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Le 5 octobre 2016

Par Norman Ajari et Mireille Fanon-Mendès France, 5 octobre 2016

Le 27 septembre 2016, le site de la Fondation Jean-Jaurès faisait paraître dans sa rubrique « Penser pour agir » un texte intitulé « Un racisme à l’envers ? », signé du préfet Gilles Clavreul, l’homme à la tête de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA).

Cet article démontre une fois de plus que les personnes qui cherchent à se rendre légitimes dans des fonctions pour lesquelles elles ont été nommées sans réelles connaissances du dossier ni compétences particulières analysent les faits sociaux avec une grille de lecture qui ne fait sens que pour elles-mêmes et pour ceux qu’elles cherchent à séduire.

Elles agissent plus par intérêt de classe et de race que par volonté de répondre aux problèmes politiques, moraux, économiques et sociaux auxquels la société fait face. L’ancien préfet de police s’attaque dans son billet à la non-mixité du « camp d’été décolonial » et, plus largement, à l’antiracisme politique et à la pensée décoloniale.

Autant de phénomènes qu’il assimile à un « néo-racisme », dont les militantes et militants sont politiquement racistes et idéologiquement du côté de l’extrême droite ; mais évidemment, ils l’ignorent, n’étant pas « éclairés » par la modernité eurocentrique à laquelle se réfère Clavreul.

S’ils l’étaient, ils comprendraient qu’ils se fourvoient. Dans la France telle que la rêve le préfet, chacun a sa place : il suffit de la trouver et de la prendre – avec parcimonie – ainsi que les politiques les y engagent. Par assimilation, par le « mérite », par identification. Il suffit de suivre, sans poser de questions, ce que dictent les vrais républicains.

Pourquoi s’opposer à cette République qui se targue d’accueillir tous ceux qui acceptent de se taire, de se fondre dans la masse, de raser les murs, de baisser la tête et d’assumer le discours dominant du « vivre ensemble » rythmé par la devise Liberté Égalité Fraternité ?

Émergeront de ce long cortège, structurellement organisé pour l’invisibilité, quelques têtes opinantes, qui viendront confirmer la règle de la success story donnée en exemple à toutes celles et ceux qui, se cognant au plafond de verre, exprimeront leur insatisfaction du fonctionnement de la République.

Lire la suite/Notes :
http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/article2358.html

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Tag(s) : #Analyses-Docs- Vidéos
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