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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 18:16

Le 2 février 2020

La ministre des armées, Florence Parly, a annoncé dimanche un renforcement de l’opération Barkhane pour lutter contre les actions des groupes djihadistes.

Les forces françaises de l’opération Barkhane, engagée au Sahel contre les actions de plus en plus meurtrières des groupes djihadistes, vont passer de 4 500 à 5 100 hommes d’ici à la fin février, concrétisation militaire de la volonté de la France de renverser le rapport de force sur le terrain.

« L’essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des trois frontières » (Mali, Burkina Faso, Niger), a indiqué, dimanche 2 février, la ministre des armées, Florence Parly, dans un communiqué.

« Une autre partie de ces renforts sera engagée directement au sein des forces du G5 Sahel pour les accompagner au combat. »

Ces 600 militaires supplémentaires, essentiellement au sol, seront accompagnés d’une centaine de véhicules (blindés lourds, blindés légers et logistiques) et seront déployés d’ici à la fin du mois, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source militaire.

Les groupes djihadistes multiplient depuis quelques mois les attaques dans la zone, entretenant une insécurité chronique pour les civils et infligeant des pertes régulières aux armées locales.

La France a elle-même perdu 13 soldats en novembre, dans un accident entre deux hélicoptères au combat.

Depuis, Paris veut donner un coup de fouet à un dispositif que ses détracteurs accusent de s’enliser, et qui suscite de plus en plus de critiques au sein des opinions publiques africaines.

La France n’entend pas s’engager seule

Le président Emmanuel Macron, qui avait déjà annoncé en janvier un renfort de 220 soldats, lors d’un sommet à Pau avec les pays du G5 Sahel (Niger, Mali, Burkina, Tchad, Mauritanie), porte donc au total à 600 le nombre de troupes supplémentaires allouées à Barkhane.

Une « revue d’efficacité » sur ce renforcement est prévue dans six mois.

« Le président veut du résultat », précise-t-on à l’état-major, en évoquant la nécessité du « retour de la gouvernance » dans une région extrêmement vaste et désertique, largement délaissée par les Etats centraux.

« Cette étape majeure de notre engagement au Sahel doit marquer un tournant à la fois dans la mobilisation de nos partenaires européens et la montée en puissance des forces du G5 », précise le communiqué de Mme Parly.

Car si la France s’engage un peu plus, elle n’entend pas le faire seule.

Le Tchad devrait bientôt déployer un bataillon supplémentaire.

Et le gouvernement tchèque va tenter d’obtenir de son Parlement d’envoyer 60 soldats pour la force Takuba, qui rassemblera des unités de forces spéciales européennes.

Paris s’attend par ailleurs à ce que d’autres membres de l’Union européenne suivent rapidement.

De son côté, Florence Parly revient des Etats-Unis où elle a tenté de convaincre son homologue, Mark Esper, de maintenir l’engagement américain en Afrique, crucial pour Barkhane sur le plan de la logistique et du renseignement. M. Esper n’a pas encore tranché.

Mais le chef du commandement militaire américain en Afrique (Africom), le général Stephen Townsend, a estimé qu’un retrait du soutien américain « ne serait pas aller dans la bonne direction », tout en appelant les Européens à « relever le défi et en faire plus au Sahel pour aider la France ».

« 4 500 hommes au Sahel, c’est dérisoire ! »

Ce renforcement est en tout cas conforme à la volonté du chef d’état-major français des armées. Le général François Lecointre avait prévenu en janvier que les 4 500 troupes de Barkhane ne suffiraient pas et qu’il proposerait au président Macron des renforts supérieurs aux 220 annoncés à Pau.

« Dans cette zone extrêmement vaste, les moyens qui sont mis à disposition de l’opération Barkhane ne sont pas suffisants pour qu’on puisse avoir des soldats déployés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », avait-il argué. « Mais 4 500 hommes au Sahel, c’est dérisoire ! », faisait-il déjà valoir en novembre 2019 à l’Assemblée nationale.

Plusieurs analystes et hauts responsables ont estimé que les prochains mois seraient essentiels pour inverser la tendance aujourd’hui favorable aux groupes djihadistes, qui s’appuient avec une réussite certaine sur les tensions et frustrations des populations locales.

Leurs méthodes – souvent des attaques éclair de quelques dizaines d’assaillants en moto capables de disparaître aussi vite qu’ils sont arrivés – poseront probablement des problèmes encore longtemps à la force Barkhane et ses alliés.

« Je ne pense pas, malgré cette inflexion, que nous allons à la fin de l’année pouvoir crier victoire », admettait en janvier le général Lecointre.

Source :
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/02/02/la-france-va-deployer-600-soldats-supplementaires-au-sahel_6028132_3210.html

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 18:04

Le 31 janvier 2020

Un tribunal israélien a prolongé jeudi 30 janvier la détention de Jonathan Pollak, un des co-fondateur du groupe Anarchistes contre le mur.

Ce collectif lutte depuis 2003 contre le mur de séparation construit par l’État hébreu.

Jonathan Pollak avait été arrêté le 6 janvier 2020 dans son bureau du journal Haaretz, le quotidien de gauche pour lequel il travaille.

Il refusait de se présenter devant le tribunal pour répondre d’accusations relayant une plainte de 2018 du groupe d’extrême droite israélienne Ad Kan qui l’accusait d’avoir attaqué des soldats de Tsahal lors de manifestations en Cisjordanie.

Au cours de l’audience du tribunal d’instance de Jérusalem jeudi, le militant anticolonialiste israélien refusant de reconnaître l’autorité des tribunaux et de verser une caution, sa détention provisoire a été prolongée de trois mois jusqu’au 27 avril.

Elle pourrait l’être de nouveau, et ce jusqu’au mois de juillet, selon le quotidien Haaretz.

Source :
https://rapportsdeforce.fr/breves/detention-prolongee-pour-un-des-fondateurs-danarchistes-contre-le-mur-01315999

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 17:59

Le 27 janvier 2020

Voici le discours du Secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, délivré au Conseil de l'Europe le 27 janvier 2020 à Strasbourg (France).

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, était au coeur d'un événement ce lundi 27 janvier au Conseil de l'Europe à Strasbourg.

Andrej Hunko, député européen allemand, y a convié notamment le Secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, John Shipton, le père de Julian Assange, et Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture.

Voici le discours intégral du Secrétaire général de la FIJ :

"Au nom de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), première organisation mondiale de la profession avec 600.000 adhérents répartis dans 146 pays, je tiens à remercier sincèrement le député européen Andrej Hunko pour l'organisation de cet événement autour de l'extradition (probable malheureusement) de Julian Assange.

Fondateur et ancien rédacteur en chef de Wikileaks, Julian Assange est membre de la MEAA, la Media Entertainment and Arts Alliance, l'affiliée de la FIJ en Australie. Et en tant que membre de la MEAA, il est par extension adhérent de la FIJ et même le détenteur de notre Carte de presse internationale (CPI).

Mais Julian Assange est encore et toujours l’homme à abattre. La remarquable enquête publiée dimanche soir (26 janvier) par mes confrères de Mediapart est à ce point éclairante : Julian Assange est devenu l’ennemi public numéro 1 des Etats-Unis, du président Donald Trump en particulier.

Grâce à la complicité du PDG de l’entreprise UC Global, chargée de la sécurité de l’ambassade d’Equateur à Londres, Mediapart explique que Trump et ses services ont espionné les moindres faits et gestes de Julian Assange au sein de l’ambassade, ainsi que ceux de ses proches, de sa famille et de ses défenseurs.

Un dispositif de surveillance digne d’un film d’espionnage avec notamment le placement très couteux de microphones lasers, un dispositif permettant d’écouter une conversation à travers une fenêtre, grâce au laser mesurant les vibrations de la vitre !

Nous sommes quasiment dans le dernier James Bond !

Mais le PDG de UC Global ne s’est pas arrêté là.

Il photographiait puis expédiait toutes les informations concernant les visiteurs de Julian Assange : il a extrait les données personnelles des téléphones portables laissés à l’entrée, a copié les courriers électroniques, les échanges SMS, mais aussi les numéros d’identification des téléphones, permettant leur surveillance et leur piratage à distance.

Le tout était envoyé bien entendu aux services américains, qui rémunéraient grassement le dirigeant de la société.

Parmi ces visiteurs espionnés, on retrouve la journaliste Sarah Harrison, proche collaboratrice de Julian Assange, Jennifer Robinson, son avocate anglaise, Baltasar Garzon, son avocat espagnol, ou encore Renata Avila, militante guatémaltèque et membre de son équipe de défense.

Du côté de la FIJ et de ses affiliés, la mobilisation n’a jamais faibli depuis notre dernière intervention en novembre à Bruxelles, au Parlement européen, en, compagnie de John Shipton, le père de Julian, et de Nils Melzer, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture.

Après avoir reçu le rédacteur en chef de Wikileaks, Kristinn Hrafnsson, lors de notre congrès mondial à Tunis, nous sommes en discussion avec la Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe (CoE), Dunja Mijatovic, afin de vérifier avec elle si l'arrestation de Julian Assange et sa détention sont bien conformes aux critères de la Convention européenne des Droits de l'Homme.

Avec la Fédération européenne des journalistes (FEJ), nous avons publié une alerte sur la Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes du CoE.

Nous y dénonçons là encore les conditions de détention arbitraires et scandaleuses de Julian Assange en nous appuyant évidemment sur le rapport de Nils Melzer, qui l'a visité en mai 2019 dans sa cellule.

Bien évidemment, le Royaume Uni n’a pas répondu à la Secrétaire générale du Conseil de l'Europe, qui a saisi le gouvernement anglais juste après la publication de cette alerte.

Et mercredi, toujours en compagnie de John Shipton, je participerai au nom de la FIJ à deux grands événements à Bruxelles consacrés à Julian Assange et aux lanceurs d’alerte Chelsea Manning et Edward Snowden entre autres.

Nous osons espérer que toute cette mobilisation porte ses fruits, notamment en raison de la dégradation de l’état de santé de Julian Assange : la semaine dernière, l’administration pénitentiaire anglaise a accepté de le sortir du quartier d’isolement où il était emprisonné depuis avril 2019 et de le transférer dans une aile où il peut fréquenter d’autres détenus.

Un membre de Wikileaks m'a appris ce matin que ses codétenus de la prison se sont aussi mobilisés pour lui, car ils ne comprenaient pas le régime d’exception qui lui était infligé !

Mais il est plus probable que cette décision soudaine de l'administration pénitentiaire soit liée aux auditions qui commencent le 24 février prochain.

Mieux vaut interroger un homme dans un état de santé convenable...

Tout n’est donc pas terminé car nous sommes très inquiets de l’issue de ces auditions de février et de mai, qui devraient déboucher sur une probable extradition, compte tenu des accointances politiques entre le Président américain et le Premier ministre anglais.

Enfin, l'actuel rédacteur en chef de Wikileaks, Kristinn Hrafnsson, nous a indiqué il y a quelques jours que la justice américaine avait versé un nouveau document au dossier de Julian Assange.

Cette pièce précise que les non citoyens américains ne peuvent bénéficier du premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression et la liberté de la presse !

Tout est dit.

La FIJ rappelle à chaque fois qu’elle en a l’occasion, ici encore au Conseil de l'Europe à Strasbourg : « Le journalisme n’est pas un crime. Il faut libérer Julian Assange ».

Son seul crime a été de dénoncer les malversations et les atrocités des autres ! Des atrocités commises notamment en Irak et en Afghanistan par l’armée américaine.

La FIJ poursuit sa mission internationale et se tient à la disposition de vous tous, parlementaires européens, rapporteurs spéciaux des Nations unies, militants des droits de l'Homme et de la liberté d’expression, pour poursuivre ce combat essentiel pour la démocratie.

Merci de votre attention. /AB »

Source :
https://www.ifj.org/media-centre/news/detail/category/press-releases/article/le-crime-dassange-denoncer-les-atrocites-des-autres.html

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 19:15

Le 26 janvier 2020

Des Gilets jaunes venus de part et d'autre de l'Hexagone ont traversé la Manche pour soutenir le fondateur de WikiLeaks, enfermé à la prison de Belmarsh. RT France revient sur une opération à l'écho médiatique pour le moins discret.

Quelque part derrière l'un des murs de la prison de Belmarsh, depuis l'aile de l'établissement où il vient d'être placé après une longue période en isolement, Julian Assange les aura-t-il entendus ?

Les chances étaient minces mais l'espoir a motivé une petite centaine de Gilets jaunes français à faire le déplacement, pour une action coup de poing, ce 25 janvier, autour de cet établissement pénitentiaire de haute sécurité, situé dans la banlieue est de la capitale anglaise.

Lire la suite :
https://francais.rt.com/international/70749-free-assange-action-coup-poing-gilets-jaunes-devant-prison-belmarsh

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 19:06

Le 27 janvier 2020

Sous les verrous pour avoir révélé la vérité. D’un refuge à une geôle, le cauchemar semble sans fin pour le rédacteur en chef de WikiLeaks : 18 chefs d’inculpation et une peine pouvant aller jusqu’à 175 années de prison, c’est le traitement que la justice de Washington réserve à celui qui a osé publier des documents classifiés sur la présence américaine en Irak…

Partout, des voix s’élèvent pour dénoncer cet acharnement. L’une d’entre elles résonne particulièrement : celle du père de Julian, qui parcourt l’Europe pour sauver son fils. Nous l’avons rencontré.  

Lors de sa dernière visite, qui a duré une heure et demie, Julian lui a souri une fois.

Si John Shipton le souligne, c’est que son fils ne sourit plus : « Comme vous pouvez le voir sur les photos prises lors de son arrestation, en avril, ce n’est plus celui que nous connaissions tous, si gentil, amusant et intelligent. »

Julian Assange y apparaît en effet le visage enflé, un symptôme fréquent, selon son père, chez les personnes soumises à un stress permanent.

« Cela peut entraîner des œdèmes… Lorsqu’il était à l’ambassade d’Equateur, il a eu un abcès dentaire, une infection du nerf qu’on ne lui a pas laissé soigner. Il souffrait aussi de problèmes musculo-squelettiques et ne pouvait plus lever le bras… Depuis qu’il est incarcéré, il a perdu 15 kilos. »

Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, appelle à la libération de Julian Assange

Julian Assange est détenu depuis le 11 avril près de Londres, à Belmarsh, la prison que les Britanniques appellent « our Guantanamo » (« notre Guantanamo »).

D’abord placé dans le quartier de haute sécurité parmi les criminels les plus dangereux du pays, il a dû être transféré dès le 18 mai au service médical, où son état n’a cessé de se dégrader.

Lors de l’audience du 21 octobre, où était examinée sa demande d’extradition vers les Etats-Unis (décision reportée au mois de février 2020), le public a vu arriver à la barre un homme frêle, maladif, qui avait du mal « à décliner son identité et sa date de naissance ».

Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, lui a rendu visite en compagnie de deux médecins : « A moins que le Royaume-Uni ne change de cap de toute urgence et n’améliore sa situation inhumaine, l’exposition continue de M. Assange à l’arbitraire et aux abus pourrait bientôt lui coûter la vie », écrit-il.

Il appelle à sa libération.

Dans son sillage, soixante médecins ont publié une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, dans laquelle ils demandent que Julian Assange soit transféré à l’hôpital. Selon eux, à la vue des « preuves disponibles », il y a de « réelles craintes qu’il meure en prison ».

La prison à haute sécurité de Belmarsh, dans l’est de Londres. Assange y est soumis à l’isolement.

Soumis à l'isolement 23 heures sur 24

Dans une interview qu’il nous avait accordée en 2010, Julian Assange évoquait son goût immodéré pour les longues promenades à pied ou à cheval, la pêche, la chasse. « J’ai grandi comme Tom Sawyer, dans des fermes. J’aime vivre dehors », racontait-il.

Aujourd’hui, il est soumis à l’isolement 23 heures sur 24.

Comme il l’a confié à son ami Srecko Horvat, il a trouvé dans cette cellule étriquée un moyen d’« évasion » : il marche de long en large en imaginant qu’il traverse l’Europe à pied, et parcourt ainsi de 10 à 15 kilomètres par jour.

Pendant les quarante-cinq minutes passées dans la cour de promenade, les autres prisonniers sont tenus à l’écart.

Il ne les croise qu’à la messe, deux fois par semaine.

Julian n’est pas croyant mais, explique son père, s’y rend « juste pour sociabiliser ».

Son livre de chevet est « Le pavillon des cancéreux », de Soljenitsyne, mais il n’est pas autorisé à se rendre à la bibliothèque et n’a droit à un ordinateur que depuis peu.

Selon un rapport de l’Onu sorti en novembre, l’isolement prolongé cause des dommages irréparables et peut être considéré comme de la torture.

Depuis 2015, les Nations unies interdisent qu’il se prolonge au-delà de quinze jours.

Lire la suite :
https://www.parismatch.com/Actu/International/Julian-Assange-qui-va-lancer-l-alerte-pour-le-lanceur-d-alerte-1670311

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28 janvier 2020 2 28 /01 /janvier /2020 19:00

Le 25 janvier 2020

Après plusieurs mois de détention, Julian Assange vient d'être sorti de l'isolement dans lequel il était confiné grâce à la mobilisation de ses soutiens, parmi lesquels des détenus de la prison de Belmarsh qui se sont mobilisés en sa faveur.

Joseph Farrell, le porte-parole de WikiLeaks, a annoncé le 24 janvier que Julian Assange avait été sorti de son isolement dans une aile médicalisée à la prison de haute sécurité de Belmarsh et placé dans une zone du centre de détention abritant 40 autres détenus.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le porte-parole se félicite de cette «victoire» obtenue grâce aux avocats, aux militants, mais aussi à des pressions exercées sur l'administration carcérale par les autres détenus qui estimaient que Julian Assange était injustement traité.

« Cette décision est une énorme victoire pour l'équipe juridique d'Assange et pour les militants qui insistent depuis des semaines pour que les autorités de la prison mettent fin au traitement punitif d'Assange », a déclaré Joseph Farrell, avant d'ajouter que c'était aussi une victoire « massive des prisonniers de Belmarsh ».

En effet, il explique qu'un « groupe de détenus a adressé une pétition au directeur de la prison à trois reprises, insistant sur le fait que le traitement d'Assange était injuste et iniqu e».

« C'est une victoire importante pour les militants à l'intérieur et à l'extérieur de la prison », s'est réjoui Joseph Farrell.

Ce 25 janvier, une journée internationale de soutien à Julian Assange est justement organisée à l'extérieur de maison d'arrêt.

Partis entre autres de France, plusieurs dizaines de militants, dont de nombreux Gilets jaunes, font le pied de grue devant les murs de la prison. Notre reporter Fabien Rives les a accompagnés.

« Le traitement de Julian Assange à Belmarsh reste très préoccupant », a néanmoins dénoncé le porte-parole de WikiLeaks.

« On lui refuse encore un accès adéquat à ses avocats, comme l'a même reconnu le juge lors d'une audience au tribunal de Westminster », a-t-il expliqué.

Julian Assange, 48 ans, fait face à 18 chefs d'accusation aux États-Unis, notamment pour complot en vue de pirater des ordinateurs gouvernementaux et violation d'une loi sur l'espionnage.

Il pourrait passer plusieurs décennies en prison s'il était transféré aux Etats-Unis et reconnu coupable.

Viktor Dedaj, animateur du site Le Grand Soir, qui a fait du combat pour la libération d'Assange une priorité, estime que l'« extradition » voulue par les Etats-Unis est en réalité « un enlèvement », car le lanceur d'alerte n'est pas citoyen américain et n'a commis aucun crime aux Etats-Unis.

Source :
https://francais.rt.com/international/70720-julian-assange-sorti-isolement-prison-grace-mobilisation-ses-soutiens

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 17:21

Le 7 janvier 2020

La dernière attaque contre le mouvement de squats en Grèce est le préambule d'une opération massive de dépossession de logements par le gouvernement de droite.

Auteur  : Theodoros Karyotis

Dimitris Indares était encore en pyjama lorsque la police a frappé à sa porte dans le quartier de Koukaki, à Athènes, aux premières heures du mercredi 18 décembre.

Peu de temps après, il était allongé sur le sol de la terrasse de sa maison, avec la botte d'un policier des opérations spéciales sur la tête.

Lui et ses deux fils adultes ont été battus, menottés, les yeux bandés et placés en garde à vue.

Quel était le crime d'Indares ?

Il avait refusé de laisser passer la police à son domicile sans mandat dans le cadre de son opération d'expulsion du squat qui se trouvait juste à côté.

Le profil d'Indares n'est pas celui d'un squatteur.

Un réalisateur de 55 ans et professeur d'école de cinéma, un propriétaire d'une maison, politiquement modéré avec des vues conservatrices, travaillant dur pour que ses fils aillent à l'université.

On pourrait dire qu'il est un membre typique de la classe moyenne grecque instruite et un électeur typique du parti au pouvoir Nouvelle Démocratie.

Ce fait n'a pas empêché la police de porter des accusations criminelles fabriquées contre lui, accompagnées d'une opération de diffamation.

Le ministre de la Protection des citoyens lui-même a menti sans honte en disant  que la police avait un mandat, que Indares avait résisté à son arrestation et tenté d'arracher l'arme à un policier, que ses deux fils se trouvaient à l'intérieur du squat voisin et qu'ils avaient attaqué la police.

Malgré de nombreux témoignages du contraire et la fuite d'un enregistrement audio du moment où Indares a été détenu qui réfute les accusations, les mensonges du ministre ont été répétés avec force par la machine de propagande du gouvernement : les médias de masse appartenant à une poignée d'oligarques alliés au parti au pouvoir.

Même lorsque Nikos Alivizatos, le Médiateur pour les violences policières nommé quelques mois plus tôt par le ministre lui-même, a menacé de démissionner au vu des preuves de brutalité policière, la presse grand public n'a pas tardé à qualifier le professeur de droit constitutionnel de gauchiste qui se range du côté des squatters.

Le cas de Indares a fait l'objet d'une  grande publicité, beaucoup dénonçant les mensonges. Cependant,  le gouvernement et ses faiseurs d'opinion ont refusé de faire marche arrière.

Ce qui est préoccupant ici, c'est que cette vague massive de soutien n'est venue que lorsqu'un « père de famille moyen » a vu ses libertés civiles violées.

Depuis que  Nouvelle Démocratie a été élue avec un programme « loi et ordre » en juillet dernier, la police agit comme une armée d'occupation dans les villes grecques, violant régulièrement les droits de l'homme et la dignité.

Les détentions arbitraires, la torture,les passages à tabac, les attaques au gaz lacrymogène, les descentes dans les cinémas et les boîtes de nuit,l'humiliation publique,les insultes verbales ont été à l'ordre du jour.

Malgré tout, tant que la violence arbitraire de la police était dirigée contre les manifestants,les jeunes, les étudiants, les squatters,les homosexuels,les immigrants ou les marginaux,  la réaction de l'opinion publique  face aux violations flagrantes et quotidiennes des droits de l'homme était au mieux timide.

Malheureusement, de telles pratiques odieuses sont rendues possibles par le soutien actif ou passif d'une partie de la société grecque qui a été convaincue que dans la lutte contre l'ennemi intérieur, tous les moyens sont légitimes, même la violation des droits constitutionnels et de la dignité humaine.

Indares lui-même, dans des déclarations à la presse après sa libération en attente de son procès, semblait confus quant à ce qui l'a vraiment frappé.

Il est évidemment consterné par la campagne de diffamation menée contre lui, mais il semble se considérer comme la victime innocente d'une guerre juste.

Dans l'enregistrement audio divulgué du moment de son arrestation, on l'entend reprocher à la police d'« agir comme des anarchistes », alors que la possibilité que des anarchistes entrent par effraction chez lui, le battent et le kidnappent est inexistante.

Dans son désir de rester modéré, Indares ne reconnaît pas le caractère arbitraire de la répression policière ni la fonction de distorsion de la réalité des médias, tant que les gens pacifiques et travailleurs comme lui, restent à l'abri de cette violence.

Mais ce sont précisément les citoyens  épris de paix comme lui qui ont le plus à perdre dans ce nouveau cycle de dépossession en Grèce.

LA DOCTRINE  « LOI ET ORDRE »

Aujourd'hui en Grèce, plus rien ne rappelle les mobilisations massives et diverses de 2010-2015 contre le programme d'ajustement structurel.

Cependant, les conditions matérielles ne se sont pas améliorées pour la majorité de la population, et les politiques d'austérité n'ont pas été inversées.

Au contraire, l'austérité a été « naturalisée » : elle n'est plus vue pour ce qu'elle est — une opération massive de transfert de richesse des classes populaires vers le capital national et international — mais comme une catastrophe naturelle, un peu comme une inondation qui balaie tout et vous laisse devoir  reconstruire à partir de zéro.

Le mandat de Syriza au gouvernement a grandement contribué à cette situation.

Malgré ses réformes socialement progressistes en matière de droits individuels, l'incapacité de Syriza à contester l'austérité et la poursuite de politiques prédatrices ont eu un « effet TINA » — convaincre la population qu'il n'y a pas d'alternative à l'austérité.

La seule ligne de conduite possible, leur fait-on croire, est d'élire la force politique qui peut le mieux la gérer; et les médias de masse, mettant à  l'ordre du jour les sujets de la  sécurité, de l'immigration et du nationalisme, ont convaincu la plupart des électeurs que le meilleur gestionnaire de l'austérité est Nouvelle Démocratie  de Kyriakos Mitsotakis, de droite qui a remporté les élections de juillet.

Mitsotakis, issu d'une longue lignée de politiciens, est né avec une cuillère d'argent dans la bouche.

En 1999, tout juste sorti de ses études à Harvard et Stanford, il a obtenu un emploi de gestionnaire de fonds d'investissement à Athènes en utilisant les relations de son père, gagnant l'équivalent de 10 000 euros par mois.

Au cours de la dernière décennie, il  s'est forgé l'image de l'héritier qui vient revigorer  l'ancien régime discrédité. Ce que d'autres appelleraient privilège et  népotisme, il  l'a vendu comme « excellence » : c'était le cri de ralliement de sa campagne électorale, avec la promesse d'appliquer la loi et l'ordre.

L'incarnation actuelle du parti Nouvelle Démocratie est une alliance entre ses courants néolibéraux et d'extrême droite, marginalisant le courant de centre-droit qui était dominant dans les années 2000.

Mitsotakis et sa troupe de technocrates aristocratiques  se sont entourés de personnalités de la télévision ultra-conservatrices, alarmistes, moralisatrices et nationalistes

Il convient de noter qu'il ne s'agit pas d'une alliance temporaire autour du partage du pouvoir, mais d'une alliance fondée sur un projet commun solide.

Le point commun des deux factions est une sorte de darwinisme social, dans lequel les appels à la rationalité économique sont alternés dans le discours du gouvernement avec des truismes racistes et sexistes pour justifier et naturaliser ses politiques répressives et d'exclusion.

De plus, les deux factions s'accordent sur le renforcement des valeurs conservatrices et de la structure familiale traditionnelle en tant qu'institution qui absorbera les chocs sociaux permanents de l'ère post-mémorandum.

Outre son discours technocratique et sa promesse de croissance économique, Nouvelle Démocratie a utilisé une rhétorique anticommuniste qui rappelle la guerre froide, ainsi qu'un révisionnisme historique qui cherche à éliminer la résistance populaire de l'histoire récente du pays.

Grâce à des récits nationalistes, xénophobes et homophobes, elle a réussi à débaucher les électeurs du parti néo-nazi Aube dorée, qui, acculé par les actions du mouvement antifasciste, un procès en cours, une division interne et la montée de nouvelles formations politiques d'extrême droite, n'a pas réussi à entrer au parlement en Juillet, pour la première fois depuis 2012.

À cet égard, la doctrine « loi et ordre » est un élément essentiel de la stratégie du gouvernement. Comme pour les gouvernements précédents, sa capacité d'exercer sa propre politique est extrêmement limitée, car, malgré la fin formelle des « mémorandums » de sauvetage, les politiques économiques et étrangères sont toujours dictées par les « partenaires » et les « alliés » du pays, et il y a une surveillance et évaluation constantes de la législation et des résultats budgétaires par des organes étrangers nommés de l'extérieur.

La « sécurité intérieure » est donc le seul domaine où le gouvernement peut réellement mettre son énergie et légitimer son pouvoir aux yeux de sa clientèle électorale de plus en plus conservatrice.

Le déploiement des forces de police dans les zones urbaines s'est donc  transformé en un grand spectacle, le mouvement anarchiste étant identifié comme le principal adversaire.

Le ministre de la Protection des citoyens, Michalis Chrisohoidis, notoirement autoritaire, a lancé un ultimatum de 15 jours à tous les squatteurs pour qu'ils quittent volontairement leurs bâtiments sous peine d'expulsion forcée.

L'ultimatum devait expirer le 6 décembre, date anniversaire de l'assassinat d'Alexis Grigoropoulos par la police en 2008, date qui attire régulièrement des foules de manifestants dans les centres-villes.

Cependant, le plan s'est retourné contre lui après les expulsions de Koukaki ; face à une mobilisation accrue et à des critiques généralisées de la violence policière, le ministre a dû mettre le plan en attente pour redéfinir ses tactiques répressives.

Squatter sur le terrain de la petite propriété

Incidemment, ce sont les émeutes de 2008 qui ont incubé le mouvement des squatters en Grèce; squatter a persisté comme une pratique d'auto-organisation populaire dans les années de mobilisation qui ont suivi. 

Aujourd'hui, il y a des centaines de squats en Grèce, parmi lesquels des logements pour les habitants et les immigrants, des centres sociaux, des fermes urbaines et des usines.

Les squats sont une partie importante de l'infrastructure sociale mise en place par les mouvements contestataires qui cherchent à libérer l'activité humaine et la  vie en société de la marchandisation et du consumérisme, et à expérimenter des structures de prise de décision et de coexistence plurielles.

Malgré leur caractère expérimental et incomplet, les squats sont un rappel vivant qu'il peut exister des espaces sociaux et des relations en dehors de la règle du capital, en dehors du cycle travail-consommation-sommeil

Les squats sont également  des lieux où les habitants et les immigrants coexistent et où les demandeurs d'asile créent leurs propres structures d'autogestion, en réponse aux conditions inhumaines imposées aux nouveaux arrivants dans les camps de réfugiés.

Tous les gouvernements de l'ère des mémorandums s'entendent pour dire que les alternatives sociales doivent être réprimées. La présente campagne d'expulsions est donc une intensification des tactiques des gouvernements précédents, y compris celle de Syriza.

Même si la grande majorité des espaces squattés sont des bâtiments  abandonnés, non entretenus,  appartenant à l'État, à des fondations privées, de riches héritiers ou l'église, les  petits propriétaires en sont venus à voir le squat comme une menace à leurs propres intérêts.

Cela peut être dû au fait que la petite propriété immobilière est fondamentale dans la société grecque. Après la Seconde Guerre mondiale, contrairement aux politiques de logement social de l'Europe du Nord, l'État grec a activement promu l'auto-construction, considérant la propriété immobilière comme le facteur de compensation  qui garantirait la réconciliation nationale d'un peuple profondément divisé et marqué par la guerre civile.

En conséquence, la Grèce se caractérise par la dispersion de la petite propriété et l'un des taux les plus élevés de propriétaires en Europe, même si un quart de la population est sans propriété et condamné à un secteur locatif très volatile sans politique de logement en place comme  filet de sécurité.

Bien que les mesures d'austérité aient transformé la propriété immobilière d'un actif en un passif par la surtaxation et la baisse des prix de l'immobilier, la propriété  reste toujours un signe majeur  dans l'imaginaire du progrès pour une majorité de Grecs.

La propriété immobilière signifie donc beaucoup plus qu'un logement.

C'est la mesure de la réussite d'une famille, son moyen de mobilité sociale, l'atout à transmettre à la génération suivante et, en l'absence de politiques adéquates de protection sociale de l'État, la couverture contre un avenir incertain.

Cela peut  expliquer en grande partie  l'opposition de principe de la plupart des Grecs à la pratique du squat, malgré le fait que la petite propriété familiale n'est jamais la cible des squatteurs.

Mais cela peut aussi aider à expliquer le fait que depuis le début de la crise, une loi spéciale sur l'insolvabilité protège la résidence principale hypothéquée des débiteurs à faible revenu en retard de paiement contre  la saisie  et la liquidation par les banques.

Bien que, dans de nombreux cas, des saisies aient encore eu lieu, cet arrangement a contribué à maintenir la paix sociale en empêchant les expulsions massives de familles  des classes ouvrière et moyenne.

Étant donné que la famille occupe une place prépondérante en Grèce et qu'elle a supporté le poids de l'ajustement structurel, tous les gouvernements jusqu'à présent, quelle que soit leur orientation politique, ont respecté cet arrangement. Toutefois les choses sont sur le point de changer.

PROBLEMES FAMILIAUX

La prééminence de la famille sur le plan socio-économique grec n'est pas due à une "psyché" grecque prétendument centrée sur la famille, mais elle est le produit d'un mode de développement économique historique "familial", dans lequel l'unité familiale élargie a été rendue responsable de la protection et du bien-être de ses membres et a assumé des tâches de reproduction qui, dans les pays d'Europe du Nord, étaient assurées par l'État providence.

Dans la seconde moitié du 20e siècle, ce modèle de développement soigneusement conçu et mis en œuvre a permis à la Grèce d'atteindre des taux élevés de croissance économique basés sur une main-d'œuvre bon marché avec un coût minimal pour l'État et les employeurs.

Dans ce contexte, le clientélisme, l'évasion fiscale, la corruption, le laxisme dans l'application des règlements et autres " particularités " grecques n'étaient pas des comportements pathologiques, comme les manuels économiques voudraient nous le faire croire, mais des comportements adaptatifs parfaitement rationnels, sanctionnés par l'État, de la famille qui cherchait à rivaliser et à maximiser sa richesse afin de fournir du bien-être à ses membres, en l'absence de tout autre mécanisme de redistribution.

Les effets secondaires malsains d'un tel arrangement sont apparus à la fin des années 2000, avec un grand nombre de travaux théoriques et artistiques critiquant la structure patriarcale oppressive de la famille grecque. L'incarnation de cette critique se trouve dans le mouvement cinématographique connu sous le nom de " Greek weird wave ", lancé par le film primé de Giorgos Lanthimos, Dogtooth, une parabole sur les complications claustrophobes et de distorsion de la réalité de la famille patriarcale co-dépendante.

La volonté de critiquer et de dépasser la formation familiale traditionnelle et de célébrer les nouvelles identités et les nouveaux arrangements sociaux s'est manifestée dans la mobilisation et l'expérimentation des mouvements sociaux au cours de la décennie suivante.

Cette critique a cependant été de courte durée. Pour l'alliance des néolibéraux et de l'extrême droite qui dirige actuellement le pays, la recomposition de la famille traditionnelle est une pièce centrale.

Les raisons de l'extrême droite sont claires : la famille patriarcale est le laboratoire biopolitique de base de la nation, renforçant les tâches reproductives des femmes, contrôlant les aspirations et les comportements de ses membres, imposant le genre et l'orientation sexuelle " corrects ", la langue et la religion uniques.

Pour les néolibéraux, les raisons sont un peu plus profondes : malgré l'accent discursif mis par le néolibéralisme sur l'individu rationnel qui s'est fait tout seul, la famille reste la structure chargée de faciliter ses projets de privatisation et d'éradication de toutes les prestations sociales.

En plus du travail  non rémunéré, la famille, par l'investissement, l'endettement et la redistribution interne, absorbera une fois de plus les chocs de l'ajustement structurel et protégera ses membres dans la guerre totale qu'est l'économie privatisée, atténuant ainsi la crise de la reproduction sociale qui est synonyme d'expansion néolibérale.

Dans la société d'individus isolés et égoïstes envisagée par le néolibéralisme, la famille traditionnelle est le filet de sécurité ultime ; son autorité sur ses membres est donc activement renforcée.

L'austérité a déjà ouvert la voie à une telle renaissance des valeurs familiales conservatrices.

La baisse des revenus et les taux de chômage élevés ont condamné toute une génération de jeunes à rester économiquement dépendants de leurs parents ; ils sont souvent contraints de vivre avec eux jusqu'à une trentaine d'années.

Cela renforce l'autorité morale de la famille patriarcale sur les membres dépendants de la famille.

Cependant, la renaissance des valeurs familiales traditionnelles a également nécessité un renforcement externe : tout au long des périodes de crise, les médias ont maintenu le peuple grec dans un régime constant de nationalisme, de religion et de panique morale.

Des récits réactionnaires homophobes, anti-avortement ou misogynes ont fait leur chemin dans tous  les recoins de la culture de masse et des hordes de personnes influentes d'extrême droite ont promu la fable selon laquelle la culture patriarcale traditionnelle est l'objet de persécutions politiques de la part de la gauche.

Ce fut le substrat d'un processus continu de construction de " l'ennemi intérieur " :  toute personne qui ne contribue pas à la reproduction culturelle et physique de la nation : les mouvements sociaux, les immigrants, les anarchistes, les personnes LGBTQ, les personnes aux prises avec des maladies mentales, les toxicomanes et les Roms.

A côté de la biopolitique de la cellule familiale traditionnelle, il y a la thanatopolitique - une politique de mort - de l'Etat et des néo-nazis.

Aux meurtres très médiatisés du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas et du militant des droits des homosexuels Zak/Zackie Kostopoulos, il faut ajouter les milliers d'habitants et d'immigrants qui sont jugés indignes de vivre et à qui on refuse les droits et l'aide de base, souvent avec des conséquences fatales.

Comme dans beaucoup d'autres pays, l'austérité en Grèce n'a pas conduit à des solutions positives tournées vers l'avenir, mais à une régression conservatrice accélérée.

Malgré l'apparition d'un large consensus social autour des valeurs conservatrices, la classe dirigeante sait que ce nouvel équilibre est très délicat, car la politique de dépossession de la majorité sociale par le capital local et international est loin d'être terminée. Et le prochain cycle de dépossession en Grèce se concentre sur ce qui est le plus cher aux Grecs : le logement.

INTENSIFICATION DE LA DÉPOSSESSION DU LOGEMENT...

L'effet net des politiques d'austérité en Grèce a été une vaste redistribution des richesses vers le haut. Selon les données de l'ONU, entre 2007 et 2017, malgré des taux de croissance du PIB essentiellement négatifs, le 1 % de la population ayant les revenus les plus élevés a vu ses revenus augmenter de 6 %, tandis que les 40 % ayant les revenus les plus faibles ont perdu 44 %.

En raison de la baisse des revenus, ainsi que des pratiques de prêt  inconsidérées des banques en temps de pré-crise, les Grecs ont commencé à ne plus pouvoir effectuer des paiements. Les prêts hypothécaires non performants ont explosé, passant de 5 % de tous les prêts hypothécaires en 2008 à 45 % en 2019.

La tragédie sociale a été évitée grâce au cadre juridique de protection de la résidence principale mentionné ci-dessus, qui a permis une décote modérée, une renégociation et une subvention des prêts hypothécaires pour les propriétaires à faible revenu surendettés.

Malgré cette mesure, à la fin de 2019, 350 000 prêts hypothécaires, d'une valeur de 25 milliards d'euros, étaient toujours en souffrance, ce qui compromettait la sécurité du logement pour une grande partie de la population.

Toutefois, la protection des propriétaires n'était pas la seule motivation derrière le cadre de protection de la résidence principale ; cet arrangement a également servi à protéger les intérêts du secteur bancaire.

Au plus fort de la crise de la dette, les prix de l'immobilier avaient chuté et la liquidation des actifs hypothéqués aurait donc été très dommageable.

Les banques ont dû gagner du temps jusqu'à ce que les prix de l'immobilier remontent. Et cette condition a été remplie en 2018, lorsque, malgré la faible demande intérieure, les prix ont été poussés à la hausse par les pressions croissantes sur le marché immobilier : le déploiement des Real Estate Investment Trusts à la suite d'importantes réductions d'impôts, un programme de " Visa d'or " offrant une résidence aux citoyens non européens qui investissent plus de 250 000 € dans l'immobilier, et, surtout, une forte augmentation des locations à court terme, notamment par le biais d'Airbnb.

Avec la remontée rapide des prix, les banques ont travaillé dur pour accélérer les saisies et les ventes aux enchères de logements hypothéqués, ainsi que pour vendre des " paquets " d'actifs déjà saisis à des fonds étrangers.

Sous la pression des " partenaires " internationaux de la Grèce, le gouvernement abolit le premier cadre de protection des résidences en mai. Jusqu'à 200.000 maisons sont menacées de saisie au cours de l'année prochaine.

Cela représente une intensification de la tendance à la dépossession de logements qui a déjà changé le visage des villes grecques au cours des dernières années. Koukaki, le quartier de Dimitris Indares, est un exemple de cette tendance.

En l'absence de protection des locataires, Koukaki a vu de nombreux locataires jetés dehors, leurs maisons achetées par des investisseurs étrangers ou locaux et transformées en appartements touristiques.

Les loyers exorbitants - souvent supérieurs au salaire moyen - chassent les habitants du quartier, aspirant ainsi la vie d'un quartier autrefois animé, désormais de plus en plus orienté vers le service aux touristes à la recherche de " l'expérience athénienne authentique ".

Lors d'une manifestation anti-Airbnb en juillet 2019, des voisins pacifiques ont été confrontés à des violences policières non justifiées.

L'expulsion de trois squats au petit matin du 18 décembre à l'aide de balles en caoutchouc - l'opération qui s'est terminée par le raid au domicile d'Indares - a fait partie intégrante de l'effort du gouvernement pour réprimer toute résistance au violent développement touristique. D'autres quartiers, tels que le centre du mouvement social Exarchia, ont des histoires similaires à raconter.

...ET LE RENFLOUEMENT DES BANQUES, ENCORE

En décembre dernier, le Parlement a approuvé le plan "Hercule" de vente de 30 milliards d'euros de prêts non performants à des fonds, l'Etat se portant garant.

Les prêts seront vendus à une fraction du prix nominal, et les fonds auront toute latitude pour en exiger le remboursement intégral, ce qui entraînera des saisies et des ventes aux enchères de biens immobiliers en garantie, y compris des propriétés commerciales et résidentielles.

Le symbolisme du nom est clair : comme le mythique Hercule a détourné deux rivières pour nettoyer les écuries  d'Augeas de tonnes de fumier, de même le gouvernement détourne jusqu'à 12 milliards d'euros de ses réserves pour garantir ces  prêts toxiques et nettoyer les comptes des banques.

Ce n'est pas simplement "l'argent du contribuable" : c'est l'argent du sang extrait du peuple grec par des mesures d'extrême austérité.

Le paradoxe est que, alors que la loi interdit aux banques d'offrir de généreuses  et des renégociations aux débiteurs, elles sont maintenant autorisées à vendre les créances douteuses même à 7 ou 10 pour cent de la valeur nominale pour les sortir de leurs livres, et l'État utilise ses réserves pour garantir ce transfert de richesse à taux réduit vers des fonds étrangers spécialisés dans les "actifs en difficulté".

Le plan "Hercule" constitue donc une recapitalisation indirecte des banques grecques, la quatrième depuis le début de la crise, toujours avec l'argent du contribuable.

Ce plan - avec l'abolition imminente de la protection de la résidence principale, la grande vague de saisies immobilières qui est déjà en cours, et la vente  de " paquets " de biens immobiliers déjà saisis par les banques à des fonds - constitue une opération bien orchestrée de dépossession de logements en Grèce.

Des milliers de familles sont menacées d'expulsion, leurs maisons étant finalement détenues par des sociétés étrangères à des prix bien inférieurs à leur valeur marchande.

Alors que les acteurs immobiliers se préparent à attaquer, le modèle de logement grec - caractérisé par une petite propriété généralisée et un pourcentage élevé d'occupation par les propriétaires - va commencer à vaciller.

Cela ne manquera pas de générer des souffrances humaines, car le contexte est celui d'une montée en flèche des prix des loyers et d'une absence totale de politiques de logement efficaces pour absorber le choc.

Partout dans le monde, là où le néolibéralisme s'installe, les solidarités sociales s'effondrent, les inégalités s'intensifient et les gouvernements déploient une force de police militarisée, brutale et sans obligation de rendre des comptes pour contenir le mécontentement populaire.

L'année 2019 a été riche en exemples de ce genre, du Chili et de l'Équateur au Liban et à la France. Dans le contexte grec, l'attaque permanente du gouvernement contre le mouvement des squats a une double fonction : d'une part, elle vise à neutraliser " l'ennemi intérieur " et à éliminer l'un des rares bastions  de critique et de résistance à la dépossession, à l'embourgeoisement et à la " rénovation urbaine ".

D'autre part, ils essaient  les tactiques répressives qu'ils vont employer dans la vague imminente de saisies de logements, testant les réflexes de la société à la violence extrême et arbitraire, et envoyant un message positif aux " investisseurs " potentiels qu'aucun effort ne sera épargné pour protéger leur " investissement ".

Paradoxalement, si la tendance actuelle à la dépossession des logements se poursuit, Dimitris Indares et de nombreux citoyens pacifiques comme lui vont se rendre compte que, malgré leurs désirs et leurs aspirations, leur sort est davantage lié à celui des squatters d'à côté qu'à celui du gouvernement grec et des organisations financières internationales qu'il sert.

Theodoros Karyotis

Theodoros Karyotis est un sociologue, traducteur et activiste qui participe à des mouvements de base. Il mène actuellement des recherches sur la propriété et le logement à Thessalonique, en Grèce.

Source :
https://popularresistance.org/repression-eviction-and-dispossession-in-new-democracys-greece/

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27 janvier 2020 1 27 /01 /janvier /2020 16:52

Par Gidéon Lévy, le 24 janvier 2020

Il est très important de se souvenir du passé, et il n’en demeure pas moins important d’être conscient et de faire face à ce qui se passe dans le présent.

Les dizaines de chefs d’État qui sont arrivés en Israël hier se souviennent peut-être du passé, mais ils gomment le présent.

En se taisant, en détournant leurs yeux de la réalité tout en s’alignant de manière inconditionnelle sur les positions d’Israël, ils ne manquent pas seulement à leurs devoirs, ils trahissent aussi la mémoire du passé au nom duquel ils sont venus ici.

Être reçus par Israël sans faire mention de ses crimes, commémorer l’Holocauste tout en ignorant les leçons à en tirer, visiter Jérusalem sans aller dans le ghetto qu’est Gaza lors de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, il est difficile de trouver plus grande hypocrisie.

C’est une bonne chose que les rois, présidents et autres notables viennent ici en l’honneur de cette journée du souvenir. Il est déplorable qu’ils ignorent ce que les victimes de l’Holocauste infligent à une autre nation.

La ville de Yerevan ne sera jamais témoin d’un tel rassemblement pour commémorer l’holocauste arménien. Les dirigeants du monde n’iront jamais à Kigali pour commémorer le génocide qui s’est produit au Rwanda.

L’Holocauste est en effet le plus grand crime jamais perpétré contre l’humanité, mais ce n’est pas le seul.

Mais les Juifs et Israël savent bien comment sanctifier sa mémoire, et comment l’utiliser à leurs propres fins.

En cette Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, les dirigeants du monde sont les invités d’un premier ministre israélien qui, la veille de leur arrivée, a demandé des sanctions, croyez-le ou non, contre la Cour Pénale Internationale de la Haye, héritage des tribunaux mis en place pour juger les crimes de la deuxième guerre mondiale.

En cette journée du souvenir, les dirigeants du monde viennent rencontrer un premier ministre qui essaie de les pousser à se positionner contre la Cour à la Haye.

Il est difficile d’imaginer utilisation de l’Holocauste plus scandaleuse que celle-ci, difficile de concevoir plus grande trahison de sa mémoire qu’en tentant de discréditer la Cour de la Haye, seulement parce qu’elle tente de remplir son rôle en enquêtant sur Jérusalem.

Les invités garderont le silence sur ce sujet également. Certains d’entre eux seront peut-être convaincus que le problème se situe à La Haye et non à Jérusalem. Qu’il faut sanctionner la Cour plutôt que l’état occupant.

Personne ne devrait oublier l’Holocauste, c’est évident.

Personne ne devrait non plus gommer le fait qu’il était dirigé contre le peuple juif.

Et, précisément pour cette raison, personne ne devrait ignorer le comportement de ses victimes envers les victimes secondaires de l’Holocauste des juifs, le peuple palestinien.

Sans l’Holocauste ils n’auraient pas perdu leur terre, et ne seraient pas emprisonnés aujourd’hui dans un gigantesque camp de concentration à Gaza ou vivant sous une brutale occupation militaire en Cisjordanie.

Quand ils répètent aujourd’hui ad nauseam “plus jamais ça,” ils devraient regarder avec honnêteté vers le Sud et l’Est, à seulement quelques kilomètres du lieu de la commémoration à Yad Vashem.

Il n’y a pas d’holocauste là-bas, juste l’apartheid. Pas d’annihilation, mais une brutalisation systématique d’une nation. Pas Auschwitz, mais Gaza.

Comment peut-on ignorer cela lors de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste ?

Il est difficile de croire qu’il n’est venu à l’esprit d’aucun dirigeant venu à Jérusalem d’aller à Gaza après la cérémonie. Si l’un d’entre eux avait eu le courage de la faire, il ou elle aurait honoré la mémoire de l’Holocauste aussi bien qu’en visitant Yad Vashem.

Il n’est pas beaucoup d’endroits sur terre où les mots “plus jamais ça” peuvent résonner autant qu’au sein de cet immense ghetto, créé par l’État des survivants de l’Holocauste.

Ne pas aller à Gaza et ne pas voir ce qu’il s’y passe ? Ne pas s’identifier aux deux millions d’êtres humains qui sont enfermés dans un camp de concentration depuis 14 ans, à une heure de Jérusalem ? Comment est-ce possible ? Ne pas crier “plus jamais ça” à Gaza ? Comment osent-ils ?

Quelques dirigeants ont ostensiblement équilibré leur visite ici par une brève et rituelle visite à Ramallah, avec une séance photo avec Mahmoud Abbas, qui est également la cible des critiques d’Israël. Ce genre de visite ne signifie rien.

Ce n’est pas Ramallah qui détermine le sort du peuple palestinien. C’est le gouvernement à Jérusalem et son appareil de défense à Tel-Aviv.

Il faut venir aujourd’hui en Israël pour rappeler l’Holocauste au monde, mais aussi pour lui rappeler le silence qui règne au sujet de l’apartheid israélien.

Contre ce silence, nous devrions tous crier :  » plus jamais ça « .

L’Holocauste ne se répétera sûrement jamais, mais le silence embarrassé continue, y compris en ce jour de mémoire à Jérusalem.

Traduction: L. pour l’Agence Média Palestine
https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/01/24/allez-a-gaza-et-criezplus-jamais-ca/

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20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 11:35

Le 7 janvier 2020

Afin de financer un évènement qui aura lieu au mois de juin sur les raisons du procès de Pınar Selek, collectifs de solidarité avec Pınar Selek - Brest - vous invite à une soirée de solidarité le 25 janvier à 18h, au Coin d’la Rue, 10 rue de St Malo à Brest :

Court-Métrage « Les colombes inquiètes » de Zeynep Danisman
Lectures d’extraits du 4e procès de Pınar Selek en 2014, retranscrit par Anne Monteil Bauer
Lectures d’extraits d’ouvrages de Pınar Selek

Passage d’un chapeau

Entrée libre

****
Pınar Selek est une féministe franco-turque, sociologue, arrêtée et torturée en 1998 pour ses recherches sur le mouvement kurde.

Refusant de livrer ses sources, elle fait depuis l’objet d’un harcèlement judiciaire avec un procès qui dure depuis 20 ans, sur un acte d’accusation dont son innocence a été très rapidement prouvé.

S’ensuit 4 acquittements, le procureur fait sans cesse appel. La Cour de Cassation a demandé le 25 janvier 2017 une condamnation à perpétuité.

C’est pourquoi, les collectifs de solidarité en Turquie, en France et en Suisse, luttent pour obtenir un acquittement définitif en rendant visibles la cause de Pınar Selek et ses travaux comme sociologue et écrivaine.

A Brest, le 25 janvier 2020, à 18h, nous vous invitons au Coin d’la rue, 10 rue Saint Malo, autour de la lecture d’extraits de la retranscription de son procès de 2014, par Anne Monteil Bauer, d’extraits d’ouvrages écrits par Pınar elle-même et sa biographie, ainsi qu’autour d’un court-métrage de Zeynep Danisman, « Les colombes inquiètes ».

Un chapeau circulera afin de financer un évènement au mois de juin sur les raisons de son procès.

Le site de Pinar Selek :
https://bourrasque-info.org/spip.php?article1589

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 15:53

Le 9 janvier 2020

Une trentaine de djihadistes en tout a été « neutralisée », des véhicules détruits dans une série d’opération menées par la force Barkhane au Mali et au Burkina Faso.

La force française Barkhane a mené ces deux dernières semaines une série d’opérations dans le centre du Mali et dans le nord du Burkina Faso, dont une première opération aérienne conjointe avec l’armée burkinabè, qui a permis la « neutralisation » d’une trentaine de djihadistes, a annoncé jeudi l’état-major français.

« Plusieurs opérations ont permis de porter des coups durs aux groupes armés terroristes ces dernières semaines », a déclaré le porte-parole de l’état-major, à quelques jours de la tenue lundi du sommet de Pau, où le président Emmanuel Macron recevra ses homologues du Sahel pour évoquer la dégradation de la situation sécuritaire dans cette région.

Une dizaine de jours après l’opération qui avait permis la « neutralisation » de 40 djihadistes dans la région malienne de Mopti, les 20 et 21 décembre, une autre opération a été conduite fin décembre dans la même zone à la suite du repérage du « rassemblement de plusieurs terroristes », a souligné le colonel Frédéric Barbry.

« Un assaut héliporté a permis aux commandos de Barkhane, appuyés par une patrouille (d’hélicoptères) Tigre et de Gazelle, de mettre hors de combat six terroristes », a-t-il détaillé lors d’un point de presse. En outre, "trois individus armés qui s’exfiltraient ont été frappés par un drone Reaper" français, a-t-il ajouté.

Force aérienne

Par ailleurs, « dans la nuit du 4 au 5 janvier, dans la région de Serma (centre du Mali), une frappe de Mirage 2000 suivie d’un assaut héliporté a permis de neutraliser une dizaine de terroristes et de détruire une quinzaine de motos », a annoncé le porte-parole de l’état-major français.

La forêt de Serma est réputée servir de sanctuaire à la katiba éponyme, soupçonnée d’être impliquée dans des attaques dans la région et les pays voisins, particulièrement au Burkina Faso.

Barkhane a également mené fin décembre une opération aérienne conjointe avec l’armée burkinabè, « une première », a fait valoir le colonel Barbry, en vantant « un bel exemple de la montée en gamme de nos partenaires ».

« Le 24 décembre dernier, en réaction à une attaque du contingent militaire burkinabé à Arbinda (nord), une patrouille de deux Mirage 2000D a décollé de Niamey sur alerte pour réaliser pour la première fois une opération conjointe avec les forces aériennes burkinabé », a-t-il déclaré.

L’un des avions français a détecté « un groupe d’une dizaine de motos ennemies » et « a guidé l’avion burkinabè (un Tucano, NDLR) vers la cible de façon à ce qu’il puisse la neutraliser », a-t-il poursuivi. Une dizaine de djihadistes ont été mis « hors de combat » lors de cette opération.

Source :
https://www.sudouest.fr/2020/01/09/sahel-la-france-mene-plusieurs-operations-antidjihadistes-le-drone-reaper-en-action-7041180-4803.php

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 14:56

Entre oppresseurs...

Le 12 janvier 2020

Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Nicolás Maduro a condamné, samedi 11 janvier, la violence de la répression policière contre les manifestants français, notamment des gilets jaunes.

Le gouvernement vénézuélien de Nicolás Maduro a dénoncé samedi la « répression excessive » dont fait preuve, selon lui, le gouvernement français lors des manifestations, des « gilets jaunes » notamment, et s’est dit « solidaire des luttes justes des travailleurs français ».

« Après 15 mois de manifestations, le gouvernement français est incapable d’apporter des réponses aux demandes de son peuple », a écrit sur Twitter Jorge Arreaza, ministre des Affaires étrangères du président socialiste Nicolás Maduro.

« Sa réponse est la répression excessive et sévère », a-t-il poursuivi dans ce tweet auquel il a accolé une vidéo montrant des policiers français en train de charger une manifestation.

Depuis le début de leur mouvement de contestation sociale en novembre 2018, les « gilets jaunes » français dénoncent régulièrement les « violences policières », l’usage des grenades et lanceurs de balles de défense (LBD) et certains ont porté plainte.
« Solidaire des luttes justes des travailleurs français »

Le pays est aussi depuis début décembre le lieu d’un vaste mouvement de protestation contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement d’Édouard Philippe.

« Le Venezuela est solidaire des luttes justes des travailleurs français et appelle au dialogue social », a ajouté Jorge Arreaza sur Twitter.

La France fait partie, avec les États-Unis notamment, de la cinquantaine de pays qui reconnaissent le chef de file de l’opposition Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela depuis un an.

Dans les mois qui ont suivi sa proclamation le 23 janvier 2019, des manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de Vénézuéliens contre le président socialiste Nicolás Maduro.

Certaines manifestations ont été émaillées de heurts très violents avec les forces de l’ordre qui ont fait six morts fin avril, début mai.

Source :
https://www.ouest-france.fr/monde/venezuela/le-venezuela-denonce-la-repression-excessive-des-manifestations-en-france-6685385

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8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 00:55

Le 29 décembre 2019

Lors des récentes manifestations contre la loi sur la citoyenneté en Inde, la police a eu recours aux "lathis", des matraques datant de l'époque coloniale britannique, utilisées pour frapper et réprimer les manifestants mais dont l'usage peut se révéler mortel.

Au moins 27 personnes sont décédées au cours deux dernières semaines de manifestations, la plupart par balles, mais des centaines d'autres ont été blessées lors d'affrontements mettant aux prises des manifestants et des policiers anti-émeute qui ont eu recours à ces bâtons de bambou.

Des images prises par l'AFP et d'autres médias montrent des policiers frappant des personnes avec ces "lathis", s'en prenant apparemment sans discernement à des passants et même des mineurs, ce qui a suscité la colère au sein de la population.

La vidéo d'un groupe de femmes musulmanes en train de protéger à New Delhi un étudiant frappé par des policiers armés de "lathis" s'est répandue comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux indiens.

Les personnes qui ont déjà été frappées avec ces longues matraques, faites de bambou ou de plastique dur et mesurant de 1,50 à 1,80 m, affirment qu'elles laissent une sensation d'engourdissement durant plusieurs jours.

De multiples coups assénés peuvent briser des os, paralyser et même tuer une personne.

Au départ "utilisé comme un moyen de contrôler les foules, le +lathi+ est devenu une arme mortelle", a affirmé à l'AFP V. Suresh, secrétaire général de l'Union populaire pour les libertés civiles (PUCL), un groupe de défense des droits de l'Homme.

 

"Il est... utilisé librement, à tel point que nous nous y sommes habitués. Le +lathi+ est considéré comme normal mais c'est une arme horrible", a souligné M. Suresh, estimant que "rien ne légitime son usage violent".

Symbole d'un pouvoir incontestable

Le +lathi+ serait originaire d'Asie du Sud où il aurait été employé dans les arts martiaux. Les seigneurs féodaux l'utilisaient également pour réprimer les paysans pauvres et il est ainsi devenu un symbole d'un pouvoir et d'une autorité incontestables.

En Inde, cet arme a commencé à susciter de la peur et de la crainte lorsque les Britanniques l'ont utilisée lors des marches de protestation non-violentes en faveur de l'indépendance de l'Inde à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Les Britanniques ont même élaboré des directives concernant l'usage du "lathi", "jabbing" signifiant frapper les personnes au niveau du ventre et "cutting" assener un coup au cou et à la tête.

"Le +lathi+ est un héritage de la domination coloniale britannique", a expliqué à l'AFP Syed Ali Kazim, professeur assistant d'histoire à la Aligarh Muslim University.

"Il y a des preuves historiques claires que Lala Lajpat Rai - un homme politique qui a lutté pour l'indépendance - est mort sous des coups de +lathi+ sur la tête lors d'une manifestation contre les Britanniques", a-t-il affirmé.

Les Britanniques ont quitté l'Inde en 1947 mais le +lathi+ est demeuré utilisé et pas seulement par les forces de l'ordre.

Le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS, Corps des volontaires nationaux), un mouvement ultranationaliste hindou aux méthodes paramilitaires, proche du Premier ministre indien Narendra Modi, les utilise lors de ses exercices matinaux.

La semaine dernière, de longues files de membres du RSS, portant une chemise blanche, ont défilé dans les rues d'Hyderabad (sud) en tapant sur des tambours, à cheval et en brandissant ces longs bâtons.

"Les +lathis+ ne sont pas des bâtons ordinaires. Ils sont trempés, séchés et ensuite on leur applique de l'huile, ils subissent un processus (de fabrication) pour devenir une arme mortelle", a déclaré M. Suresh de la PUCL.

Selon lui, "ils mettent également du fer ou de l'acier au bout pour déchiqueter la chair. Cela peut mutiler et tuer".

Source :
https://www.lepoint.fr/monde/le-lathi-une-arme-utilisee-par-la-police-indienne-heritee-de-l-epoque-coloniale-29-12-2019-2355083_24.php

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26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 15:44

Le 26 décembre 2019

Les autorités iraniennes ont restreint l'accès à l'internet mobile dans plusieurs provinces, a rapporté mercredi l'agence de presse semi-officielle ILNA, l'Etat réagissant ainsi à de nouveaux appels à manifester jeudi circulant sur les réseaux sociaux.

DUBAI (Reuters) - Les autorités iraniennes ont restreint l'accès à l'internet mobile dans plusieurs provinces, a rapporté mercredi l'agence de presse semi-officielle ILNA, l'Etat réagissant ainsi à de nouveaux appels à manifester jeudi circulant sur les réseaux sociaux.

Des médias contrôlés par l'Etat ont fait état par ailleurs de la découverte à Ispahan, dans le centre du pays, d'une cache contenant 126 armes à feu fabriquées principalement aux États-Unis et provenant illégalement de l'étranger.

Les manifestations ont d'abord été déclenchées en novembre par des hausses des prix de l'essence, mais les revendications sont désormais beaucoup plus larges et portent notamment sur la question de la liberté politique.

L'Iran, qui a violemment réprimé cette contestation, accuse les "voyous" liés aux exilés et aux pays ennemis - les États-Unis, Israël et l'Arabie saoudite - d'avoir attisé les troubles sur les réseaux sociaux.

Source :
https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/261219/liran-restreint-lacces-internet-avant-deventuelles-nouvelles-manifestations

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