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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 11:26

Violences et surenchères policières : une menace pour la société civile
27 oct. 2016 Par B. Girard

En annonçant une « réflexion sur les conditions d’utilisation de la légitime défense » ainsi qu’un durcissement de la répression de « l’outrage à policier », le ministre de la police et de la justice signe la capitulation du pouvoir politique devant un mouvement, de nature factieuse, mené par une police gangrenée par l’extrême-droite.

En annonçant une « réflexion » (sic) sur les « conditions d’utilisation de la légitime défense » ainsi qu’un durcissement de la répression de « l’outrage à policier », le ministre de la police et de la justice signe la capitulation du pouvoir politique devant un mouvement, de nature factieuse, mené par une police gangrenée par l’extrême-droite.

Les médias peuvent bien faire leurs gros titres et s’apitoyer sur la « colère », le « ras-le-bol » des commissariats, il faut appeler un chat un chat : avec des policiers masqués, cagoulés, armés, usant de l’intimidation, menaçant directement l’Assemblée nationale et les tribunaux, avec des revendications ciblant prioritairement l’exercice de la justice et l’exercice des droits de l’homme, c’est bien devant un processus quasi mafieux qu’a une fois de plus plié le gouvernement.

Il faut dire qu’avec le trio Valls - Cazeneuve – Urvoas, il n’a pas eu à forcer sa nature. 

Les pleins pouvoirs à la police, en toute impunité : voilà de quoi faire taire les zadistes présents et à venir.

Un décès par mois dans les opérations de police et de gendarmerie

Dans ce contexte délétère, il est intéressant de relire l’ « enquête sur l’usage de la force par les représentants de la loi en France », réalisée par l’ACAT (l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) et publiée en mars dernier, c’est-à-dire avant le grand défoulement policier qui réprimera, au printemps, le mouvement social autour de la loi travail.

Les chiffres, jamais évoqués par la grande presse, sont éloquents, avec, de 2004 à 2014, près d’un décès par mois lors des opérations de police ou de gendarmerie.

L’ACAT qui s’est intéressée plus particulièrement à 89 cas d’usage de force survenus entre 2005 et 2015 dénombre « 26 décès, 29 blessures irréversibles (infirmités permanentes) et 22 blessures graves. » 

Mais le rapport précise également : « ces chiffres ne comptabilisent cependant pas un nombre important de violences dites « de l’ombre », telles les utilisations abusives de menottes, les mesures portant atteinte à la dignité, et les injures ou les tutoiements, dont l’ACAT a également reçu témoignage. Ils ne mentionnent pas non plus les cas de décès lors de courses-poursuites avec des forces de l’ordre qui ont été portés à sa connaissance.

Lire la suite :
https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/271016/violences-et-surencheres-policieres-une-menace-pour-la-societe-civile

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 11:38

Liste non exhaustive de 303 procès, poursuites et sanctions disciplinaires à l’encontre de militants, de manifestants et de syndicalistes

C'est par là :
https://www.anti-k.org/2016/10/26/liste-non-exhaustive-de-303-proces-a-lencontre-de-de-manifestants-et-de-syndicalistes/

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 11:53

Le 28 octobre 2016

Parmi les demandes des policiers en colère, figure une modification des règles de la légitime défense. Quel est l’état actuel des règles, et qu’est-ce qui pourrait changer ?

Bernard Cazneuve s'y est engagé mercredi soir : les ministères de la Justice et de l'Intérieur vont réfléchir à une possible réforme des conditions de la légitime défense pour les policiers, une des revendications de leur mouvement initié il y a quelques jours.

Les policiers demandent un élargissement de cette notion juridique pour simplifier leur utilisation des armes.

Mais que recouvre le terme de "légitime défense" ?

La légitime défense n’est pas qu’une affaire de policiers et de gendarmes. Dans le droit pénal, elle peut s’appliquer à chacun : le principe de la légitime défense est qu’un individu est considéré comme pénalement irresponsable s’il commet un acte de violence pour se défendre en cas d’agression.

Faire reconnaître un cas de légitime défense, dans le cas général, n’est pas si simple.

Plusieurs critères doivent être remplis :

  • L’individu a répondu à une attaque injustifiée (une agression sexuelle, par exemple)
  • L’individu ne peut pas fuir, la défense est donc nécessaire (être encerclé, tenu, etc.)
  • Les moyens de défense sont proportionnés par rapport à l’attaque.
  • La riposte est survenue au moment de l’agression, pas après.

Il peut aussi arriver que la légitime défense soit reconnue lorsqu’une personne tente d’empêcher une entrée par effraction dans son domicile, ou un vol avec violence.

Si la légitime défense est reconnue, alors la personne qui en a fait l’usage ne peut pas être punie par la justice (c’est ce qu’essayaient de faire valoir, par exemple, les avocats de Jacqueline Sauvage, qui a tué son mari violent).

Une situation différente chez les policiers et chez les gendarmes

Qu’en est-il pour les policiers ?

A la base, la règle est exactement la même : comme pour n’importe quel justiciable, c’est l’article 122-5 du code pénal qui s’applique, stipulant que "n’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense (…) autre qu’un homicide volontaire", qu’on soit policier ou pas.

Cela signifie que pour un policier comme pour un justiciable lambda, la violence doit rester l’ultime recours : l’arme à feu ne peut être utilisée que dans des cas extrêmes.

A chaque fois qu’un agent de police tire avec son arme, l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), plus connue sous le nom de "police des polices", lance une enquête pour savoir si cette utilisation était bien justifiée.

Or, la situation est très différente chez les gendarmes : en tant que militaires, ils ont le droit de tirer pour se protéger après sommations.

Frédéric Lagache, secrétaire général du syndicat de police Alliance, estimait la semaine dernière dans le Figaro qu’il "est anormal que les policiers soient soumis à la même règle qu’un simple citoyen alors qu’ils sont formés à l’usage de leur arme et se trouvent confrontés tous les jours à la violence de la rue".

Des conditions déjà assouplies

La situation a commencé à évoluer il y a quelques semaines, avec la loi adoptée le 3 juin dernier, "visant à renforcer la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement et améliore l’efficacité et les garanties de la procédure pénale".
Lire ici :
http://clap33.over-blog.com/2016/07/ligne-par-ligne-le-projet-de-loi-sur-l-etat-d-urgence.html

Parmi les articles de loi qui se cachent derrière ce nom à rallonge, on trouve un cas supplémentaire de légitime défense, qui peut s’appliquer à la fois aux policiers, aux gendarmes et aux autres militaires :
"N’est pas pénalement responsable le fonctionnaire de la police nationale (…) qui fait un usage absolument nécessaire et strictement proportionné de son arme dans le but exclusif d’empêcher la réitération, dans un temps rapproché, d’un ou plusieurs meurtres ou tentatives de meurtre venant d’être commis, lorsque l’agent a des raisons réelles et objectives d’estimer que cette réitération est probable".

Interprétation : si un policier somme un terroriste de lâcher son arme alors que celui-ci vient de tirer pour faire des morts, et que le terroriste refuse, le policier a le droit de tirer, il ne sera pas reconnu pénalement.

La notion de défense "strictement proportionnée" subsiste (le policier ne peut pas tirer sur une homme qui n’est pas armé, ou qui fuit) mais la justification de l’usage d’armes est assouplie.

Vers une "présomption de légitime défense" ?

Mais pour les policiers en colère, cela n’est pas suffisant : "il faut que la police fasse peur à ces délinquants pour éviter qu’ils passent à l’acte", a expliqué Frédéric Lagache, cette fois sur BFMTV.

A droite et à l’extrême-droite, la solution préconisée est la mise en place d’une "présomption de légitime défense", particulièrement évoquée après les attentats de 2015.

Cette notion permettrait aux policiers d’ouvrir le feu "en cas de danger imminent", ou au bout de deux sommations, si l’agresseur refuse d’abandonner son arme (y compris s’il n’a pas encore tiré).

Mercredi soir, Bernard Cazeneuve a annoncé que les ministères de l’Intérieur et de la Justice vont étudier "les conditions d’évolution de la légitime défense".

Le matin même pourtant, le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas s’était dit défavorable à un assouplissement de la légitime défense pour les policiers.

"La légitime défense se caractérise par la notion d'immédiateté. Dans la loi de juin 2016, nous avons défendu le principe d'immédiateté", a-t-il expliqué, ajoutant que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme permettait aux policiers de se défendre, et qu’il n’y avait pas besoin de loi pour cela.

Source :
https://www.franceinter.fr/societe/quelles-conditions-pour-la-legitime-defense-des-policiers

***
Complément d'info
Légitime défense des policiers: Urvoas contre une modification
http://www.lamontagne.fr/france/2016/10/26/legitime-defense-des-policiers-urvoas-contre-une-modification_12129067.html

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 11:06

Depuis Reporterre le 29 octobre 2016

L’État achève la destruction de la « jungle » de Calais. Reporterre raconte cette semaine d’opération policière, entre « chasse aux migrants » et rencontre des activistes zadistes et de No Border.

Calais (Pas-de-Calais), correspondance

Des exilés erraient le long des routes de la Côte d’Opale mercredi 26 octobre, d’autres dormaient dehors. Depuis jeudi, la police traque hommes et enfants dans les ruines de la « jungle », mais aussi en ville.

L’« opération humanitaire » décrite par l’État, qui a commencé lundi la destruction de la jungle de Calais, n’en est pas une.

On assiste à la destruction d’un bidonville de 10.000 habitants.

Une ville dans la ville. Nombre d’exilés ont quitté le camp de la Lande avant l’expulsion, se réfugiant parfois à Paris.

Mercredi soir, la préfecture annonçait « 5.596 mises à l’abri », dont 1.215 en centres d’accueil et d’hébergement en France (CAO) pour cette même journée. Le démantèlement serait achevé. « Une bonne chose », selon l’association Salam.

Un acharnement policier et des « contrôles racistes » en ville, dénoncent les activistes.

« Une entourloupe, ces chiffres ! » grogne François Guennoc, de l’association l’Auberge des migrants. Il a toujours dit que cette évacuation était précipitée.

Une « opération électorale », fustige Amin Trouvé-Bagdouche, coordonnateur de Médecins du monde à Calais, déplorant que les exilés soient traités « comme du bétail ».

Et des enfants mineurs isolés dont le futur inquiète les ONG.

Lire la suite :
https://reporterre.net/A-Calais-chasse-aux-migrants-et-convergence-entre-zadistes-et-No-Border

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 11:00

Le 24 octobre 2016

Lutte ouvrière a publié récemment un article sur les rassemblements et manifestations de policiers qui ont eu lieu ces derniers jours.
Lire ici :
http://journal.lutte-ouvriere.org/2016/10/19/manifestations-de-policiers-societe-violente_71627.html

Nous souhaitons entamer un débat fraternel avec un certain nombre d’idées fausses véhiculées par cet article.

Fonctionnaires de base réglant des petits conflits entre voisins ?

Dans son article, l’auteur décrit les manifestations de policiers comme étant « le fait de fonctionnaires de base, ceux qui patrouillent dans les gares, dans les quartiers populaires, ceux qui sont appelés quand ça dérape entre voisins, ceux qui accueillent le public dans les commissariats ». Nous serions donc face à un conflit opposant une sorte de « police de proximité » à sa hiérarchie.

Mais la réalité n’a pas grand-chose à voir avec cette vision presque idyllique.

Ces agents sont certes sur le terrain et interviennent en particulier dans les quartiers populaires, mais leur travail est loin de se réduire aux règlements de contentieux entre voisins. Ce sont eux qui pratiquent un contrôle au faciès systématique et qui sont bien souvent impliqués dans les cas de violences et crimes policiers.

Il est de ce point de vue pour le moins étrange que l’auteur de l’article, qui se dit « choqué des agressions gratuites répétées à l’encontre des policiers », ne dise pas un seul mot sur ces crimes, dont le dernier cas emblématique est celui d’Adama Traoré, mort étouffé dans le cadre d’un contrôle policier.

Au contraire, l’article semble sinon justifier, en tout cas expliquer leur comportement par le fait qu’ils seraient « en première ligne pour constater la dégradation sociale et, au sens propre comme au sens figuré, la prendre en pleine figure ».

Les policiers seraient ainsi des espèces de victimes et témoins passifs d’une société injuste : « De par leur profession, ils ne voient que le pire de ce que cette société d’inégalité et d’injustice engendre parmi les opprimés : l’individualisme exacerbé, la débrouille, la violence à l’encontre des faibles et, évidemment, la délinquance, la petite et la grande ».

Les flics et les ouvriers auraient-ils des intérêts en commun ?

« Fonctionnaires de base », les flics qui manifestent seraient ainsi « des travailleurs comme les autres » ? L’article reste ambigu à ce sujet mais indique clairement que, si ce n’est pas le cas, ils ont du moins des intérêts communs avec ces derniers et avec les couches populaires.

Car selon l’article, « la classe dirigeante, celle qui peuple les quartiers riches, les conseils d’administration et les ministères, s’intéresse aussi peu à la vie des quartiers populaires qu’à celle de leurs forces de répression sur le terrain ».

Laissés à l’abandon par la classe dominante et l’État, flics et travailleurs partageraient en plus un ennemi commun : la délinquance qui existe dans les quartiers et qui y rend la vie difficile, « y compris pour les policiers ».

C’est pourquoi la solution ne serait pas dans le fait de demander « comme le réclament à cor et à cri les politiciens du PS au FN, plus de répression, plus de droits pour les policiers », mais résiderait plutôt « dans plus de conscience, plus d’organisation, plus de solidarité, plus de confiance dans la classe ouvrière et le combat pour changer le monde ».

Donc, si on comprend bien, les policiers qui manifestent devraient se tourner vers la classe ouvrière pour apporter une réponse commune aux injustices qu’ils subissent. Une drôle de vision du rapport entre le mouvement ouvrier et le bras armé de l’État capitaliste qui l’opprime et une négation en règle des principes de base du marxisme révolutionnaire…

Mais que fait la police ?

Nous voici donc obligés de revenir sur quelques fondamentaux : pour les marxistes, les forces de l’ordre sont d’abord et avant tout des détachements armés de l’État bourgeois, constituant son cœur et disposant du monopole de la violence légale dans la société capitaliste.

L’auteur de l’article en est bien conscient puisqu’il affirme que « les possédants ont besoin d’une police pour protéger leurs biens et leur ordre social ».

Il semble cependant ne pas en tirer les conclusions sur le fait que le rôle social prend le dessus sur l’origine de classe ou encore sur le statut formel de « salarié » des policiers et implique donc une attitude particulière à l’égard de ces derniers.

Dans un texte de 1932 que les camarades de LO doivent connaître, Trotski expliquait que le fait que les policiers allemands aient été recrutés « pour une part importante parmi les ouvriers sociaux-démocrates ne veut rien dire du tout. Ici encore c’est l’existence qui détermine la conscience. L’ouvrier, devenu policier au service de l’État capitaliste, est un policier bourgeois et non un ouvrier. ».

Cela est d’autant plus vrai aujourd’hui que les policiers ne sortent nullement d’un milieu ouvrier organisé mais, non par hasard, très majoritairement pro-FN.

Ainsi, l’enfant d’ouvrier qui décide de devenir policier choisit volontairement d’intégrer de façon organique une des institutions fondamentales de l’État bourgeois, séparé et confronté à sa classe d’origine et à la population plus en général. L’enfant d’ouvrier aura ainsi changé de classe et sera devenu un « répresseur salarié » contre la classe ouvrière.

L’histoire de la France est riche en exemples sur la nature des forces de répression. Nous recommandons à ce sujet la lecture de cet article de Camille Munzer qui revient sur des épisodes dramatiques tels que la répression sanglante de la révolution de 1848 dans les mains de la toute nouvellement créée garde mobile de 20000 hommes armés.

Ou encore sur comment, un siècle plus tard, en 1948, une des premières missions des CRS a été la répression sanglante de la grève des mineurs, dont cinq en sont morts.

Plutôt qu’alliés potentiels, comme laisse entendre l’article des camarades de LO, les policiers sont et ont toujours été des ennemis jurés du mouvement ouvrier.

Les revendications des policiers manifestants sont-elles légitimes ?

Une autre approche possible pour analyser les manifestations en cours est de se pencher sur les revendications mises en avant par celles-ci :

- Les policiers demandent plus de moyens, ce qui vu ce que nous avons dit ci-dessus à propos du caractère de leur fonction sociale, ne veut dire autre chose que plus de moyens pour réprimer les travailleurs, les jeunes et les habitants des quartiers populaires.

- Ils réclament également une extension du concept de légitime défense et la fin du soi-disant « acharnement judiciaire » contre les policiers, ce qui revient à étendre leur permis de tuer et l’impunité dont ils bénéficient déjà largement.

- Ils demandent enfin, le rétablissement des peines planchers pour les inculpés pour violence contre les forces de l’ordre, la limitation du recours au sursis et aux aménagements de peine pour les infractions légères, ce qui implique de continuer à entasser de plus en plus et pendant plus longtemps les gens en prison.

Parmi ces « gens », selon des statistiques fournies par l’observatoire des inégalités en 2003, plus de 75% sont à l’origine ouvriers, employés ou sans profession. Environ 75% ont arrêté leurs études avant 18 ans…

Il y a là de quoi avoir bien plus de réserves que ne l’exprime l’article de Lutte ouvrière au sujet de ces manifestations…

Diviser les forces répressives et en gagner une partie à la cause ouvrière, mais comment ?

Pourquoi donc une telle bienveillance de la part des camarades de Lutte ouvrière à l’égard des manifestations et rassemblements policiers ?

Le seul argument qui puisse être mis en avant est celui du constat d’une division entre les policiers d’un côté et leur hiérarchie et les syndicats de l’autre. Il s’agirait dans ce contexte d’approfondir ces divisions pour gagner une partie des policiers à la cause ouvrière.

Néanmoins, cet argument ne tient pas, autant d’un point de vue descriptif que conceptuel.

D’un point de vue descriptif car, à part un discours en grande partie démagogique sur « ceux d’en bas », les raisons de la colère des policiers sont loin de les rapprocher du mouvement ouvrier.

Au lieu de réclamer l’arrêt de l’escalade répressive contre le mouvement social, ces policiers réclament de pouvoir envoyer en prison ferme des manifestants qui passent les uns derrière les autres en procès (répondant le plus souvent à des accusations, vraies ou fausses, d’outrage, rébellion, violence contre agent) et qui obtiennent pour une partie des peines de sursis.

Au lieu de critiquer le syndicat Alliance pour son orientation d’extrême droite, les policiers manifestants le considèrent souvent comme n’étant pas assez radical, comme étant « mou ».

Il est d’ailleurs désormais connu que le principal porte-parole de ce mouvement, Rodolphe Schwartz, n’est même plus policier et a des liens avec le Front national.

D’un point de vue conceptuel car, s’il est vrai qu’à de nombreuses occasions dans l’histoire, et en particulier lors de situations révolutionnaires, les forces de répression se sont divisées et une partie a pu par exemple refuser de charger la foule insurgée, ce retournement n’a néanmoins nulle part été le résultat du pouvoir d’argumentation, mais du choc entre des forces matérielles vivantes et du rapport de force.

Car, à la différence de ce qu’était l’armée au début du 20ème siècle, la police est un corps de professionnels.

Cela veut dire que ses membres ne sont pas contraints, mais au contraire choisissent de devenir des répresseurs des travailleurs et de la population pauvre en échange d’un salaire. Ils lient ainsi leurs intérêts matériels à ceux de la perpétuation de la domination capitaliste.

Et, comme l’explique le marxisme, là où existent des intérêts matériels opposés, les idées seules ne suffisent pas.

De même qu’il est impossible de convaincre les patrons de rendre volontiers la propriété des moyens de production, il est impossible de convaincre avec des arguments le bras armé de l’État capitaliste de rejoindre la cause des fossoyeurs de ce même État.

C’est pourquoi, dans ce type de cas, la division des forces de répression passe bien plus souvent par des pouvoirs de dissuasion que de conviction.

C’est pourquoi, lors de situations de lutte de classes aiguë, où l’appareil répressif de l’État tend à se désagréger, les révolutionnaires ont souvent été amenés à mettre en place des détachements armés du prolétariat lui-même : les milices ouvrières. Ainsi, Lénine, après la Révolution russe de février 1917, écrivait :

« Ne pas laisser rétablir la police ! Garder bien en main les pouvoirs publics locaux ! Créer une milice véritablement populaire embrassant le peuple tout entier et dirigée par le prolétariat ! – telle est la tâche pressante, tel est le mot d’ordre de l’heure, qui répond pareillement aux intérêts bien compris de la lutte de classe ultérieure, du mouvement révolutionnaire ultérieur, et à l’instinct démocratique de tout ouvrier, de tout paysan, de tout travailleur et de tout exploité, lequel ne peut pas ne pas haïr la police, ses gardes, ses sous-officiers, tous ces hommes armés qui, sous le commandement des gros propriétaires et des capitalistes, exercent le pouvoir sur le peuple » (Lettres de loin, 1917).

La situation actuelle ne ressemble point à celle de la Russie de 1917 et ce type de revendication n’est pas pour l’instant à l’ordre du jour, mais cela reflète bien l’attitude de Lénine et des bolcheviques face à la police.

Les décennies accumulées sans que le régime démocratique bourgeois n’ait été ébranlé par l’émergence de la révolution ont peut-être fait oublier ce genre d’enseignement et ont favorisé le développement d’une forme de pacifisme au sein de l’extrême gauche, comme en témoigne l’article de Lutte ouvrière, mais aussi la déclaration de notre camarade Philippe Poutou.

Les manifestations réactionnaires des policiers armés de ces derniers jours ont au moins le mérite de nous rappeler ces quelques fondamentaux, ainsi que de nous alerter sur ce à quoi il faudra se préparer.

La position des camarades de Lutte ouvrière conduit, dans cette situation extrêmement grave, à une forme de passivité, alors que le coup de force de secteurs de la police radicalisés à droite, réclamant une accélération du tournant autoritaire de l’État, demande aux révolutionnaires de prendre leurs responsabilités pour construire une riposte à la hauteur du mouvement ouvrier et de la jeunesse.

Source :
http://www.revolutionpermanente.fr/Lutte-ouvriere-et-les-rassemblements-policiers-Une-position-tres-erronee

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 11:34

Yep !

A Saint-Etienne, Les 22 et 23 octobre 2016 s'est tenu un forum sur le thème : "Désarmons la police, démilitarisons les conflits !"

Voir ici le programme :
http://lenumerozero.lautre.net/article3210.html

Des résumés de ce week-end transmis par le réseau Résistons Ensemble.

****
Depuis Réseaux Citoyen

Mardi 25 octobre 2016, par Roger Dubien

ETAT DE SIÈGE DANS LA VILLE ET SACCAGE DU SIÈGE DU PS.

Que s’est-il passé à St-Etienne samedi 22 octobre ?

Depuis des semaines était annoncée un WE sur le thème "désarmons la police, démilitarisons les conflits".

C’est vrai que là-dessus, il y a beaucoup à dire et à agir.

Parce que la façon dont est utilisée la police dans des quartiers, et aussi contre les mouvements sociaux, crée problèmes et drames. Et concernant les ventes d’armes, la France est dans le monde en tête du commerce et alimente les foyers de guerre et les dictatures.

Le gouvernement est main dans la main avec les firmes de l’armement pour aller chercher les contrats. Après, on pourra toujours déplorer les centaines de milliers de réfugiés et migrants qui fuient la mort...

Mais à l’approche des 22-23 octobre, il est apparu de plus en plus clairement que des forces avaient décidé d’utiliser ce rendez-vous pour tout autre chose que parler du désarmement.

Lire la suite :
http://www.reseauxcitoyens-st-etienne.org/article.php3?id_article=3408

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Retour
Publié le 29 octobre 2016 par gnatemi

Ce n’est pas un hasard, si ce week-end, ce sont rassemblé aussi bien des individus que des collectifs : collectifs de blessés par les armes de la police, des collectifs de soutien aux victimes de violences et meurtres policiers, des militants des mouvements sociaux (syndiqués ou non), des sociologues, des associations soutenant la cause palestinienne, des membres de l’observatoire de l’industrie ,de la défense et de l’armement international…

Cette convergence résulte du fait que ces violences s’étendent en France et à travers le monde. Aussi bien lors des mouvements sociaux contre la loi travail, que contre les grands projets inutiles, aussi bien envers les migrants ,qu’à nos frontières où règnent plus que jamais l’arbitraire et les violences policières. Tout comme dans les prisons, les quartiers populaires , partout où la désignation d’un ennemi intérieur terroriste instille la peur.

La semaine précédant le forum, la préfecture de la Loire annonçait le bouclage du centre-ville, la fermeture des musées, le déplacement du forum des associations. Instructions et injonctions sont diffusées à l’adresse des commerçants du centre ville de fermer boutique le samedi après midi, sans oublier les consignes aux habitants de ne pas sortir leur poubelle.

Lire la suite :
http://lenumerozero.lautre.net/article3233.html

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St Étienne : retour sur le Forum pour le désarmement de la police et la démilitarisation des conflits

Les 22 et 23 octobre avaient lieu à St Étienne un « Forum pour le désarmement de la police et la démilitarisation des conflits » . Ce forum avait pour objectif de dénoncer les crimes policiers, les guerres coloniales, la répression policières et les armes mutilatrices comme le flashball ou les grenades de désencerclement fabriquées entre autre à St Etienne par l’armurier Verney Caron.

La « manif carnaval », interdite sous prétexte d’état d’urgence, a quand même eu lieu et 300 personnes ont défilées dans les rues de St Etienne.

Lire la suite :
https://rebellyon.info/Retour-sur-le-forum-pour-le-desarmement-17084

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Le 25 octobre 2016

Bonsoir,

Voici un compte rendu du week end "Désarmons la police" à St Etienne,

Les 22 et 23 octobre avaient lieu à St Etienne un « Forum pour le désarmement de la police et la démilitarisation des conflits » .

Ce forum avait pour objectif de dénoncer les crimes policiers, les guerres coloniales, la répression policières qui s'abat sur les « indésirables » et les armes mutilatrices comme le flashball ou les grenades de désencerclement appelées hypocritement « à létalité atténuée ».

Le but était aussi de mettre en évidence la présence depuis de longues années de l'armurier Verney Caron à St Etienne qui est passé du business de la chasse aux animaux à celui tout aussi lucratif de la chasse à l'homme avec le commerce de ces armes soi disant non létales… (Pour rappel, Mustapha Ziani à Marseille en est mort).

Ce week end a été comme on pouvait s'y attendre la cible d'une campagne de diffamation par les journaleux locaux avant et après sa tenue.

La ville a été mise en état de siège par la préfecture : des périmètres de la ville étaient délimités où il était interdit de porter du verre ou des produits inflammables, les commerçants étaient sommés de ranger leurs terrasses et un hélicoptère a survolé la ville pendant toute la journée de samedi.

La « manifestation carnaval » malgré sa déclaration en préfecture a été interdite en s'appuyant sur l'état d'urgence.

Celle ci a quand même eu lieu et a démarré par les prises de paroles de membres du collectif du 8 juillet, de Hawa Traoré, la sœur jumelle d'Adama Traoré, de personnes de « Désarmons les », d'organisateurs du week end et de la Jc de la Loire.

Une manifestation curieuse s'en est suivi entre un carnaval et une sorte de black bloc rythmé par des slogans contre la police et ses armes et par une discomobile.

Un Flashball géant a été brûlé symboliquement sur la place de la manufacture d'arme.

La police étant trop occupé à protéger Verney Carron, la préfecture et l'hotel de ville, certains manifestants se sont vengés sur les murs de la ville taggés, sur des horodateurs mis hors d'état de nuire, sur des panneaux publicitaires et des vitrines de banques cassés et le siège du parti socialiste qui a bien ramassé…

Le dimanche était consacré à des prises de paroles sur le business de l'armement, sur des témoignages et réflexions par rapport aux mutilations et aux meurtres de la police, sur la répression à Calais, sur la répression des pirates somaliens et à des ateliers d'autodéfense physique, juridique et de gestion des conflits.

Les médias mainstream n'auront bien sûr retenus que la « violence » des bris de verres apparemment beaucoup plus insoutenable que la violence de la police et de l'ordre injuste qu'elle protège...

Côté médias de m... locaux :
http://www.tl7.fr/le-journal-du-lundi-24-octobre-2016-6297.html
http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/loire/st-etienne-quel-prejudice-apres-manifestation-anti-police-1115047.html

Perso j'étais dégouté pour Hawa Traoré, le journaleux de TL7 (télé locale) a coupé le passage où il l'avait interviewé spécialement et où elle expliquait l'histoire de son frère et qu'elle venait manifester pacifiquement... Mais pas étonnant non plus...

C.

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 11:02

Le 20 octobre 2016

Depuis plusieurs jours, des panneaux "Attention contrôles radars automatiques" sont installés à chaque entrée de la rocade de Bordeaux.

En effet, cette rocade va être le premier périphérique de France à devenir une zone de contrôle leurre avec des radars chantiers déplacés aléatoirement entre plusieurs emplacements.

Au total, il va y avoir 6 radars chantiers qui seront installés simultanément sur les 45 kilomètres de la rocade, 3 sur la rocade extérieure et 3 sur la rocade intérieure.

Les premiers emplacements de ces radars, que l'on nomme aujourd'hui radars autonomes, se trouvent tous sur la rocade extérieure.

Les deux premiers radars autonomes sont installés au niveau de la sortie 4c - Bordeaux Centre, juste après le pont d'Aquitaine et au niveau de la sortie 9 - Le Haillan.

Le troisième radar sera installé la semaine prochaine au niveau de la sortie 19, c'est à dire l'échangeur avec l'A62.

Les premières verbalisations débuteront à partir du 8 novembre 2016. A cette date, toutes les entrées de la rocade seront équipées d'un panneau radar.

Au début de l'année 2017, trois autres radars autonomes seront disposés sur la rocade intérieure.

Tous ces radars seront déplacés entre les divers emplacements prévus tous les premiers mardis du mois selon un calendrier pré-établi.

Exemple de panneau

Source :
http://www.radars-auto.com/actualite/gironde-33/6-radars-chantiers-installes-sur-la-rocade-de-bordeaux-1154

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 10:52

Le 14 octobre 2016

La métropole de Lyon, qui accueille sur son sol des organisations policières prestigieuses comme Interpol, ambitionne de structurer une filière industrielle autour des enjeux de sécurité.

"Nous avons mis le thème de la sécurité au centre de notre programme de développement économique", a affirmé David Kimelfeld, vice-président de la métropole chargé du développement économique, à l'issue d'une réunion rassemblant les principaux acteurs locaux du secteur.

"Nous travaillons aujourd'hui à fédérer cette filière et à mettre en lumière ses atouts", a ajouté M. Kimelfeld, cité dans un communiqué.

La métropole estime que ce secteur représente actuellement plus de 26.300 emplois sur son sol et que le marché devrait croître de plus de 5% par an d'ici 2020.

Outre Interpol, le Grand Lyon héberge l'Ecole nationale supérieure de la police et le laboratoire de la police scientifique.

La ville accueille également un évènement international dédié aux technologies de la sécurité: le forum Technology against Crime (forum TAC).

La métropole relève aussi la présence sur son sol de nombreuses sociétés spécialisées dans les prestations de sécurité (matériels, logiciels et services).

Une des pistes les plus prometteuses serait la sécurité des systèmes industriels, la proche région de Lyon concentrant nombre d'installations "sensibles", entre centrales nucléaires, usines chimiques et sites pharmaceutiques et biologiques.

Source :
http://www.leparisien.fr/lyon-69000/lyon-veut-federer-une-filiere-economique-autour-de-la-securite-14-10-2016-6209364.php

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 10:23

Le 2 octobre 2016

Une commission sénatoriale s’est mis en tête de bouleverser l'équilibre de la loi de 1881, patiemment construit depuis un siècle et demi à coup d'amendements ajoutés subrepticement au projet de loi égalité et citoyenneté en cours d’examen au Parlement.

Imaginons… Enquêtant sur une multinationale, un journal ou un site débusque un scandale sanitaire ou écologique. Comme c’est sa mission, il rend publics les agissements de l’entreprise.

Devant l’importance des révélations, le cours de Bourse de la compagnie fléchit brutalement.

Aujourd’hui, si les dirigeants de cette compagnie s’estiment diffamés, ils peuvent attaquer le journal ou le site aux termes de la loi sur la presse de 1881.

Si les éléments publiés sont diffamatoires, le journal sera condamné et encourra, le cas échéant, une condamnation qui prendra en compte le préjudice subi. Mais tout se déroulera selon les procédures prévues par la loi de 1881, qu’une longue pratique a assortie d’une jurisprudence riche et équilibrée.

Bouleverser l'équilibre

Or voici qu’une commission sénatoriale s’est mis en tête de bouleverser cet équilibre entre la liberté d’expression et la répression de ses abus, patiemment construit depuis un siècle et demi.

Aux termes de plusieurs amendements ajoutés subrepticement au projet de loi égalité et citoyenneté en cours d’examen au Parlement, le plaignant, dans notre exemple, pourra se fonder, non plus sur la loi sur la presse, mais sur les dispositions générales de la responsabilité civile.

En d’autres termes, la justice sera invitée dans ce régime juridique nouveau à estimer le préjudice et à exiger sa réparation financière.

Si bien qu’un journal pourrait être beaucoup plus facilement condamné, quand bien même il aurait enquêté avec honnêteté et pertinence.

On pourrait même le contraindre à rembourser les pertes subies par l’entreprise, seraient-elles astronomiques.

L’affaire mérite un débat public

Ce n’est qu’un exemple : on pourrait en trouver des centaines d’autres.

Allongement de la prescription à cinq ans (au lieu de trois mois), affaiblissement dramatique des garanties de procédure, caractère imprécis de la loi générale, qui ouvrirait la porte à l’arbitraire de juges non spécialisés : telles sont les conséquences probables de la réforme en cours.

Les instances professionnelles unanimes ont condamné ces projets et les avocats spécialisés dans le droit de la presse tirent frénétiquement le signal d’alarme.

Les promoteurs du projet se défendent en expliquant qu’il faut adapter la législation au développement de l’information en ligne.

Pourquoi pas ? Mais dans ce cas, l’affaire mérite un débat public sérieux et approfondi, et non quelques amendements d’apparence technique dont l’application briderait de toute évidence la liberté d’expression et d’enquête conquise depuis des décennies.

Danger !

Source :
http://www.liberation.fr/france/2016/10/02/liberte-d-expression-le-senat-scelerat_1518383

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 10:18

Par Alain Brossat, le 9 août 2016

Un basculement décisif est en train de se produire subrepticement dans la politique conduite par nos gouvernants.

Cette bifurcation se produit au point de jonction de la politique intérieure et extérieure.

Elle présente également la caractéristique de ne porter la marque d’aucun parti de gouvernement en particulier – elle est l’oeuvre des socialistes et de leurs alliés pour la simple raison que ce sont ceux-ci qui sont actuellement aux affaires, comme elle pourrait l’être aussi bien de leurs concurrents ; on a pu en relever les prémisses sous Sarkozy déjà, et ce mouvement se poursuivra au delà des péripéties de l’élection présidentielle à venir, quelle qu’en soit l’issue.

Ce tournant consiste en ceci : pour ceux qui nous gouvernent (notion à entendre dans son sens extensif, incluant les médias, entre autres), l’Etat d’Israël cesse d’être en premier lieu cette dite « démocratie » passablement interlope mais à laquelle il n’est pas pour autant question de ménager son soutien – fût-ce, en plus d’une occasion, en se pinçant le nez. Israël, de partenaire stratégique nécessaire, tend à devenir, dans le contexte de la guerre à outrance livrée à l’islamisme, un modèle stratégique en tant qu’Etat de sécurité avancé.

Cette inflexion, dont on imagine aisément toutes les promesses qu’elle recèle pour nous en général et, en particulier pour les populations d’origine coloniale dans notre pays, est devenue tout à fait explicite après l’attentat du 14 juillet à Nice : dès le surlendemain, on pouvait entendre un haut gradé militaire israélien expliquer sur les ondes de France Inter, à une heure de forte écoute, comment cet attentat aurait pu être évité si l’on avait su s’inspirer des techniques sécuritaires rodées de longue date dans la lutte contre le terrorisme… palestinien ; et de proposer d’un ton protecteur l’assistance de l’Etat hébreu à la France, le terrorisme islamiste étant un et indivisible, et les Palestiniens en lutte contre l’occupation de leurs territoires de la même eau que Daech1…

Quelques jours plus tard, c’est un autre « expert », politique, celui-ci qui, dans les colonnes de Le Monde, mettait en perspective historique, pour en fin de compte les justifier par la nécessaire construction d’un Etat de sécurité, les massives atteintes aux droits de l’homme perpétrés par l’Etat sioniste au détriment des Palestiniens : « Alors qu’Israël est en général jugé et condamné pour la domination qu’il exerce sur les Palestiniens des territoires occupés, voilà que, du fait de la vague terroriste qui submerge le monde, on se penche aujourd’hui sur la lutte anti-terroriste menée par Israël et sur la vigilance publique qui contribue, elle aussi, à relever le défi »2.

Lire la suite/Notes :
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2016/08/11/ce-pire-qui-nous-inspire/

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 10:48

Juillet 2016

Introduction

Les contrôles d’identité sont l’une des modalités d’intervention policière  les  plus  controversées,  car  la  loi  laisse  au  policier  une large marge d’appréciation dans leur mise en œuvre.

Les forces de l’ordre sont dès lors fréquemment soupçonnées d’utiliser cette disposition à des fins de harcèlement ou sur un mode discriminatoire à l’égard de populations particulières, si bien que de nombreuses  propositions  se  sont  fait  entendre  ces  dernières  années sur la nécessité et la manière de modifier ces pratiques, et de dissiper ces soupçons.

L’étude que nous proposons s’inscrit dans ces débats, puisqu’elle vise  à  identifier  qui  sont  les  personnes  contrôlées  par  la  police, par l’exploitation de données collectées au cours de la Journée d’appel  à  la  préparation  à  la  défense  (JAPD,  devenue  depuis « Journée  défense  et  citoyenneté »,  JDC)  auprès  des  jeunes  Parisiens  âgés  de  17-18 ans  (enquête  ESCAPAD,  OFDT). 

Elle  est  le fruit de la collaboration entre l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies et le CESDIP.

Lire l'étude :
http://www.cesdip.fr/wp-content/uploads/2015/07/QP_2016.07.pdf

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 10:48

Le 22 septembre 2016

Le scandale récurrent de la surpopulation carcérale a ancré dans les esprits l’idée qu’il n’y avait pas, en France, suffisamment de places de prison.

L’urgence de bâtir s’est imposée dans le débat public comme une solution évidente, que l’on soit séduit par des arguments sécuritaires ou humanitaires.

Selon le Garde des Sceaux, il faudrait construire « entre 10 309 et 16 143 nouvelles cellules d’ici à 2025 ». Le gouvernement pense ainsi mettre un terme à la surpopulation endémique des prisons et faire respecter le principe de l’encellulement individuel, promis depuis la fin du 19e siècle.

L’intention humanitaire est louable, mais l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Depuis 1980, près de 30 000 nouvelles places ont été mises en service.

Certes il fallait remplacer un parc immobilier insalubre ; mais aucun de ces plans de construction n’a résorbé la surpopulation carcérale. On observe au contraire une tendance qui s’est toujours confirmée à remplir les places de prison disponibles, au-delà même de la capacité prévue.

Entre 1980 et 2016, le nombre de personnes incarcérées dans les prisons françaises a doublé.

Lire la suite :
http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/2016/09/22/prison-fausses-evidences-et-vrais-problemes-tribune/

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 10:35

Le 20 septembre 2016

Le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a annoncé mardi 20 septembre la création d'ici 2025 de 10 000 à 16 000 places de prison pour désengorger le parc existant.

Cela justifie-t-il de construire de nouvelles places ?

Un collectif d'associations a dénoncé le plan du Garde des Sceaux, y voyant « une vieille recette qui a déjà fait la preuve de son inefficacité ».

La réalité semble néanmoins plus complexe, à lire l'enquête que le sociologue Christian Mouhanna a menée auprès de nombreux acteurs du système pénal.

A partir d'entretiens avec des procureurs, des magistrats, des juges d'application des peines, des directeurs d'établissements pénitentiaires... Il montre en effet que le monde judiciaire subit, sur la question des incarcérations, des injonctions contradictoires.

Lire la suite :
http://www.alterecoplus.fr/incarcerer-ou-non-les-juges-face-aux-contradictions-du-systeme-penal/00011778

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