
Le 26 juin 2019
Le jeune homme est mort en décembre 2015, lors d’une intervention de police, à Rennes. Le policier qui a tiré vient d’être placé sous le statut de témoin assisté.
Babacar Gueye, âgé de 27 ans, est décédé dans un immeuble de la rue Guy-Ropartz, le 3 décembre 2015. Cette nuit-là, un policier de la brigade anti-criminalité avait fait feu sur le jeune homme qui tenait un couteau de cuisine à la main.
L’enquête, ouverte à la suite du décès, avait conclu à la légitime défense pour le fonctionnaire qui avait tiré. Mais la famille de Babacar qui ne croit pas à cette version, a déposé une plainte avec constitution de partie civile, entraînant l’ouverture d’une information judiciaire début 2017.
Légitime défense ?
Mardi 26 juin, le policier, auteur des coups de feu, a été placé sous le statut de témoin assisté et « n’a donc pas été mis en examen », informe le procureur de Rennes. Une décision qui satisfait son avocat Me Frédéric Birrien : « Mon client a toujours soutenu avoir agi dans le cadre de la légitime défense. »
Me Gwendoline Tenier, avocate de la sœur de Babacar Gueye, estime au contraire qu’il existe « des indices graves et concordants pour conduire à une mise en examen » du fonctionnaire. « Il ne serait pas policier, le traitement serait différent ».
Des scellés détruits « par erreur »
Un autre élément pose question, selon l’avocate, c’est la destruction de quatre scellés dans cette affaire, dont l’arme du policier. « Les erreurs se multiplient dans les dossiers où les policiers sont impliqués », déplore-t-elle.
Le procureur explique que lors d’une opération de tri des scellés au tribunal en 2018, « les scellés, considérés par erreur comme étant relatifs à une affaire classée sans suite, ont été détruits. Cette erreur, pour très regrettable qu’elle soit, ne devrait pas avoir de conséquences significatives sur la manifestation de la vérité, affirme le magistrat.
En effet, il n’est contesté par personne que le décès de Babacar Gueye fait suite à l’utilisation à plusieurs reprises de cette arme. Ce qui est en discussion concerne non pas l’arme en tant que telle, mais les circonstances qui ont conduit, en état de légitime défense ou pas, aux tirs mortels du policier. »
Un nouveau rapport d’expertises
Un nouveau rapport médico-légal et balistique, demandé par la partie civile, a aussi été remis au juge d’instruction et « vient contredire un certain nombre d’éléments du dossier », selon Me Tenier,notamment le fait qu’aucune balle n’a été tirée de face, mais de côté, sur le corps de Babacar.
« Un homme a perdu la vie ce soir du 3 décembre, conclut l’avocate. La famille n’arrive pas à faire le deuil, la procédure n’avance pas. La sœur de Babacar est restée en France pour son frère et pour connaître la vérité. »
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