Transmis depuis L'Info Libre et Contestataire
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[Dans ce journal] on relate les propos de MAM, la ministre de l'intérieur de l'époque en février 2009 devant ses troupes de MIL-itants, lors de la XIXéme convention nationale du MIL.
Le MIL (Mouvement Initiative et Liberté) a été créé en 1981 par des responsables de l'UNI et du SAC (qui allait être dissout en 1982).
Si le MIL se présente désormais comme "groupe de réflexion" ou même groupe de pression de la droite dure (contre le PACS, contre les immigrés, anti-grève,...), on se souvient de la présence de ses gros bras contre les mouvements sociaux en Novembre-Décembre 1995.
Extrait de son intervention, à la page 4 du bulletin du MIL, N°241, Mai 2009 :
"(...)Ce qui se passe en Grèce, ce qui se prépare en Allemagne, en Italie ou en Belgique, ce que nous commençons à voir surgir en France c'est cela. Ce sont des groupes qui contestent l'autorité, qui contestent l'Etat et qui veulent attaquer non seulement les symboles mais aussi les moyens de fonctionnement de l'Etat. Et cette opposition à l'autorité de l'Etat apparaît d'autant plus que l'Etat dans la crise est en train de resurgir.
Nous devons y veiller, nous devons être très attentifs. on a connu cela dans les années 70 et 80, nous pouvons très bien connaître de nouveau ces phénomènes allant éventuellement jusqu'à la violence dans les mois et dans les années qui viennent. Que nous ayons arrêté au mois de décembre 2007, au mois de février 2008, des gens se réclamant des groupes anarchistes ou autonomes avec sur eux des explosifs en même temps que leur tracts c'est aussi un signe. Vous avez un rôle à jouer, un rôle pour expliquer, pour convaincre, pour créer de la part de l'opinion publique un rejet de ces groupes.(...)"
En tant que ministre de l'intérieur, elle dit clairement aux militants du MIL de conforter l'Etat pour "convaincre" et "créer de la part de l'opinion publique un rejet de ces groupes"..."L'ennemi intérieur" est ici distinctement désigné, et la stratégie (répression, bourrage de crâne idéologique et médiatique...) est en marche.
Un peu plus tard, elle met même en garde ses troupes contre un autre "problème": car si pour Michelle il y a des groupes "terroristes" parmi la population, il s'y cache aussi de redoutables bases arrières de l'ennemi :
(...) "parce que le problème c'est qu'en dehors de ces groupes vous avez également toute une nébuleuse, je dirais de gauche bien pensante, qui a tendance à dire que du moment qu'il s'agit de gauche même s'il s'agit de l'ultra, cela ne peut pas être condamné. Faisons très attention à cela." (...)
Mais on te l'a déjà dit combien de fois ?: "Arrêtes les parkas camouflage et ne fixes pas si longtemps la nébuleuse Michelle ... ça va te rendre malade !"
Si vous voulez quand même télécharger ce torchon en pdf pour vérifier, sans passer par le site du MIL ... cliquer iCi
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A PROPOS :
(...)Au fait, qu’est-ce que le MIL ?
« Une structure un peu moins voyante que le SAC (Service action civique) », répond Jean-Yves Camus (dans un article intitulé "Les gardiens du temple UMP montrent les dents et jouent des poings" paru dans l'Humanité en mars 2007), chercheur spécialiste de l’extrême droite, qui reconnaît une filiation directe avec la milice gaulliste dissoute en 1982, plusieurs fois condamnée pour coups et blessures volontaires, agressions armées, attentats, vols et recels, association de malfaiteurs, etc.
Autre temps, mêmes méthodes ? Ces anciens parachutistes ou policiers « ont une fascination visible pour la chose militaire », selon le chercheur. Mercredi, ils ont prouvé leurs « réflexes professionnels ».
Et leur idéologie ? Ce sont des « gardiens du temple » qui font « une fixation sur la gauche » : « Leur discours n’a pas bougé depuis 1981, quand ils disaient que l’élection de Mitterrand conduirait les chars soviétiques dans les rues de Paris », explique Jean-Yves Camus. Vérification dans Vigilance et action, la revue éditée par le MIL, qui recense leurs campagnes d’affichage : « libérons la télé du socialisme » (1 986), « ici comme à l’Est, libérons-nous des socialo-communistes » (1 990).
D’autres affiches prouvent l’assimilation par la droite des thèses du Front national : « immigration : trop c’est trop » (1 988), « être Français, ça se mérite » (1 996), « la France, aimez-la ou quittez-la » (1991, 1997, 2 003). Si le mouvement est « entièrement lié à l’UMP », il fait visiblement office de « charnière entre la droite et l’extrême droite », selon Jean-Yves Camus. Le manifeste du MIL parle également de « l’identité nationale en péril ». Les gros bras de Nicolas Sarkozy tiennent aussi sa plume ?
LEUR RESPONSABILITE DANS L'AFFAIRE DE TARNAC
L’arrestation de Coupat a permis à l’État de mettre en avant deux théoriciens du « décèlement précoce » du terrorisme : Raufer et Bauer.
Michèle Alliot-Marie, en février 2009, justifiait l’énergie déployée pour monter le spectacle appelé « Affaire de Tarnac » par « la résurgence de groupes très radicaux et souvent violents ». Et d’inviter ses interlocuteurs à l’aider dans la lutte contre des gens qui « contestent l’État, contestent l’autorité ».
Mais à qui demandait-elle de « créer de la part de l’opinion publique un rejet de ces groupes » ?
Au "Mouvement Initiative et Libertés " (Mil), devant lequel elle s’exprimait à l’occasion de ses assises nationales. Créé en 1981, le Mil a accueilli les transfuges et les dirigeant du très à droite Service d’Action Civique (Sac), peu après la dissolution de celui-ci en 1982, à la suite de la fameuse tuerie d’Auriol, commise par certains de ses membres.
En 2009, la ministre de l’Intérieur invite donc les « milistes » (je n’ai pas dit « miliciens ») à jouer sur le besoin d’État qui travaillerait la population. Les gens, selon elle, seraient « mieux disposés » à « isoler » ceux qui attaquent l’État. « À condition d’y croire. Je dis bien à condition d’y croire. »
Pour produire cette croyance dont la ministre expose avec insistance la nécessité, le duo Xavier Raufer-Alain Bauer s’est depuis longtemps imposé. Binôme bien dans l’air du temps : Raufer (de son vrai nom Christian de Bongain) vient d’Occident et des réseaux de la guerre froide, tandis que Bauer a commencé du côté de Michel Rocard et du Grand Orient de France.
Le premier a créé au sein de l’Institut de criminologie de l’Université Paris II (avec l’aide d’un prof du Front National) le Département de Recherches sur les Menaces Criminelles Contemporaines (Drmcc), tandis que Bauer a eu droit récemment à une chaire de criminologie créée spécialement pour lui au Conservatoire des Arts et Métiers. L’un et l’autre enseignent dans ces hauts lieux démocratiques que sont, en Chine, l’École supérieure de police criminelle et le Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Bauer, dont la société de conseil en sécurité accumule les contrats juteux avec les collectivités locales et les entreprises, se flatte d’avoir attiré l’attention d’Alliot-Marie sur Coupat.
Voilà longtemps que l’on sait à quoi s’en tenir sur la « science » du duo. En 1998, leur Que sais-je ? intitulé Violences et insécurités urbaines était déjà remarquable par la prédominance de l’idéologie sur l’analyse empirique, alors même que les auteurs prétendaient s’en tenir aux faits.
Ils ont persévéré dans La Face noire de la mondialisation, publié aux prestigieuses éditions du CNRS, avec un discours similaire et une supposée « trouvaille », la seule : le « décèlement précoce ».
On a eu une démonstration de ce qu’ils entendaient par là avec l’affaire de Tarnac.
En avril 2009, Bauer expliqua, sur France 2, que les « prémisses étaient les mêmes » entre les gens de Tarnac, Action Directe et les Brigades rouges !
Le 19 octobre, le même s’exprimait – en qualité de président du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie – dans Libération à propos de la volonté affichée par Hortefeux de créer deux nouveaux fichiers : « Il s’agit de fichiers de renseignements sur des personnes qui n’ont pas commis d’actes répréhensibles mais qui sont susceptibles de le faire » (sic). Décèlement précoce, là encore !
Et une fois ce décèlement opéré, une fois les personnes susceptibles de commettre des actes répréhensibles dûment fichées, que fait-on ?
Dans leur livre, nos experts proposent rien moins que de « nettoyer » le « terrain criminel », c’est-à-dire l’ensemble du « cadre social et économique ».
« Infiniment plus efficace que la démarche consistant à saucissonner l’ensemble en mille procédures tatillonnes, pathétiquement lentes et finalement inutiles, selon des codes dépassés… », assurent-ils.
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