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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 15:05

Le 1er décembre 2015

Trois ferme et 200 € de dommages et intérêts. C’est la peine prononcée ce mardi soir, vers 23 heures, contre un homme de 28 ans arrêté après les incidents survenus dimanche sur la place de la République, lors d’un rassemblement en marge de la COP21. Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, dont quatre ferme.

A la barre, David M., poursuivi entre autres pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, reconnaît avoir jeté un projectile sur un policier, lui occasionnant une légère blessure à la lèvre. « Mais c’était une canette, pas une bouteille en verre, se défend-il. J’étais énervé parce que je venais d’être aspergé de gaz lacrymogènes. »

Cet après-midi-là, cet habitant de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), père de deux enfants, sans emploi, était ivre : il avait 2,26 g d’alcool dans le sang. Il venait de rejoindre des amis zadistes sur la place de la République où une chaîne humaine pour le climat était organisée quand, assure-t-il, il s’est retrouvé face aux CRS, au milieu de groupes violents prêts à en découdre.

341 personnes arrêtées

En tout, 341 personnes ont été arrêtées dimanche. La quasi-totalité a été placée en garde à vue. Non pas pour violences mais pour ne pas avoir respecté l’interdiction de manifester, prise dans le cadre de l’état d’urgence. Tous ont été rapidement remis en liberté dès le lendemain, sauf neuf personnes. Parmi elles, Damien M.

« Je n’aurais pas dû faire ça, je le regrette. Je ne suis pas quelqu’un d’agressif », affirme ce garçon aux cheveux châtains et à la voix douce. Et le t-shirt qui masquait son visage ? interroge le procureur. « C’était pour me protéger des odeurs de poivre. »

Le ministère public avait requis un mandat de dépôt. Damien M. pourra finalement repartir libre.

Une jeune femme de 25 ans comparaissait également ce mardi soir pour avoir refusé d’obéir à l’ordre de dispersion de la police, puis pour n’avoir pas accepté la prise d’empreinte digitale. Elle a été condamnée à 1 000 € d’amende.

Putain de Source :
http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75010/cop-21-trois-mois-ferme-pour-avoir-jete-un-projectile-sur-les-crs-01-12-2015-5330839.php

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 14:50

Le 30 novembre 2015

Des incidents ont éclaté dimanche 29 novembre à l’issue de la chaine humaine pour le climat. Mais les « hommes en noir » qui les ont suscités ont rapidement disparu. Et la police a ensuite parqué et brutalisé des centaines de citoyens non-violents qui occupaient la place de la République. Reporterre était là et a filmé.

Dimanche, entre 13h et 1 h : alors que la chaîne humaine qui a joint les places de la République et de la Nation se dissout, la tension monte place de la République.

Vers 14h30, quelques dizaines de personnes cagoulées et tout de noir vêtues – pour éviter les polémiques autant que les risques d’instrumentalisation, Reporterre a décidé de ne pas catégoriser cette frange d’activistes violents – se confrontent avec la police.

Assez rapidement pourtant, les fumées des gaz lacrymogènes et les grenades assourdissantes ont mis fin aux échauffourées. Aucune vitrine cassée n’est d’ailleurs à déplorer. Les manifestants cagoulés disparaissent sans qu’apparemment aucune interpellation n’ait lieu.

La place est occupée par des centaines de personnes.

Il est environ 15h30 quand le cordon policier s’organise concrètement, dans l’angle nord-ouest de la place rectangulaire de la République, à Paris.

Un peu plus loin, l’entrée du boulevard Magenta est entièrement bloquée par plusieurs véhicules policiers.

En quelques minutes, toutes les issues se sont refermées. C’est une prison à ciel ouvert qui attend désormais, pour plusieurs heures, ces centaines de manifestants qui chantaient et dansaient alors pour le climat.

De l’autre côté de la rangée de CRS, d’autres sont encore libres de leur mouvement, dans un périmètre pourtant très largement encadré par les forces de l’ordre.

Séparés d’une cinquantaine de mètres par le cordon policier, la solidarité s’établit par chants interposés. « Libérez nos camarades » entonne-t-on du côté libre. Puis les captifs entament un « C’est à babord, qu’on gueule le plus fort » auquel le « tribord » répond immédiatement, en chœur.

L’ambiance est encore bon enfant. Des clowns et des fleurs tentent de faire résonner un autre message face aux boucliers policiers. Des jeunes et des moins jeunes s’asseoient alors en rang, du côté libre.

Quelques instants plus tard, leur pacifisme ne récolte que les coups de matraque et les gaz lacrymogènes. Reporterre a pu filmer l’une de ces exactions policières.

Voir la vidéo :

Dispersée, la foule se replie et découvre un peu plus loin un autre groupe de manifestants encerclés par les camions et les policiers.

Au niveau de la rue du faubourg du Temple, une centaine de personne est ainsi parquée par les CRS.

Pendant plus d’une heure, ils vont être exfiltrés un à un – pas toujours avec douceur, bien entendu – avant d’être embarqués dans de grands bus aux vitres à moitié blanchies. Hagards, sans aucun autre moyen de révolte que la sidération, les spectateurs « libres » assistent à ces interpellations inexpliquées.

Le bus policier pour les interpellations.

Tandis que quelques caméras de télévisions étrangères filment la scène, on découvre les profils variés des dangereux suspects : des personnes à l’âge aussi avancé que les cheveux ne sont blancs, des groupes d’amis séparés violemment, des jeunes qu’on devine à peine étudiants…

Pourquoi eux ?

Un activiste roumain venu travailler dans le cadre des négociations partage son émotion : « Ce sont des abus très graves, il n’y a même pas eu de sommation. D’autant plus que ce ne sont visiblement que des militants climatiques ! ».

Il n’y avait dans les zones de parcage policier aucun des « hommes en noir » qui ont suscité les incidents au début d’après-midi. Peu importe, ils ont servi sur un plateau cette logique de répression non moins violente. « C’était malheureusement à prévoir, dit un organisateur de la Coalition Climat 21, qui avait justement déconseillé de manifester pour cette même raison. Il suffisait du moindre débordement, incontrôlable, pour justifier toute une ligne de sécurité et de répression ».


"Nous ne sommes pas venus pour les COPs (’flics’, en anglais),
nous sommes venus pour la COP. Devons-nous les ignorer ?

Pendant plusieurs heures, trois à quatre cents manifestants ont donc été séquestrés, dans des conditions difficiles selon les différents témoignages que Reporterre a pu recueillir.

« Certains ont été blessés par des grenades désencerclantes, et n’ont pas pu recevoir de soins malgré leurs plaies ouvertes. Pendant quatre heures, nous avons dû rester immobiles, dans le froid et la nuit, sans eau ni toilettes, pendant que les policiers se comportaient avec violence », dit le journaliste Gaspard Glanz, qui a filmé de nombreuses scènes de l’après-midi.

Jointe par téléphone alors même qu’elle était bloquée dans le même périmètre, Léa Vasa, conseillère municipale du 10e arrondissement de Paris, insiste sur le sang-froid des otages : « C’est très calme et pacifiste, on joue un peu de musique en attendant de voir qui est le prochain à se faire embarquer. Cela semble totalement arbitraire ».

D’autres responsables politiques, comme Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, se sont eux aussi retrouvés prisonniers, ainsi que plusieurs journalistes, français et étrangers.

Hier soir à 21h, la préfecture de police indiquait à Reporterre les derniers chiffres : 289 interpellations et 174 garde-à-vue. Un bilan qui se voulait « provisoire », avant la nuit. La liste des militants écologistes visés par la police pourrait bien encore s’allonger.

Source :
http://www.reporterre.net/La-police-a-parque-et-brutalise-des-manifestants-non-violents-a-Paris

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 14:31

Le 1er décembre 2015

Le bilan de l’opération policière de dimanche contre les manifestants écolos s’est alourdi, atteignant 341 interpellations et près de 320 gardes à vue. Aucun casseur ne figurerait parmi les personnes arrêtées.

C’est confirmé : la liste des interpellations et des garde à vue, après les manifestations de la place de la République dimanche 28 novembre, s’est allongée. De 289 interpellations annoncées hier soir (lire le récit des événements de dimanche sur Reporterre), le bilan est passé à 341, selon la préfecture, contactée par Reporterre.

Le nombre des garde à vue pourrait, lui, avoir presque doublé.

Selon des sources policières relayées par différents médias, 317 personnes auraient été placées en garde à vue. Un chiffre que ni la préfecture – qui renvoie au Parquet, la justice ayant « pris la main sur la communication dans ce dossier » – ni ce dernier ministère, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, n’ont pour l’instant confirmé. Lundi, en fin d’après-midi, la plupart des personnes retenues avaient été libérées – sauf neuf, dont la garde à vue a été prolongée, selon Le Monde.

À quelle suite judiciaire s’attendre ?

Pour l’instant, mis à part ces neuf personnes toujours détenues pour « violences », difficile de savoir s’il y aura des poursuites judiciaires. « À ma connaissance, il n’y en a pas pour l’heure, rapporte Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris qui a assisté sept personnes depuis dimanche soir. Elles ont été mises en garde-à-vue pour “participation à un attroupement non-armé suite à sommation de se disperser”. »

Les informations restent difficiles à vérifier, car les interpellés ont été disséminés un peu partout dans la région parisienne – Bobigny, Saint-Denis, Livry-Gargan dans le 93, mais aussi Rueil-Malmaison dans le 92, etc.

« Ils ont été amenés dans le 18e arrondissement avant d’être ensuite redistribués dans différents commissariats », poursuit Me Kempf, qui pointe de grosses difficultés pour être mis en relation avec ses clients : « On n’a pu les voir que très tard dans la soirée ou seulement le lendemain matin. »

Selon une information non encore vérifiée, un Belge aurait été emmené au centre de rétention de Vincennes avec une procédure d’expulsion en cours.

Qui sont les personnes interpellées ?

Comme nous le racontions dès hier, il y avait visiblement peu d’« hommes en noir » (ceux qui se sont confrontés à la police dimanche vers 14 h) parmi les interpellés.

Un constat confirmé par Alice Becker, avocate parisienne qui a de son côté assisté quatre personnes depuis dimanche : « Parmi les gardés à vue, il y a des quidams de province et des Parisiens, de 25 à 65 ans. Des salariés, des étudiants, des designers, un clown. Ils ont des profils très disparates mais pas du tout de casseurs. Les enquêteurs que j’ai croisés reconnaissaient d’ailleurs qu’ils n’en ont pas interpellés. »

Selon plusieurs avocats, beaucoup se sont fait piéger en tentant de quitter la place de la République.

« Ce sont juste des gens qui ne sont pas sortis assez vite de la nasse. Les enquêteurs leur “reprochent” d’être restés en spectateurs sur la place au lieu d’obéir aux sommations.

L’aberration étant que les gens n’ont pas pu sortir ! » poursuit l’avocate.

« Ils nous ont laissés entrer sans difficulté sur la place et quelques minutes plus tard, on ne pouvait plus en ressortir », raconte à Reporterre un manifestant qui s’est fait parquer pendant près de quatre heures au niveau de la rue du Faubourg du Temple. Ce dernier conteste par ailleurs qu’il y ait eu « la moindre sommation ».

L’arbitraire de l’opération pose par ailleurs question – pourquoi avoir scindé la foule des manifestants à cet endroit précis ?

Pour Olivier Besancenot, qui est resté captif pendant 3h30 dans cette poche de la rue du Faubourg du Temple, il s’agit d’une « décision politique ».

Joint par Reporterre, il raconte que le cortège – qui rassemblait des militants du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) mais aussi d’Alternatives libertaires et d’Ensemble ! – était identifié par les forces de l’ordre.

« Nous avions fait le tour de la place plusieurs fois, et quand nous avons voulu sortir par le nord, nous en avons été empêchés. On s’est rendu compte alors qu’on était complètement encerclés. »

Sur la centaine de militants concernés, près des trois-quart ont fini embarqués par la police.

« Une journée noire pour le droit à manifester en France », conclut l’ancien porte-parole du NPA.

Peut-on y voir une manœuvre politique ?

Dans le contexte actuel, difficile d’imaginer, comme le dit Olivier Besancenot, que l’opération policière de dimanche n’ait pas eu quelques intérêts à très court-terme.

Alors que s’ouvre la COP 21 et son lot d’actions depuis longtemps annoncées par la société civile, la mise en œuvre d’une telle répression pourrait d’abord en décourager plus d’un : « Ce sont des moyens de pression pour dissuader les gens de participer à ce genre d’événements », estime Me Kempf.

Selon Me Becker, « le but est de rassurer l’opinion publique en disant “regardez, on a interpellé du monde” et d’annoncer du chiffre. Et entre le nombre d’interpellés, de gardes à vue ou de comparutions immédiates, il y a un effet d’entonnoir qui permet aux autorités de dire qu’elles font le tri. »

Si manœuvre politique il y a, elle ne rend pas gagnante la démocratie, rappelle ainsi Raphaël Kempf : « Être privé de liberté pendant 24 heures, parqués dans des bus sans pouvoir voir de médecin ni d’avocat quand on en a besoin, tout ça alors qu’on est non-violent, ce n’était pas nécessaire. »

Source :
http://www.reporterre.net/350-interpellations-arbitraires-place-de-la-Republique-salaries-etudiants

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 14:02

Depuis Reporter le 3 novembre 2015

« Pas question d’avocat, ici, c’est moi qui commande. » Témoignages de gardes à vue en état d’urgence.

Reporterre publie deux témoignages de manifestants arrêtés dimanche après-midi, place de la République, à Paris, et placés en garde à vue.

Dimanche 29 novembre, la police a parqué et violenté des manifestants pacifiques place de la République. Plus de trois cents ont été emmenés en garde à vue. Emmanuel et Camille étaient de ceux-là. Ils racontent ce qu’ils ont vécu.

***
La nuit est tombée et cela fait environ deux heures que nous sommes encerclés avec environ 200 personnes dans un coin de la place de la République par un impressionnant cordon policier.

Ceux-ci restent statiques pendant de longues minutes puis, suivant une logique qui m’échappe encore, s’avancent en petits groupes vers la foule pour en extraire une poignée de manifestants, a priori repérés à l’avance, qui seront ensuite emmenés vers les camions malgré quelques timides tentatives des autres manifestants pour les retenir.

Malgré la pression policière, l’urine qui recouvre le sol, le froid, l’absence d’accès à l’eau ou à la nourriture, la foule reste paisible et joyeuse.

Des chants militants, une enceinte et un grimpeur qui va accrocher un drapeau multicolore au sommet d’un arbre assurent l’animation.

Mais vers 18h, de nouveaux bus de police arrivent et les policiers se placent de telle sorte qu’on comprend qu’ils vont passer à l’offensive.

Alors que nous réclamons depuis deux heures de sortir de la place sans heurt ni arrestation, ils viennent attraper des manifestants à un rythme plus élevé qu’avant et, cette fois-ci, au hasard.

Une volée de coups de pieds et de matraques

Notre groupe fond.

Pour protester contre ces arrestations, nous nous regroupons et nous tenons les bras en chantant : « On sort tous libres, ou on sort pas ! ».

Sourds à nos cris, les policiers continuent d’embarquer les manifestants sans qu’il y ait trop de protestations.

Quand vient mon tour et que plusieurs CRS m’arrachent de ce filet de solidarité bien fragile, je me laisse tomber par terre pour leur compliquer la tâche tout en levant mes bras en l’air en signe de non-agression.

D’emblée, malgré les protestations de la foule, une volée de coups de pieds et de matraques s’abat sur mes jambes et mes côtes, suffisamment bien placés pour faire mal sans laisser de traces.

Ma non-coopération pacifique énerve les flics qui, en me traînant hors de portée des caméras, me menacent « tu vas dérouiller », « tu vas regretter », « tu vas comprendre ta douleur ».

Ils finissent par me plaquer dos au sol, à l’abri des caméras.

Un policier se place au dessus de moi et me décoche un coup de poing dans la mâchoire alors que je ne montre aucun signe d’agressivité. Pendant qu’ils me fouillent, les menaces et les petits coups continuent.

Juste avant de me faire entrer dans le bus, ils me font un croc-en-jambe et je me retrouve face contre terre.

Une fois plein, notre bus se dirige vers Bobigny, où nous sommes parqués entre des barrières, pendant quatre heures, sur un parking venteux.

Normalement, notre garde à vue aurait dû nous être notifiée.

D’après ce que j’ai compris de la loi, après quatre heures de contrôle d’identité, nous devons être relâchés, ou un OPJ [officier de police judiciaire] doit nous notifier notre mise en garde à vue et lire nos droits.

Or, ce délai est largement dépassé et nous ne savons toujours pas ce qu’ils comptent faire de nous.

Les manifestants, qui pour la plupart n’ont rien de militants professionnels et encore moins d’activistes violents, gardent le moral.

Au compte goutte, les personnes pénètrent le bâtiment et on les voit ressortir, environ 30 minutes plus tard, menottées, et amenées vers un camion. Une fois ceux-ci pleins, ils partent vers une destination inconnue.

À situation exceptionnelle, moyens exceptionnels

Vers 11h du soir, la procédure s’accélère, les personnes ne restent pas plus de quelques minutes dans la salle.

Quand vient mon tour, l’OPJ me signifie mon placement en garde à vue depuis 15h45 pour participation sans armes à un attroupement après sommation de se disperser.

Je lui demande pourquoi personne ne m’en a informé avant.

Elle me rétorque sur le ton de l’évidence qu’à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels.

Selon elle, un magistrat nous aurait collectivement placés en garde à vue à partir du moment où le cordon s’est refermé sur nous.

Je lui indique plusieurs noms d’avocats volontaires pour assister les manifestants mais sans être en mesure de donner leurs numéros.

Les autres interpellés ont déjà donné des dizaines de fois ces numéros à ses collègues et sûrement à elle-même, mais elle refuse de les inscrire si je ne suis pas capable de lui fournir le numéro moi-même.

Elle coupe court à tout dialogue : « Ce sera un commis d’office ou rien. »

Par défaut, je choisis ces avocats.

Nous sommes répartis en petits groupes et amenés, certains menottés d’autres non, dans différents commissariats parisiens.

Nous faisons une partie du trajet en bus, puis le reste avec un véhicule banalisé qui roule à plus de 100 km/h en agglomération, gyrophare allumé, alors qu’aucune urgence ne semble imposer ce type de conduite.

Une fois arrivés, on nous menotte à un banc en attendant notre fouille.

Trente minutes plus tard, nous sommes en cellule, un cagibi de quelques mètres carrés composé d’un banc en pierre, et de toilettes à la turque dégageant une puissante odeur d’excréments.

Aux murs, des tags qui semblent avoir été réalisés avec des matières fécales donnent la nausée.

Le froid, le stress, l’humidité, les odeurs, les allers-retours et la dureté du banc en pierre m’empêchent de fermer l’œil de la nuit.

« J’aime pas ta gueule et ton air »

Au petit matin, un policier en civil particulièrement désagréable et hautain vient nous demander si on nous a pas pris nos empreintes.

« Si vous refusez, c’est 15.000 euros d’amende et un an ferme », dit-il pour nous mettre la pression.

Au moment de prendre les miennes, il me glisse : « J’aime pas ta gueule et ton air. Je préfère encore les petits branleurs de cité. »

Mon codétenu demande à voir son avocat avant de décider d’accepter le relevé d’empreintes. «

Pas question d’avocat ici, c’est moi qui commande. »

Il se fera donc ficher sans avoir pu le consulter.

Rapidement, des petits délinquants rejoignent la cellule. On se retrouve bien serrés sur notre petit banc.

Quelques heures plus tard, on me sort de cette cage de béton, de métal et de plastique pour voir le médecin.

Quand je lui parle des coups reçus au corps et au visage, il m’écoute distraitement en me tenant la main pour prendre mon pouls. Sans même regarder mon corps, il me dit qu’on verra ça plus tard. Je ne le reverrai pas.

Je vois l’avocat en fin de matinée, 16 heures environ après le début officiel de ma garde à vue.

Contrairement aux flics qui traînaient dans les sous sols puants, ceux qui réalisent mon audition sont presque aimables et se plaignent de ce coup de filet massif et « stupide ».

Une fois l’audition terminée, je retourne dans ma cellule pour déguster un plat de pâtes et suis libéré vers 15 h, comme la plupart des manifestants parfaitement inoffensifs arrêtés la veille.

Je repars dégoûté par ces abus de pouvoir ordinaires et ce sentiment de toute puissance de la police, cette garde à vue absurde et ces violences verbales et physiques banalisées mais je reste déterminé à lutter contre cette mascarade qu’est la COP 21.

Emmanuel

*********


Le commissariat rue de l’Evangile, à Paris, l’un de ceux de région parisienne où ont été répartis les gardés à vue

Dans le bus, on était persuadés qu’on ressortirait vite. On rigolait, on chantait, c’était la colo.

On a attendu longtemps, chauffage à fond et vitres fermées, de sortir et on s’imaginait que c’était la faute à un comité de soutien.

Les filles sont sorties les premières, on est descendu par l’entrée parking, on nous a fouillées et fait enlever nos soutifs.

La GAV [garde à vue], c’est sexiste, nous autres on sera beaucoup mieux traitées.

Dans le couloir on m’a finalement notifiée ma garde à vue, il était 19h20.

Je crois que j’ai souri devant tant d’absurdité.

Nous étions devant une grande cellule où étaient disposées des tables et des OPJ [Officier de policier judiciaire].

La mienne, qui se désolait de ne pas avoir assez de feuilles et mal au bras, m’a paru sympa au début.

Elle m’a affirmé, en rigolant comme si j’étais naïve, que c’était elle qui allait joindre ma mère et que je n’aurais pas le droit de lui parler. Elle ne lui communiquera pas le nom du commissariat.

J’ai demandé un médecin et un avocat et on m’a envoyée en cellule. Je suis passée devant les cellules des mecs. Dans la première, on ne pouvait plus s’asseoir, la seconde était en remplissage.

Mes camarades m’ont applaudie en rentrant. On était une vingtaine, toutes belles, entre 20 et 30 ans, les cheveux propres.

On a commencé a chanter, à se demander quel jeu on pourrait faire. On discutait avec « les garçons » et certains flics complètement mal à l’aise.

L’ensemble des cellules a communié au son de Cayenne, d’Hexagone et de la chanson de la ZAD du Testet. On s’étonnait de trouver nos visages familiers, d’avoir les mêmes références.

J’ai voulu aller aux toilettes, la policière m’a tenu la porte. J’étais gênée, mais elle m’a conseillé de prendre mon temps parce qu’après le transfert, ce serait pire.

« Le viol de la CEDH, c’est maintenant ! »

De fait, il y aura deux temps.

Celui du centre souterrain spécial COP où nous n’avions ni bouffe, ni couverture, ni médecin mais où ça chantait et où on dormait serrées les unes contre les autres pour se réchauffer et celui après le transfert.

Nous n’avons pas eu droit à un GAV normale, à peine ai-je eu un aperçu, vers  h, quand on a refusé de nous donner de l’eau tant qu’on se « roulerait pas comme des chiens ». Ils [les policiers] ont été sympas avec nous, emmerdés qu’ils étaient qu’on leur prenne autant de place et de temps.

Lorsque j’ai vu mon avocat commis, il m’a clairement dit que dans le contexte de l’état d’urgence, je n’avais que mon gentil minois pour m’en tirer parce qu’ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient.

On en parlait au policier : « Le viol de la CEDH [Cour européenne des droits de l’homme], c’est maintenant ! »

L’OPJ m’a auditionnée la dernière et je pense que je l’ai autant écoutée. Elle était désabusée de tout, essayait de me faire comprendre qu’ils n’étaient pas tous méchants, qu’ils avaient des ordres.

L’OPJ d’une camarade lui a sorti : « On pensait que Sarkozy était le pire, mais là... » C’était pas un commissariat syndiqué Alliance [syndicat policier classé à droite], mais il y a des témoignages d’autres commissariats qui vont dans le même sens.

La politique du chiffre pour les flics aussi, c’est épuisant.

À part sur mon « CV militant », cette affaire ne devrait pas avoir de conséquences, selon les officiers.

C’était fatiguant, on a attendu plus de 13h avant de manger, trop de camarades n’ont pas eu de couvertures, des vices de procédures ont rythmé ces 24 heures, mais je ne suis pas traumatisée, au contraire. Maintenant que je sais ce que c’est, je peux entrer plus avant en désobéissance.

Camille

Source :
http://www.reporterre.net/Pas-question-d-avocat-ici-c-est-moi-qui-commande-Temoignages-de-gardes-a-vue-en

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 13:44

Le 30 novembre 2015

Un Ariégeois assigné à résidence au motif qu’il aurait « envisagé de rejoindre la région parisienne pendant le déroulement de la COP 21 » publie une lettre ouverte.

La vague d’assignations qui a sévi tous azimuts dans les heures qui ont précédé l’ouverture de la COP 21 s’est abattu contre un Ariégeois soupçonné d’avoir « envisag[é] de rejoindre la région parisienne pendant le déroulement de la COP 21 ».

Preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que les dérogations au code de procédure pénale permises par l’état d’urgence sont largement utilisées pour faire taire les militants écologistes.

Nous publions ici sa lettre ouverte :

Bonjour le bilan carbone !

Une assignation à résidence en Ariège

« Le 26 novembre, à 17h30, les trois gendarmes de mon patelin sont venus chez moi pour me signifier mon assignation à résidence. On m’a laissé un papier, signé du ministre de l’Intérieur. Le texte « légal » invoqué le plus ancien a dix jours, autant dire que c’est du tout frais.

Donc il faut « assurer la sécurité de la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques dite COP 21 » ; et, étant donnée « la gravité de la menace terroriste », des « mesures particulières » s’imposent.

Et voilà (ce sera la seule justification). Il ne faudrait tout de même pas que des écologistes fous et sanguinaires ne viennent à « détourner » les « forces de sécurité » (forces répressives) qui sont tant et tant occupées à « lutter contre la menace terroriste », c’est à dire, en réalité, à perquisitionner n’importe où et assigner n’importe qui à résidence.

Bon, passons sur les détails. En tout cas, je dois pointer, trois fois par jour, à 18 km de mon domicile, jusqu’au 12 décembre inclus : soit 1 728 km. Bonjour le bilan carbone ! Le reste du temps je ne peux pas quitter mon village. Et mon domicile, de 20 h à 6 h.

Il faut encore montrer que moi, j’en suis un, d’écologiste fou et sanguinaire.

Pas de problème, allons-y : « Considérant que M. X (…) envisage de rejoindre la région parisienne pendant le déroulement de la COP 21 ».

Alors ça c’est tout de même quelque chose. Envisage  ! Et c’est tout, pas de preuve, pas d’indice, rien.

Puis vient l’énumération de quelques anciens délits mineurs, déjà jugés ; après quoi on évoque mon milieu  : « la mouvance contestataire » (sic) ; sans bien sûr oublier que je fais « partie d’un groupe d’individus » (sic).

Il faut bien dire que l’assignation à résidence, et le contrôle judiciaire trois fois par jour, c’est une peine. Ce n’est pas une mesure préventive, c’est une mesure punitive. Ça s’apparente à une peine d’enfermement ; en fait c’est à peu près comme le port d’un bracelet électronique.

Cette peine est prononcée sans instruction, sans jugement, sans preuve, et même sans infraction. On punit un profil (le mien en l’occurrence), c’est-à-dire qu’on ne me sanctionne pas pour quelque chose que j’aurais fait, mais pour ce que je suis (ou ce que je suis supposé être).

C’est comme toujours : ces faits mentionnés, ils ont déjà été jugés. On me condamne donc une deuxième fois.

Et la prochaine fois, sur le papier, y aura-t-il écrit, en plus : « l’intéressé a fait l’objet d’une mesure d’assignation à résidence du tant au tant » ? En somme, mon cas s’aggrave tout seul...

Un recours au tribunal administratif est possible : la réponse arrive, en moyenne, selon mon avocat, après un an et demi.

Donc pour les grossières erreurs de procédure de mon assignation à résidence (par exemple, la contradiction entre l’interdiction de quitter ma commune et l’obligation d’aller pointer dans une autre), je ne peux me « plaindre » à personne : il s’agit d’une sanction sans appel.

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas ici de clamer mon innocence. On le sait, que définir des « innocents » justifie la répression des autres, les « coupables ».

Il n’y a pas de coupables, ni d’innocents, et ça n’est pas une parole creuse : quand je pointe à la gendarmerie, il y a d’autres personnes qui sont là aussi, qui ont des barbes, des fichus sur la tête.

Je me fous, à ce moment précis, de leur « profil » ; je ne peux voir que la brève condition commune qui nous est faite, à savoir que nous sommes réprimés.

La répression ne doit pas nous diviser en coupables et en innocents, mais au contraire être l’occasion de témoigner une solidarité minimale, que ce soit avec les « militants écologistes » ou avec les milliers de musulmans qui subissent un enfer permanent.

Si mon cas semble ubuesque, ou arbitraire, ou fou, que dire des centaines de personnes arrêtées, humiliées, assignées, perquisitionnées, enfermées, licenciées, depuis le début de l’état d’urgence ?

Et encore, pour moi, ça ne devrait durer que seize jours, mais pour d’autres, l’assignation est sans limite de temps  !

La première décision sous l’état d’urgence a été d’interdire les manifestations « revendicatives » (sic) ; mais on maintient les matchs de football, les centres commerciaux restent ouverts, et « de très nombreux chefs d’État » vont se pointer au Bourget.

Il s’agit de montrer au monde que tout va bien, ici (en France), que la conférence sur le climat va tout régler, le sort du monde et le reste d’ailleurs, et qu’il ne va rien se passer.

Il s’agit d’un glissement (pour protéger les « libertés », on les abolit ; le « pays des droits de l’homme » décide de « déroger à la convention européenne des droits de l’homme » Lire ici.; etc.) qui fait passer du supposé « état de droit » à sa version totalitaire et arbitraire, c’est à dire dépourvue de droit (il n’y a aucune exagération).

En tous cas, tout ce qui est possible doit nécessairement être essayé, c’est le propre du fonctionnement administratif. Ceci ne veut pas dire qu’il y a des stratégies très élaborées, ou précises, etc., de la part de l’État, c’est même plutôt le contraire qui est vraisemblable.

En tout état de cause, cette logique extensive de la répression est connue.

Qu’on se souvienne qu’à l’origine, les prélèvements d’A.D.N. étaient prévus pour les seuls pédophiles, et qu’à présent ils s’appliquent à tout délit.

La répression ne peut rester spécifique, elle a toujours vocation à être générale.

Qu’on se souvienne que le plan Vigipirate était prévu pour durer quelques mois, et qu’il n’a jamais cessé.

La répression ne peut rester temporaire, elle a toujours vocation a être permanente.

Il ne resterait plus qu’à dire que, depuis que des centaines de musulmans ont été arrêtées, il n’y a pas eu d’attentat  : ce qui prouve bien qu’il s’agit d’une mesure efficace ! Ne nous habituons pas à la répression.

Manifestons. Soyons solidaires.

À bas l’état d’urgence !

Signé : un assigné

Au Mas d’Azil, le 29 novembre 2015 »

Lire l’arrêté d’assignation a résidence :
http://issuu.com/politis_/docs/arre__te___d_assignation

Source :
http://www.politis.fr/La-lettre-d-un-assigne-a-residence,33211.html

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 11:02

Le 27 novembre 2015

Deux responsables du journal turc d’opposition Cumhuriyet, Can Dündar et Erdem Gül, ont été écroués le 26 novembre. Ils sont accusés d’espionnage et de divulgation de secret d’Etat, à la suite de la publication d’un article sur des livraisons d’armes par les services secrets turcs vers la Syrie, probablement à l’Etat islamique.

Deux responsables du journal turc Cumhuriyet ont été écroués et inculpés jeudi soir par une cour pénale d’Istanbul, à la suite de la publication fin mai d’un article sur de possibles livraisons d’armes par les services secrets turcs à destination de la Syrie.

Cet article a fait scandale dans le pays et suscité l’ire du président turc, Erdogan, particulièrement à l’endroit de Can Dündar, le directeur de la rédaction de Cumhuriyet. Il est accusé, ainsi qu’Erdem Gül, chef de bureau à Ankara, d’espionnage, de divulgation de secret d’Etat et d’appartenir à une organisation terroriste, rapporte le journal Hürriyet, qui déplore la “situation désespérée” que vit la Turquie.

Cet article ainsi que, plus généralement, le travail courageux de Cumhuriyet malgré les nombreuses menaces qui pèsent sur la presse en Turquie ont valu à ce journal d’opposition, de tradition kémaliste, d’être récompensé par le prix RSF-TV5 Monde de la liberté de la presse le 17 novembre 2015.  

A cette occasion, Can Dündar a prononcé un vibrant discours. Il a évoqué le quotidien d’un journaliste turc, entre pressions du gouvernement, menaces de l’Etat islamique et deuil de plusieurs confrères, morts dans des attentats tandis que d’autres sont en prison.

“Je me trouvais à mon bureau lorsque j’ai appris que Cumhuriyet était lauréat du prix pour la liberté de la presse 2015”, a raconté Can Dündar dans son discours de remerciement.  

"Mon bureau, au siège du journal, se trouve à un emplacement stratégique : une des fenêtres donne sur un cimetière, l’autre sur le palais de justice… J’ai toujours pensé que cela avait un sens symbolique. En effet, ce sont les lieux les plus visités par les journalistes turcs.”

Le prix RSF ouvre une troisième fenêtre, assure-t-il. “Cette fenêtre donne sur un avenir démocratique où l’expression et l’écriture sont libres et la censure bannie.”

A l’issue de la cérémonie, Can Dündar a également répondu à nos questions, racontant la publication de l’article :  

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 11:50

Le 22 novembre 2015

La compagnonne Lucile, après 6 semaines de détention provisoire à Fleury-Mérogis, passait en procès ce mercredi 25 novembre au tribunal de Bobigny.
Lettre de Lucile : https://paris-luttes.info/lettre-de-lucile-enfermee-a-fleury-4228

Lors d’une de ces mascarades spectaculaires que la Justice sait tellement bien préparer, Lucile a mangé 3 mois de prison ferme avec un maintien en détention.

Ce mercredi, la salle d’audience est comble, une cinquantaine de personnes sont venues soutenir la compagnonne. Les flics aussi sont présents en nombre, CRS casqués, bleus, civils avec mitraillette en bandoulière, et autres RG.

La juge, tout aussi acariâtre que lors du premier procès du 14 octobre, décide de nous prévenir qu’au moindre « débordement », elle n’hésitera pas à faire évacuer la salle comme la dernière fois.

Le procès commence, les conclusions de nullité sont soulevées par l’avocate — elles seront balayées d’un revers de main lors du délibéré. La juge lit les PV des flics, Lucile est poursuivie pour leur avoir dit, entre autres, « Vous êtes des putes, vous avez des uniformes de putes, bande de chiens » et avoir refusé de se soumettre à un relevé d’empreintes digitales. Elle répondra à la juge qu’elle n’utilise pas pute ou enculé comme des insultes, et qu’elle n’a rien contre les prostituées, au contraire des flics, mais que « larbins », ça oui elle l’a bien dit. Sur la signalétique, Lucile dira qu’elle n’avait aucune raison de donner ses empreintes vu que le contrôle était abusif, et que de toute façon elle s’y serait quand même opposé car elle est contre le fichage.

Ensuite le flic qui cherche à arrondir ses fins de mois est entendu, dégoulinant de la cordialité de celui qui sait combien il est légitime ici. La salle réagit promptement à chacune de ses jérémiades. « Vous comprenez, ces deux personnes nous ont dit qu’il y avait un fort taux de suicide dans la police, vraiment c’était très dur à entendre. » La juge lui demande « Mais pour vous c’est quoi votre préjudice ? C’est juste moral ? — Oui. » « Ooooh » lui répondra la salle, compatissante. Crevure de flic

Sont ensuite rapidement expédiées les questions sur la personnalité. « Je ne souhaite pas répondre à cette question, dira Lucile, car je ne vois pas en quoi ma personnalité a à voir avec cette affaire ». La juge lui propose de s’exprimer sur plusieurs « concepts » qu’elle a évoqué depuis le début de l’audience, pour comprendre quelle est sa vision de la « société ». Lucile n’a aucune envie de parler de ses idées politiques dans ce tribunal car elle s’est juste opposé à un contrôle d’identité et à la brutalité des flics.

L’ordure de proc fait sa réquisition, 3 mois avec maintien en détention, car les doutes sur son identité font que la prison ferme est la seule peine « applicable et efficace ». À ce moment, écœuré par le procureur, un compagnon sort de la salle et dans un moment de confusion, la juge suspend l’audience. Un bon nombre de personnes sort de la salle et découvre le pote encerclé par les flics, en passe d’être menotté. Les gens s’énervent, les premiers coups de tonfa pleuvent, à la sortie de la salle d’audience. Les flics sortent leurs tasers, et nous menacent avec en les actionnant, plusieurs personnes sont plaquées au sol. Après plusieurs minutes de déchaînement policier, les compagnon·ne·s sont poussé·e·s jusqu’au parvis du tribunal. À l’intérieur, tou·te·s les enrobé·e·s ont disparu dans leurs coulisses respectives.

L’audience reprend par la plaidoirie de l’avocate. Le contrôle n’est motivé nulle part, « deux personnes encapuchées observent des pavillons » n’est pas un motif légitime, lors de la garde à vue les coups des flics et les humiliations s’enchaînent. Insultes sur le physique de la compagnonne, coups de menottes dans le visage, dont les blessures résultantes seront notifiés dans les PV des médecins collabos. « Pardonnez-moi l’expression, mais cette affaire, elle est dégueulasse. »

« Avez-vous quelques chose à ajouter à ce qui a été dit ? — Oui, si vous me renvoyez en prison, merci d’envoyer une lettre pour demander la levée du contrôle dont je fais l’objet » (Lucile est surveillée par les matonnes toutes les 2 h, même la nuit, sur ordre de la juge, au début c’était même toutes les heures, mais ça a été allégé suite aux demandes répétées de Lucile).

Avant le rendu, la juge glisse un mot à un flic, et c’est aussitôt une quinzaine de flics gantés qui nous encerclent et on se dit que le rendu ne risque pas de nous plaire… En effet, elle prend 3 mois avec maintien en détention, et on se fait sortir fermement par la police. Non contents de nous voir hors du tribunal, les schmitts décident de nous pousser jusqu’au métro (à 400 m du tribunal), parce qu’on ne peut pas se rassembler à l’extérieur, vu que c’est l’état d’urgence. Arrivé·e·s dans le métro, la RATP sûreté nous ouvre la porte pour ne pas qu’on saute les portiques, ce qui permettra à plusieurs autres personnes de frauder sans se fatiguer.

Nous ne serons pas libres avant que le dernier juge soit pendu avec les boyaux du dernier flic. Crève la justice !
P.-S.

Au moment où j’écris ces lignes, on a de forts soupçons que le compagnon arrêté au tribunal soit en garde à vue…

Source :
https://paris-luttes.info/proces-de-lucile-3-mois-ferme-4286

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 12:08

Depuis Paris Luttes Info le 24 novembre 2015

Suite à la manifestation interdite de soutien aux migrants de dimanche 22 novembre, la presse avait annoncé que 58 personnes avaient été identifiées par la préfecture de police et balancées au procureur. Mardi matin, un certain nombre de personnes ont reçu une lettre de convocation en audition libre.

Nouvelle assemblée en solidarité avec les migrants·es et les convoqués·es suite aux récentes gardes-à-vue, ce mercredi soir, à 19h au CICP, 21ter rue Voltaire, métro Rue des Boulets.

Au moins deux GAV au commissariat Riquet pour des personnes convoquées ont eu lieu Mercredi 25 novembre. Une personne déférée.

Un appel à ne pas se rendre à l’audition libre :

"Ce midi j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres une feuille volante indiquant : "procès-verbal de convocation en vue d’une audition libre".

Il est précisé "que dans le cadre de l’enquête sus visée, (je suis) soupçonné d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de violation d’une interdiction de manifestation prise en vertu de l’état d’urgence."

Je suis convoqué cet après-midi au 27 boulevard bourdon, Paris 4ème. Je ne vais pas m’y rendre ; et j’invite tous les gens concernés à en parler pour ne pas se retrouver seul face à cette situation et envisager une réponse collective (a priori 58 personnes identifiées selon la presse).

Salut à tous !"

L’appel de l’AFA à se rendre devant le commissariat du 4ème :

"Suite à la mobilisation de dimanche, manifestation interdite qui s’est déroulée de Bastille à République, la presse nous indique que 58 personnes ont été identifiées par les caméras de la police.

Ce matin, plusieurs militantes et militants on été convoqués.

Nous proposons à celles et ceux qui le peuvent, de se rendre immédiatement devant le commissariat du 4 ème Arr (27, bd Bourdon 75004 Paris) pour soutenir un des convoqués.

Nous ne savons pas encore qui sont les autres ni, de fait, où ils sont convoqués.

Ne les laissons pas seul.e.s."

L’audition libre c’est quoi ?

L’« audition libre » (art. 61-1 du CPP)

Un statut intermédiaire entre celui de témoin et celui de gardé à vue a été créé en 2014. Une personne « à l’égard de laquelle il existe des raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre une infraction » peut être entendue « librement », c’est-à-dire sans être placée en garde à vue . Cependant, cette audition n’est pas possible si la personne a été amenée « sous contrainte » devant l’officier de police judiciaire.

  • La convocation au commissariat

En principe, si les flics veulent entendre une personne qu’ils suspectent, ils doivent en préciser le motif. L’article 61-1 du CPP précise en effet que « si le déroulement de l’enquête le permet », la convocation doit indiquer « l’infraction » pour laquelle la personne est soupçonnée ainsi que « son droit d’être assistée par un avocat ainsi que les conditions d’accès à l’aide juridictionnelle, les modalités de désignation d’un avocat d’office et les lieux où elle peut obtenir des conseils juridiques avant cette audition ».

Dans les faits, une circulaire du 23 mai 2014 ajoute que si ces informations risquent d’inciter le suspect à prendre la fuite, à faire pression sur des témoins ou à détruire des preuves, il n’est pas obligatoire de les mentionner sur la convocation. Or l’enjeu, pour les flics, est de commencer à interroger une personne sans que celle-ci sache pourquoi, de manière à pouvoir la piéger plus facilement. Il y a donc toutes les chances pour que beaucoup de convocations se contentent de la formule habituelle, qui dit que la personne est convoquée « pour affaire (la) concernant ».

Dans ce cas encore, il n’y a pas de sanction pour n’avoir pas répondu à la convocation, mais les flics peuvent venir chercher la personne suspectée, et dans ce cas il ne pourra en principe pas s’agir d’une audition libre.

  • Le déroulement

Pour une audition libre, les flics doivent procéder à certaines formalités et en particulier doivent informer la personne :
- de « la qualification, de la date et du lieu présumés de l’infraction qu’elle est soupçonnée d’avoir commise ou tenté de commettre » ;
- de son droit de quitter les locaux de police à tout moment ;
- du droit d’être assistée par un interprète ;
- du droit de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se taire ;
- si l’infraction pour laquelle elle est entendue est puni d’une peine d’emprisonnement, du droit d’être assistée au cours de son audition ou de sa confrontation par un avocat choisi par elle ou, à sa demande, désigné d’office par le bâtonnier de l’ordre des avocats ; elle peut accepter de se passer d’avocat ;
- de la possibilité de bénéficier de conseils juridiques dans une « structure d’accès au droit ».

On voit qu’en principe la personne peut quitter le commissariat quand elle le veut puisque aucune mesure de contrainte ne pèse sur elle. Dans les faits, bien entendu, cette liberté n’est que théorique : si la personne a la velléité de partir, il suffit au flic de la placer formellement en garde à vue. L’audition libre n’est en fait qu’un moyen, pour les flics, d’alléger la paperasse que leur demande une garde à vue.
    [...]
Dans les faits, quel que soit le régime sous lequel on est entendu (témoin, audition libre ou garde à vue), il est souvent préférable de ne pas répondre aux questions qui sont posées.

Source : FACE A LA POLICE/ FACE A LA JUSTICE, 2ème édition du guide d’autodéfense juridique, par CADECOL, prochainement en libre accès sur internet ou sortie en livre prévue en janvier 2015 chez Syllepse.

Source :
https://paris-luttes.info/premieres-gardes-a-vue-pour-4259

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 19:32

Depuis BastaMag le 26 novembre 2015

Le 24 novembre, le préfet de Dordogne a ordonné la perquisition d’une ferme du Périgord vert. À la recherche de « personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste », les gendarmes ont fait chou blanc. Sur les 1 233 perquisitions administratives menées en France, les abus commencent à s’accumuler.

La ferme d’Elodie et Julien, à mi-chemin entre Périgueux et Angoulême, figure dans une plaquette de l’office de tourisme au chapitre « vente directe de fruits et légumes ». Il faut croire qu’on la trouve aussi dans les petits papiers du préfet de Dordogne. Mardi matin à 7 h 20, depuis sa chambre avec vue sur l’arrière de la maison, un ami hébergé par le couple entend des claquements de portières et aperçoit la lumière de lampes torches. C’est une perquisition administrative. « Quand on est descendus, les gendarmes étaient déjà dans la cuisine », raconte Elodie, 36 ans. Elle ne sait pas si l’ami « a ouvert ou s’ils sont entrés tout seuls », de toute façon « la porte était ouverte ». Devant elle et son compagnon Julien, 34 ans, s’alignent « une dizaine » de gendarmes de Nontron, Ribérac et Verteillac.

Comme les maraîchers bio demandent des explications, les forces de l’ordre invoquent l’état d’urgence et leur montrent un ordre de perquisition signé par le préfet Christophe Bay (voir ci-dessous). Selon ce papier, faisant référence aux attentats du 13 novembre et à « la gravité de la menace terroriste sur le territoire national », « il existe des raisons sérieuses de penser » que, chez eux, « peuvent se trouver des personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste ».

« Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ? », plaisante Elodie après coup. Installés depuis trois ans et demi en Dordogne, Julien et sa compagne ont une fille de deux ans, vendent des légumes de saison à Biocoop et le samedi au marché.

« Le G8, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ? »

Pendant deux heures quarante, les gendarmes fouillent chaque pièce en regardant « dans les placards, les coffres, la bibliothèque, les recoins, les boîtes », détaille Elodie. Ils semblent « très intéressés par les petits carnets, les coupures de presse. Les livres, moins. » Et demandent quelle surface fait la ferme, s’il y a des appentis.

L’un d’eux prend les choses particulièrement au sérieux. « Il nous dit : “le G8, les sommets européens, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ?”, et mentionne aussi la COP 21. Visiblement, la perquisition a un rapport avec nos activités militantes. »

Cette impression se confirme lorsque les gendarmes évoquent enfin «  un truc tangible », une action à laquelle Elodie et Julien ont participé il y a trois ans contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : le blocage du péage autoroutier de Mussidan.

« Je ne pense pas avoir fait une seule manif depuis », résume la maraîchère. «  La petite a deux ans. Je ne veux pas jouer la Sainte Nitouche, mais manifestation ou pas, qu’est-ce qui justifie ça ? »

Le gendarme zélé explique aux habitants de la ferme « qu’avec l’état d’urgence, tout rassemblement est interdit, et qu’organiser une manifestation est illégal ».

Elodie demande : « Si vous trouvez un papier disant que j’organise une manifestation, vous m’arrêtez ? » La réponse est oui. Mais ils ne trouvent rien de tel.

Les ordinateurs de la maison sont raccordés « à un appareil qui ressemblait à un disque dur externe, apparemment pour en copier le contenu », sans même avoir besoin de demander les mots de passe. « Il y a un ordi sous Ubuntu [un logiciel libre, ndlr] , et, là, ça n’a pas marché. » « Ils ont aussi branché les téléphones portables à une machine, en expliquant que le logiciel se déclenchait en fonction de mots-clés. » Un gendarme s’autorise une petite impertinence : « Je suis pas sûr que ça marche avec le péage de Mussidan. »

« Ils nous parlent d’extrême gauche et sous-entendent qu’on est islamistes ? »

Lorsqu’ils tombent sur des autocollants de la CNT, les gendarmes demandent de quoi il s’agit. « C’est mon syndicat », répond Elodie, affiliée à la Fédération des travailleurs de la terre et de l’environnement. Pas de questions supplémentaires sur ce point.

L’ami hébergé est fouillé sans insistance. Le matériel agricole ne semble pas non plus susciter leur curiosité.

La conversation prend un tour plus inquiétant quand les gendarmes voient écrit « Bruxelles » dans un carnet et sur la carte d’identité de Julien, qui a travaillé en Belgique où il a encore des amis. Ils veulent savoir si le couple y va souvent. Ce signe de fébrilité agace Elodie : « On parle de quoi là ? Ils nous parlent d’extrême gauche et d’un coup sous-entendent qu’on est islamistes ? On ne sait pas ce qu’ils cherchent. »

Pour seule réponse, les habitants récoltent un « voyez ça avec le préfet, nous on exécute les ordres ».

À 10 heures, après avoir fait signer un compte-rendu de perquisition reconnaissant qu’ils n’ont rien trouvé, les gendarmes repartent comme ils sont venus. Les maraîchers pensent quand même « qu’il faut que ça se sache ».

Comme beaucoup de militants, ils craignent les conséquences de l’état d’urgence. « C’est vrai que notre préfet a la réputation d’être un peu rigide. Mais là on s’aperçoit que dès que la loi le permet, des individus se sentent libres de faire ce qu’ils veulent sur leur territoire. Visiblement, la brèche est ouverte. »

1 233 perquisitions, 165 interpellations, 142 gardes à vue, 230 armes saisies

La préfecture, que nous avons contactée, refuse de commenter ce cas particulier. « Nous préparons un communiqué de presse pour la fin de la semaine sur le nombre de perquisitions administratives, mais rien d’autre », nous répond-on.

Lundi, un premier bilan départemental avait été rendu public : 26 perquisitions administratives en Dordogne depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, dans la nuit du 13 au 14 novembre. Une arme de collection, détenue illégalement, a été remise aux gendarmes et détruite. Impressionnant bilan pour la Dordogne.

Sur l’ensemble du territoire, on dénombrait mardi 1 233 perquisitions administratives, conduisant à 165 interpellations, dont 142 gardes à vue, et la saisie de 230 armes. Un certain nombre d’abus et de bizarreries sont déjà signalés : citons par exemple une fillette de 6 ans blessée à Nice, un TGV évacué pour un film d’action, un trompettiste retenu sans motif Gare du Nord, un restaurant investi par la police en plein service… Au point que les recensions de ces dérapages ont été systématisées par La Quadrature du Net et remplissent les pages des journaux.

Le ministre de l’Intérieur croit-il désormais ce qu’il lit dans la presse ? Ce mercredi, Bernard Cazeneuve a annoncé qu’il allait envoyer une circulaire à tous les préfets « pour que ces perquisitions se fassent, même si on est dans un état d’urgence, dans le respect du droit ». C’est sûr que si personne ne prévient les préfets que les droits doivent être respectés…

Camille Polloni

Source :
http://www.bastamag.net/Perquisition-administrative-chez-des-maraichers-bio-Ils-s-attendaient-a-quoi

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 18:36

Le 25 novembre 2015

Contrôles d’identité systématiques, fouille des véhicules, interdiction de tout rassemblement… dès cette semaine, un arrêté préfectoral institue une « zone de protection ou de sécurité » sur le plateau de Saclay. Essonne Info vous en révèle les aspects.

A partir de cette semaine et durant toute la durée de la conférence climat de Paris, la COP21, le territoire du plateau de Saclay va être complètement bouclé. C’est une disposition liée à l’état d’urgence qui est mise en oeuvre par arrêté préfectoral : les secteurs de Saclay et Saint-Aubin autour du CEA, Villiers-le-Bâcle, le Moulon et le quartier Polytechnique vont passer en « zone de protection ou de sécurité » (voir la carte ci-dessous).

« On a été prévenus par les services de l’Etat, il y aura un renforcement des dispositifs de contrôle, lié aux appels à rassemblement des Zadistes sur le plateau, cela concerne notamment les établissements sensibles » indique le maire de Gif et président de l’agglo Michel Bournat, qui n’a pas encore connaissance de l’ensemble du dispositif prévu, « on va rester terrés chez nous » ironise-t-il.

C’est que l’arrêté publié par le préfet de l’Essonne Bernard Schmeltz ce mardi 24 novembre 2015 est inédit : il institue jusqu’au 14 décembre deux zones qui vont littéralement sortir du droit commun.

S’y appliqueront le temps de la COP21 les règles d’une « zone de protection ou de sécurité » selon les termes de la loi sur l’état d’urgence de 1955.

En détail, l’arrêté fixe les modalités d’application de ces dispositions (voir plus bas), mais il faut d’ores-et-déjà retenir que durant les deux prochaines semaines, tout le secteur sera filtré, des contrôles systématiques seront effectués, et des barrages sur les principaux axes donneront lieu à des fouilles massives des véhicules.

Plus important, toute personne présente sur place devra être en mesure de justifier sa présence, au risque de se voir demander de faire demi-tour.


Annexe de l’arrêté du 24 novembre instituant des zones de protection ou de sécurité en Essonne (Pref. 91)

Les Zadistes dans le viseur

Dans le viseur des autorités, plusieurs appels qui circulent sur internet de militants du climat, à se retrouver avant la COP21 sur le Plateau. A commencer par les marcheurs venus en tracteurs et vélos depuis Notre-dame-des-Landes (à lire sur Reporterre), et qui souhaitent faire la jonction avec la problématique du cluster, considéré comme un « grand projet inutile ».

« Cela va donner à la police des pouvoirs élargis, notamment sur les contrôles d’identité et les fouilles, pour être dans cette zone, il faudra le justifier » résume un fonctionnaire du commissariat de Palaiseau.

Le maire de la ville, concerné par le quartier Polytechnique Grégoire de Lasteyrie dit comprendre « que l’Etat mette des dispositions extraordinaires », car juge-t-il, « il y a une volonté de faire interdire les manifestations, dans le contexte très particulier ».

Les mairies commencent à communiquer auprès de leurs administrés sur les conditions de circulation qui s’annoncent difficiles.

Des barrages filtrants seront ainsi en place autour des axes du Christ de Saclay à partir de vendredi et ce jusque lundi au moins, comme le signale parmi d’autres dispositions le blog MonSaclay.

Les nombreux usagers des sites concernés vont devoir se munir de patience.. et de leurs justificatifs, notamment les salariés pour se rendre sur leur lieu de travail.

La nouvelle ne réjouit en tout cas pas les partisans de la lutte pour le climat, qui pointent dans un communiqué la « dérive sécuritaire » autour de la COP21 : « À présent, dans l’état d’urgence, chaque bout de territoire peut devenir ZSP et justifier des contrôles à tout-va sur simple décision du ministère de l’intérieur (…) Voilà qui présente la COP21 et les 3 mois d’état d’urgence à venir sous de bons hospices… »

L’arrêté complet publié sur le site de la préfecture (captures écrans) : clikez sur l'image pour l'agrandir



Source :
http://essonneinfo.fr/91-essonne-info/85338/verrouillage-du-plateau-de-saclay-des-vendredi/

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 11:05

Transmis par Libérons Les le 19 novembre !

Journées Magonistes 2015
Plus aucun mort en prison !

¡No más muertes en prisión!

Ricardo Flores Magon est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Magón est une figure importante de l’anarchisme mexicain, il est considéré comme l’un des précurseurs intellectuels de la Révolution mexicaine. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution, «le magonisme».

Du 18 au 21 novembre au Mexique, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres auront lieu en solidarité avec les prisonniers Miguel Peralta Betanzos, Fernando Barcenas Castillo et Luis Fernando Sotelo.

Parmi les différentes thématiques et activités qui auront lieu pendant ces journées on peut noter :
* L’importance du journal de combat Regeneración dans la lutte pour la liberté des prisonniers
* La répression sur les terres de Magon : l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón
* Un rassemblement en raison des 93 ans de l’assassinat de Ricardo Flores Magon et pour la liberté des prisonniers.

Fanzines à télécharger sur : Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón / Fernando Bárcenas Castillo / Luis Fernando Sotelo : https://liberonsles.files.wordpress.com/2015/11/miguelfanzin1.pdfhttps://liberonsles.wordpress.com/

Miguel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 21 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico.

Luis Fernando Sotelo Zambrano, âgé de 20 ans, est adhérent à la sexta et étudiant. Il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa.

Traduitions : les trois passants, Amparo, Caracol Solidario et Patxi

Plus d'infos sur :
https://liberonsles.wordpress.com/

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 11:10

Depuis Paris Luttes Info le 17 novembre 2015

Itinéraire d’un ennemi intérieur fiché "S" et qui n’a pas grand-chose à voir avec Daesh...

Fin des années 2000, je suis un jeune militant très naïf et surtout très révolté par le monde qui m’entoure. Je m’initie au militantisme radical, traîne sur les forums et les sites d’inspiration anarchiste. Mes pratiques sont pas vraiment structurées et ma ligne politique pas beaucoup plus... Évidemment à cette période, je ne sais rien de la sécurité internet, TOR n’existe pas, je parle au téléphone comme je peux et j’ai une adresse hotmail. Du pain béni donc pour Squarcini et sa bande...

Il faut dire que nous sommes en pleine période de parano de la part de l’Etat. Alliot Marie et consorts sont persuadés que « l’ultra gauche » (pour reprendre le vocable de l’époque) est en phase de passer en clandestinité et de mener des actions. On ne saura jamais s’ils y croyaient vraiment à ce compte ou s’il s’agissait d’une simple manœuvre policière. Mais « Ôh surprise » aucune action clandestine d’extrême gauche n’a eu lieu depuis et aucun groupe n’a pris d’armes contre l’Etat.

Et donc moi j’arrive peu ou prou dans le mouvement libertaire/ révolutionnaire à ce moment-là. J’ai pas de bol. Alors je commence à me former en parlant avec des gens, en discutant, en participant à des luttes sociales. À l’époque, j’étais beaucoup sur des thématiques anticarcérales. Je me suis aperçu plus tard qu’il s’agissait pour les flics d’un marqueur. Les gens qui militaient sur la prison étaient directement suspects.

Fort de mon trop-plein de confiance et persuadé que je vais changer le monde à la seule force de mon poignet, je me lance donc dans l’activisme forcené. Dès que je peux être quelque part, j’y suis. Je participe à l’organisation d’une manif qui, ça devait arriver, se passe mal. Il y a des arrestations, des dégradations, on prend la violence d’Etat dans la gueule, je suis moi-même contrôlé ... L’événement fait le buzz médiatique. Le soir même mon téléphone résonne bizarrement et s’éteint tout seul.

Et là je me dis que j’aurai dû peut-être faire un peu plus attention aux traces que je laissais.

À ce moment-là, je suis un peu plus conscient d’être fiché. Et l’aspect « abstrait » de la surveillance s’efface peu à peu pour laisser place à quelque chose de bien plus concret. Dans ma bande de potes, durant les rondes des policiers, les flics les apostrophent par leur prénom alors qu’ils boivent une bière dehors, les écoutes sont vérifiées à plusieurs reprises, on commence progressivement à ne plus utiliser le net que pour des choses d’ordre public.

Lire la suite :
https://paris-luttes.info/comment-j-ai-appris-que-j-etais-4173

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 12:55

Le 15 novembre 2015

Comme les frères Kouachi ou Mohammed Merah, l’un des terroristes présumés faisait l’objet d’une fiche S. Explications sur ce dispositif de renseignement.

Les frères Kouachi, leur complice Amedy Coulibaly, bien avant ça Mohammed Merah, et bien d’autres : de Toulouse en 2012 à Paris cette année, en passant par l’attaque du Thalys et du projet d’attaque contre une église de Villejuif, les auteurs des attentats ont tous un point commun. Ils faisaient l’objet d’une « fiche S ». S pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

C’est encore le cas aujourd’hui : l’un des terroristes identifiés dans l’attaque menée au Bataclan vendredi soir avait aussi droit à sa fiche.

La procédure administrative se retrouve donc, une nouvelle fois, au centre des attentions. Explications.

1 C’est quoi ?

Une catégorie d’un fichier bien plus fourre-tout : le fichier des personnes recherchées (FPR)

La fiche S est une sous-catégorie d’un fichier bien plus large : celui sur les « personnes recherchées » – ou FPR.

Comme le détaillait Camille Polloni en 2013, on trouve un peu de tout dans le FPR : mineurs, fugueurs, interdits de stade, débiteurs du trésor... Et donc des personnes jugées susceptibles de « porter atteinte à la sûreté de l’Etat ». En tout, ce listing comporterait plus de 400 000 entrées, et a fait l’objet, en 2012, de 85 millions de consultations par les forces de l’ordre.
Lire ici :
http://rue89.nouvelobs.com/2013/08/18/fichier-personnes-recherchees-plus-fourre-tout-jamais-245008

Un décret de 2010 donne des précisions sur le contenu de ce fichier.

On y enregistre :

  • un état civil complet de la personne recherchée : noms, prénoms, date et lieu de naissance mais aussi filiation, sexe, nationalité, alias,
  • une photo et un signalement,
  • les motifs de la recherche,
  • la conduite à tenir en cas de découverte (voir ci-dessous).

Lire le décrêt :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022276189&dateTexte=&categorieLien=id

2 Un objectif : garder une trace

Suivre discrètement les suspects

La fiche S a un objectif : garder à l’œil les personnes que les renseignements jugent dignes d’intérêt.

C’est d’ailleurs à ce titre qu’elle est une branche du FPR, que les forces de l’ordre consultent en permanence. Comme nous l’écrivions en 2013 :

« Lors d’un contrôle routier ou d’un contrôle d’identité de routine, si le gendarme s’éloigne avec vos papiers et reste quelques minutes dans son véhicule, c’est souvent le temps de passer un appel pour consulter le Fichier des personnes recherchées (FPR). »

Depuis la création de l’espace Schengen, ce fichage ne se limite plus aux frontières françaises : il est européen. Et est mis à disposition aux différents membres de Schengen, au sein d’une base commune, rappelait Le Monde il y a quelques mois.

Suivant cette même logique, le FPR est consulté aux aéroports. Et devrait prochainement l’être encore plus. Comme nous l’expliquions dans un article récent :

« Jusque-là cantonnée au suivi d’une trentaine de destinations à risques (via le fichier Setrader), la surveillance des déplacements aériens s’appuiera désormais sur un traitement automatique des données et la possibilité de faire émerger des profils “à risque”. Des responsables de la douane estiment qu’on passe “d’un vélo à une fusée”. »

Après l’attaque du musée juif, en Belgique, par le Français Mehdi Nemmouche, également fiché S, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait affirmé :

« Si nous avions disposé de cet outil, alors nous aurions pu neutraliser cet individu, comme d’autres qui pourraient commettre des crimes significatifs. »

3 On y trouve qui ?

Pas que des personnes susceptibles d’être liées à une entreprise terroriste

Contrairement à ce que l’actualité pourrait suggérer, les fiches S ne visent pas uniquement des potentiels terroristes, ou des individus proches de mouvements djihadistes.

Le décret de 2010 précise qu’il s’agit de « personnes faisant l’objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l’Etat, dès lors que des informations ou des indices réels ont été recueillis à leur égard ».

En d’autres termes, il s’agit de tout individu sur lequel se porte l’attention des services de renseignement : elles émanent le plus souvent de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure).

Autant dire que la fiche brasse large. Comme le rappelait Le Figaro en juin :

« Y figurent aussi des militants, des activistes politiques ou encore des hooligans. »

Difficile de savoir avec certitude le nombre de fiches S en circulation. Sans compter qu’elles sont temporaires.

Le plus souvent, les estimations oscillent autour de 5 000 personnes.

Mais en août, Jean-Jacques Urvoas (député socialiste porteur de la loi renseignement il y a quelques mois), évoquait le chiffre de 10 000.

Samedi soir sur TF1, Manuel Valls avançait le même chiffre.

A en croire L’Express en 2013, la moitié de ces fiches porteraient sur des islamistes radicaux.

4 Garder à l’œil, sans intervenir

La fiche S a donc un rôle de mouchard : suivre discrètement un suspect, jugé capable de passer à l’acte, sans pour autant l’avoir fait.

A ce double titre, elle n’autorise en rien une arrestation, comme le rappelle le ministère de l’Intérieur sur une page dédiée à la description du dispositif.

Elle fait purement partie du monde du renseignement (qui est dans la prévention d’acte) et non du judiciaire (qui se met en branle après commission des crimes et délit).

Néanmoins, chaque fiche indique aux forces de l’ordre la marche à suivre, si la personne qui en fait l’objet venait à passer devant les douanes, ou à un simple contrôle de routine.

C’est pour cette raison que ces fiches vont de « S1 » à « S16 ». Le ministre de l’Intérieur s’oppose à l’idée que ces échelles correspondent chacune à un niveau de dangerosité, et indique qu’elles pointent plutôt vers une marche à suivre et un profil spécifiques.

Le Monde, toujours, précisait par exemple :

« Ainsi, S14 correspond depuis peu aux combattants djihadistes revenant d’Irak ou de Syrie. »

5 Un fichage temporaire

Dans la mesure où elle ne se fonde que sur des suspicions, la fiche S a donc un caractère temporaire. Et est donc régulièrement actualisée, comme l’écrit Le Monde :

« Si une personne fichée ne commet aucune infraction et se fait oublier, sa fiche sera effacée au bout d’un an. »

Une révision d’autant plus salutaire que le système de fichage, non seulement intrusif, peut avoir des défaillances.

Dans sa quête pour déterminer si elle oui ou non est fichée, Camille Polloni a ainsi rappelé que bon nombre de fichiers de police comportent des erreurs. Sur le cas particulier du renseignement, elle souligne :

« L’histoire de la Ve République montre [que ces fiches] ont toujours regorgé de ragots, confondu bruits de couloir et faits consolidés, vie privée et sûreté de l’Etat. De l’ “Enquête de police sur Le Canard enchaîné” (éd. Jean-Picollec, 1980) à l’affaire Rebelle (2007), les exemples d’imprécisions et de raccourcis ne manquent pas. »

Confidentielles, ces fiches sont rarement portées à la connaissance de ceux qui en font l’objet. Néanmoins, elles font parfois l’objet de contestation : ainsi, Bekir Gunes a réclamé 1,4 million d’euros à l’Etat pour avoir été fiché par les renseignements généraux – à tort – comme activiste du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan), considéré par l’Union européenne comme une organisation terroriste.

6 Suspects mais pas coupables

Suivies de près, mais auteurs d’aucun crime ; suspects mais pas coupables : voilà pourquoi les personnes fichées S ne sont pas arrêtées. Ou flanquées d’un bracelet électronique, comme l’a réclamé Christian Estrosi il y a quelques mois – sans compter que l’affaire n’aurait rien de discret et serait donc contre-productive.

Ou internées, comme l’a réclamé, très rapidement après les attentats de vendredi soir, Laurent Wauquiez (LR).

"Je demande le placement dans des centres d'internement des 4.000 personnes fichées pour terrorisme"
Laurent wauquiez (@laurentwauquiez) 14 Novembre 2015

Interrogé sur cette éventualité sur le plateau de TF1 samedi soir, le Premier ministre Manuel Valls a répondu :
« Je suis prêt à examiner toutes les solutions
qui sont réalistes, conformes au droit, à nos valeurs et surtout qui soient efficaces. »

Sur ce point, beaucoup, comme Frédéric Ploquin, journaliste police/justice à Marianne, invité de France Info ce dimanche matin, rappellent que la France est un Etat de droit. Et que créer un centre d’internement pour les fiches S revenait à créer un Guantanamo à la française, en dehors du système judiciaire français.

Selon le juge antiterroriste Marc Trévidic interrogé par La Voix du Nord, c’est précisément ce que recherche l’organisation de l’Etat islamique : terroriser les Etats de manière à ce qu’ils incarcèrent des personnes qui ne sont coupables d’aucun acte, en se fondant sur des critères qui ne relèvent plus du droit.

« Le but de l’Etat islamique est également de pousser la France à s’en prendre à sa communauté musulmane de façon à ce que celle-ci réagisse. Cette stratégie est claire. N’arrêtons pas n’importe qui ! Ne faisons pas de Guantanamo à la française ! »

Source :
http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/15/les-fiches-s-suspects-coupables-262106

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