Lundi 31 août. Paris. 16h environ.
romanichel
Je sors du métro Couronnes sur la ligne 2, à ce petit carrefour que je connais bien. Depuis un ou deux ans des puces sauvages s'y développent sur les trottoirs et terre-pleins du boulevard de Belleville, dont les marchand-e-s sont anciennement dits biffins. Une fois j'y ai acheté une ceinture, pas terrible mais bon, et j'ai appris qu'un pote qui tient un café dans le quartier y a dégoté un super vélo pour 40euros.
Clairement, c'est avant tout un marché de pauvres qui vendent des objets de toutes sortes et de qualité très variable à d'autres pauvres, de la débrouille, de la survie. Des CD, DVD, matos hi-fi stéréo et électro-ménagers, habits, chaussures, et j'en passe. Des roms, arabes, noirs, indous, chinois, blancs et autres métèques, et j'en passe.
Désormais ils s'affairent sur 150m de long à peu près. Avec les vendeurs et vendeuses de maïs chaud en haut des escaliers du métro et les autres stands de bouffe qui s'étalent sur le trottoir du boulevard côté Xe arr. pour le ramadan, ça en fait de l'activité, du bordel, de la vie, sans crier gare.
À la porte de St-Ouen, c'est devenu chaud, les puces ont pris une ampleur énorme, des riverains se plaignent des déchets qui traînent, ont déjà organisé un rassemblement anti-biffin, avec un contre-rassemblement d'autres habitants. Et la mairie du XVIIIe aimerait bien les voir disparaître, mais sans effusion de rage, haj haj...
Ce lundi je sors du métro et une vingtaine de flics est là, uniformes et civils à brassard vermillon. Ils rassemblent les marchandises en plusieurs tas à coup de bottes, puis avec quelques éboueurs de « la Propreté de Paris » les balancent dans un petit camion-benne.
Ça dure une bonne demi-heure.
Les gens restent là, les biffins fondus dans la foule, on regarde, certains tentent de prendre des affaires dans les tas, rabroués par les flics.
C'est très calme, sans colère, comme une impuissance collective bon enfant. Je ne connais personne. Quand ils ont presque fini je demande à un éboueur si c'est la mairie de Paris ou la préfecture qui a demandé ça. Il ne sait pas. En tout cas tout partira à la poubelle. Le jet d'eau sur le sol clôt le nettoyage.
En même temps deux civils vont emmerder quelques stands de ramadan sur le trottoir.
On est déjà passé hier, et la semaine dernière, on vous a prévenu, on repasse tout à l'heure si vous êtes encore là je verbalise, bon c'est bon pour aujourd'hui mais demain c'est fini, ne restez pas devant le café c'est pas possible, vous avez vu pour eux on les avait prévenus, tous les produits périssables (?) à la poubelle.
Je pars et remonte la rue des Couronnes, amer.
Je reviens prendre le métro trois quarts d'heure plus tard, les puces sauvages sont de nouveau en place. Rien à foutre, résistance passive, pas le choix. Jusqu'à quand ? À la prochaine alors.
Clairement, c'est avant tout un marché de pauvres qui vendent des objets de toutes sortes et de qualité très variable à d'autres pauvres, de la débrouille, de la survie. Des CD, DVD, matos hi-fi stéréo et électro-ménagers, habits, chaussures, et j'en passe. Des roms, arabes, noirs, indous, chinois, blancs et autres métèques, et j'en passe.
Désormais ils s'affairent sur 150m de long à peu près. Avec les vendeurs et vendeuses de maïs chaud en haut des escaliers du métro et les autres stands de bouffe qui s'étalent sur le trottoir du boulevard côté Xe arr. pour le ramadan, ça en fait de l'activité, du bordel, de la vie, sans crier gare.
À la porte de St-Ouen, c'est devenu chaud, les puces ont pris une ampleur énorme, des riverains se plaignent des déchets qui traînent, ont déjà organisé un rassemblement anti-biffin, avec un contre-rassemblement d'autres habitants. Et la mairie du XVIIIe aimerait bien les voir disparaître, mais sans effusion de rage, haj haj...
Ce lundi je sors du métro et une vingtaine de flics est là, uniformes et civils à brassard vermillon. Ils rassemblent les marchandises en plusieurs tas à coup de bottes, puis avec quelques éboueurs de « la Propreté de Paris » les balancent dans un petit camion-benne.
Ça dure une bonne demi-heure.
Les gens restent là, les biffins fondus dans la foule, on regarde, certains tentent de prendre des affaires dans les tas, rabroués par les flics.
C'est très calme, sans colère, comme une impuissance collective bon enfant. Je ne connais personne. Quand ils ont presque fini je demande à un éboueur si c'est la mairie de Paris ou la préfecture qui a demandé ça. Il ne sait pas. En tout cas tout partira à la poubelle. Le jet d'eau sur le sol clôt le nettoyage.
En même temps deux civils vont emmerder quelques stands de ramadan sur le trottoir.
On est déjà passé hier, et la semaine dernière, on vous a prévenu, on repasse tout à l'heure si vous êtes encore là je verbalise, bon c'est bon pour aujourd'hui mais demain c'est fini, ne restez pas devant le café c'est pas possible, vous avez vu pour eux on les avait prévenus, tous les produits périssables (?) à la poubelle.
Je pars et remonte la rue des Couronnes, amer.
Je reviens prendre le métro trois quarts d'heure plus tard, les puces sauvages sont de nouveau en place. Rien à foutre, résistance passive, pas le choix. Jusqu'à quand ? À la prochaine alors.
romanichel
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