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Villiers-le-Bel : un acquitté du procès des émeutes témoigne
L.A., publié le 02/11/2012, 

Cinq ans après les émeutes de Villiers-le-Bel, Mara Kanté, incarcéré vingt-neuf mois avant d’être innocenté, revient, dans un livre, sur cet épisode qui a bouleversé sa vie.

Quatre années de combat judiciaire, dont vingt-neuf mois de détention et, au final, deux acquittements. Déclaré innocent en octobre 2011, Mara Kanté est aujourd’hui un homme libre. La justice a reconnu qu’il n’avait pas tiré sur les policiers lors des émeutes qui ont plongé Villiers-le-Bel dans le chaos les 25, 26 et 27 novembre 2007.

« La détention, elle reste dans ma tête »

C’est là toute l’histoire de ce jeune Sarcellois qui, alors âgé de tout juste 20 ans, promis à un avenir de footballeur professionnel, s’est retrouvé plongé au cœur de cette dramatique affaire.

Cinq ans après les émeutes, Mara Kanté raconte dans un livre, intitulé « Préjugé(s) coupable(s) », comment son rêve s’est brisé du jour au lendemain. Un récit très personnel sur lequel vient s’appuyer tout un travail d’enquête et de reportage sur ces émeutes et leurs conséquences, mené par Aurélie Foulon, journaliste du « Parisien ».

Il avait été renvoyé aux assises pour tentatives d’homicide

La mort de Moushin et Laramy, deux adolescents tués dans la collision de leur moto avec une voiture de police, avait mis le feu aux poudres à Villiers-le-Bel. Opposés à des dizaines de jeunes, les policiers ont essuyé des tirs d’armes à feu. Une centaine d’entre eux ont été blessés, certains grièvement. 

« Moi, ce jour-là, je ne suis pas le mouvement. Je ne ressens pas cette pulsion incontrôlable, cette envie de tout retourner dans la ville. Je dois reconnaître que ça m’a traversé l’esprit. Je ne pourrais pas dire ce qui m’a retenu… » explique Mara Kanté dans l’ouvrage. 

Pourtant, il fait partie des quatre hommes renvoyés devant la cour d’assises pour tentatives d’homicide en bande organisée.

Un premier procès à Pontoise, puis un second en appel à Versailles (Yvelines) mettent en lumière « la stratégie inédite » employée par les enquêteurs pour débusquer les tireurs, à savoir le recours aux témoignages sous X et à l’appel à témoins avec promesse de rémunération. 

« Cette question centrale fait son apparition au début du procès. Elle sera omniprésente jusqu’à la fin… » précise Aurélie Foulon. Elle va même « semer le trouble » à l’audience dans le cas de Mara Kanté. 

L’indic et le témoin anonyme, qui assurent avoir vu le jeune homme tirer sur les policiers, ne sont en fait qu’une seule et même personne. Une révélation qui permet à la défense de « s’engouffrer dans la brèche ».

« Préjugé(s) coupable(s) » évoque ainsi en toile de fond « toute l’ambiguïté entre les présomptions de culpabilité et d’innocence, mais s’arrête aussi sur les préjugés, réciproques, qui existent entre la banlieue et les institutions. Cela montre aussi que les habitants de Villiers-le-Bel sont les victimes oubliées de cette histoire », conclut Aurélie Foulon.

Source : Le Parisien
http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/un-acquitte-du-proces-des-emeutes-temoigne-02-11-2012-2286015.php?xtor=EREC-109----20403@1

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Tag(s) : #Divers faits nationaux
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