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SUD OUEST : Jeudi 11 Juin 2009

BORDEAUX. Une Pessacaise a été amenée, dimanche soir au commissariat. Elle dénonce les conditions de sa détention

Encore sous le choc, elle veut cracher son chagrin. Parle et reparle de ce qu'elle espère n'être bientôt plus qu'un mauvais souvenir. Une sexagénaire pessacaise vient de connaître « la nuit la plus traumatisante » de son existence.

Elle a expérimenté l'inconfort physique et moral de la garde à vue.

Dimanche soir, elle rentre d'un anniversaire fêté et arrosé à Lacanau. De bonne humeur. « Tranquillement ». À Pessac, non loin de son domicile, elle est arrêtée par une voiture de police. Les policiers l'ont vue faire des écarts sur la route.
« Je n'avais plus de lait pour le lendemain et je cherchais une épicerie encore ouverte, c'est tout. »

Les policiers assurent sur leur PV que la conductrice avait les yeux brillants et sentait l'alcool. L'éthylotest est d'ailleurs positif. « Ils ont jeté un oeil dans le véhicule, ouvert le coffre, garé la voiture un peu plus loin et m'ont emmenée au commissariat. Je n'y comprenais rien. Qu'est ce que j'avais bien pu faire de si grave ? »

Elle avait conduit en état d'ivresse. C'est pour mesurer son alcoolémie que les policiers l'ont embarquée. La sexagénaire découvre alors, seule, apeurée, effondrée, les rouages de la procédure.

Elle affiche 0,53 mg d'alcool par litre d'air expiré (1,06 gramme par litre de sang). C'est un délit. « Il existe un processus juridique qui veut que quand les policiers constatent un délit routier, ils ne peuvent que se rendre maîtres de la personne », explique le commissaire divisionnaire Olivier Le Gouestre.

« Une cellule insalubre »

Conformément à la politique pénale actuelle, la sexagénaire est placée en garde à vue. Délestée de ses bijoux, fouillée, palpée, dénudée pour vérifier qu'elle ne cache rien qui puisse lui permettre de commettre un geste désespéré.

« C'est complètement humiliant et inutile. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. On m'a enfermée dans une cellule insalubre, sale avec une planche en bois et une couverture qui sentait l'urine et les excréments. Et on m'a laissée là toute la nuit. » Elle essaie de penser à des choses agréables pour s'évader un peu.

« Le lendemain, après une nuit nauséeuse et sans sommeil, elle est menottée et conduite à Pessac où elle est entendue. « Pourquoi ? Je n'allais pas m'enfuir. »

Enfin, elle peut ressortir, avec une suspension du permis de conduire. « Je l'ai vécu comme une atteinte à ma personne », gronde-t-elle aujourd'hui.

« Tenu par la procédure »

« Je ne suis pas parfaite, mais la façon dont on m'a traitée, c'est épouvantable, se plaint-elle. Ce sont des locaux de passage, utilisés en permanence, avec d'importantes rotations de gardés à vue », détaille le commissaire Le Gouestre. « On essaie évidemment de respecter la dignité de la personne, de rester humains en fonction des moyens dont on dispose. Cette dame n'est pas habituée, alors elle a mal vécu le statut de gardé à vue ».

« Le juge peut individualiser la sanction. Le policier est tenu par la procédure. Évidemment une personne de 60 ans peut paraître plus inoffensive, moins énervée qu'une plus jeune. Mais nous avons déjà vu des sexagénaires avoir des comportements de rébellion, s'en prendre à eux ou à un fonctionnaire. »

La sexagénaire ne décolère pas. « Attention à ne pas renverser les choses, à ne pas rejeter la faute sur un tiers », prévient le numéro deux des policiers girondins. « Cette dame doit assumer cette responsabilité première d'avoir failli. Cette faute de comportement au volant aurait pu avoir des conséquences en terme d'accident. »

Auteur : florence moreau


fl.moreau@sudouest.com

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Tag(s) : #Divers faits locaux
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