La police de quartier, démantelée par Nicolas Sarkozy en 2002, a de nouveau la cote. D’ici à la fin de l’année, trois brigades spécialisées de terrain (BST), la police de proximité version Hortefeux, seront créées en Seine-Saint-Denis. Elles couvriront les territoires de Aubervilliers-Pantin, Saint-Ouen et Aulnay-Sevran et compteront chacune 18 policiers.
Les unités territoriales de quartier (Uteq) lancées par Michèle Alliot-Marie en 2008, déjà en place — La Courneuve, Clichy-Montefermeil et Saint-Denis — seront maintenues et verront leurs effectifs grimper eux aussi à 18.
En août, deux mois après avoir promis le 24 juin à Bobigny le doublement des effectifs des Uteq, Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, avait annoncé à l’issue d’un audit sur les Uteq leur remplacement par des brigades spécialisées de terrain. Comme les Uteq, les BST ont, selon les termes du ministre, un seul mot d’ordre : « le terrain, le terrain et le terrain ». « Ce sont des policiers de terrain expérimentés qui patrouilleront dans les quartiers, confirme Christian Lambert, le préfet de Seine-Saint-Denis. Notre objectif, c’est la reconquête du terrain. » Seule différence, les BST ne seront pas rattachées à un quartier mais à un territoire : « Les délinquants ne restent pas dans leur quartier. Il est donc pertinent d’élargir le champ d’action de ces policiers », poursuit Christian Lambert.
Dans le département, les brigades auront « prioritairement, mais pas seulement » pour objectif de lutter contre le trafic de stupéfiants, considéré comme le fléau numéro un. « Le nord-est parisien est devenu une plaque tournante du trafic de drogue, constate Jacqueline Rouillon, la maire (ex-PC) de Saint-Ouen, qui réclamait une Uteq depuis un an. En dépit du travail très conséquent mené par la police et des nombreuses interpellations et saisies, le trafic continue de miner la vie de plusieurs quartiers de Saint-Ouen. Je me félicite de l’arrivée de cette nouvelle brigade. » « Nous avons de gros problèmes de sécurité sur le quartier des Quatre-Chemins, avec énormément de trafic de stups, de vols à la portière aux feux rouges et d’agressions. L’arrivée de ces policiers est donc une excellente nouvelle », estime de même Jacques Salvator, le maire PS d’Aubervilliers, qui avait demandé une Uteq dès 2008.
Reste à savoir quels fonctionnaires seront affectés à ces BST. « Compte tenu de la baisse générale des effectifs, ces brigades seront constituées à partir des effectifs existants. Si les BST sont pris sur les effectifs des commissariats locaux, cela ne servira à rien », prévient Loïc Lecouplier, du syndicat Alliance, qui milite pour « une meilleure répartition des effectifs de la police du Grand Paris » et « la fin des charges indues dévolues aux policiers » (gardes dans les préfectures ou au dépôt du tribunal de Bobigny par exemple). « Les policiers des BST seront recrutés parmi les effectifs de la police du Grand Paris, indique Christian Lambert. Au 1er janvier, les 32 policiers affectés à la préfecture seront remis à disposition et remplacés par des vigiles d’une société privée et nous allons nous attaquer, dans les mois à venir, aux autres tâches indues de la police. »
Source : Le Parisien
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