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Transmis par Agnès

La visite de Sarkozy a eu lieu le 13 septembre 2011

URGENT DERNIERE MINUTE : LE POUVOIR MET EN PLACE UN DECOR SANS TACHES

Nous venons d’apprendre avec consternation, que la direction de la PJJ (via la chaîne hiérarchique) met à contribution les personnels de la PJJ pour être présents à l’allocution du Président de la République lors de l’inauguration du Centre Educatif Fermé (CEF) qui se fera en même temps que celle du centre pénitentiaire de Réau dans le gymnase de ce dernier !

Le mode de « sélection » des personnels a été fait soit par désignation ou par tirage au sort.

Les agents ont été avertis aujourd’hui de cette « invitation », parfois en fin d’après midi.

Des moyens de transport conséquents ont été mis à disposition pour amener les « invités ».

Certains collègues qui ont refusé cette « invitation » obligatoire ont été menacés de sanction pour « désobéissance ».

Ces méthodes scandaleuses nuisent gravement à l’indépendance et à l’impartialité du service public. Aujourd’hui nous constatons que la menace et l’intimidation remplacent le dialogue entre la direction et les agents de la PJJ. Cette manière d’opérer n’est pas digne venant de la part de personnes qui aspirent à exercer des responsabilités publiques. Le pouvoir actuel ne cherche qu’à  entretenir une illusion de gouvernance en mettant en place un décor bien ordonné. Nous ne pouvons qu’espérer pour le futur une autre gouvernance avec des méthodes et des principes démocratiques.

Visite du Président de la République !
Un petit tour et puis s’en va !

Non à un Centre Éducatif Fermé à Combs-La-Ville !
Des moyens pour l’éducation !

Nous demandons un plan d’urgence de la protection de l’enfance

Et de la justice des Mineurs en Seine et Marne et en Ile de France

La transformation du Centre Éducatif Fermé de Combs-la-Ville

En Établissement de Placement Éducatif Public !

C’est au dernier moment que nous avons appris la visite/inauguration du Président de la République et du Garde des Sceaux (de 9H à 11H). A cette occasion il doit s’adresser aux personnels présents. Nous tenons à rappeler que l’ouverture de ce CEF, financé par l’état et confié à l’association (ADSEA), se déroule dans un contexte dramatique pour la justice des mineurs et la protection de l’enfance.  Jamais dans ce département la question des moyens pour l’éducation n’a été aussi criante. Le département de la Seine et Marne est, en Ile de France, celui dont la population des moins de vingt ans est la plus nombreuse. Or les seules réponses qu’apportent les pouvoirs publics sont :

- La fermeture de dizaines de classes et de postes d’enseignants chaque année ;

- Le retrait des services de l’état dans la prise en charge de l’assistance éducative au civil (Protection de l’enfance) ;

- La baisse des subventions vouées aux services associatifs habilités par le ministère de la justice et des libertés (Loi 1901) afin d’accueillir des adolescents « mineurs délinquants » (Ordonnance 2 février 1945) ;

- Les budgets attribués aux structures éducatives sont réaffectés aux structures dites « d’enfermement » (CEF et EPM-Établissement Pénitentiaire pour Mineurs)

- L’alignement de la justice des mineurs sur celle des majeurs (loi Mercier) : les procédures immédiates et accélérées réduisent les possibilités de prendre en compte les besoins et la personnalité de chacun des adolescents justiciables ;

- La transformation annoncée de 20 Établissements de Placement Éducatif en CEF  au niveau National.

Depuis 2001, la PJJ de la Seine et Marne a connu la fermeture de trois services (Un Établissement de Placement Éducatif, une Unité d’Hébergement Individualisé et une Unité Éducative d’Activité de Jour). Depuis plus de 10 ans, les personnels de la PJJ de Seine et Marne attendent toujours la construction d’un deuxième foyer éducatif !

Le CEF répond à un seul objectif : la mise à l’écart de la société et le traitement « spécial » d’adolescents récalcitrants, en mal de repères. Les moyens déployés pour le CEF de Combs-La-Ville (plus de 3 000 000 euros et un effectif théorique de 29 personnels pour accueillir 12 adolescents de 15 à 17 ans) sont la traduction dans la réalité de l’approche sécuritaire mise en avant par le gouvernement pour répondre aux jeunes délinquants qui sont aussi souvent les jeunes les plus en difficulté. Une réponse qui serait suffisante en soi pour ramener un jeune sur « le droit chemin » et qui fait l’impasse sur l’origine du malaise à la fois social et personnel en balayant du même coup toutes les initiatives qui tentaient de prévenir plutôt que de guérir.


Nous ne pouvons que reprendre à notre compte le cri de Victor HUGO :
« Ouvrez des écoles et vous fermerez des prisons ! ».

Un article du parisien transcrit les propos tenus par les responsables du CEF lors des portes ouvertes à Combs-La-Ville, ils exposent ainsi les objectifs éducatifs, les méthodes et outils de travail : « affronter » les situations de crise en contenant les jeunes « sans laisser de trace », « ritualiser » au maximum le quotidien : pendules accrochées partout dans l’établissement, les mêmes faits et gestes du matin au soir pour tous les jeunes, (5 cigarettes distribuées par jour), et des « règles universelles » pour tous les membres du groupe hébergés. C’est un fonctionnement qui relèverait presque du bataillon disciplinaire ! Ajouté au cabinet exigu octroyé aux deux psychologues ce type d’établissement représente davantage une régression (historique) qu’une innovation éducative.

Et l’adolescent Sujet ? Que reste t-il  de ce qui fait la spécificité de la personnalité de l’adolescent et de ses qualités qui souvent pourraient devenir une vraie richesse pour lui et la société s’il nous était encore accordé du temps pour travailler dans ce sens ?

Quel est l’objectif d’un CEF : éduquer ou dresser ? Il serait peut être utile de se remémorer le sage conseil de Fernand DELIGNY  à  propos des adolescents : « Traitez les comme des délinquants, ils se comporteront comme des délinquants ! ».

L’ouverture du CEF constitue la continuité d’une politique dramatique et apparaît comme une provocation de trop dans un département démuni en moyens.

Nous lançons un appel à la mobilisation à tous ceux qui sont attachés à défendre le maintien d’un véritable service public d’éducation afin de lutter contre cette politique « sécuritaire ».

Qui exclut et stigmatise  les jeunes les plus en difficulté. Nous poursuivrons notre action en faveur de réponses éducatives respectueuses des adolescents d’aujourd’hui et de demain.

« NON A UN FOYER PRISON ET OUI A UN FOYER ÉDUCATIF ! »

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Tag(s) : #Politique sécuritaire
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