 février de m. et de son avocate Maitre Berrier à la sortie de l'audience où elles ont attaqué l'Etat pour dysfonctionnement grave.

Source :
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/video-m.maitre-berrier-a-la-sortie-du-tribunal.html

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:41

Par Xavier Ridon, le 09 février 2017

Le procès des violences policières subies par Myriam Eckert s’est ouvert ce jeudi au TGI de Bordeaux, près de 8 ans après les faits. La militante veut faire condamner l’Etat dans un contexte de dénonciations des actes dont ont été victimes Théo à Aulnay-sous-Bois ou des opposants à la Loi Travail, et qui ont tué Adama à Beaumont-sur-Oise.

Myriam Eckert nous dit qu’elle est un peu « tendue » alors qu’approche l’heure d’une audience attendue depuis 8 ans. Le 19 mars 2009, cette militante de Droit au logement (DAL 33) manifestait devant le 127 rue Saint-Genès. Les squatteurs installés dans cet immeuble appartenant à la mairie de Bordeaux, sont en passe d’être évacués. La police intervient quand vers 20h30 un groupe de soutien de quelques dizaines de personnes se forme sur le trottoir en face. Les CRS sont appelés à la rescousse.

Après plusieurs demandes de dispersion, ils chargent.

« Je me suis dis que la meilleure solution était de s’enfuir. Mais visiblement je n’étais pas assez sportive et je cours moins vite qu’une matraque », raconte-t-elle ce jeudi aux journalistes.

Une matraque lui frappe le dos. Elle s’écroule. Au sol, elle se retrouve menottée et les coups pleuvent : « Quatre policiers ont continué à me frapper alors que j’étais au sol et évanouie. »

Un policier de l’IGPN qui enquête sur ces violences lui confirme qu’elle porte « les traces de coups de pieds et de coups de poings ».

Le Défenseur des Droits explique par ailleurs dans son rapport de juillet 2014 : « La réclamante déclare avoir signalé aux policiers qu’elle était blessée et qu’en réponse, ces derniers ont déclaré « c’est bien fait, on t’avait dit de pas rester là ». »

Le visage ensanglanté, elle est tout de même emmenée en garde-à-vue au commissariat de Bordeaux. Le brigadier chef qui la reçoit en tant qu’officier de police judiciaire appelle les sapeurs pompiers qui se chargent finalement de la conduire à l’hôpital Pellegrin.

Violences confirmées, auteur introuvable

Dans la nuit, le fonctionnaire vient lui notifier qu’elle est placée en garde-à-vue pour dégradation de biens privés et violation de domicile, procédure jugée incompatible avec son état par le médecin qui l’examine.

C’est à ce moment seulement qu’elle arrive à se voir dans un miroir : « Ils ont essayé de faire disparaître mon visage. C’est comme ça que je l’ai vécu. En voyant mon visage, je ne me suis pas reconnue. »

Elle a de multiples hématomes sur le crâne et plaies sur le nez et la lèvre supérieure.
http://soutien-m.over-blog.com/19-mars-2009-la-vie-de-m.-bascule

Le lendemain, elle indique au brigadier qu’elle ne compte par porter plainte, mais elle le remercie aujourd’hui : « Si j’ai fini par porter plainte. C’est grâce à ce policier qui m’a interrogé et qui m’a conseillé d’aller au Cauva (centre d’accueil en urgence de victimes d’agression, NDLR). »

Elle reçoit une interruption temporaire de travail (ITT) de 7 jours. Sa plainte est déposée deux semaines après les faits puis, autour d’elle, se constitue le collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P33).

« Les policiers se font droit »

L’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) conduit une enquête. Le Procureur de la République en tire comme conclusion que les violences sont à imputer à un groupe de quatre membres de la CRS 24 sans pouvoir identifier l’auteur du coup. Un an et un jour plus tard, le non-lieu est prononcé.

Elle se constitue partie civile devant le Doyen des juges d’instruction. En 2012, le non-lieu est à nouveau prononcé, toujours par manque d’identification.

Toujours accompagnée par maître Ophélie Berrier, elle tient désormais à engager la responsabilité de l’Etat en demandant une reconnaissance du préjudice subi.

Dans sa plaidoirie, ce jeudi, son avocate veut faire reconnaître « une faute lourde de l’Etat ». Elle reprend à son compte les conclusions du Défenseur des Droits sur la désorganisation des services de l’Etat comme étant « à l’origine de plusieurs manquements » : le brigadier chef n’était pas au courant de l’interpellation ; la dégradation présumée des biens est impossible puisqu’elle était à l’extérieur ; il est impossible de rendre justice pénalement car personne ne saurait qui faisait quoi.

« Nous ne sommes plus dans un état de droit mais ce sont les policiers qui se font droit. »

Cette phrase tonne dans la salle d’audience, alors que l’actualité des violences policières à l’encontre de Théo, habitant d’Aulnay-sous-Bois, met dans la rue plusieurs centaines de citoyens à travers le pays.

« Il faut que les policiers honnêtes témoignent »

A la fin de l’audience, Myriam Eckert commente : « Tous les jours amènent leurs flots de violence. Moi je ne veux pas dire “tous pourris” mais il faut que les policiers honnêtes témoignent et se montrent solidaires des victimes alors que pour l’heure les policiers honnêtes se taisent. »

Défendant l’État, maître Charlotte Panighel du cabinet Marconi tente en vain de soulever une exception d’incompétence avant d’expliquer une autre version des faits : des manifestants qui ne voulaient pas quitter les lieux ce qui « contraint » les CRS à charger et un manque de circonstances exactes expliquant les blessures avec une intervention du Défenseur du Droit qui « ne se prononce pas sur les violences ».

« Il n’y a pas de faute des CRS. Il faut la débouter de ses demandes », conclut l’avocate.

Le délibéré est mis au 13 avril.

Visiblement confiante, entourée de son avocate et d’une dizaine de soutiens à cette audience, Myriam Eckert prévient déjà : « Je suis prête à passer 10 ans encore devant les tribunaux pour que l’État soit condamné. »

Source :
http://rue89bordeaux.com/2017/02/proces-violences-policieres-frappee-au-sol-evanouie2/

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Documentation

ACTIONS C.L.A.P33 & Co...

Guides juridiques - C.L.A.P33
Porter plainte contre la police
Garde A Vue, manifs - Conseils

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Soutien à m.
Nous n'oublierons pas
le 19 Mars 2009 à Bordeaux !

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Violences Policières

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