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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 15:25

Le 10 décembre 2015

La brigade criminelle de la Sûreté départementale, assistée du Raid, a interpellé cette semaine un homme de 59 ans à son domicile de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), rapporte Nice Matin.

Lors de la perquisition, la police a retrouvé 17 armes, plus de 3 500 cartouches et 4,9 kg de poudre noire au domicile de cet homme, qui tenait des propos antimusulmans inquiétants sur son compte Facebook.

Malgré cette accablante saisie et alors que la justice a considéré ses propos comme une incitation à la haine raciale, l’individu a été… relâché.

Une décision inquiétante à l'heure où les mesures de l'état d'urgence ne font pas de cadeaux à ceux qui sont suspectés de radicalisation au nom de l'islam.

Toujours selon Nice-Matin, qui en parle comme d’un « collectionneur », il devra répondre de ses actes en juin 2016 devant le tribunal.

Source :
http://www.saphirnews.com/Un-islamophobe-interpelle-avec-17-armes-chez-lui-libere_a21707.html

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 14:21


4 portes ont été enfoncées à coup de bélier

Le 11 décembre 2015

Mardi soir, les policiers débarquent dans un foyer pour femmes d’Argenteuil. Pendant la perquisition, la police se serait lâchée : « C'est du gâchis [de porter le voile]. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée ». A StreetPress, Célia raconte sa soirée.

Argenteuil, mardi 8 décembre, 20 heures. – « Police ! Police ! » Célia, 20 piges est tranquillement posée dans sa chambre, en train d’envoyer des SMS quand elle entend des cris et des coups portés dans la porte du foyer. Les forces de l’ordre déboulent en trombe dans ce foyer pour femmes en grande précarité, géré par l’asso muslim Baytouna (link is external).

Quelques secondes plus tard, une quinzaine de policiers cagoulés, casqués pour certains, grimpent 4 à 4 les marches qui mènent à la chambre de Célia, seule ce soir-là dans le foyer. Arrivé à l’étage, un homme en bleu braque son arme dans sa direction. Les agents lui auraient intimé l’ordre de se mettre face au mur et lui arrachent son téléphone. Célia s’exécute :

« Je n’ai pas eu le temps d’enfiler mon Jilbab [un grand-voile islamique qui couvre la tête et le corps, ndlr], heureusement que j’étais habillée d’une robe dotée d’un voile intégré. J’ai pu me couvrir rapidement. »

Pendant près de 2h30, les forces de l’ordre retournent la maison. Célia nous raconte sa sale soirée et, elle l’assure, émaillée de commentaires sexistes et islamophobes. Car comme l’explique lui-même un agent, ils disent « ce qui leur passe par la tête ». Et c’est gratiné : « coquine », « bien gaulée », « tu as l’air con »…

Perquisition et fouille au corps

Dans sa chambre, Célia est fouillée minutieusement par une policière. « Ils m’ont palpée à plusieurs reprises et m’ont arraché mon voile. » La situation est tendue :

« Ils se demandaient entre eux en criant “ y’a d’autres personnes ? “ Je me suis retournée pour leur répondre que non, mais un policier m’a crié : “ face au mur “, en me poussant afin que je plaque bien ma tête contre la paroi. Sa collègue appuyait fortement sur mon dos afin que je reste immobile. »

Dans le pavillon, c’est le grand ménage de printemps : les affaires des 7 occupantes sont jetées au sol et 4 portes, fermées à clef, enfoncées à coup de bélier. Le contenu des ordinateurs et des téléphones portables est copié.

Ambiance café du commerce

Pendant que les policiers jouent les fées du logis, Célia est conduite au rez-de-chaussée. 3e fouille au corps.

D’un ton plus léger, la policière tient à préciser : « Je fais ça car c’est mon métier, je préfère vous le dire pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. » Célia esquisse un sourire. Quelques flics entament la conversation. Sur un ton badin, ils auraient enchainé les punchlines :

« C’est du gâchis. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée, vous pouvez vous en sortir ! »

Une autre policière, plus virulente, se serait lancée dans des commentaires sur la femme musulmane, forcément « soumise » : « Combien de femmes se sont battues pour leurs droits ! Pourquoi vous portez le voile ? » Célia commence à perdre patience et lance « qu’est-ce que ça peut vous faire ? » en guise de réponse :

« Non, je demande juste comme ça et soyez moins arrogante. »

Un autre agent lui demande si elle porte le niquab dans la rue : « Oui mais avec un masque médical. » Et une policière aux cheveux très courts de lâcher selon Célia : « Vous devez avoir l’air con comme ça. Vous devez ressembler à une handicapée ! »

Dans la pièce, c’est ambiance café du commerce. Le commissaire fait son entrée et aurait lancé en guise de vanne, à sa collègue : « Tu n’es pas encore convertie ? » Et d’enchaîner : « Le commissaire m’a dit de toute façon, tu ne peux pas être à la fois policier et musulman, ce n’est pas possible. »

Puis une autre : « - Je suis sûr que t’es une petite coquine. – Pourquoi vous dites ça ? - Je dis ce qui me passe par la tête… »

« Menace pour l’ordre et la sécurité publique »

22h30, la police plie bagage. « Au revoir, bonne soirée ! », lance sans rire un agent.

Pour Virginie, co-fondatrice de l’asso, cette perquis’ va laisser des traces : « C’est vraiment dur pour les filles, ce sont des femmes qui n’ont presque rien et le peu qu’elles ont, elles l’ont chez Baytouna. Et là ils ont tout saccagé ! Mais on reste combatifs, d’autant qu’on a reçu de nombreux soutiens de gens de toutes les confessions. Nous, on ne veut pas opposer les religions. »

Difficile de connaître la motivation de cette perquisition. Seul indice, un récépissé fournit par les policiers.

Sur le bout de papier, il est simplement indiqué que « l’association Baytouna (…) est fréquentée par des personnes dont le comportement constitue une menace pour l’ordre et la sécurité publique ».

La chambre de Célia après le passage de la police :

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 13:57

Le 1er décembre 2015

La direction des services départementaux de l’Éducation nationale demande aux responsables d'établissement de signaler les tenues vestimentaires de parents « ostensiblement religieuses ».

Dans une note datée du 18 novembre 2015 « relative au signalement des faits de violence et événements graves en milieu scolaire », la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) du Loiret exige des directeurs d’école et chefs d’établissement qu’ils fassent remonter un certain nombre de faits « pouvant porter atteinte aux valeurs de la République ».

Parmi ceux-ci, sur le document qu’a pu se procurer Libération, figure « l’atteinte au principe de laïcité ».

Dans cette sous-section, il est explicitement demandé de dénoncer tout « parent portant atteinte » à ce principe au travers, notamment, de « tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ».

Un raccourci que refuse d’entendre le syndicat Sud Éducation Loiret. « Des collègues ont été choqués par le lien qui peut être fait entre ce questionnaire et le climat général de frénésie et d’amalgames autour d’une population prétendument à risques », dénonce le cadre syndical Théo Roumier.

« On ne voit pas très bien pourquoi et comment une pratique religieuse, comme le fait de porter un foulard, pourrait être considérée comme un phénomène de radicalisation en en quoi cela contrevient à la loi. Nous refusons de stigmatiser des personnes en raison de leur pratique religieuse, nous refusons de véhiculer ces amalgames et d’entrer dans une démarche de délation généralisée ! »

Loin de s’arrêter aux seuls élèves et à leurs parents, le formulaire invite instamment les chefs d’établissement à signaler le comportement douteux d’enseignants et de personnels placés sous leur autorité.

Dans la rubrique « atteinte à la sécurité/au climat de l’établissement », il est stipulé que tout acte, tels les « grèves, blocages, manifestations, rassemblements, perturbations » en lien ou non avec « une revendication nationale » et porteur « d’un impact médiatique ou d’une forte connotation politique » doit être signalé.

« Un palier est franchi en appelant ainsi des personnels à surveiller d’autres personnels de l’Éducation nationale, s’étrangle Théo Roumier. Là encore, l’amalgame est lourd de sens assimilant le mouvement social et la défense des droits à des violences et événements graves. »

Contacté par Libération, Denis Toupry, le directeur de la DSDEN du Loiret, garantit qu’il y a eu méprise.

« Des items sont, certes, ambigus et ont pu prêter à interprétation, mais en aucun cas les données ainsi récoltées ne sont nominatives, assure-t-il. Il s’agit simplement de collecter des données statistiques afin de mesurer l’évolution de certains phénomènes dans le temps. »

Concernant la section litigieuse relative aux tenues vestimentaires des parents, le directeur affirme qu’elle sera corrigée : « Les tenues concernent naturellement les élèves et non les parents. C’est une erreur que nous allons rectifier. »

Idem pour le passage visant les personnels grévistes. « Pas question de dénoncer des grévistes, mais juste une question d’organisation interne et de prise en charge des élèves. »

Le syndicat Sud Éducation demande au rectorat d’Orléans-Tours la suspension immédiate de cette fiche de signalement.

Source :
http://www.liberation.fr/france/2015/12/01/dans-le-loiret-l-education-nationale-reve-d-un-fichage-policier_1417561

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 12:28

Le 10 décembre 2015

A l'instar du lycéen de Caen, un habitant de Guéret (Creuse) de 28 ans a été condamné ce jeudi à un an de prison ferme pour apologie publique d'un acte de terrorisme via Internet. L'accusé ne s'est pas présenté à l'audience du tribunal correctionnel.

« L'homme, multirécidiviste, musulman non pratiquant, 17 mentions à son casier judiciaire, célibataire, sans profession, sans enfant à charge et ne disposant d'aucune ressource, avait partagé le 15 novembre sur son compte Facebook et en accès illimité une vidéo du groupe Etat islamique évoquant les attentats de Paris et l'avait accompagnée d'un commentaire approbatif : 'Tout simplement l'heure est venue de payer pour toutes ces bombes lancées sur nos frères. Vous chassez les musulmans, à votre tour de vous faire chasser' », rapporte le journal Le Populaire.

Interpellé début décembre, le mis en cause avait ensuite affirmé en garde à vue « avoir fait une grosse connerie » et argué qu'il n'avait pas regardé la vidéo jusqu'au bout.

Source :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/apologie-du-terrorisme-un-lyceen-condamne-a-deux-ans-de-prison-ferme-10-12-2015-5358661.php

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 10:51


Hélène, à son domicile, dimanche 6 décembre.

Le 9 décembre 2015

Dans le hall de la petite copropriété, une affichette interpelle d’entrée le visiteur. "Merci à vous tous pour votre soutien, vos appels, vos SMS face à ce qu’il s’est passé lundi dans la nuit à mon domicile." Au pied, une signature. Celle d’Hélène (les prénoms ont été changés).

La jeune quadragénaire occupe un petit deux-pièces au rez-de-chaussée de cet immeuble situé dans un quartier "calme et résidentiel" d’une commune des Hauts-de-Seine.

En ce premier dimanche de décembre, il est encore tôt dans l’après-midi mais "depuis ce qu’il s’est passé, je vis avec les rideaux tirés et les volets de la chambre fermés toute la journée", justifie-t-elle.

Les faits remontent à la nuit du lundi 23 au mardi 24 novembre.

Ce soir-là, Hélène est seule à son domicile : son ex-conjoint, dont elle est séparée depuis 2010, est venu chercher leur fils avant le dîner pour qu’il passe la nuit chez lui. "J’ai éteint la télé vers minuit et demi et je me suis couchée. Environ un quart d’heure après, j’ai été réveillée par un grand boum. On tapait violemment contre ma porte et j’ai aperçu des torches", raconte Hélène, assise dans la pénombre de son salon.

"De toute façon, on est en état d’urgence, on fait ce qu’on veut"

Hélène croit d’abord à un cambriolage et se précipite vers le mur mitoyen qui la sépare de ses voisins. "J’ai hurlé : 'Au secours, appelez la police !'", ignorant qu’elle se trouve en réalité devant sa porte...

Les coups redoublent d’intensité. "J’étais paniquée, j’ai cru que j’allais mourir, et ça continuait à taper, à taper… Ça a duré plusieurs minutes et puis ils ont fini par rentrer.

Je me suis retrouvée face à six ou sept hommes armés."

Choquée, Hélène ne comprend pas ce qui lui arrive. "L’un des policiers m’a alors tendu un papier en disant : 'Lisez ça si vous savez lire.'"

Le papier – un ordre de perquisition – mentionne le nom et le prénom de son ex-conjoint. "Je leur ai alors expliqué que je vivais seule avec mon fils de 9 ans et demi en situation de handicap mais l’un d’eux m’a dit : 'De toute façon, on est en état d’urgence, on fait ce qu’on veut.'"

Sans procéder à une fouille complète de l’appartement, les policiers se contentent de jeter un œil à la salle de bain et d’ouvrir un placard dans la chambre de son fils.

Avant de quitter les lieux.

"Ils n’étaient pas tous méprisants, nuance Hélène, qui interrompt plusieurs fois le cours de son récit, des larmes dans la voix. Trois ou quatre avaient un regard désolé. On sentait qu’ils n’avaient pas le choix."

Une demi-heure après leur départ, l’un deux revient accompagné d’un serrurier. "Il a seulement changé la serrure, mais il restait un trou béant dans la porte. Le policier m’a dit qu’il reviendrait le lendemain avec un devis pour la remplacer."

"Là, les policiers jouent aux cow-boys, ils se croient tout permis"


La porte d'entrée du domicile d'Hélène après l'intervention policière,
dans la nuit du 23 au 24 novembre.

Entre-temps, ses voisins, priés de rester chez eux pendant l’intervention, accourent en pyjama. Hélène réussit à joindre son frère, qui arrive à son tour.

"Hélène et son frère ont appelé son ex-compagnon devant nous pour lui indiquer qu’il était recherché, l’invitant à se rendre au commissariat", racontent Marie et Nicolas, un couple qui vit au 4e étage. Hélène poursuit : "Quand il s’est présenté dans la nuit, les policiers l’ont invité à rentrer chez lui en lui précisant qu’ils viendraient perquisitionner son domicile dans les deux heures. Ce qu’ils ont fait. Ils ont fouillé deux, trois cartons avant de repartir. Il leur a demandé s’il était fiché 'S', mais ils lui ont dit que non."

Pour Hélène, cela ne fait aucun doute, si son ex-conjoint était recherché, c’est "parce qu’il est musulman et qu’il porte une barbe, c’est tout. Son casier judiciaire est vierge et il est français comme moi".

Elle-même de confession musulmane, Hélène porte le voile depuis 2005 – "juste par pudeur", glisse-t-elle.

Guillaume, un autre de ses voisins, témoin de la scène, dénonce une "chasse aux sorcières" : "C’est très politique. Les régionales arrivaient, il fallait faire du chiffre. Le serrurier nous l’a bien dit : 'En ce moment, on n’arrête pas !' Mais là, les policiers jouent aux cow-boys, ils se croient tout permis."

Contactée par Le Monde, la préfecture des Hauts-de-Seine ne souhaite pas communiquer "de façon individuelle sur les perquisitions administratives".

"C’est pas grave ce qui vous est arrivé"

Depuis l’intervention policière, Hélène, qui partage son temps entre des gardes d’enfants et l’entretien de l’immeuble, tente de récupérer une preuve écrite de la perquisition. Car aucun document ne lui a été laissé.

"Le policier qui est revenu seul avec un serrurier m’a demandé de signer un PV de perquisition. Mais j’ai refusé car il comportait plusieurs erreurs. Il mentionnait par exemple que j’avais refusé d’ouvrir la porte avant l’intervention des policiers et que mon domicile était suspecté d’abriter des armes. J’ai souhaité que le document soit modifié mais le policier a refusé, m’indiquant que ma seule option était de ne pas signer et que dans tous les cas, je n’en aurais pas copie."

Les jours suivants, Hélène attend en vain le retour du serrurier censé lui apporter le devis de réparation de sa porte. Elle se tourne alors vers le commissariat, faisant part de son désarroi. "A l’accueil, on m’a répondu : 'Mais Madame, il ne faut pas vous mettre dans ces états-là, c’est pas grave ce qui vous est arrivé.' "

Le 26 novembre, le commissariat laisse finalement un message sur son répondeur, que Le Monde a pu écouter :

"Compte tenu que vous hébergez ou avez hébergé le monsieur qui était mis en cause, vous n’avez le droit à aucune indemnisation. Voilà, c’est très bien [sic]. Au revoir Madame."

Hélène ne compte cependant pas en rester là : aidée de ses voisins, elle a préparé un courrier adressé à la préfecture de police pour demander réparation des dégâts matériels occasionnés lors de l’opération policière.

Depuis cet épisode nocturne, la jeune quadragénaire a beaucoup de mal à retrouver le sommeil. Son médecin lui a prescrit deux anxiolytiques – une solution à court terme, soupire-t-elle.

L’affaire la laisse "écœurée" et la plupart de ses questions restent sans réponse : "Après leurs perquisitions, les policiers continuent leur vie comme avant. Mais nous, on devient quoi ?"

Elisabeth Pineau

etatdurgencelemonde@gmail.com

Source :
http://delinquance.blog.lemonde.fr/2015/12/09/etat-durgence-le-serrurier-nous-la-bien-dit-en-ce-moment-on-narrete-pas/

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 10:19

Le 10 décembre 2015

La peine se veut exemplaire. Un lycéen de 18 ans a été condamné ce jeudi en correctionnelle à Caen (Calvados) à trois ans de prison dont deux ferme pour avoir posté plus de 70 pages de tweets dans lesquels il exprime son soutien au groupe Etat islamique et se félicite des attentats du 13 novembre de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et de Paris.

Le jeune homme est aussi condamné pour avoir menacé de mort en mai dernier sur le même réseau social l'imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), considéré comme modéré.

« Mon plus beau souvenir du Bataclan, pété de rire , écrit par exemple le jeune homme incarcéré depuis le 18 novembre dans un post accompagné d'une photo. « Fusillade à Paname, mort de rire », « Paris mobilisé contre Daech, lol, ils peuvent rien faire », a-t-il aussi publié.

« Si c'est un délire, c'est un long délire »

« Si c'est un délire, c'est un long délire », a lancé la procureure de la République de Caen Carole Étienne en évoquant la longue série de tweets postés depuis mai 2015 et après les attentats du 13 novembre. Le tribunal a suivi ses réquisitions.

En six mois, le prévenu a posté plus de 70 pages de tweets où il dit notamment « avoir un bac+ 5 préparateur de guerre civile » et invite à « faire craquer la France comme ils ont fait craquer nos pays ».

Durant l'audience, le jeune homme a multiplié les « regrets », les « excuses », y compris à l'égard de l'imam.

« C'était un délire, je le pensais pas du tout, a plaidé le jeune homme. Je me suis créé un personnage. En réalité, je suis pas du tout comme ça (...) J'étais accro (Ndlr : à Twitter).»

Pour son avocat, « c'est un gamin normal ». « En dehors de Twitter, y a rien» , assure Me Jean-Charles Jobin. Entre mai et novembre, la justice n'a pas bougé parce qu'il n'« y a pas de danger ».

Source :
http://www.leparisien.fr/faits-divers/apologie-du-terrorisme-un-lyceen-condamne-a-deux-ans-de-prison-ferme-10-12-2015-5358661.php

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 17:21

Le 25 novembre 2015

Imposant déploiement de force hier après-midi à 16 heures rue Bergeret, dans le quartier Saint-Michel de Bordeaux.

Des officiers de police judiciaire, accompagnés de policiers en tenue du service d'ordre public et de sécurité routière et du service de sécurité de proximité, ont effectué, à la demande du préfet, une perquisition administrative de l'établissement.

Cette perquisition a suscité un certain émoi dans le périmètre de l'épicerie, en raison du déploiement de force.

Mais il ne semble pas qu'elle se soit soldée par un quelconque résultat.

La préfecture s'est cependant refusée à tout commentaire.

Cette épicerie bazar, tenue par un couple converti à l'islam il y a quelques années, a défrayé la chronique en juin dernier, en placardant une affichette sur sa porte demandant aux hommes de venir certains jours et les femmes à d'autres.

Une initiative qui, à la suite d'un article de « Sud Ouest », a soulevé une vague de réactions politiques et une tempête sur les réseaux sociaux. Dès le lendemain, le couple a enlevé son affichette.

Mais l'initiative a placé le couple de convertis dans la catégorie des personnes susceptibles de faire l'objet d'une attention plus particulière.

Source :
http://www.sudouest.fr/2015/11/25/l-epicerie-musulmane-perquisitionnee-2196606-2780.php

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 16:05

Le 4 décembre 2015

Etat d’urgence: à Toulouse, un catholique assigné à résidence pour… salafisme

Chaque matin depuis le 16 novembre, il doit faire une heure de route pour aller "pointer" au commissariat central de Toulouse. Même trajet le soir à 20 heures, pour retourner à Blagnac chez sa compagne, en banlieue toulousaine. Mickaël L. 30 ans, a été le premier à se voir notifier une assignation à résidence en Haute-Garonne, car il est suspecté d'appartenir à "un réseau terroriste et salafiste". Seul problème : le jeune homme est catholique.

Mickaël L. mène une vie d'auto-entrepreneur dans le secteur du nettoyage industriel, et même si il a déjà eu affaire avec la justice - deux condamnations en 2006 et 2008 pour vol et recel -, il affirme haut et fort être "totalement étranger à ces histoires". Il se dit aujourd'hui "victime d'un cauchemar administro-judiciaire. Je peux comprendre l'état d'urgence vu ce qu'il s'est passé, mais dans mon cas je veux juste que la justice reconnaisse ses erreurs et me laisse retrouver une vie normale".

"J'ai cru à une blague ou à une erreur"

Tout débute le 15 novembre au soir, vers 22h30. Alors qu'il regarde la télé avec ses deux enfants de 5 et 10 ans, un ami l'appelle pour lui signaler que la police vient de le perquisitionner et recherche Mickaël activement. Cet ami, "que je connais assez bien et qui avait été concerné par l'affaire Mohamed Merah" a vu débarquer dans la soirée un important dispositif policier du RAID et la BRI. "J'ai cru à une blague ou à une erreur."

Mickaël se rend donc vers 23 heures au commissariat de Toulouse et se voit immédiatement notifier une assignation à résidence.

Cette assignation est signalée à l'adresse du domicile de son ami, et non chez sa compagne. "Je vis entre Vitrolles (Bouches-du-Rhône) chez ma tante et mes cousins, et Blagnac pour voir mes enfants, mais je reçois mon courrier au centre communal d'action sociale de Toulouse, explique-t-il. J'ai bien dit le premier soir que je vivais à Blagnac, mais les policiers n'ont rien voulu entendre."

Il raconte même que ceux-ci lui auraient répondu qu'il n'avait qu'à "acheter une tente Quechua et s'installer au pied du domicile" de son encombrant copain.

Le jeune homme a certes un parcours un peu chaotique, mais de sa voix douce et très émue, il avoue qu'il n'a parlé de cette histoire à sa mère, qui vit toujours à Toulouse, qu'au bout de deux semaines : "Vous vous rendez compte ce que cela signifie pour mes enfants et mes proches ? On me traite de terroriste ! C'est complètement fou."

"Je suis même allé à Lourdes avec mes enfants"

Dès le lendemain de la notification de son assignation, il se rend au commissariat de Blagnac pour prouver sa bonne foi. Aux policiers, il dévoile un énorme tatouage sur son bras droit représentant une grande main tenant un chapelet. "Je suis catholique pratiquant. Le tatouage, je l'ai depuis environ quatre mois. Je suis même allé à Lourdes avec mes enfants il y a trois semaines. J'adore visiter les églises et j'y vais souvent avec les gamins pour leur montrer."

Finalement auditionné le 24 novembre, il passe seulement une demi-heure au commissariat. "Je ne sais pas qui c'était, il y avait juste deux policiers, se souvient-il. Mais ils ont de suite avoué qu'il s'agissait d'une erreur, d'une méprise."

La machine administrative ne s'arrêté pas pour autant, et malgré les démarches de son avocat, Me Yves de Courrèges d'Agnos, Mickaël redoute plus que tout la prolongation de l'état d'urgence.

Une première requête a été rejetée par le juge des référés du tribunal administratif, le 1er décembre. Il ne s'agit pas d'une ordonnance sur le fond, mais seulement sur l'urgence. Son avocat a engagé en fin de semaine un pourvoi au Conseil d'Etat. "On s'aperçoit que les décisions sont prises directement de Paris et je constate surtout des dérives insensées depuis la mise en place de l'état d'urgence", glisse Me de Courrèges d'Agnos.

Entre temps, Mickaël a appris qu'il faisait l'objet d'une fiche "S" depuis juin 2015. Il serait "une personne dangereuse, faisant du prosélytisme religieux avec un groupe d'islamistes radicaux, à Blagnac". Ce groupe, Forsane Alizza, a pourtant été dissout en 2012 et ses membres sont en prison - le procès a eu lieu en juillet.

"La DGSI nous envoie des dossiers comme on les jette à la poubelle"

En attendant, Mickaël, qui travaille principalement pendant la saison estivale, touche juste son RSA, et vient de mettre sa voiture en vente : "J'ai perdu 5 kg, je dors mal et surtout je m'inquiète pour les fêtes de Noël. Je ne vais pas pouvoir les passer en famille, alors que c'est très important pour nous."

Ce matin du 4 décembre, alors que nous quittons le commissariat avec lui, nous croisons par hasard dans la rue un officier de police judiciaire qui connaît Mickaël.

"Comment ça va M. L. ?

-Très mal, heureusement que vous avez été sympa avec moi, mais la justice ne veut rien entendre."

Gêné, le policier lui répond :

"C'est le bordel entre les services. La DGSI nous envoie des dossiers comme on les jette à la poubelle. Je comprends votre désarroi."

En Haute-Garonne, depuis le 15 novembre et jusqu'au mardi 1er décembre, quarante-cinq perquisitions administratives avaient été menées, soit trois par jour, donnant lieu à douze gardes à vue, et quatre assignations à résidence ont été prononcées, selon les chiffres de la préfecture, qui se refuse à commenter "tout cas particulier".

Philippe Gagnebet (Toulouse, correspondant)

etatdurgencelemonde@gmail.com

Source :
http://delinquance.blog.lemonde.fr/2015/12/04/etat-durgence-a-toulouse-un-catholique-assigne-pour-salafisme/

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 13:47

Nous voilà donc assigné-e-s à résistance ! A plus que jamais créer !

Vous ne le saviez pas ? lisez jusqu'aux liens hypertextes cet email et surtout rencontrons nous.

Le collectif Contre les Abus Policiers vous propose deux rendez-vous autour de l'Etat d'urgence.

Nos droits, ça [p]urge !!!! - Le vendredi 11 décembre 2015 - 20h -
Information sur nos droits en Etat d'urgence, témoignages, réflexions… Comment s'organiser face à la répression ?
Au Samovar - 18 rue Camille Sauvageau - Bordeaux - Entrée libre

***
Etat d'urgence, états d'esprit - Le samedi 12 décembre 2015 - 17h -
Ateliers/échanges. Traumatisme, peur, oppression, colère, repli sur soi… libérons la parole !
Le Tchaï Bar - 49 rue du Mirail - Bordeaux - Entrée libre

« Nous vivons comme des statues de marbre. Chaque jour, il nous faut faire l'effort de dévisser »
O.P.A

Depuis plus de six ans, le collectif Contre Les Abus Policiers alerte sur les dérives sécuritaires et les différentes lois répressives qui régissent nos quotidiens.

Alors que nous tentions lors de notre pique-nique de rentrée de définir le régime dans lequel nous avions basculé après le vote de la loi Renseignement, il semble que le gouvernement ait trouvé pour nous une réponse bien tranchante : nous sommes donc en Etat d'urgence. (non-dit : Etat Policier assumé)

Un Etat autoritaire dans lequel il nous faudrait renoncer à toutes nos libertés pour trouver La sécurité, celle qui permet de s'adonner librement à la consommation mais qui bâillonne la liberté d'expression et de manifestation. (non-dit : Ferme ta gueule ! )

Depuis le 13 novembre, assignations à résidence, perquisitions, abus et violences policières se multiplient et frappent de plein fouet les musulman-e-s (ou assimilé-e-s) avec toutes ses simplifications islamophobes et racistes déjà d'usage et le milieu militant, à commencer par les camarades écologistes et zadistes, COP21 et expulsion envisagée de Notre Dame Des Landes obligent.

Quant aux Roms, réfugiés, demandeurs d'asile, avec ou sans papiers, on se doute que raser les murs doit être devenue a seule attitude à adopter.

Cette année, c'était l'anniversaire de Vigipirate. En 20 ans ce régime "exceptionnel" est devenu la norme, se renforçant régulièrement sans jamais revenir à un état "normal". Il faut craindre qu'il en soit de même de l'état d'urgence avec la volonté de le rendre constitutionnel.

Alors oui, il nous faut plus que jamais créer !

Rencontrons-nous autour de l'Etat d'urgence les 11 et 12 décembre prochains à Bordeaux.

Merci de faire suivre dans vos réseaux !

Pour notre sécurité, retrouvons notre humanité !!

Solidairement,

Le collectif Contre Les Abus Policiers - C.L.A.P33

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Matières à réflexions

NOUS EN SOMMES LA...
[Officiel] La France envisage d'enfreindre les Droits de l'Homme
http://clap33.over-blog.com/2015/11/officiel-la-france-envisage-d-enfreindre-les-droits-de-l-homme.html

CHASSE AUX BARBUS
Arrêté dans le train car il regardait un film d'action
http://clap33.over-blog.com/2015/12/arrete-dans-le-train-car-il-regardait-un-film-d-action.html

"Le flic m'a dit: 'tu vas prendre trente ans'..."
http://clap33.over-blog.com/2015/12/le-flic-m-a-dit-tu-vas-prendre-trente-ans.html

Le patron d'un restaurant raconte sa perquisition musclée
http://clap33.over-blog.com/2015/11/etat-d-urgence-le-patron-d-un-restaurant-raconte-sa-perquisition-musclee.html

QUE S'EST-IL PASSE A PARIS LE 29 NOVEMBRE ?
[Vidéo] http://clap33.over-blog.com/2015/12/que-s-est-il-passe-le-29-novembre-a-paris.html

ASSIGNATIONS
[Pétition] Levée des assignations à résidence
http://clap33.over-blog.com/2015/12/petition-levee-des-assignations-a-residence.html

Lettre d'un assigné à résidence contre « l'arbitraire »
http://clap33.over-blog.com/2015/12/lettre-d-un-assigne-a-residence-contre-l-arbitraire.html

Verrouillage du plateau de Saclay dès vendredi
http://clap33.over-blog.com/2015/11/verrouillage-du-plateau-de-saclay-des-vendredi.html

Des militants écologistes assignés à résidence
http://clap33.over-blog.com/2015/11/des-militants-ecologistes-assignes-a-residence.html

PERQUISITION
Perquisition administrative chez des maraîchers bio
http://clap33.over-blog.com/2015/11/etat-d-urgence-perquisition-administrative-chez-des-maraichers-bio.html

GARDES A VUE
Témoignages de gardes à vue en état d'urgence
http://clap33.over-blog.com/2015/12/temoignages-de-gardes-a-vue-en-etat-d-urgence.html

Fil d'info continu
http://clap33.over-blog.com/etat-urgence.html

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 15:24

Le 22 novembre 2015

Vendredi 20 novembre, vers midi, Mickaël, 27 ans, se fait interpeller en gare de Massy (Essonne), avec deux autres passagers du TGV Marseille-Rennes.

"Je n'ai pas compris ce qu'il se passait. Un policier m'a plaqué à terre, son genou sur mon dos", raconte le jeune homme à Ouest-France.

"Il hurlait : 'mets tes mains sur la tête !' Il m'a passé les menottes. J'ai eu très peur et j'ai pleuré."

Deux heures auparavant, le jeune homme fait connaissance et sympathise dans le train avec un jeune de son âge.

Ensemble, ils regardent un film d'action américain où les personnages utilisent des armes, ce qui "intrigue" certains passagers, qui y voient "un comportement suspect" et avertissent le contrôleur du train.

Tout le TGV est évacué, des policiers armés investissent le train.

"Ils nous ont dit de ne pas prendre l’escalator pour quitter le quai qui est en sous-sol", rapporte une témoin à Ouest-France.

Mickaël passe quatre heures au commissariat avant d'être relâché.

"Est-ce parce que je suis bronzé, que je porte la barbe et que j’avais des gants qu’ils m’ont pris pour un terroriste ?"

Source :
http://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/tgv-evacue-ils-mont-pris-pour-un-terroriste-3857900

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 15:15

Le 24 novembre 2015

Assailli, blessé, gardé à vue, placé en rétention... Nordine Touil, 31 ans, sans-papier marocain qui habitait au dessus de l'appartement visé par le Raid mercredi dernier à Saint-Denis, raconte, depuis le centre de rétention de Vincennes où il a été placé, sa semaine de « cauchemar ».

Nordine Touil, marocain de 31 ans, vit en France depuis douze ans. Il a une petite fille de sept ans, française comme sa mère, dont il est séparé. J

usqu'à mercredi dernier, il habitait avec deux amis, marocains eux aussi, dans l'immeuble de la rue du Corbillon, à Saint-Denis, où le Raid est intervenu pour déloger Abdelhamid Abaaoud et ses acolytes.

Joint hier à l'intérieur du centre de rétention administrative de Vincennes, il raconte l'assaut des forces de police, le déluge de feu, cette balle qui l'atteint au bras gauche, l'arrestation musclée, la garde à vue à Levallois et, pour solde de tout compte administratif, l'obligation de quitter le territoire notifiée par la police.

« Tu vas prendre 30 ans, pas parce que t'es terroriste, mais parce que t'es con », lui aurait même lancé un policier vendredi dernier, à quelques heures de la fin de la garde à vue.

Choqué et inquiet, il se confie.

L'assaut à Saint-Denis

« C'était un cauchemar. Il était quatre heures du matin, on était en train de dormir. On a entendu un grand boum. Je suis sorti de mon lit pour voir ce qui se passait, je suis allé à la fenêtre, et c'est là qu'on m'a tiré dessus. J'ai été touché au bras gauche. Ensuite, les policiers ont cassé la porte et sont rentrés dans mon appartement ; ils ont crié : "Déshabillez vous ! Déshabillez vous !"

Ils nous ont embarqués, à poil, en nous mettant des tartes, des claques, des coups de matraque.

On est resté comme ça deux heures, dans le froid, au bas de l'immeuble.

Evidemment, on n'a rien pu prendre, aucune affaire, aucun papier, pas d'argent. T

ous les documents que j'avais et qui prouvaient ma présence en France depuis douze ans, ils sont restés là-bas, dans l'appartement. Je ne sais pas s'il en reste grand chose.

Ensuite, ils nous ont donné des pantalons trop grands, des chaussures trop serrées. Quelle vie de chien...! »

La garde à vue à Levallois

"Ensuite, les policiers m'ont emmené à l'hôpital pour soigner mon bras. J'ai été opéré pendant plusieurs heures, je ne sais plus combien exactement.

Le mercredi midi, je suis sorti de l'hôpital et ils m'ont emmené au commissariat de Levallois (sans doute au siège de la sous-direction antiterroriste, situé dans cette ville des Hauts-de-Seine - NDLR).

Avec mes amis, on a été transféré avec des bandeaux sur les yeux.

Ils nous les mettaient aussi quand on passait de la cellule à la salle d'interrogatoire.

On nous a dit qu'on avait le droit de voir un médecin et d'avoir un avocat.

J'ai demandé les deux, ils ont amené le médecin, mais pas l'avocat.

Là-bas, ils ne nous ont pas frappés, mais ils nous ont posé tellement de questions, c'était terrible.

"Est-ce que vous êtes musulman ? Est-ce que vous faites la prière ?" J'ai dit 'oui, je suis musulman, mais pas pratiquant'.

"Est-ce que vous connaissez Daech ?" Oui, parce que je regarde la télévision, et qu'ils en parlent souvent à la télé.

"Est-ce que vous savez ce qu'est le Takfir (l'anathème jeté par certains extrémistes islamistes contre ceux présentés comme de 'mauvais musulmans' - NDLR) ?" J'ai dit non, que je ne connaissais rien à tout ça.

Ils m'ont demandé qui venait chez moi, qui je connaissais, où j'étais le 13 novembre, si j'allais en Belgique... J'ai dit oui, une fois, en 2008.

Plein de questions que j'ai oubliées... Au bout de deux jours, ils ont fini par nous amener un avocat.

Mais il nous a à peine parlé, ne nous a rien expliqué.

Je dirai qu'au bout de 24 heures, ils avaient compris qu'on n'avait rien à voir avec les terroristes.

Mais ils nous ont quand même gardé presque quatre jours ! Résultat, je dors mal, je me réveille au milieu de la nuit, je fais des cauchemars."

La rétention à Vincennes

"Le vendredi soir, un flic est venu me voir pour me dire: 'Toi, t'es dans la merde. Tes potes, ils vont sortir, mais toi, tu vas rester ici, tu vas prendre 30 ans. Pas parce que t'es un terroriste, mais parce que t'es con.'  C'était pour me faire peur. Mais ça a marché ! Toute la nuit, j'ai pas arrêté de penser à ça. Trente ans... Alors que je n'ai rien fait.

Le samedi, la garde à vue était terminée, et ils nous ont dit qu'on devait quitter le territoire. On a été amené au centre de rétention de Vincennes.

Là, les choses se sont un peu calmé.

On a pu voir une association, qui va nous mettre en relation avec un avocat. Et on doit voir le juge jeudi, c'est lui qui doit décider si on doit rester ici ou si on est libéré.

Au moment où je vous parle, j'ai mal à mon bras, j'ai trop mal. Ils ont changé le médicament, je crois. Ma main est gonflée 'grave' !

J'ai pas encore réalisé ce qui m'arrive. Je suis encore sous le choc. J'ai maigri. Je faisais 80 kilos, j'en fais plus que 66. Vous vous rendez compte, j'ai perdu 14 kilos en une semaine ! Et si je parle aujourd'hui, c'est parce que je veux que tout le monde sache que je n'ai rien à voir avec les terroristes et que je suis une victime."

Source :
http://www.humanite.fr/saint-denis-le-flic-ma-dit-tu-vas-prendre-trente-ans-590602

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 12:00

Le 19 novembre 2015

Une fille de 6 ans a été légèrement blessée par des éclats reçus au cou, ce jeudi matin, lors de perquisitions administratives menées rue Marceau.

L'opération a eu lieu dans ce quartier central de Nice, vers 4h30 du matin. La police avait déjà projeté d'intervenir la veille, mais avait reporté son intervention, en raison d'une hésitation sur la porte à cibler.

Jeudi matin, les policiers du Raid ont finalement enfoncé une porte au fond d'un couloir, contigüe d'une autre porte d'entrée, au troisième étage d'un immeuble. Les témoignages des riverains et les traces d'impact au niveau des serrures témoignent de traces de tirs.

Mais selon la police, aucune arme à feu n'a été utilisée. Des éclats ont néanmoins été projetés dans la chambre voisine, où dormaient trois enfants. Une fillette a été blessée au cou et à l'oreille. Son père a été plaqué au sol fermement et menotté tout au long de l'intervention.

Son voisin, cible initiale de l'opération, a été à son tour contrôlé et perquisitionné.

Evacuée à l'hôpital Lenval, la fillette va mieux et a pu regagner son domicile.

"J'ai cru que ma fille était morte", témoigne le père suspecté à tort, encore sous le choc. "Je comprends que la police fasse son travail dans un contexte difficile. Mais il faut faire attention. Quand j'ai vu ma fille en sang, j'ai reçu un coup de poignard au coeur..."

Interrogée, la direction départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes reconnaît "une erreur rare", et dit "comprendre et partager l'émotion de cette famille qui a pu être impressionnée. Nous sommes rassurés que les blessures de la petite ne soient pas graves."

Source :
http://www.nicematin.com/nice/video-une-fillette-blessee-lors-dune-descente-du-raid-a-nice.2401142.html

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 11:19

Le 29 novembre 2015

Quinze jours après le décret de l’état d’urgence, à la liste des possibles abus et dérapages policiers, s’ajoute un nouveau cas. Ça se passe à Barbès, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Arthur habite près de Barbès, à Paris. Arthur n’est pas son vrai prénom. L’anonymat, il le réclame par peur des représailles. Assis dans un café, il me dit : « Je me suis rendu compte du danger que pouvait représenter l’Etat français. »

Mercredi 25 novembre, peu après 16 heures, Arthur rentre chez lui. Rue Affre, dans le XVIIIe arrondissement, il est « témoin d’une violence policière hors du commun ».

Dans un e-mail envoyé à la rédaction de Rue89 (et qui a motivé notre rencontre), il raconte : « Quatre gars en civil se ruent sur un type, le mettent au sol et commencent à [le] rouer de coups. »

Coups de pieds, coups de poings. Arthur pense alors à s’interposer. De l’autre côté de la rue, un homme a la même idée. Il élève la voix en direction des quatre qui tabassent. Ils répondent : « Tu en veux aussi, c’est ça ? Viens ! »

Arthur se réfugie derrière une porte d’immeuble.

« Je me dis que c’est un règlement de comptes entre gangs, je ne veux pas prendre une balle perdue... Je reste, pour écouter ce qui se passe, la main sur le téléphone en me disant “je vais appeler les flics, c’est pas possible”.

Le type au sol continuait à hurler et à se faire tabasser... à tel point qu’il n’arrivait plus à articuler, c’était effrayant. »

A sa grande surprise, il entend bientôt une sirène.

« Une voiture de flics est dans la rue, avec deux motos de police et cinq flics en vélo. Plus les quatre gars qui remettent leurs oreillettes en place et emmènent l’homme “bastonné” dans la voiture, toutes sirènes hurlantes. »

Arthur n’avait pas encore compris qu’il s’agissait de policiers en civils.

En bas de la rue, Bandele, un autre habitant du quartier, assiste aussi à la scène. Lui non plus ne veut pas donner son vrai prénom : « C’est trop dangereux, [les policiers] pourraient nous tabasser. »

Lui a vu les policiers « jeter l’homme dans la voiture, en le prenant par les jambes et par les mains ».

Etat d’urgence, état de violence

Quinze jours déjà que l’état d’urgence a été décrété, après les attaques parisiennes du 13 novembre.

La loi du 3 avril 1955 le limitait à douze jours. Celle du 20 novembre, adoptée à la demande de François Hollande, le prolonge jusqu’à trois mois.

Déjà, des abus ont été constatés.

La Quadrature du Net a mis en place une plateforme de type Wiki pour recenser ces cas. Une fillette blessée à Nice, un trompettiste retenu à la gare du Nord, un militant écologiste assigné à résidence, une perquisition chez des maraîchers bios... la liste est flippante.
http://wiki.laquadrature.net/%C3%89tat_urgence/Recensement

Il est à craindre qu’avec le prolongement de l’état d’urgence, la fatigue s’accroisse chez les forces de l’ordre, au même titre qu’un plan Vigipirate prolongé (comme après les attentats de janvier).

Cette fatigue, Arthur s’en fait le témoin. Ce qui l’a marqué, me dit-il, c’est à la fois l’état d’excitation sur le visage des policiers en civil, et leur fatigue.

Quand il assiste au « passage à tabac », il n’ose rien dire : « La peur de m’en prendre une ou de terminer la journée en garde à vue. »

« Lâchez-le ! »

De leur fenêtre d’un immeuble de la rue Affre, deux jeunes gens du quartier décident, eux, d’intervenir. Ils ont un peu plus de la vingtaine. Elle est blanche, il est noir ; elle étudie, il travaille.

D’en bas de la rue, Bandele entend le jeune homme interpeler les policiers : « Ce n’est pas la peine de le frapper comme ça, lâchez-le ! »

Les témoins interrogés entendent alors les policiers répondre par des insultes, notamment par : « Qu’est-ce que tu as, connard ? Rentre chez toi ! »

Bandele : « Et le Petit a répondu : “Je suis chez moi !” Et le policier lui dit : “Descends, connard !” »

« Le Petit », c’est comme ça qu’il appelle le jeune homme à la fenêtre. Sa copine, c’est « la Petite ».

Une voisine de l’immeuble se remémore la scène : « Une policière a osé lui dire : “Descends si tu en as les couilles.” »

Mais elle n’a pas vu l’homme se faire tabasser. Elle est formelle.

« Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! »

La situation entre le couple à la fenêtre et la quinzaine de policiers au bas de l’immeuble s’envenime. Des insultes fusent.

Les versions entre les voisins divergent pour savoir si, oui ou non, le couple a répondu aux insultes des policiers.

Selon les témoins, les policiers investissent ensuite le bâtiment. Ils frappent à plusieurs portes. L’un des habitants a déjà préparé ses affaires. Il pense que les policiers sont là pour évacuer les habitants, peut-être y a-t-il un assaut dans l’immeuble...

Il ouvre la porte et se trouve con quand les policiers lui demandent de rentrer chez lui.

Quand je le rencontre, il est encore sous le choc. De tous les évènements, à commencer par ceux du 13 novembre. Il dit avoir « peur de sortir de chez lui ».

Les forces de l’ordre trouvent finalement l’appartement du couple. Toujours présents dans la rue, Bandele et Arthur entendent les cris d’une femme.

Des cris à s’arracher les poumons : « Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! »

Au commissariat

Le reste de l’histoire, c’est la jeune femme, la Petite, qui me le raconte par mail. A l’intérieur de l’appartement, « les flics ont écrasé les poignets et le dos [de son copain], ils l’ont tapé avec une matraque et mis des coups de pieds partout sur le corps et même sur la tête ». Elle a le souvenir d’au moins sept policiers chez elle.

Les deux jeunes sont ensuite amenés au commissariat de La Goutte d’or.

Elle reste 24 heures en garde à vue. Elle écope d’un rappel à l’ordre. La GAV de son copain dure jusqu’au vendredi matin, soit près de quarante heures.

« Pendant la fouille, l’un des flics [lui] a dit “tu as voulu faire ton intéressant devant ta conne de blonde et tes voisins, moi, je vais te montrer c’est quoi de faire l’intéressant avec nous” et là, il l’a pris au cou. »

Son copain devrait comparaître devant la justice pour outrage à agent et violence.

« On a entendu “Daech” »

Je la rencontre chez eux.

Au fil de notre conversation, la Petite se rappelle que lors de son interpellation, un policier lui parle : « On vous a entendus dire “Daech”. » Cette idée la révolte.

Au téléphone, l’une de ses proches, une journaliste, me dit que la jeune femme est gauchiste, étudiante et ouverte. Le Bataclan, les terrasses du XIe arrondissement, c’est le genre de lieux où elle a l’habitude de se rendre.

Elle fait partie de ces heureux « dépravés » visés par l’Etat islamique autoproclamé. Mais aux yeux des flics de La Goutte d’or, elle devient une fille faisant l’apologie du terrorisme. Et l’état d’urgence proclamé, le sésame pour ouvrir toutes les portes d’appartements.

Sollicitée depuis vendredi 27 sans obtenir de réponse à nos questions, la préfecture de police de Paris nous a communiqué sa version des faits ce dimanche 29 novembre, en début de soirée :
« Le 25 novembre, suite à une surveillance des effectifs de la BAC, trois individus ont été interpellés pour une affaire de stupéfiants, à savoir de la résine de cannabis.

Au cours de son interpellation, une personne qui ne s’est pas laissée faire a été mise au sol par les effectifs de police qui ont appelé les renforts pour le maîtriser.

Au même moment, un couple – lui de type africain et elle de type européen – ont crié par la fenêtre en insultant les policiers. De vifs échanges verbaux de l’ordre de l’insulte et de l’incitation à la rébellion, ont amené les policiers à intervenir dans l’immeuble pour interpeler le couple.

Une femme particulièrement excitée a fini par ouvrir la porte aux policiers. La jeune femme s’est calmée rapidement et a été ramenée au service sans menottage alors que l’homme a dû être maîtrisé. Il n’y a pas eu de blessés au cours de l’intervention.

Lors d’une confrontation au commissariat entre les deux personnes interpellées et les policiers, les personnes interpellées ont reconnu partiellement la rébellion et les insultes envers les fonctionnaires de police. »

Source :
http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/29/jeune-couple-interpelle-seuls-les-flics-ont-entendu-mot-daech-262288

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Porter plainte contre la police
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Soutien à m.
Nous n'oublierons pas
le 19 Mars 2009 à Bordeaux !

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Violences Policières

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L'impact disproportionné
de l'état d'urgence

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Hommage aux victimes

21 Mars 2015

 
15 mars 2014
 

19 mars 2011
 

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" Vétérante "

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