
Transmis depuis Infozone, le 6 avril 2012-04-06
Jeudi 29 mars et le reste de la semaine a été vécue une choquante et rapide escalade d’harcèlement policier, d'arrestations et de brutalité à l'encontre des genTEs, avec ou sans papiers à Calais - loin de la "normale" et qui semble être un assaut prémédité contre la communauté des migrantEs et de leurs soutiens sur place.
Cela coïncide avec la visite de l'ambassadeur UK à Calais qui rencontrait les "officieulles"² (les "avec") le vendredi 30 pour discuter de la sécurité du port en vue des jeux olympiques de Londres. Il semble qu'il ne soit pas étranger à l'offensive en cours contre les migrantEs. La calaisie est incluse dans le processus des jeux olympiques en tant que terrain d'entrainement des équipes sportives internationales (enfin les équipes d'"avec") et les gouvernements FR et UK ont promis de joindre leurs efforts pour durcir le régime des frontières cet été.
Jeudi matin de bonne heure un squat hébergeant principalement des ÉrytréenNEs a été attaqué par la police et deux personnes ont été arrétées lors d'un contrôle de papiers.
Cependant, la vigueur policière s'est plutôt déchainée dans la soirée. De nombreux contrôles de papiers ont eu lieu, décrits comme une rafle policière, alors que les genTEs se rendaient ou revenaient de la zone de distribution des repas. D'autres groupes ont été bloqués par les CRS près du beffroi. Quatre personnes sans papiers furent embarquées.
Au même moment, deux personnes No Border° ont été attaquées par des CRS alors qu'elles marchaient dans une rue tranquille, poussées contre le mur par derrière et contrôlées (encore les papiers). La police a arrêté l'une d'entre elles violemment, la plaquant au sol dans le camion de CRS, tandis que l'autre était également poussée à terre avant d'être embarquée dans un autre véhicule. L'activiste arrétéE n'a pas su pourquoi ol² avait été arrétéE et a été relachéE 24h plus tard avec une accusation d'outrage.
Cette violente vague de répression a continué dans la soirée quand de nombreux bus de CRS sont descendus dans l'un des parcs de la ville vers 20h et ont commencé le contrôle des papiers (encore).
Cinq personnes ont été arrêtées. Un groupe d'activistes présent a contesté les pratiques policières. Les activistes et un homme sans papier ont été priSEs en chasse par la police dans le parc avant d'être plaquéEs au sol et battues à coup de poing et de matraques.
La bastonnade a continué dans le bus pour le commissariat alors qu'ols étaient menottéEs. Là-bas l'unE d'entres ols a été savattéE (coups de pieds) à de multiples reprises alors qu'ol était à terre. Ols ont été relachéEs 48h plus tard, accuséEs de violence sur la police. De nombreuses blessures sont suivies médicalement.
L'une des personnes arrêtées a déclaré: "A Calais la police fait ce qu'elle veut. Être battuE par la police au commissariat, même durant les interrogatoires est courant et continu."
Un autre squat hébergeant 10/12 Iranniens a été expulsé vers 23h, mais aucune arrestation n'a eu lieu, ils étaient déjà partis. Après l'expulsion du principal squat (african house), la plupart des genTEs avec ou sans papiers se sont répartiEs dans de plus petits squats, afin d'éviter de dormir dans les rues dangereuses de Calais.
Le soir précédent, mercredi, des contrôles de papiers avaient eu lieu dans l'un des plus grands squats de la ville (palestine house), d'où un groupe d'hommes a été embarqué.
Un autre petit bâtiment accueillant une douzaine de personnes avait également été vidé par la police lors d'un raid à 1h (dans la nuit).
Le vendredi, la circulation intensive des bus de CRS*, de la PAF*, de la police nationale et de voitures banalisées dans la ville a continué.
Les contrôles de papiers (encore) ont conduit à de nouvelles visites matinales dans les squats et les véhicules des activistes ont été suivis par les bus de CRS.
La répression est appelée à se poursuivre. Les "autorités" disent vouloir détruire la Palestine house dans les semaines à venir, pour ce qu'elles appellent un réaménagement.
La violence perpétuée à l'encontre des personnes avec ou sans papiers durant ces derniers jours a pour but d'entretenir une atmosphère de peur.
Pour çols² qui risquent la déportation, la menace policière de l'arrestation et de la détention est une perspective terrifiante – tandis que les expulsions (des lieux de vie) ont laissé des dizaines de personnes sans abri. La répression vécue cette semaine est une partie du système de frontières et de pression étatique, de la restriction et du contrôle des mouvements des genTEs.
...PAS-DE-CALAIS, PAS DE PAIX...
² -eulles/ -elleux et autres féminisations lourdes ont été remplacées par ol et ses déclinaisons, racine neutre en matière de genre.
° Mouvement prônant la destruction des frontières, et des pratiques et idées qui s'y rattachent
* CRS= compagnies républicaines de sécurité
PAF= police de l'air et des frontières
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