Transmis par Résistons Ensemble
Plus qu’un dérapage, c’est une bavure caractérisée qui vaut à un policier du commissariat de Juvisy d’être suspendu de ses fonctions. Entendu en garde à vue mercredi dernier, le brigadier a reconnu avoir passé à tabac un jeune de Viry-Châtillon, qui a porté plainte.
Samedi 18 septembre, Anis Feninekh, un jeune homme de 28 ans circule au volant de sa voiture sur la N 7 à Viry-Châtillon quand une patrouille de police croise son chemin.
Après l’avoir fait sortir de son véhicule, l’agent de police contrôle les papiers d’Anis, en règle, puis procède à une palpation. « Avec un sourire, il m’a dit : Tu kiffes ça, en plus, mais je n’ai pas cédé à la provocation », explique Anis Feninekh. Le brigadier, âgé d’une trentaine d’années, entame alors une fouille du véhicule. Dans une pochette d’un siège, il trouve une invitation de mariage qu’il laisse tomber négligemment. Anis Feninekh la ramasse sans broncher. Le brigadier fouille alors la boîte à gants et y trouve un petit recueil de versets coraniques, qu’il jette également. « Là, je lui ai dit qu’il allait trop loin, et je suis allé ramasser mon Coran. C’est à ce moment-là qu’il m’est tombé dessus. »
Le policier envoie un coup de poing au visage d’Anis, qui tombe à la renverse. Puis il se rue sur lui, un genou sur la poitrine, l’autre sur le bras, et continue de lui assener des coups au visage, tandis qu’un collègue commence à le menotter. « Il y a juste une policière qui lui criait d’arrêter. » Sa veste blanche déchirée, maculée de sang, Anis est emmené en garde à vue pour outrage et rébellion. Sur place, on lui remet aussi une amende pour tapage. Relâché le dimanche soir, le jeune homme sera examiné par un médecin le lendemain, qui diagnostiquera une microfracture au nez, des cervicalgies et une contusion au poignet droit et prescrira huit jours d’incapacité temporaire totale.
Du côté de la police, on souligne que « l’enquête est allée très vite » et que « même si monsieur Feninekh est défavorablement connu de nos services, il a eu la même attention qu’un autre dans cette histoire ». Le jeune homme est en effet sous contrôle judiciaire pour une affaire de vol. « J’ai fait des bêtises, j’ai payé ma dette, souffle-t-il. Ça ne donne le droit à personne de me harceler et de me frapper. »
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