
Nous avons reçu le 9 février un appel de E. qui nous a indiqué avoir assisté à une arrestation violente d'une personne sans abri.
Nous lui avons demandé de nous rédiger un témoignage.
Le voici.
"Interpellation musclée – Angle rue Henry Dunant et rue Général du Cheyron- 33100 Bx Bastide
Ce jour vers 11h30, j'étais en conversation avec mon ex-femme lorsque les sirènes de police retentissent. Je me précipite sur le balcon et je vois arriver une personne noire d'environ une vingtaine d'années (environ 1,80m) courir en direction de la placette située angle rue Henry Dunant et Général du Cheyron.
Ralenti dans sa course par un "citoyen passant", il est finalement arrêté par un plaquage au niveau des jambes par un policier.
S'ensuit une immobilisation musclée avec l'intervention de deux autres policiers, finissant par un coup porté au niveau des cervicales ou du haut du dos par le tibia d'un des policiers.
(Par réflexe, je fais très attention à tout coup porté au niveau de la tête, et lors de ce coup, la tête est effectivement totalement dégagée.)
A ce moment je m'écrie : "pas la peine de le frapper les gars" mais la personne est immobilisée face contre terre et la violence s'arrête, ce qui a le don de me rassurer.
Les trois policiers s'affairent pour rapidement mettre les menottes dans le dos, sans résistance de l'interpellé. Ils lui remettent sa chaussure, toujours sans aucune réaction de la part de l'interpellé.
Deux policiers relèvent la personne, sans aucune réaction de sa part avec la tête ballotante.
Ils le trainent sur deux mètres, le laissent retomber sur les genoux, fesses contre talons, son buste bascule vers l'avant et la tête se pose au niveau des genoux.
À ce moment, deux des flics s'accroupissent et regardent la personne, le troisième fait un tour autour en disant un fortement "Merde".
Un des flics à côté de l'interpellé dit ": il t'a fait mal" et celui qui tourne autour répond quelque chose en se massant le poignet.
Dix seconde passent et les deux flics relèvent l'interpellé sans aucune réaction de celui-ci et littéralement le traine la tête ballante jusqu'à la fourgonnette style Kangoo.
A deux, ils l'assoient à l'intérieur, referment la porte, montent à bord du véhicule et s'en vont.
Ma compagne complète en me disant que devant la personne noire courait une personne blanche ou maghrébine avec peut-être une barbe.
Effectivement, lors de l'immobilisation, une fourgonnette type Traffic s'est arrêtée et un des policiers qui était occupé à l'interpellation à fait signe à la fourgonnette de continuer, elle a donc continué sa route, sirènes hurlantes, rue Général du Cheyron."
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Victime ou témoin, vous pouvez aussi nous adressez vos textes, parce qu'il faut que ça se sache : collectif.clap33@gmail.com
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