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Le 27 janvier 2020

Sous les verrous pour avoir révélé la vérité. D’un refuge à une geôle, le cauchemar semble sans fin pour le rédacteur en chef de WikiLeaks : 18 chefs d’inculpation et une peine pouvant aller jusqu’à 175 années de prison, c’est le traitement que la justice de Washington réserve à celui qui a osé publier des documents classifiés sur la présence américaine en Irak…

Partout, des voix s’élèvent pour dénoncer cet acharnement. L’une d’entre elles résonne particulièrement : celle du père de Julian, qui parcourt l’Europe pour sauver son fils. Nous l’avons rencontré.  

Lors de sa dernière visite, qui a duré une heure et demie, Julian lui a souri une fois.

Si John Shipton le souligne, c’est que son fils ne sourit plus : « Comme vous pouvez le voir sur les photos prises lors de son arrestation, en avril, ce n’est plus celui que nous connaissions tous, si gentil, amusant et intelligent. »

Julian Assange y apparaît en effet le visage enflé, un symptôme fréquent, selon son père, chez les personnes soumises à un stress permanent.

« Cela peut entraîner des œdèmes… Lorsqu’il était à l’ambassade d’Equateur, il a eu un abcès dentaire, une infection du nerf qu’on ne lui a pas laissé soigner. Il souffrait aussi de problèmes musculo-squelettiques et ne pouvait plus lever le bras… Depuis qu’il est incarcéré, il a perdu 15 kilos. »

Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, appelle à la libération de Julian Assange

Julian Assange est détenu depuis le 11 avril près de Londres, à Belmarsh, la prison que les Britanniques appellent « our Guantanamo » (« notre Guantanamo »).

D’abord placé dans le quartier de haute sécurité parmi les criminels les plus dangereux du pays, il a dû être transféré dès le 18 mai au service médical, où son état n’a cessé de se dégrader.

Lors de l’audience du 21 octobre, où était examinée sa demande d’extradition vers les Etats-Unis (décision reportée au mois de février 2020), le public a vu arriver à la barre un homme frêle, maladif, qui avait du mal « à décliner son identité et sa date de naissance ».

Nils Melzer, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, lui a rendu visite en compagnie de deux médecins : « A moins que le Royaume-Uni ne change de cap de toute urgence et n’améliore sa situation inhumaine, l’exposition continue de M. Assange à l’arbitraire et aux abus pourrait bientôt lui coûter la vie », écrit-il.

Il appelle à sa libération.

Dans son sillage, soixante médecins ont publié une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur, dans laquelle ils demandent que Julian Assange soit transféré à l’hôpital. Selon eux, à la vue des « preuves disponibles », il y a de « réelles craintes qu’il meure en prison ».

La prison à haute sécurité de Belmarsh, dans l’est de Londres. Assange y est soumis à l’isolement.

Soumis à l'isolement 23 heures sur 24

Dans une interview qu’il nous avait accordée en 2010, Julian Assange évoquait son goût immodéré pour les longues promenades à pied ou à cheval, la pêche, la chasse. « J’ai grandi comme Tom Sawyer, dans des fermes. J’aime vivre dehors », racontait-il.

Aujourd’hui, il est soumis à l’isolement 23 heures sur 24.

Comme il l’a confié à son ami Srecko Horvat, il a trouvé dans cette cellule étriquée un moyen d’« évasion » : il marche de long en large en imaginant qu’il traverse l’Europe à pied, et parcourt ainsi de 10 à 15 kilomètres par jour.

Pendant les quarante-cinq minutes passées dans la cour de promenade, les autres prisonniers sont tenus à l’écart.

Il ne les croise qu’à la messe, deux fois par semaine.

Julian n’est pas croyant mais, explique son père, s’y rend « juste pour sociabiliser ».

Son livre de chevet est « Le pavillon des cancéreux », de Soljenitsyne, mais il n’est pas autorisé à se rendre à la bibliothèque et n’a droit à un ordinateur que depuis peu.

Selon un rapport de l’Onu sorti en novembre, l’isolement prolongé cause des dommages irréparables et peut être considéré comme de la torture.

Depuis 2015, les Nations unies interdisent qu’il se prolonge au-delà de quinze jours.

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https://www.parismatch.com/Actu/International/Julian-Assange-qui-va-lancer-l-alerte-pour-le-lanceur-d-alerte-1670311

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Tag(s) : #Divers faits internationaux, #Politique sécuritaire, #Répression des militant-e-s, #Surveillance, #Fichage
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