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Le 25 juillet 2012

Une jeune femme de 26 ans raconte de l’intérieur l’organisation du travail dans un centre de rétention, où elle a atterri par hasard comme intérimaire.

Astrid (son prénom a été modifié), 26 ans, s’est inscrite dans une boîte d’intérim pour boucler ses fins de mois.

Très vite, l’entreprise lui propose de travailler comme « hôtesse d’accueil » dans un centre de rétention administrative (CRA), en région parisienne.

Dans cet établissement fermé, les sans-papiers peuvent être retenus 45 jours.

S’il ne s’agit pas tout à fait d’une prison – en tout cas sur le plan administratif –, le lieu n’est pas anodin pour qui y travaille : privés de liberté, les « retenus » doivent demander l’autorisation pour tout, même si leurs chambres ne sont pas fermées à clé le soir.

Astrid y travaille de temps en temps, depuis deux ans.

Pour ne pas perdre cette source de revenus, elle préfère éviter de donner trop de détails.

Nous l’avons rencontrée grâce à un ancien intérimaire, Julien (son prénom a été modifié), lui aussi passé par un centre de rétention pour une courte mission en 2010.

Les deux ont suivi le même parcours.

Via leur agence d’intérim, ils ont été employés par la société Gepsa (groupe Suez), qui intervient en milieu pénitentiaire dans le cadre de concessions de service public, et dans quatre centres de rétention. Pour des tâches de maintenance, ménage, cuisine, accueil, Gepsa dispose de salariés à plein temps, en CDD et en CDI. L’entreprise fait également appel à des intérimaires en renfort.

« L’ambiance est raciste, violente et lugubre »

A l’intérieur, les salariés de Gepsa côtoient des policiers, une équipe médicale et des associatifs. Julien se souvient de son passage aux cuisines du CRA :

« Je m’occupais de la réception des produits, de la gestion des stocks, de la mise à la benne des produits périmés, des plats à réchauffer... le tout en ayant suivi une formation de quinze minutes plus que sommaire. »

L’histoire de sa famille l’a rendu sensible aux conditions d’enfermement. Le grand-père de Julien a quitté l’Europe centrale et passé quelques temps en quarantaine en Australie, pendant laquelle il a perdu tous ses cheveux.

Au centre de rétention, « l’ambiance est raciste, violente et lugubre au possible », raconte l’ancien intérimaire. Astrid, elle, se veut plus mesurée. Elle a souhaité aborder de la manière la plus « neutre » possible les conditions de vie des retenus.

Rue89 a recueilli son témoignage.

Lire la suite :
http://www.rue89.com/2012/07/25/interimaire-je-suis-hotesse-daccueil-dans-un-centre-de-retention-234137

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Tag(s) : #Autres témoignages
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