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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 09:56

Ayotzinapa-Paris : États d'urgence ! Quelles suites ? ¿Qué sigue?

http://paris.demosphere.eu/rv/44043

Discussion-débat avec la participation d'un étudiant mexicain de l'École normale rurale d'Ayotzinapa, survivant de la répression

Plus d'un an s'est écoulé depuis la terrible répression qui s'était abattue le 26 septembre 2014 contre l'Ecole normale rurale d'Ayotzinapa au Mexique (Guerrero) : 6 personnes furent tuées dans la ville d'Iguala par les forces policières et des escadrons de la mort, et 43 étudiants embarqués ce soir-là par la police disparaissent, jusqu'alors ils n'ont jamais été retrouvés.

Depuis lors, dans tout le Mexique et dans le monde entier, les mobilisations n'ont pas cessé pour retrouver les 43 disparus et dénoncer le système étatique et criminel coupable de ce crime.

Plus de quinze mois après, où en est-on ?

A Paris et en France, en mai dernier la venue de proches des disparus et des survivants d'Ayotzinapa a permis de tisser des ponts avec les combats menés ici contre les violences et l'impunité policières.

Cette rencontre a été l'occasion de dénoncer la coopération de la France avec l'armée et la police mexicaines, principaux suspects dans le cas de ce crime d'État, comme dans tant d'autres perpétrés au Mexique.

L'hexagone est devenu le deuxième exportateur d'armes au monde, les interventions militaires françaises se sont multipliées, tout comme le nombre de crimes commis par la police en France.

A Paris, la population civile est devenue la cible d'attentats meurtriers, et nous vivons désormais en France sous la nouvelle chape de plomb de l'état d'urgence.

Dans ce contexte, quels ponts et quelles solidarités pouvons-nous continuer à tisser avec celles et ceux qui se battent à Ayotzinapa et partout contre la répression et l'impunité ?

17h - CNT
Confédération Nationale du Travail
33, rue des Vignoles

Métro Avron ou Buzenval

Collectif Paris-Ayotzinapa et CSPCL (Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte)

europarisayotzi@riseup.net

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 15:21

Le 7 janvier 2015

Le tableau était pourtant idyllique pour l’exécutif et les médias dominants : un attentat « anniversaire » un an après les attaques à Charlie Hebdo, une revendication religieuse au cri d’« Allah Akbar » et un engin explosif.

Mieux encore : une réponse « exemplaire » des forces de l’ordre, repus des éloges rendus par Hollande le jour même.

Tout était bien en place pour un nouvel épisode de la République-avec-son-grand-air, répondant avec brio face à la barbarie venue de l’étranger. Pourtant, les éléments apparus au fil de la journée ont peu à peu mis à mal la version officielle. Jusqu’à en faire de l’attentat à la Goutte d’or une affaire de bavure policière ?

13h. Les médias à l’affût du « buzz » terroriste, Cazeneuve dépêché /sur place

Pour les médias et les hommes politiques, l’affaire est déjà classée, certainement avant d’avoir pu entendre même la version des policiers. Dès le début d’après-midi, les médias dominants passent en boucle la même information : un attentat dans Paris contre un commissariat, commis par un individu armé, « courant » vers les policiers et disposant probablement d’une ceinture explosive comme le laissent penser les « fils » qui dépassent de sa veste.

Les policiers sur place sont félicités pour leur acte de bravoure, eux qui ont tiré et tué un homme « sans nul doute » terroriste islamiste.

Le quartier est bouclé, les voisins du commissariat sont tenus de rester enfermés chez eux et de ne pas regarder à leurs fenêtres. Les écoles du quartier sont confinés.

Les forces républicaines montrent les crocs face à ce terroriste d’ors et déjà jugé et condamné à mort par les policiers, qui l’ont probablement déjà déchu de sa nationalité.

Les médias relaient massivement une rumeur, érigée au rang d’information exclusive : l’homme aurait crié « Allah Akbar ».

Les policiers n’auraient ainsi fait qu’appliquer à la lettre les notes du Ministère de l’Interieur en cas d’attentat, qui préconisent d’« engager un tir de neutralisation » en cas de risque.

Devant le commissariat, un robot démineur est chargé d’inspecter le corps étendu, mais aussi de démontrer les nouvelles technologies acquises par les forces de l’ordre française en matière de lutte contre le terrorisme.

Déjà l’on s’émeut à l’idée qu’un jour peut-être, ce robot, mortellement court-circuité par un fil rouge et un fil bleu, sera , tout comme Diesel, médaillé de la République pour sa bravoure.

Cazeneuve, arrivé sur place, salue ses troupes et, soulagé, explique aux journalistes que les policiers ont été « obligé » d’abattre l’individu. Il promet une enquête rapide (n’est-elle pas déjà conclue ?) pour déterminer l’identité du coupable.

De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump, enquêteur hors pairs, a déjà trouvé la réponse et la délivre en un tweet sans équivoque : « Un homme a tiré à l’intérieur d’un poste de police à Paris. J’avais annoncé que la menace terroriste était à son plus haut niveau. L’Allemagne est un bazar total. Soyez intelligents ! »

L’Allemagne est ici présentée comme la cause de l’attentat du fait de sa politique officielle « d’accueil » envers les réfugiés, politique que Donald Trump n’a de cesse de dénoncer pour son « laxisme ».

Suivez mon regard, le suspect est un migrant, un étranger, un barbare venu d’ailleurs.

15h. Un drôle de terroriste...

Au fur et à mesure de l’après-midi pourtant, le récit devient plus confus. En lieu et place d’arme, on apprend que l’individu avait une feuille de boucher, c’est à dire une petite hache utilisée en boucherie.

Quelques temps plus tard, la ceinture explosive devient un engin factice, et de bien mauvaise facture.

Après fouille du corps, on découvre sur lui un téléphone avec, selon certaines sources, des messages en arabes (sans que soit précisé ce qu’il y est dit), ainsi qu’un papier mentionnant que le suspect aurait « prêté allégeance » à l’Etat Islamique et qu’il justifie son acte par une vengeance contre les attaques en Syrie.

Certains médias parlent d’un drapeau de Daesh « dessiné » sur ce papier.

Autant d’éléments étranges ou partiels, qui ne font penser ni à un terroriste réellement organisé, ni surtout à une enquête aboutie jusqu’à pouvoir en tirer l’ensemble des conclusions éclairées qu’en ont tirées les journalistes depuis le début de l’après midi...

Mais ce sont surtout les témoignages qui sont le plus perturbants.

Au cours de l’après-midi, sur BFM, Le Point ou encore Le Monde, des éléments divergents commencent à se faire entendre – sans pour autant qu’aucun de ces journaux ne modifient leur ligne éditoriale, encouragé par le gouvernement et les dirigeants des forces de police qui continuent à montrer les gros bras.

Sur Le Point, une journaliste retranscrit la parole d’un témoin, expliquant que « Les policiers auraient alors demandé [à l’assaillant] de reculer. L’homme aurait obtempéré, avant de revenir près du commissariat les deux bras en l’air et de se voir une nouvelle fois sommé de reculer par les policiers. Ce témoin assure que l’homme est resté silencieux. », sans crier « Allah Akbar ».

Sur BFM, deux témoignages vidéos concordent avec cette vision.

Enfin, sur Le Monde, un témoin raconte que « Des gens criaient : “Mais ça ne va pas ! Il ne faut pas lui tirer dessus !” » avant que le policier ne lui lance le fameux « tir de neutralisation » de cinq balles mortelles.

18h. Un déséquilibré « sans aucun lien avec la radicalisation violente ». Mais qui est le plus fou ?

A la fin de la journée, c’est donc un tout autre film qui passe sous nos yeux.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira commence elle-même à devoir reconnaître que l’ennemi n°1 de la journée rentre peut-être moins que prévu dans les codes du terroriste classique de Daesh.

Quoique son identité ne soit pas encore établie de manière tout à faire sûre, elle a dû reconnaître qu’il n’avait « aucun lien avec la radicalisation violente, aucun », et qui s’agissait peut-être d’un « déséquilibré ».

Une définition qui convient mieux en effet aux caractéristiques de l’agresseur en question, non-masqué, armé d’une seule hache de boucher et d’une fausse ceinture d’explosive et qui a attaqué seul un commissariat d’une des plus grandes capitales d’Europe.

Que cette société sécuritaire, emplie d’angoisses xénophobes, produise en son sein des déséquilibrés de ce type est loin d’être étonnant. Que les guerres menées par nos gouvernements au Moyen Orient engendre des folies de revanche et d’allégeance à un chef religieux mythifié ne l’est pas non plus.

Malheureusement, on ne s’étonnera pas non plus de la réponse donnée à ce genre de situation par les forces de police devenues aussi forces de justice grâce à l’état d’urgence de Hollande et Valls.

On s’étonnera encore moins de la réponse des médias dominants, prêts à tout pour faire le buzz autour de cette nouvelle ambiance d’angoisse permanente.

Mais de cet assaut minable contre un pseudo-terroriste en carton jusqu’aux assignations à résidence, en passant par les perquisitions des mosquées et les interdictions de manifestations, jusqu’aux agressions et meurtres policiers, il n’y a qu’une fine frontière, que le gouvernement entend bien franchir dans les prochains mois.

Cette affaire révèle que tout les moyens sont bon pour légitimer l’instauration d’un état d’urgence liberticide, quitte a falsifier les faits.

Une nouvelle confirmation, si besoin en était encore, de faire de la lutte contre le recul de l’islamophobie d’Etat et contre l’état d’urgence un combat primordial pour les travailleurs et les jeunes aujourd’hui !

Source :
http://www.revolutionpermanente.fr/Attentat-a-la-Goutte-d-or-Folie-meurtriere-ou-folie-policiere?

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 12:19

Le 29 décembre 2015

Aux premières loges pour observer la manière dont l'état d'urgence est mis en oeuvre et contrôlé, un collectif d'une dizaine de juges administratifs s’émeut des atteintes que ces mesures portent aux libertés publiques et aux droits fondamentaux. Soumis au devoir de réserve, ils sont contraints de s'exprimer ici anonymement.

Nous, juges administratifs, tenus au devoir de réserve, ne prenons que très rarement la parole publiquement. Si nous franchissons ce pas, aujourd’hui et exceptionnellement, alors que le projet de loi de révision constitutionnelle visant à inscrire l’état d’urgence dans la Constitution vient d’être adopté en Conseil des ministres, c’est parce que nous avons pu mesurer les dangers pour les fondements même de notre Etat de droit de décisions prises dans l’émotion des attentats du 13 novembre.

La loi du 20 novembre 2015 prolongeant l’état d’urgence a considérablement élargi la portée des dispositions de la loi du 3 avril 1955. Cela a été abondamment souligné et commenté.

Au-delà des mesures exceptionnelles qu’il permet de prendre, une des conséquences de l’état d’urgence est le transfert de compétences de l’autorité judiciaire dans un cadre répressif vers l’administration à titre préventif. C’est la raison pour laquelle le juge administratif peut être saisi, a posteriori, par les personnes concernées.

Notre tâche devrait être alors de veiller à la proportionnalité de ces mesures, à l’équilibre entre ordre public et libertés publiques. Mais ce rôle ne doit pas faire naître de trop grandes attentes : le juge administratif n’est, avec le juge judiciaire, le garant de l’Etat de droit que pour autant que les lois l’y autorisent.

Lorsque la loi, comme c’est le cas de celle portant application de l’état d’urgence, instaure un état d’exception dont la nature est d’éclipser des pans entiers de l’ordre constitutionnel normal et permet de déroger à nos principaux engagements internationaux, en particulier la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le pouvoir du juge est limité : il doit seulement vérifier si les mesures exceptionnelles autorisées par l’état d’urgence pouvaient être prises à l’encontre des personnes concernées.

Ce pouvoir, les sept ordonnances rendues le 11 décembre 2015 par le Conseil d’État ne l’ont pas, à notre sens, suffisamment renforcé. En théorie, le Conseil d’Etat a reconnu au juge administratif, notamment dans le cadre des procédures d’urgence, le pouvoir de contrôler les décisions prises dans le cadre de l’état d’urgence ; il lui a aussi permis de prendre toute mesure utile pour assurer la sauvegarde de la liberté fondamentale à laquelle le ministre de l’intérieur ou le préfet auraient porté atteinte. Mais, en pratique, son contrôle est demeuré assez circonscrit.

Ces affaires sont connues. Des militants écologistes avaient été assignés à résidence car l’administration craignait qu’ils ne projettent des actions constitutives de troubles à l’ordre public durant la tenue de la COP 21. Le Conseil d’État, sans aller jusqu’à contrôler si l’administration ne prenait par là que des mesures nécessaires, adaptées et strictement proportionnées au but poursuivi, a estimé que de telles mesures pouvaient être prises à l’encontre de  personnes dont les actions hypothétiques étaient pourtant sans rapport avec les actes terroristes, dès lors qu’un lien, même indirect, pouvait être établi : la mobilisation des forces de l’ordre pour canaliser le militantisme écologique radical risquait de les détourner de la lutte contre le terrorisme.

Or dans la juridiction administrative, les positions du Conseil d’État « font jurisprudence ». Si, dans quelques affaires jugées ces derniers jours, on perçoit une volonté des juges administratifs « de base » des tribunaux administratifs de jouer pleinement leur rôle, rien n’indique, en l’absence d’infléchissement de la position du Conseil d’État, que ces ordonnances soient elles-mêmes destinées à « faire jurisprudence » à leur tour.

C’est ainsi qu’imperceptiblement, l’équilibre entre ordre public et libertés publiques se déplace. Et nous nous retrouvons, juges administratifs, dotés d’une responsabilité accrue sans avoir véritablement les moyens de l’assumer.

C’est pourquoi il nous paraît extrêmement dangereux de constitutionnaliser hâtivement l’état d’urgence, sans avoir préalablement tiré pleinement les leçons de cette première expérience, en termes de dangers pour les libertés comme d’efficacité pour la sécurité.

Notre Constitution ne fait pas qu’organiser les pouvoirs au sein de la République française. Elle définit également les limites de ces pouvoirs et protège les libertés fondamentales.

Les temps sont troublés et tout indique que les menaces à l’ordre public seront durables. Nous tous, juges et citoyens, avons une responsabilité collective entre deux choix : la tentation sécuritaire et l’état d’urgence permanent d’un côté, et un État de droit fort du respect des libertés fondamentales de l’autre. Le risque est réel que nous inscrivions de manière durable et difficilement réversible la réponse que nous aurons choisie sans en mesurer véritablement les conséquences.

Cela mérite en tous cas un débat large et organisé, avec le recul nécessaire, qui dépasse l’enceinte du seul Parlement et associe toutes les parties dont le rôle est de veiller à la protection des libertés publiques et des droits fondamentaux. Dans ce débat, nous, juges administratifs, qui devrons appliquer aux requêtes qui nous seront soumises le cadre juridique ainsi tracé, souhaitons faire entendre notre voix et témoigner de notre expérience.

Imaginons un instant que des forces autoritaires viennent à accéder aux fonctions suprêmes. Voulons-nous vraiment laisser en leurs mains un tel outil, avec, pour seule borne, un juge administratif aux pouvoirs restreints ?

N.B : Nous sommes une dizaine de juges administratifs à avoir souhaité nous exprimer par le biais d'une tribune. Anonymement, car nous sortons de notre devoir de réserve et risquons par là des sanctions disciplinaires. Les propos tenus dans cette tribune n’engagent que leurs auteurs qui ne représentent pas la totalité des juges administratifs. Cette initiative a suscité des débats parmi nos collègues, mais nous avons estimé que l'absolue nécessité d'un large débat sur la pérennisation de l'état d'urgence justifiait cette sortie de notre habituelle réserve.

Source :
https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/291215/etat-d-urgence-des-juges-administratifs-appellent-la-prudence

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 12:02

Le 30 décembre 2015

Vingt-quatre universitaires, dont Daniel Cohen, Thomas Piketty, Annette Wieviorka, demandent à François Hollande de revenir sur la déchéance de nationalité, dans une lettre ouverte publiée dans Libération

Monsieur le Président,

il y a six semaines à peine vous demandiez aux Français d’accrocher à leurs fenêtres les couleurs de la République en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. Ces drapeaux, ils ont été arborés fièrement par des milliers de Français, par des milliers de citoyens attachés à leur liberté, à leur égalité, à la fraternité que doit garantir notre République. Ils l’ont été en particulier par ceux que l’on risque de devoir désormais désigner, comme s’ils devaient la porter en stigmate, par leur binationalité.

Monsieur le Président, les binationaux ne sont ni moins fiers d’être Français, ni moins Français que d’autres. Ils ne sont pas des citoyens moins impliqués dans la vie du pays.

Notre communauté nationale, durement mise à l’épreuve cette année, a su se montrer forte et soudée. Plus que jamais, elle a besoin de cultiver sa cohésion et son unité. Plus que jamais, elle a besoin de ceux dont la binationalité dit la richesse des origines et donc des cultures, qui depuis toujours font la grandeur de la France.

En menaçant ceux de ses membres pourtant nés Français d’en être exclus, vous les rejetez aux marges de notre communauté nationale et vous en fragilisez par là même la structure.

S’il s’agit d’un symbole, mesurez-en bien la portée : il y aura demain les «vrais» Français et les autres. C’est le sens même de l’appartenance à la Nation qui en sera ébranlé.

Monsieur le Président, vous vous êtes exprimé le 16 novembre devant le Parlement réuni en Congrès pour rappeler avec force que ni la démocratie française  ni la République française ne céderont devant le terrorisme et la barbarie. Ce discours ne peut servir de fondement à une décision qui fracturerait en profondeur notre société. Vous vous adresserez le 31 au soir à toute la Nation à l’occasion de vos vœux. Ne permettez pas que demain notre pays connaisse deux catégories de citoyens. Nous vous le demandons. Il ne saurait y avoir déshonneur ou manquement à un engagement quand il s’agit de défendre les valeurs fondamentales de la France, au premier rang desquels l’égalité et la fraternité.

Premiers signataires

Bruno-Nassim Aboudrar, professeur d’université; Jean-François Balaudé, philosophe, président de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense; Baptiste Bondu, universitaire; Julia Cagé, économiste; Daniel Cohen, économiste; Sophie Cras, historienne de l’art; Jean-Luce De Antoni, éducateur ; Nicolas Hervé, ingénieur de recherche; Marie Goupy, chercheuse en philosophie et enseignante; Elise Huillery, économiste; Etienne Klein, physicien; Frédérique Matonti, politiste; Dominique Méda, professeur d’université; Éric Monnet, économiste; Séverine Nikel, éditrice; Gabriel Périès, professeur de science politique à l’IMT/Télécom Ecole de Management; Thomas Piketty, économiste; Romain Rancière, enseignant chercheur; Frédéric Sawicki, professeur à l’université Paris 1 ; Thierry Vedel, chercheur; Marie-Luce Viaud, chercheur ; Patrick Viveret, philosophe, magistrat honoraire; Sophie Wahnich, directrice de recherche CNRS; Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherche émérite au CNRS.

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Publié par C.L.A.P33 - dans Etat d'urgence
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 11:58

Le 31 décembre 2015

L’idée d’un grand rassemblement festif contre l’Etat d’urgence est née de l’envie de poursuivre un élan commun, visible et offensif et de lier deux temporalités : à court terme, créer les conditions d’un mouvement large contre l’Etat d’urgence, notamment dans l’éventualité d’une expulsion de la ZAD ; et sur le long terme, continuer à construire nos luttes, densifier nos relations, faire des ponts avec d’autres populations touchées par l’Etat d’urgence.

Le 28 novembre dernier, les convois des territoires en lutte se retrouvaient devant le château de Versailles pour un banquet, malgré l’interdiction préfectorale et la création d’une “Zone de Sécurité Prioritaire” sur le plateau de Saclay. Sur place, plusieurs centaines de personnes reliées par la volonté commune de dénoncer la mascarade de la COP21. La réussite de cette journée aura prouvé qu’il n’y a pas d’interdiction qui tienne lorsqu’on est nombreux-ses et organisé-e-s.

L’état d’urgence a vite été détourné des objectifs annoncés pour servir à museler toute voix discordante, empêcher toute contestation sociale.

L’opération a consisté à instrumentaliser l’émotion causée par les attaques du 13 novembre, en nous sommant de choisir notre camp.

Au choix : “l’unité nationale”, les bombardements en Syrie et la guerre à un terrorisme dont les contours restent bien flous, ou le risque de finir dans les petites fiches de l’antiterrorisme pour celles et ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette union sacrée.

Désormais, et pour un temps indéterminé, toute activité politique qui n’est pas encadrée directement par l’Etat se trouve exposée à une féroce répression. Nous en avons fait l’amère expérience ces dernières semaines :

58 personnes ont été convoquées par la police pour avoir manifesté le 22 novembre en soutien aux migrants ; l’université Paris 7 a été fermée pour empêcher que des étudiants y apportent une parole critique sur la COP 21 ; une trentaine de militants ont été assignés à résidence pour leur volonté présumée de participer à la contestation de la COP21 et des lieux d’organisation ont été perquisitionnés. La marche pour le climat du 29 novembre a été interdite et 317 personnes placées en garde à vue pour avoir bravé l’interdiction. Le 4 décembre à Nantes, une manifestation contre l’état d’urgence est attaquée par la police qui blesse plusieurs personnes dont une grièvement. Sans compter, les centaines de personnes assignées à résidence – toujours sur la base des “notes blanches” du ministère de l’intérieur – sur le simple soupcon de "radicalisme".

Cet état “d’exception", en passe d’être constitutionnalisé est d’une ampleur historique.

Près de 3000 perquisitions administratives souvent brutales et rarement fructueuses ont déjà eu lieu et on saute sur l’occasion pour demander plus de flashball, de caméras, de vigiles.

Maintenant l’arbitraire administratif et policier ne se cantonne plus aux quartiers populaires mais s’assume sur l’ensemble du territoire français.

C’est à peine s’ils s’embarrassent d’y mettre les formes du droit républicain. Aussi, ce n’est pas à une lutte contre le terrorisme que nous assistons, mais plutôt à une opération politique d’une ampleur inquiétante. La police ne protège pas tant la population des terroristes, qu’elle frappe l’opposition politique et plus généralement tout ce qui dévie de l’ordre national.

Si l’on prend acte de cette condition qui nous est faite, il faut au minimum exiger la levée de l’état d’urgence, au vu des dégâts – et non des “abus” – qu’il a déjà provoqué, et de ceux qu’il permettra à l’avenir.

Au moment où le gouvernement veut relancer le projet d’aéroport à Notre-Dame-Des-Landes et où le mouvement anti-aéroport risque de payer les conséquences très concrètes de l’état d’urgence, il est crucial de nous retrouver et de nous renforcer. Pour contraster avec cette atmosphère anxiogène, il est important de se réunir, discuter, échanger, se réapproprier les espaces afin d’opposer à leurs intimidations, notre détermination à construire ensemble.

En ce sens le banquet du 28 novembre à Versailles, la résistance collective sur la place de la République le lendemain ou encore les cantines de soutien aux luttes de territoires sur les places de Stalingrad et République montrent le chemin à suivre.

C’est pourquoi nous appelons à un grand rassemblement festif contre l’état d’urgence le 16 janvier 2016 place Ménilmontant (parvis du métro) à partir de 13 heures autour d’un banquet, de banderoles et de prises de paroles.

Investir une place paraît être le geste juste pour faire entendre une voix dissonante au milieu de l’unanimisme asphyxiant de "l’unité nationale", adresser un message déterminé en prévision d’une tentative d’expulsion de la ZAD, et nous réapproprier la ville.

Le message envoyé à ceux qui tentent de nous gouverner : "vos intimidations ne font que renforcer notre détermination à nous soustraire de vos bons soins".

Nous appelons à ce que des initiatives similaires se multiplient et grandissent dans les semaines et mois à venir.

Dors et déjà, nous souhaitons faire écho à l’appel de la coordination anti-aéroport pour une grande journée de mobilisation contre le projet d’aéroport ou encore l’appel du comité ZAD Rennes pour une manifestation/carnaval le 6 février.

Voir ici :
https://maisondelagreve.boum.org/6-Fevrier-MANIFESTATION-CARNAVAL

Quelques réunions ont déjà eu lieu, l’appel ci-dessus en est sorti.
(prochaine réunion le samedi 2 janvier à 18h au CICP).

P.-S.

RDV le samedi 2 janvier à 18h au CICP (21 ter Rue Voltaire, métro Rue des Boulets ligne 9).

Toutes les discussions de fond et propositions pour remplir cette journée y sont les bienvenues !

Mail-list : banquetcontreletatdurgence@lists.riseup.net

Source :
https://paris-luttes.info/appel-pour-un-grand-banquet-contre-4635

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 11:57

Le 6 janvier 2016

L’état d’urgence se terminera fin février, possiblement sans reconduction. Adieu donc les pouvoirs spéciaux reconnus aux autorités… Mais c’était sans compter un nouveau projet de loi sorti du chapeau fin décembre.

Décrété après les attentats du 13 novembre, l’état d’urgence a armé les autorités de compétences extraordinaires renforcées grâce à une loi adoptée quelques jours plus tard.

Assignation à résidence, perquisition administrative même sur les ordinateurs et dans le cloud, le tout sans intervention préalable d’un juge, visant toute personne dont le « comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics ».

Un tel point d’entrée, volontairement flou, a soigné le travail des autorités, tout comme le chiffre d’affaires des artisans spécialisés dans l’installation de portes d’entrée neuves.

Renforcer les moyens en dehors de l’état d’urgence

Début janvier, on a appris que le gouvernement ne souhaitait pas proroger l’état d’urgence au-delà de fin février. Une bonne nouvelle pour ceux qui s’inquiétaient de la mise à l’écart de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Cependant, le nouveau projet de loi présenté fin décembre et transmis actuellement au Conseil d’État ne cache pas l’intention de l’exécutif : celui de « renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à disposition des autorités administratives et judiciaires, en dehors du cadre juridique temporaire mis en œuvre dans le cadre de l’état d’urgence. »

Le passage est extrait du texte dont le Monde a pu obtenir une copie. Ce projet de loi « renforçant la lutte contre la criminalité organisée et son financement, l’efficacité et les garanties de la procédure pénale » sera finalement présenté en Conseil des ministres mi-février pour être ensuite examiné au Parlement.

Avec lui, l’actuelle majorité entend bien « obtenir des outils performants susceptibles de réduire la nécessité de l’état d’urgence ». Ainsi, pour reprendre le slogan cher à Canada Dry : ça ressemble à l’état d’urgence, c’est un peu musclé comme l’état d’urgence, mais ce n’est pas formellement l’état d’urgence.

Plusieurs exemples sont cités par nos confrères, où on retrouve plus en détail ce qu’avait annoncé le gouvernement deux jours avant Noël (voir capture, et la source)


https://cdn.nextinpact.com/images/bd/news/medium-157764.jpeg

Dans la besace, perquisitions de nuit dès l’enquête préliminaire en matière de terrorisme, avec possibilité de les décider de manière préventive afin d'anticiper un risque d’atteinte à la vie ou l’intégrité physique ; mise en place d’IMSI-catchers, fausses antennes relai permettant de glaner les données de connexion voire de faire de l’interception des correspondances, sur simple autorisation du procureur, dans le cadre de la criminalité ou la délinquance organisée ; sonorisation et/ou surveillance vidéo d’un lieu dès l’enquête de flagrance ou l’enquête préliminaire ; possibilité de retenir pendant quatre heures une personne pour vérifier sa situation, sans droit à l’avocat, dès lors qu’il existe des raisons sérieuses de croire à l’existence d’un lien avec le terrorisme ; fouille des bagages, des voitures, sans présomption d’infraction, pour celui ou celle qui se trouve à proximité d’un site sensible, etc.

Les préfets, détaille encore le Monde, pourront également assigner à résidence les présumés terroristes de retour de Syrie ou soupçonnées d’avoir tenté de se rendre sur un tel théâtre d’opérations, et leur demander pendant trois mois les identifiants de leurs téléphones et ordinateurs.  

Source :
http://www.nextinpact.com/news/97959-vers-etat-d-urgence-canada-dry-permanent.htm

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Publié par C.L.A.P33 - dans Etat d'urgence
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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 12:31

Le 1er janvier 2016

Echec de l'effet de surprise, des milliers de cartouches tirées, une tête humaine, des terroristes tués, des policiers blessés : l'assaut à Saint-Denis a été extrêmement violent.

Alors que plusieurs témoignages ont livré le récit terrifiant de l'attaque du Bataclan où 130 personnes ont été tuées dans la soirée du 13 novembre, voici, dans le détail, comment s'est déroulé l'assaut du RAID à Saint-Denis au cours duquel, ce 18 novembre, le cerveau présumé de ces attentats Abdelhamid Abaaoud a été tué.

Un assaut "d'une extrême difficulté" avait reconnu le lendemain le procureur de Paris François Molins. Et pour cause : les hommes du RAID, qui ont passé plusieurs heures sous le feu des terroristes, ont manqué l'effet de surprise qui devait leur donner un avantage.

Un explosif défaillant ?

Pour mémoire, la cible est alors un appartement rue Corbillon à Saint-Denis dans lequel sont retranchés Abdelhamid Abaaoud, sa cousine Hasna Aitboulahcen et un complice toujours non identifié.

Il est 4H20 quand les policiers pénètrent dans l'immeuble. Ils s'arrêtent devant un appartement au troisième et posent des charges explosives.

Mais la porte résiste.

Les autorités parleront d'abord d'une "porte blindée". Un blindage qui n'apparaît toutefois pas dans l'enquête, selon une source proche du dossier. Une des trois charges n'a pas fonctionné, selon une source policière. Conséquence, "nous avons perdu l'effet de surprise", reconnaîtra Jean-Michel Fauvergue, le chef du RAID.

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/video-la-reconstitution-en-images-de-l-assaut-a-saint-denis_1183039.html

 Cinq policiers blessés

"On a été rapidement ensuite accueilli à coup de kalachnikov", dira-t-il encore. Les enquêteurs n'ont pas retrouvé de kalachnikov. Seul un pistolet semi-automatique belge sera exhumé des gravats. Les jihadistes étaient également armés de grenades et de deux ceintures explosives.

Cinq policiers seront blessés durant l'assaut, le chien du Raid tué.

"On savait qu'on avait affaire à des gens extrêmement aguerris, déterminés, qui n'allaient pas se rendre".

Des grenades sont lancées dans les escaliers et depuis le toit. La situation est confuse, un sniper du Raid mentionne à un moment la présence d'un homme sur le toit.

Pendant de longues heures, des "tirs nourris". "J'entendais des coups de feux, le sol se fissurer (...) j'ai entendu les policiers qui voulaient plus de munitions, ça continuait à tirer", se souvient une voisine.

"Extrêmement dangereux"

"On savait qu'on avait affaire à des gens extrêmement aguerris, déterminés, qui n'allaient pas se rendre", souligne une source policière.

"L'objectif assigné au RAID (...) était d'interpeller et si nécessaire neutraliser, avec toutes les précautions indispensables, des individus extrêmement dangereux, susceptibles d'être impliqués dans les attentats du 13 novembre et d'être porteurs d'armes et d'explosifs (...) Le RAID a utilisé, en fonction des éléments portés à sa connaissance, les moyens nécessaires à la conduite de ce type d'opérations", défend Jean-Marc Falcone directeur général de la police nationale (DGPN).

Le quartier est bouclé, la préfecture ferme les écoles et collèges du centre ville, métros, bus et tramway desservant Saint-Denis sont à l'arrêt, une cinquantaine de militaires sont déployés dans la ville, des dizaines de journalistes du monde entier se pressent aux abords du périmètres de sécurité.

Une tête humaine

Il y a ensuite une explosion, selon le RAID qui croira dans un premier temps que c'est Hasna Aitboulahcen qui a actionné sa ceinture d'explosif. L'enquête révèle que c'est le complice d'Abdelhamid Abaaoud, encore non identifié, qui a explosé provoquant l'effondrement d'un mur sous lequel sera retrouvé le corps de la jeune femme.

11H26, un source policière annonce la fin de l'intervention à la presse.

Lors des constatations, les enquêteurs trouveront dans la rue "une partie de tête humaine à laquelle demeure attaché un morceau de colonne vertébrale", "une partie de visage", "des dents", des téléphones portables, des écrous, des clés...

Le plancher s'est effondré

Le plancher de l'appartement s'est effondré, celui des combles aussi. Il faut étayer et consolider l'immeuble avant de pouvoir fouiller les gravats, "une scène de crime extrêmement complexe", selon une source proche de l'enquête.

Outre le pistolet, les enquêteurs retrouvent une réplique d'une arme de même type et "plusieurs morceaux de matière organique", d'autres portables, des étuis percutés, un GPS...

La violence de l'assaut a été telle que les enquêteurs retrouveront encore des téléphones sur le toit.

Abaaoud, son complice et sa cousine Hasna Aitboulahcen ont été tués dans l'assaut.

Plusieurs résidents ont été interpellés puis relâchés. Parmi eux, Ahmed, locataire égyptien sans-papiers, voisin des jihadistes, qui a été blessé par la police.  

Source :
http://www.sudouest.fr/2016/01/01/attentats-de-paris-les-details-glacants-de-l-assaut-du-raid-a-saint-denis-2231856-6156.php

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 12:49

Le 30 décembre 2015

Depuis sa présentation en Conseil des ministres le 23 décembre, le projet d'extension de la déchéance de nationalité aux terroristes divise à droite comme à gauche.

Un projet qui fabriquerait "des Français de souche" , qui créerait à terme une catégorie de "Français de seconde zone"... Depuis la décision de François Hollande de maintenir l'extension de la déchéance de nationalité aux terroristes dans le projet de réforme constitutionnelle présenté mercredi 23 décembre, la gauche et la droite s'écharpent autour de cette proposition.

Qui est vraiment concerné ? Cette proposition remet-elle en question le droit du sol ? Doit-elle inquiéter les binationaux ?

Présentée comme "dangereuse" et "inefficace" par ses détracteurs, elle demeure un acte "symbolique fort" dans la lutte contre le terrorisme pour ses partisans. Francetv info vous explique ce qu'il faut savoir pour la comprendre.

On m'a dit que la déchéance de nationalité, c'était un truc du régime de Vichy. C'est vrai ?

"Revenons aux faits (...) Cette déchéance n'a absolument rien à voir avec les actes discriminatoires du régime raciste et antisémite de Vichy", insiste le Premier ministre Manuel Valls, sur son compte Facebook, mardi 29 décembre.

"La première procédure de déchéance de nationalité a été instituée par la IIe République." En effet, la dénaturalisation apparaît en France pour la première fois en 1848, elle vise à sanctionner les Français qui continuent de pratiquer l'esclavage, aboli le 27 avril 1848.

Durant la première guerre mondiale, une législation spéciale permet de déchoir de leur nationalité des Français originaires de puissances ennemies, "qui se prêtent à des actes de trahison ou d'insoumission", rappelle Sylvain Saligari, avocat spécialisé dans le droit des étrangers à France 24. Plus de 500 personnes sont touchées.

Sous le régime de Vichy (1940-1944), la déchéance est massive et concerne 15 000 cas. "Sont d'abord visés les juifs : 7000 juifs d'origine étrangère perdent la nationalité française. Le reste, ce sont surtout des délinquants." explique l'historien Patrick Weil au Figaro. Ces dispositions sont annulées après guerre par une ordonnance de 1945, qui fixe les grandes lignes de la déchéance de nationalité.

Est-ce que tout le monde peut être déchu de sa nationalité ?

Actuellement, l'article 25 du Code civil (sur Légifrance) prévoit qu'un individu qui a acquis la qualité de Français (droit du sol, mariage, naturalisation) peut être déchu s'il est condamné pour un crime ou un délit précis.

Un enfant né en France de parents étrangers peut acquérir la nationalité française à partir de 13 ans, détaille Service Public. Si l'un de ses deux parents est étranger, mais né en France, il est français de naissance, c'est ce qu'on appelle, le "double-droit du sol".

Pour être déchu, il faut qu'il ait été condamné pour "atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation", "constituant un acte terroriste", ou "qu'il se soit livré au profit d'un Etat étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France" par exemple.

Seules les personnes françaises depuis moins de dix ans peuvent être privées de la nationalité. Le délai est étendu à quinze ans si elles ont commis un crime ou un délit constituant "une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation".

Du coup, c'est possible de se retrouver sans nationalité ?

Non. Depuis la loi Guigou de 1998, la déchéance ne peut s'appliquer qu'à des binationaux, afin de respecter la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, qui stipule que tous les individus ont "droit à une nationalité" et ne peuvent en être "arbitrairement privés", détaille l'ONU.

Dans les faits, la déchéance est peu pratiquée. Selon le ministère de l'Intérieur, 26 déchéances de nationalité ont été prononcées depuis 1973, dont 13 pour terrorisme.

Que changerait la révision constitutionnelle ?

La possibilité de déchoir de leur nationalité des Français binationaux nés Français, et non plus seulement ayant acquis cette nationalité après leur naissance, est le changement principal de cette proposition. Il nécessite la révision de l'article 34 de la Constitution qui définit la loi et délimite son domaine.

Ça va vraiment dissuader les terroristes de passer à l'action ?

Non, de l'aveu même du Premier ministre, la mesure vise à sanctionner "lourdement", et de "manière symbolique" les auteurs de crimes "contre la vie de la nation", a précisé Manuel Valls lors d'une conférence de presse le 23 décembre. Le Conseil d'Etat lui-même a souligné que la perspective d'une éventuelle déchéance "aurait sans doute peu d'effet dissuasif" sur les candidats aux attaques terroristes.

Contrairement au projet initial, les délits ne sont pas concernés et la personne devra avoir été condamnée "définitivement" par un "tribunal indépendant", rappelle le Premier ministre.

Suivant l'avis du Conseil d'Etat diffusé le même jour, le terme même de "terroriste" ne sera sûrement pas introduit dans la Constitution.

"La conséquence est que cela élargira les crimes potentiellement concernés", explique Serge Slama, "ça sera ensuite au législateur (le Parlement) de préciser quelles sont les infractions exactes qui entrent dans ce champ".

Est-ce vraiment nécessaire de modifier la Constitution ?

Pas vraiment.

L'article 23-7 du Code civil  permet déjà de déchoir de la nationalité un Français né Français, et non pas naturalisé,  s'il "se comporte en fait comme le national d'un pays étranger", stipule l'article. "Cette disposition fut adoptée (...) dans une période où l’on approchait de la guerre (...) et en réaction à la loi de 1927 qui prévoyait par exemple la naturalisation après trois ans de séjour seulement." explique l'historien Patrick Weil à Rue89.

Cette disposition a été maintenue après la Libération et appliquée à quelques centaines de personnes, des collaborateurs, ou des communistes durant la guerre froide.

Depuis les années 1950, le Conseil d'Etat a réduit la formule vague de "se comporte en fait", par "défaut de loyalisme", qui peut être assimilé au terrorisme, explique Rue89.

Cependant, "on ne peut pas l'utiliser dans le cas actuel, car il faudrait considérer que l'Etat islamique est un Etat", précise Serge Slama, professeur de droit public à l'université de Paris Ouest-Nanterre à francetv info. Même si un amendement à cet article éviterait de modifier la Constitution, "il y aurait toujours un risque d'inconstitutionnalité, explique-t-il, en modifiant la Constitution, l'Etat s'assure à coup sûr la compétence de pouvoir déchoir."

Si une personne a déjà été condamnée dans le passé, elle pourra être déchue ?

Pour fixer les modalités d'application de cette extension, une loi ordinaire sera nécessaire."Si elle est inscrite dans le Code civil, elle aura un effet immédiat", explique Serge Slama. "En revanche, si elle s'inscrit dans le Code pénal, elle n'aura pas d'effet rétroactif". Pour l'instant, le gouvernement ne s'est pas exprimé sur le sujet.

Les auteurs de crimes terroristes déchus de leur nationalité "seront poursuivis et condamnés en France", a affirmé Manuel Valls, en précisant que "c'est seulement à l'expiration de leur peine" qu'ils pourront faire l'objet d'une expulsion du territoire.

Lorsqu'on perd sa nationalité, est-on forcément expulsé ?

"En règle très générale après une déchéance, le ministre de l'Intérieur prend un arrêté d'expulsion", explique le juriste Serge Slama. Dans la plupart des cas, les dénaturalisés saisissent le Conseil d'Etat puis la Cour européenne des droits de l'homme.

"Si leur pays de destination présente des risques réels d'atteinte aux droits de l'homme, la CEDH s'oppose à la mesure en vertu de l'article 3 de la Convention européenne des Droits de l'homme." C'est le cas de Kamel Daoudi, déchu de sa nationalité en 2006 pour avoir fait partie d'un groupe suspecté d'avoir voulu faire exploser l'ambassade des Etats-Unis en 2001, rapporte Le Parisien. Interdit de rester sur le territoire français, il devait être expulsé vers l'Algérie, mais la CEDH a refusé. Depuis, il est assigné à résidence à Carmaux (Tarn). "Une situation très fréquente dans ce genre de cas", décrit Serge Slama.

J'ai eu la flemme de tout lire et je suis allé directement à la fin. Vous me faites un petit résumé ?

A la suite des attentats du 13 novembre, le président de la République François Hollande a indiqué vouloir modifier la Constitution afin d'y inscrire la déchéance de nationalité pour les binationaux, nés Français.

Actuellement, l'article 25 du Code civil permet de déchoir un Français naturalisé, mais pas un Français né Français.

Une mesure très contestée à droite, comme à gauche, qui a fait l'objet de nombreux débats, avant d'être finalement présentée dans le projet de réforme constitutionnelle le 23 décembre.

La mesure prévoit qu'"une personne née Française, qui détient une autre nationalité, peut être déchue de la nationalité française lorsqu'elle est condamnée pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation".

Si la mesure est votée, ce sera ensuite au Parlement de définir les infractions concernées.

Si la loi est inscrite dans le Code civil, elle aura un effet immédiat, mais si elle s'inscrit dans le Code pénal, elle n'aura pas d'effet rétroactif et ne pourra pas s'appliquer aux personnes condamnées avant la promulgation de la loi.

Source :
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/l-article-a-lire-pour-comprendre-la-decheance-de-nationalite_1243710.html

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 11:50

Le 30 décembre 2015

Pas de répit pour les forces de l'ordre. Une fois encore, policiers et militaires se préparent à une mobilisation extrême pour la nuit de la Saint-Sylvestre. Ce mercredi après-midi, le ministre de la Défense est venu les encourager pour ce nouvel effort.

À Paris, 80% des effectifs de police sont mobilisés, mais aussi à Strasbourg, à la frontière allemande ou encore à Toulouse.
Des missions qui se multiplient

Près de 60 000 hommes sont sur le qui-vive pour le 31 décembre, une mobilisation exceptionnelle depuis les attentats de Charlie Hebdo il y a presque un an.

Les policiers sont mis à rude épreuve. Garde statique, patrouilles, contrôles, les missions difficiles s'accumulent au détriment des jours de repos.

"Les fonctionnaires de police sont sur le terrain en permanence. Ils sont au travail en permanence, ils n'arrivent pas à décrocher depuis cette vague d'attentats", explique Audrey Colin du syndicat Alliance police nationale.

Congés annulés, stages et formations reportés, plus dur encore, depuis la deuxième vague d'attentats, les missions se sont encore multipliées : l'état d'urgence et ces nombreuses perquisitions, Vigipirate renforcé, COP21, et désormais les fêtes de fin d'année.

Source :
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/menace-terroriste-les-policiers-a-bout-de-souffle_1245526.html

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 12:09

« On ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs », c’est ainsi que l’antiterrorisme français a longtemps justifié ses largesses judiciaires plus ou moins systématiques. C’est tout l’avantage de l’état d’urgence : l’institution policière n’a plus besoin de (se) justifier de quoi que ce soit. Il n’y a plus d’omelette qui tienne, c’est la course aux oeufs de pâques toute l’année.

Il n’a pas fallu une semaine pour que le vernis émotionnel de l’état d’urgence craquelle et que le gouvernement mette à nu la fonction centrale de ce dispositif : opérer sur la population et jouer des peurs légitimes pour justifier la mise au pas de tout ce qui ne file pas droit.

Nous avions publié, il y a deux numéros, un petit récapitulatif des opérations policières préventives suscités par un appel à braver l’état d’urgence le 29 novembre.

Des dizaines d’activistes, de militants politiques ou de gens qui n’ont tout simplement pas eu de bol, se sont retrouvés à être assignés à résidence ou à avoir l’interdiction de se rendre en Ile-de-France pendant toute la durée de la COP.

Plus récemment, c’est un habitant suisse de Tarnac à qui la police a signifié que s’il remettait les pieds en France où il travaille et vit avec femme et enfant, ce serait pour loger dans un camp de rétention.

Tout cela n’est certainement qu’un début.

Cette semaine, nous publions cette interview d’un assigné à résidence réalisée par Doc du réel.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 04:18

Depuis BastaMage le 23 décembre 2015

Le président de la République s’apprête à présenter son projet de réforme constitutionnelle à ses ministres ce mercredi 23 décembre. Entre l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution, l’extension des mesures extra-judiciaires, l’extension de la déchéance de nationalité, cette réaction aux attentats du 13-Novembre confirme la voie sécuritaire prise par l’exécutif français.

Comme la loi sur le renseignement votée après les attaques de janvier, cette révision de la Constitution rappelle le chemin pris par les États-Unis après le 11 septembre 2001. Celui de la suspicion généralisée, de l’espionnage massif et du renforcement des pouvoirs de police au détriment de ceux de la justice.

« La loi a été votée très rapidement, avec très peu de débat. Et dans le contexte des attentats, émettre des objections était quasiment impossible. Celui qui le faisait était perçu comme trop gentil pour pouvoir défendre la sécurité nationale, » rappelle Neema Singh Giuliani, de l’Association états-unienne de défense des libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU).

Le 26 octobre 2001, 45 jours seulement après les attaques du 11-Septembre, le Congrès des États-Unis votait la loi dite du Patriot Act, « pour unir et renforcer l’Amérique en fournissant les outils appropriés pour déceler et contrer le terrorisme » [1].

« Dans cet environnement et dans cette précipitation, ce n’est pas certain que les membres du Congrès et le public aient pu comprendre ce que contenait vraiment le Patriot act », estime Neema Singh Giuliani.

Depuis, le Patriot Act est devenu le symbole de la réponse ultra-sécuritaire américaine à la menace terroriste après le 11-Septembre. C’est cette loi qui a ouvert la porte à la surveillance généralisée des citoyens des États-Unis et du reste du monde, qui a autorisé la détention illimitée sur la base militaire de Guantanamo (Cuba) des citoyens non états-uniens suspectés de terrorisme, et qui a élargi la définition du terrorisme au point qu’elle peut être appliquée à n’importe quel activiste contestataire.

Lire la suite :
http://www.bastamag.net/Tournant-securitaire-la-France-deja-bien-engagee-sur-la-route-du-modele-US

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 04:02

Depuis nantes Révoltée le 16 décembre 2015

Nouvelles chroniques d'un pays sous État d'Urgence.

- Nantes : pas d’État d'Urgence pour les fachos :

Alors que les rassemblements sont interdits, les militants écolos assignés à résidences, et une manifestation férocement réprimée dans les rues de Bouffay vendredi 4 décembre, l'extrême droite nantaise a pu défiler tranquillement dans le centre ville.

Pire. Les intégristes de la Fraternité Saint Pie X sont allé tirer des feux d'artifice juste devant la préfecture sans être inquiétés !

Plusieurs nantais ont fait part de leur peur et de leur consternation après avoir entendu les détonations. Visiblement, l'État d'Urgence ne s'applique pas pour l'extrême droite.

http://www.presseocean.fr/actualite/nantes-detonations-hier-pres-de-la-prefecture-cetait-un-feu-dartifice-09-12-2015-178203

Dans la même logique, une poignée de petits crétins du groupuscule royaliste Action Française, dont les membres sont parfaitement identifiés, ont pu dégrader les locaux de nombreuses associations caritatives et solidaires qui viennent en aide aux démunis. A plusieurs reprises, des taggs, des dégradations et des poses de cadenas ont lâchement ciblé ces associations. Encore une fois, la police nantaise, si rapide pour écraser nos mobilisations, laisse faire ces apprentis fascistes avec bienveillance :

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/ils-pourrissent-la-vie-des-assos-daide-aux-migrants-3875015

- Attentats de janvier : identitaires et djihadistes main dans la main :

Nous en parlions quelques semaines après les attentats de janvier, l'information commence enfin à faire le tour des médias. Les armes de l'assassin antisémite Amedy Coulibaly ont été fournies par un militant identitaire lillois nommé Hermant, trafiquant d'armes et indicateur de gendarmerie.

S'il est clair qu'il existe une alliance objective entre l'extrême droite et les obscurantistes, qui travaillent à diviser les opprimés et à provoquer repli sur soi et tensions communautaires, nous avons désormais la preuve que cette alliance est également pratique et concrète.

http://www.20minutes.fr/lille/1751491-20151215-lille-claude-hermant-identitaire-nebuleuse-attentats-janvier

- Assemblée Nationale :

Les députés, après nous avoir imposé une batterie de lois sécuritaires, puis un Etat d'Urgence, soi disant pour lutter contre le terrorisme, viennent de refuser la « création d’une commission d’enquête relative à la participation de fonds français au financement de DAECH ». Les voyous en costard qui nous gouvernent n'ont décidément pas intérêt à des investigations sur les relais financiers de l'organisation terroriste.

http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0622.asp

- Terrorisme, capitalisme, logistique :

Pendant qu'on nous agite le spectre du "djihadisme" comme s'il s'agissait d'une entité abstraite et surnaturelle, un article nous informe sur les transactions de matières premières vendues par DAECH : "A raison de 25 tonnes par camion, c'est un défilé impressionnant qui a passé la frontière en deux semaines, au niveau de Kilis, en Turquie, un millier de camions de coton-graine."

Il s'agit ici de coton, mais il est bien évident qu'il en est de même pour le pétrole vendu par l'organisation aux pays européens et proche-orientaux, ainsi que des autres denrées agro-industrielles et minières exportées depuis la Syrie. Bombarder quelques routes pour asphyxier DAESH pourrait être fait en une journée, sans causer de mort, mais il ne s'agit vraisemblablement pas d'une priorité des occidentaux.

http://www.rfi.fr/emission/20151214-turquie-etat-islamique-achat-coton-syrien

- Policier, militaire ou djihadiste ?

L'amour de l'ordre, et l'intérêt pour les armes seraient-ils des signes précurseurs du terrorisme ? L'un des kamikazes du Bataclan était fasciné par la police et l'armée, au point de vouloir s'engager. Ce djihadiste du 13 novembre était dit on, un « jeune sans histoire », qui a voulu rejoindre les rangs de la police et « tenté, sans succès, d'en passer le concours d'entrée ». Après un échec, il tente de rentrer dans l'armée. Échec à nouveau. «L'armée, il m'en parlait tout le temps, c'était vraiment ce qu'il voulait faire » explique un ancien proche de l'assassin. Quelques mois plus tard, l'ex-futur flic combat en Syrie … du côté de DAESH.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/mohamed-aggad-kamikaze-du-bataclan-voulait-devenir-policier-09-12-2015-5355753.php

- La Syrie sous les bombes :

La France est déjà à court de bombes tellement elle déverse ses explosifs sur la Syrie. Pour rappel, une seule bombe française coute plusieurs centaines de milliers d'euros. L'industrie de l'armement française est au beau fixe.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/lutte-contre-daech-la-france-a-court-de-bombes-04-12-2015-5339871.php

- Industrie du maintien de l'ordre

Un article de Médiapart nous apprend notamment qu'une entreprise française a mis au point un drone qui tire des grenades lacrymogènes, que la France est le seul pays d'Europe a utiliser des grenades explosives sur les manifestants, et que – contrairement à ce que dit le titre de l'article – la gendarmerie est en train de réfléchir au renouvellement de son stock de grenades à « effet de souffle ».

https://www.mediapart.fr/journal/france/161215/crs-et-gendarmes-mobiles-court-de-grenades-explosives-dici-deux-trois-ans

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Publié par C.L.A.P33 - dans Etat d'urgence Drones
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 11:17

Le 17 décembre 2015

La SNCF teste actuellement dans plusieurs gares un logiciel qui pourrait être à terme couplé à ses 40 000 caméras de vidéosurveillance truffant ses enceintes. L’objectif ? Détecter les comportements suspects dans l'objectif affiché de prévenir notamment le risque d'attentats.

« Mais cours, Gérard ! On va rater le Transilien pour Melun ! » Ce genre de situations risque bien à l'avenir d’être automatiquement ingurgitée par les yeux électroniques planqués dans les gares si l'on en croit cette dépêche AFP.
Lire ici :
http://www.liberation.fr/france/2015/12/16/la-sncf-teste-des-logiciels-pour-detecter-les-comportements-suspects_1421331

La SNCF expérimente en effet actuellement un logiciel pour renifler les signes d'une potentielle menace.

Comment ?

En s’appuyant « sur le changement de température corporelle, le haussement de la voix ou le caractère saccadé de gestes qui peuvent montrer une certaine anxiété » explique très sérieusement la société à l’agence de presse. « On teste pour savoir si ça n'identifie que les gens qui ont une intention négative, un agresseur, ou un tripoteur, mais aussi l'acceptabilité sociale. »

Toutes les données sécrétées par ces indiscrets sont ensuite avalées par un logiciel prédictif qui, à partir de scénarios déterminés, va ou non tirer la sonnette d’alarme. Ces premières bribes révèlent que les finalités pourraient dépasser le risque d'attentats.

De plus, elles indiquent l’usage de caméras thermiques mais aussi de micros de surveillance d’ambiance, histoire de jauger approximativement la température corporelle des clients et le volume des propos tenus dans l'enceinte d'une gare.

Des dispositifs soumis à l'attention de la CNIL

Ces expérimentations ne sont pas juridiquement liées à l’état d’urgence, mais avant tout à un contrôle de la CNIL. Si le dispositif est validé, il pourra donc perdurer au-delà de la situation actuelle.

Sur le terrain de la régulation, dans un rapport sénatorial datant de 2008, il avait déjà été suggéré de « ne pas interdire a priori les systèmes de vidéosurveillance « intelligente », mais de les soumettre à des conditions plus strictes sous le contrôle de la CNIL ». Ce document expliquait que ces systèmes étaient capables « de détecter, par exemple dans une foule, des mouvements ou des sons anormaux (une personne qui court, des cris...). »

En 2008 toujours, la CNIL s’était quelque peu émue de ces logiciels intelligents en constant développement : « Il ne s’agit plus seulement aujourd’hui d’opérer le simple comptage du nombre de passagers ou de détecter automatiquement un objet abandonné, mais bien de permettre la détection automatisée de « comportements suspects ». Si la définition de tels modèles comportementaux reste encore relativement malaisée, les potentialités de surveillance comportementale de la population filmée augmentent à mesure que ces outils d’analyse automatisée d’images se perfectionnent. »

Toujours plus loin

Dans un autre document de 2012, la même Commission évoquait d’autres technologies comme celle visant à isoler une personne par vidéosurveillance. « Cette personne est ensuite suivie par caméras lors de ses déplacements tandis qu’une information est transmise à un agent afin que ce dernier arrive à sa rencontre. La technologie met en œuvre de la détection de contour et de la détection de la tenue vestimentaire, sans pour autant utiliser de technologies d’identification ».

Le sujet, qui fait l’objet de nombreux travaux au sein de l’INRIA, peut également s'enrichir par le biais de la biométrie. Le rapport sénatorial précité retenait les propos de Frédéric Péchenard, alors directeur général de la police nationale. Celui-ci faisait état en effet des réflexions actuelles « sur la constitution d'un fichier « photos » sur le modèle du fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) qui permettrait de reconstituer un visage et de le comparer avec des enregistrements sur une scène d'infraction ».

Source :
http://www.nextinpact.com/news/97757-la-sncf-teste-detection-comportements-suspects-par-videosurveillance.htm

***
Pour aller plus loin

Sur Owni - "Vidéo trois neurones"
http://owni.fr/2012/01/20/video-trois-neurones/

http://dossiers.secrets.free.fr/news/bigbrother.html

 

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