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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 22:22
Lundi 31 août. Paris. 16h environ.

Je sors du métro Couronnes sur la ligne 2, à ce petit carrefour que je connais bien. Depuis un ou deux ans des puces sauvages s'y développent sur les trottoirs et terre-pleins du boulevard de Belleville, dont les marchand-e-s sont anciennement dits biffins. Une fois j'y ai acheté une ceinture, pas terrible mais bon, et j'ai appris qu'un pote qui tient un café dans le quartier y a dégoté un super vélo pour 40euros.

Clairement, c'est avant tout un marché de pauvres qui vendent des objets de toutes sortes et de qualité très variable à d'autres pauvres, de la débrouille, de la survie. Des CD, DVD, matos hi-fi stéréo et électro-ménagers, habits, chaussures, et j'en passe. Des roms, arabes, noirs, indous, chinois, blancs et autres métèques, et j'en passe.

Désormais ils s'affairent sur 150m de long à peu près. Avec les vendeurs et vendeuses de maïs chaud en haut des escaliers du métro et les autres stands de bouffe qui s'étalent sur le trottoir du boulevard côté Xe arr. pour le ramadan, ça en fait de l'activité, du bordel, de la vie, sans crier gare.

À la porte de St-Ouen, c'est devenu chaud, les puces ont pris une ampleur énorme, des riverains se plaignent des déchets qui traînent, ont déjà organisé un rassemblement anti-biffin, avec un contre-rassemblement d'autres habitants. Et la mairie du XVIIIe aimerait bien les voir disparaître, mais sans effusion de rage, haj haj...

Ce lundi je sors du métro et une vingtaine de flics est là, uniformes et civils à brassard vermillon. Ils rassemblent les marchandises en plusieurs tas à coup de bottes, puis avec quelques éboueurs de « la Propreté de Paris » les balancent dans un petit camion-benne.

Ça dure une bonne demi-heure.

Les gens restent là, les biffins fondus dans la foule, on regarde, certains tentent de prendre des affaires dans les tas, rabroués par les flics.

C'est très calme, sans colère, comme une impuissance collective bon enfant. Je ne connais personne. Quand ils ont presque fini je demande à un éboueur si c'est la mairie de Paris ou la préfecture qui a demandé ça. Il ne sait pas. En tout cas tout partira à la poubelle. Le jet d'eau sur le sol clôt le nettoyage.

En même temps deux civils vont emmerder quelques stands de ramadan sur le trottoir.

On est déjà passé hier, et la semaine dernière, on vous a prévenu, on repasse tout à l'heure si vous êtes encore là je verbalise, bon c'est bon pour aujourd'hui mais demain c'est fini, ne restez pas devant le café c'est pas possible, vous avez vu pour eux on les avait prévenus, tous les produits périssables (?) à la poubelle.

Je pars et remonte la rue des Couronnes, amer.

Je reviens prendre le métro trois quarts d'heure plus tard, les puces sauvages sont de nouveau en place. Rien à foutre, résistance passive, pas le choix. Jusqu'à quand ? À la prochaine alors.

romanichel
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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 16:08

Cyril Cavalié, photographe de 35 ans, a saisi l'Inspection générale des services (IGS) suite à des violences policières dont il a été victime alors qu'il couvrait le défilé de la Brigade activiste des clowns au jardin des Tuileries le 14 juillet.

Ce jour-là, la joyeuse bande manifeste déguisée et armée d'instruments de musique. L'ambiance est « bon enfant » (comme l'écrivent tous les journalistes pour toutes les manifestations) jusqu'à ce que la police se mette à interpeller les clowns.

La police ordonne à ce moment à Cyril Cavalié de ne plus prendre de photos. Le photographe s'exécute mais reçoit une volée de coups.

Interrogé par les Inrocks, il raconte :

« Je photographie un clown qui se faisait interpeller derrière un camion, à l'abri des regards. Un policier en civil met la main devant l'objectif. Je passe entre deux camions pour rejoindre le groupe et je suis retenu puis projeté contre une barrière. On me fait une clé au bras et une au cou qui m'étrangle.

J'interpelle les touristes qui assistent à la scène, en français et en anglais, je les appelle à l'aide. Des gens s'approchent, je sens l'étreinte se déserrer. Je me dégage. L'autre photographe était face contre terre, menotté dans le dos. Un de ses deux appareils a été endommagé. »

Quelques minutes plus tard, la police revient vers lui :

« Ils m'entraînent, me font chuter. Ils me tordent le bras gauche et le poignet droit. Je hurle parce qu'ils me font mal. De nouveau, j'essaie de prendre à parti les touristes. Les policiers me relèvent et me tiennent fermement, je leur dis “allez-y mollo sur l'étau, je ne résiste pas, je vous suis”. »

Après un passage au commissariat, Cyril Cavalié se rend à l'hôpital. Un médecin lui délivre deux jours d'incapacité totale de travail (ITT) et constate « des lésions compatibles avec les faits tels qu'ils sont allégués ».

 

Source :

Par Zineb Dryef | Rue89
http://www.rue89.com/2009/07/18/un-photographe-saisit-ligs-pour-violences-policieres

 

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 16:03

Les policiers de l'Essonne sont sommés d'améliorer leur conduite automobile : les réparations coûtent trop cher.

Certains chiffres sont plus faciles à obtenir que d'autres chez les forces de l'ordre. Ainsi, on fait chou blanc quand on réclame le nombre d'enquêtes ouvertes en 2008 au sujet d'accidents impliquant un véhicule de police. Et puis, quand la police de l'Essonne demande à ses hommes de ne plus jouer les cowboys au volant, c'est parce qu'on apprend que les écarts de conduite coûtent trop cher : 529 000 euros par an, au titre du « coût de réparation des véhicules de police ».

Le 13 août dernier, Jean-Claude Borel-Garin, nouveau directeur départemental de la sécurité publique dans le département d'Ile-de-France depuis mars, a haussé le ton. Dans une note de service adressée aux quelque deux cents policiers de son département, il a mis en garde contre les dépenses exhorbitantes liées à l'entretien des véhicules malmenés. Toujours concrète, la DDSP précise qu'elle dépense l'équivalent de « vingt-neuf véhicules neufs » par an.

Un comportement irréprochable : « infantilisant »

Dans sa note de service (que Rue89 publie ici), le directeur départemental a a réclamé à chacun de ses hommes un comportement « irréprochable dans l'exercice de ses missions en vue de favoriser (son) comportement en faveur des usagers ».

A la clé, dix-sept commandements dans une charte de bonne conduite, qui hérisse les syndicats. A mesure que la polémique enflait dans ses rangs, le ministère de l'Intérieur informait en milieu de matinée, ce jeudi 27 août, qu'il « ne communiquait plus sur le sujet ».

Rue89 a pu consulter la charte en question, que chaque fonctionnaire de police devra avoir dans la poche, au même titre que le code de déontologie. (Lire le document ci-contre)La charte du conducteur de voiture de police.

On y trouve, en vrac, des serments façon profession de foi comme :

    * 4. Je porte ma ceinture de sécurité
    * 7. J'adapte ma vitesse au trafic et aux condition atmosphériques
    * 8. Lorsque je dois stationner, je porte attention aux obstacles bas
    * 13. Je suis prudent et vigilant, je maîtrise mon véhicule en toutes circonstances
    * 15. J'adapte ma vitesse pour contribuer à la sécurité des usagers

Rien que du bon sens à priori, mais autant d'injonctions qui trahissent aussi en creux pas mal d'écarts sur le terrain. « Lénifiant », « infantilisant » et même « dégradant », juge Synergie, deuxième syndicat d'officiers en France, dont les représentants enjoignent carrément le patron dans l'Essonne à retirer immédiatement sa note de service :

    « On n'a pas attendu la venue d'un messie à la tête du département pour nous délivrer les dix commandements du code de la route. »

Les élections professionnelles dans le viseur

Même si ce syndicat, seul à être monté au créneau, s'en défend, la violence de la réplique de Synergie n'est sans doute pas étrangère au calendrier : les élections des représentants au sein de la police sont pour fin janvier 2010 et la campagne syndicale a déjà démarré.

« L'affront » de la DDSP de l'Essonne représente forcément une occasion en or de hausser le ton. Du côté d'Unité Police (ex-Unsa), en revanche, on n'a pas donné suite aux demandes de réaction de Rue89.

A Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, les émeutes de l'automne 2007 avaient démarré après la collision entre une voiture de police et la minimoto de deux jeunes de 15 et 16 ans. L'histoire ne dit pas combien l'accident avait coûté en frais de réparations mais on connait les nuits d'affrontements qui avaient suivi l'accident survenu ce dimanche de novembre.

Très vite, l'IGPN (l'Inspection générale de la Police nationale) chargée de l'enquête évoquait « un accident de la circulation », précisant que la voiture était simplement en patrouille. Une précision toutefois : les deux jeunes tués ne portaient pas de casque.

D'autres incidents, moins dramatiques le plus souvent, émaillent régulièrement les relations entre riverains et policiers. Quitte à les pourir largement, y compris à coups de sens interdits bravés et de ceintures de sécurité oubliées.

Source :

Par Chloé Leprince | Rue89


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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 14:51
Le nombre de suicides ou de morts suspectes en prison ne diminue pas.

Un suicide ou mort suspecte tous les trois jours en prison, 7 fois plus qu’en milieu libre


Nous souhaitons la vérité sur la réalité des chiffres quant aux conditions et lieu réel du décès.

 

Maison d’arrêt de Luynes 
Suicide d’un homme, 36 ans, par pendaison, le 26 août 2009

Les familles et proches souhaitent une vraie prise en compte de leurs souffrances et une aide directe de la part de l’administration pénitentiaire.

Les autorités judiciaires doivent assumer toutes leurs responsabilités sur ces nouveaux décès.

95 suicides et morts suspectes connus depuis janvier 2009 ; nous savons que ces chiffres ne reflètent pas la réalité. La création de l’Observatoire des suicides et des morts suspectes sur le site prison.eu.org a permis d’interpeller l’opinion publique.


http://www.prison.eu.org/spip.php?page=rubrique&id_rubrique=68


 « L’ensemble des études pointent comme des périodes de particulière vulnérabilité, outre l’entrée en détention, certains moments particuliers :
la période correspondant au jugement ;
le placement au quartier disciplinaire ;
la période postérieure à une tentative de suicide ou à une automutilation.
  ».

 

Circulaire du 26 avril 2002 NOR JUSE0240075C sur la Prévention des suicides dans les établissements pénitentiaires.

 « le droit à la vie : il est nécessaire de montrer que l’administration pénitentiaire doit tenir compte de cette obligation dans la mise en place de certaines procédures (quartier disciplinaire, isolement...).  ».
Conclusion du 20 octobre 2003 du Rapport de la CNCDH sur les droits de l’homme en prison.

 

Contact Presse :
Marina Chapel tél. 06 16 96 04 70
Charlotte Paradis tél. 06 62 85 62 97
mail. redaction@banpublic.org


PRISON.EU.ORG est un site de Ban Public
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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 23:55
Transmis par Xavier

Adam, détenu et témoin gênant, torturé à Fleury

LE MONDE | 28.07.09 | 13h35


Appelons-le Adam. Pour l'heure, ce jeudi 23 juillet dans le bureau de son avocat, Me Damien Brossier, face à la cathédrale d'Evry (Essonne), Adam préfère que son identité reste dans le secret du dossier judiciaire. Ce n'est pas de la peur. Plutôt de la pudeur.

A 32 ans, cheveux taillés ras et visage mat, ce Français d'origine nord-africaine, qui ne sait ni lire ni écrire, collectionne les séjours derrière les barreaux pour des violences diverses et des délits mineurs. Douze ans d'incarcération au total, qu'il a passés, le plus souvent, à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis. S'il n'est pas un citoyen exemplaire, Adam, remis en liberté depuis le 12 juillet 2008, a toujours été un détenu sans problème. Jamais d'embrouille. Pas de drogue. Pas de trafic. Tout juste quelques bagarres, "quand il y a une raison", précise-t-il. L'homme n'est pas "du genre qui se laisse faire".

Il n'a pourtant pas résisté aux sévices que lui ont infligés des détenus, de mèche avec un groupe de surveillants, lors de son dernier passage à Fleury.

Le 25 août 2007, il y purge une énième peine. Ce jour-là, une violente crise d'hémorroïdes l'oblige à consulter le médecin. Il est un peu plus de 17 heures. Adam patiente à l'infirmerie quand arrivent "trois ou quatre surveillants" - il n'est plus très sûr - avec un détenu. Celui-ci "marche normalement", insiste Adam, mais il a l'air énervé. Des insultes fusent. "Un surveillant met un coup de poing au visage. Le détenu tombe et les autres surveillants en profitent pour lui mettre des coups de pied", raconte Adam. Ils arrêtent de taper quand le détenu ne bouge plus. L'homme à terre s'appelle Denis Ardon. Il a 22 ans. Ecroué à Fleury depuis le 15 juillet 2007, il vient de mourir. Adam ne le sait pas. Il l'apprendra quelques jours plus tard.

Sur l'instant, les surveillants, affolés, ont oublié qu'un témoin assiste au drame. Les homicides sont des évènements rarissimes en prison. "Ils s'engueulent entre eux. Ça crie. Tout juste s'ils n'en viennent pas aux mains", assure Adam, qui suit la scène à travers une vitre dans la pièce d'à côté.

Quelques minutes plus tôt, dans la cour de promenade, Denis Ardon et un autre détenu - Omar Tall, aujourd'hui poursuivi pour "coups volontaires ayant entraîné la mort" - "se sont embrouillés" pour une histoire de cigarettes et de joints. Des coups de poing. Des coups de tête. Des coups de pied. Aux dires de certains témoins, Denis Ardon se relève péniblement. Les surveillants n'interviennent qu'une fois la bagarre finie. Ils emmènent le blessé à l'infirmerie. "Sur un brancard", ont certifié aux gendarmes enquêteurs tous les personnels qui ont été entendus.

Dans l'infirmerie, les surveillants l'installent en PLS (position latérale de sécurité) en attendant le médecin. Celui-ci arrive vers 17 h 45. Il examine Denis. Puis s'occupe d'Adam. Toujours selon les surveillants, c'est durant ce laps de temps d'environ 10 minutes que l'état de Denis se serait dégradé. Leur version, livrée dans les semaines qui ont suivi le décès, s'oppose à celle d'Adam. A les en croire, ils n'ont jamais frappé Denis Ardon.

"Faux", jure Adam, qui l'a confirmé le 23 avril devant un juge d'instruction d'Evry.
"Les surveillants l'ont mis à terre et l'ont tapé. J'en suis sûr, a-t-il dit. Ils lui disaient "arrête de faire ton cinéma, mets toi debout" ; le mec ne répondait pas", assure-t-il sur le procès-verbal dont Le Monde a pris connaissance.

Parole de taulard contre parole de matons.
L'affaire pourrait s'arrêter là, et la justice trancher, une fois achevée l'instruction ouverte à Evry depuis deux ans sur ces faits. Mais elle ne fait que commencer.

Assis dans le bureau de Me Brossier, Adam s'agite sur sa chaise. Il tord ses doigts, baisse la tête, se recroqueville. Ses gestes nerveux trahissent un profond malaise. "Dans les jours qui ont suivi l'incident de l'infirmerie, j'ai constaté que des surveillants avaient une attitude bizarre envers moi. Ils étaient trop gentils", bredouille-t-il, la voix tremblante. De façon surprenante, un chef de détention, qu'il avait aperçu à l'infirmerie, s'enquiert de son confort et de ce qu'il sait des faits du 25 août. "Rien", répond Adam. C'est le chef qui, alors, lui apprend la mort de Denis Ardon.

A partir de ce moment, la vie carcérale d'Adam bascule. On commence par le changer de cellule pour le placer aux côtés d'un détenu connu pour les trafics de stupéfiants et de téléphones portables auxquels il se livre dans la prison. Adam, qui ne veut pas d'histoire, le dénonce et demande à changer. Le chef le convoque à nouveau, lui propose un travail, tout en lui recommandant de garder le silence sur l'infirmerie. Adam déménage du bâtiment D5 au D4 et devient "auxiliaire de cantine". "Un boulot bien payé, habituellement réservé aux Français", souligne-t-il. Il veut dire aux Blancs. Au D4, détenus et surveillants s'étonnent qu'un "rebeu" décroche une pareille planque. "Tu leur dis que je suis ton oncle par alliance", lui glisse son "protecteur" gradé.

Tout se passe bien, pendant deux ou trois semaines. Jusqu'au jour où Adam est appelé au parloir. Une assistante sociale vient évoquer avec lui la prise en charge de son fils. Lorsque Adam remonte, son "protecteur" veut savoir qui lui a rendu visite, et pourquoi. Le surveillant le frappe. Lui enjoint de démissionner de son job et d'écrire une lettre disant qu'il a menti en se faisant passer pour son neveu. "Alors qu'il sait que je ne sais pas écrire", dit Adam. Puis le chef rédige un texte. Adam le signe, perd son boulot, et est envoyé à l'isolement.

La rumeur selon laquelle il serait une balance circule. Quelques jours plus tard, alors qu'il sort en promenade dans la cour du quartier d'isolement, trois autres détenus le passent à tabac : contusions diverses, clavicule cassée et doigt fracturé. En guise de soins, on lui jette du coton et quelques lingettes.

"J'ai fini par péter un plomb", explique-t-il. Il tente de se suicider en se pendant avec un lacet. A sa sortie d'hôpital, deux des trois détenus qui l'avaient agressé pénètrent dans sa cellule avec la complicité d'un gardien. Les coups pleuvent. Puis viennent les tortures. "J'avais deux Thermos qui chauffaient sur une plaque pour le thé, raconte-t-il. Ils m'ont baissé le caleçon et me les ont plaqués sur les fesses. Puis ils m'ont enfoncé un manche à balai", confie-t-il en ravalant un sanglot. S'ensuit une deuxième tentative de suicide, qui vaudra à Adam d'être transféré à la prison de Bois-d'Arcy.

A la visite médicale d'entrée, le 6 mars 2008, le médecin constate "une série de brûlures au deuxième degré, profondes, en cours de cicatrisation". Là, Adam trouve une première écoute. Cela ne l'empêche pas de tenter une troisième fois de se suicider, et d'être placé en psychiatrie à l'hôpital de Versailles, d'où il s'évade. Rattrapé par les policiers, il comparaît le 20 mars 2008 devant le tribunal correctionnel de Versailles, auquel il révèle une partie de son calvaire.

Un calvaire que l'ancien détenu a finalement raconté avec force détails à la juge d'instruction Caroline Davroux le 23 avril 2009, lors de son audition sur la mort de Denis Ardon. Couché sur procès-verbal, le récit est entre les mains du procureur de la République d'Evry.

"Depuis, je demande au parquet d'accorder à la juge un supplément d'information pour qu'elle enquête aussi sur les actes de violence dont mon client a été victime", s'impatiente Me Brossier. Joint par Le Monde, le procureur adjoint d'Evry, Michel Lernout, a indiqué que le parquet "suit cette affaire avec une grande attention". Adam attend une réponse.

Yves Bordenave

***
Les chiffres officiels des violences graves en prison

Homicides. L'administration pénitentiaire a recensé 3 homicides en 2008 dans ses 194 établissements (pour environ 64 000 détenus). Il y en avait eu 2 en 2007, 3 en 2006 et 5 en 2005.

Agressions contre le personnel.
595 agressions commises par les détenus contre le personnel en 2008 (480 en 2007, 648 en 2006, et 689 en 2005).

Mouvements collectifs. 147 mouvements de détenus, dont 26 ont nécessité l'intervention des ERIS (équipes régionales d'intervention et de sécurité), ont été enregistrés en 2008 (155 en 2007, 265 en 2006,306 en 2005).

Suicides.
109 suicides en 2008, 96 en 2007, 93 en 2006 et 122 en 2005. Au cours des quatre premiers mois de 2009, 45 suicides ont été enregistrés.

Source :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/28/adam-detenu-et-temoin-genant-torture-a-fleury_1223495_3224.html
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 15:45


Transmis par Antoine un article de Marie Cosnay

 

Le 10 juillet 2009

 

Marie Cosnay est l’auteur de « Entre chagrin et néant », livre dans lequel elle témoigne de ce qu’elle a entendu et vu au Tribunal de grande instance de Bayonne, de mai à septembre 2008, où les étrangers « sans papiers » sont présentés devant le juge des libertés et de la détention. Elle y est retournée tout récemment.

Le 26 juin paraissent devant le Juge des libertés et de la détention de Bayonne, comme c’est le cas plusieurs fois par semaine, sept personnes « sans papier » - c’est-à-dire démunies de titre de séjour et/ou de pièce d’identité et incarcérées au Centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye.

Parmi elles, une jeune fille camerounaise, qu’on appellera Victorine, est présentée pour la deuxième fois. Victorine n’a pas de passeport et pour cette raison elle a été reçue au consulat du Cameroun à Marseille quelques jours auparavant, afin que le consulat lui délivre le laissez-passer qui permettra à la Préfecture de « l’éloigner », comme on le dit par euphémisme.

Voici ce que j’entends, apprends et comprends ce jour-là : la juge, lors de le première présentation du 10 juin, a libéré Victorine. Je ne sais pas, alors, sur quel motif. Le Parquet a fait appel et la jeune femme a été « maintenue ». Aujourd’hui, sa rétention sera prolongée.

La juge : vous avez été présentée au consulat du Cameroun à Marseille et l’entretien n’a pas été possible. Votre état d’émotion ne l’a pas permis. Un autre rendez-vous a été demandé par la Préfecture et à ce jour aucune date n’est fixée. Que souhaitez-vous dire aujourd’hui ?


Victorine :
j’ai été au consulat. J’ai dit mon problème à la secrétaire. Le consul a essayé de me faire parler. C’était pas facile. Il m’a demandé alors de retourner avec la police.


La juge :
concernant votre entorse, vous avez encore mal ? Vous recevez des soins ?


Victorine : du gel.


La juge : la Préfecture demande la prolongation de la rétention afin d’obtenir un nouveau rendez-vous au consulat.

L’avocate rappelle alors ce que la juge sait déjà : Victorine a été placée en rétention le 9 juin dans des conditions particulièrement éprouvantes.

Elle a été victime de la part des agents de la Police aux frontières opérant au CRA d’Hendaye de mauvais traitements, ayant entraîné une entorse à la cheville.

Elle a été traînée, frappée avant d’être placée en cellule d’isolement.

L’entorse à la cheville est une conséquence des coups. Le Consul n’a pas tenu à mener un entretien avec une personne malmenée tant sur le plan physique que psychique.

Lire la suite :

http://www.politis.fr/article7653.html

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 15:04

Pioché par Antoine sur Rue 89 un article de  Mouloud Akkouche


Le doyen de la terre est mort samedi 18 juillet à 113 ans. En lisant l'article sur ce centenaire jovial et conservé grâce au « Whisky, aux femmes très libérées et aux cigarettes », je ne peux m'empêcher de penser à un autre homme mort récemment à 69 ans près de Paris. Et peut-être pas de mort naturelle, ni accidentelle.

Le 9 juin, deux retraités auraient été roués de coups lors d'un contrôle de police dans la ville d'Argenteuil. Et l'un des deux retraités est mort. Les policiers ayant effectué dans ce contrôle officient toujours dans le même quartier. J'imagine un instant les amis et la famille du défunt croisant ces fonctionnaires de police sur le lieu même où un retraité, un jour de printemps, se serait fait tabasser à mort. Juste un fait divers balayé par le vent des dépêches AFP.

Juste un retraité tombé en temps de paix

Que s'est-il réellement passé ? Je ne connais pas les tenants et aboutissants de ce drame. En tout cas, un collectif s'est créé dans le quartier pour obtenir une enquête approfondie et la sanction des responsables de cette mort. Une bavure ou pas ? Affaire à suivre.

Cet homme, ni doyen de la terre, ni réalisateur ou petit-fils de grand poète, ni chanteur ou footballeur, est passé à la trappe de l'histoire. Apparemment très peu d'écho dans la presse, où peut-être suis-je passé à côté des infos sur ce drame. Pourtant cette bavure -si elle s'avère en êre une- aussi importante que celles de Montreuil et ailleurs, n » a pas du tout suscité le même émoi ou ne serait-ce que des interrogations. Pourquoi ?

Ce retraité, pas connu des médias (peut-être des services de police comme on entend souvent après des arrestations ? ) et pas jeune de cité -les jeunes font du bruit et attirent les caméras- va peut-être passer par pertes et profits des bavures qui se multiplient en France. Qui était-il ? Un type bien ? Un salaud ? Au fond, cet aspect là n'intéresse que ses proches et sa famille.

Les gouvernants actuels rendent les flics intouchables

Mais la manière dont son existence s'est achevée devrait intéresser tous les habitants de ce pays qui, à tout moment, peuvent subir un contrôle musclé. Surtout depuis que « l'outrage rébellion », arme non létale mais très efficace, peut-être dégainée à tout moment. Que peut donc faire un citoyen lambda face à un flic assermenté et buté ? Pas grand chose. Si ce n'est la fermer et espérer ne pas finir menotté et en garde à vue.

Heureusement qu'une grande majorité des flics ne sont pas des adeptes de la bavure mais, à force de leur octroyer des droits de plus en plus importants et légitimer les violences policières, les gouvernants actuels les rendent intouchables et au dessus des lois qu'ils sont censés faire respecter. Combien de temps encore resteront-ils dans la légalité républicaine ? Peu à peu, pour faire plaisir à la place Bauveau, ils vont faire de l'excès de zèle et du chiffre ; tous les citoyens devront alors sortir casqués pour éviter un tir de flasball. Et personne ne viendra éructer en menaçant de karchériser les responsables de bavures…

 

Lire la suite :

http://www.rue89.com/blog-de-lecrivain-mouloud-akkouche/2009/07/19/des-policiers-frappent-un-retraite-il-meurt-qui-sen-so

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 08:25



Violences . A Paris, des lycéens fêtards agressés par des CRS
.

GAËL COGNÉ

C’était l’une des soirées les plus longues de l’année. L’une des soirées dont Raphaël, Maxime et Valentin devaient se souvenir longtemps. Ils venaient de finir les épreuves du bac. Les résultats n’étaient pas encore tombés, mais pourquoi attendre ? Cette nuit du 24 au 25 juin, ils faisaient la fête, mais ça a mal tourné.

Il est trois ou quatre heures du matin, ce soir-là. Raphaël est avec sa trentaine de potes de Mennecy en Essonne, assis sur la pelouse du Champ de Mars. «On jouait de la musique», se rappelle Raphaël. Depuis plusieurs années, c’est un point de rendez-vous pour célébrer la fin de la vie lycéenne. Ils ont «un peu» picolé, mais «sans plus». Il est tard, un de ses amis s’embrouille avec sa copine. «Elle avait flirté avec un mec.»

Lèvre. De loin, les CRS scrutent la scène. Pas très fin, le type insulte sa copine. Raphaël l’attrape par la taille et lui dit : «Calme-toi !» «C’était sans violence. Il ne m’a pas poussé», précise-t-il.

Pendant ce temps, des CRS s’approchent. Raphaël se retourne, fait face à un CRS. «Il était à 1 m 50 de moi. Sans me prévenir, il m’a mis un coup de poing.» Sa lèvre éclate. «J’ai été déséquilibré. Il m’a mis un coup de matraque dans le genou droit. Je tombe au sol. Il me fait une clef de bras, Je suis à plat ventre, il me met son genou sur le dos. J’ai essayé de lui expliquer que je ne comprenais pas, que je n’avais rien fait. Il me répondait : "Ta gueule, ta gueule." Au bout de quelques secondes, il m’a relâché, je suis parti.» Son ami a droit à un traitement similaire.

Interloqués, les lycéens tentent de parlementer avec les CRS, de comprendre. Raphaël est à l’écart : «Je boitais.»Les CRS lâchent un chien sur Maxime, il écope de coups de matraque, tombe sur le sol, s’ouvre le coude, saigne abondamment. «Ils nous insultaient, nous provoquaient, cherchaient à ce qu’on s’énerve», dit le jeune homme. Deux amies ramassent l’une un coup de matraque à la cheville, l’autre dans le dos. Deux garçons se font embarquer. Le premier est relâché 500 mètres plus loin, le deuxième a «ramassé des baffes au poste», dit Valentin, un autre lycéen. Ce dernier a lui-même été agrippé à la gorge par un policier. Les CRS lui auraient déclaré : «Les coups, c’est gratuit.»

Béquilles. Le lendemain matin, dans son lit, Raphaël est groggy. Sa jambe lui fait mal. «J’étais seul chez moi, j’ai appelé le Samu.» Le médecin diagnostique une interruption temporaire de travail de quinze jours. «J’ai un œdème au genou et un hématome au mollet.» Six semaines de béquilles. «Je devais faire un stage pour mon Bafa de trois semaines en juillet.» Il a annulé. Tout ça alors qu’il n’y avait «même pas de prétexte», regrette Valentin. Et Maxime de constater : «On s’est fait embrouiller.» Hier la préfecture de police de Paris expliquait «ne pas être au courant» de cette affaire.

Source :
http://www.liberation.fr/societe/0101579977-apres-l-exam-l-epreuve-de-matraquage
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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 06:33
Transmis depuis Article XI





Tu le sais, Article11 n’a pas pour habitude de critiquer l’action de la police. Mais quelquefois - il faut bien l’avouer - leur modus operandi nous laisse perplexe, voire songeur. Comme si les braves pandores laissaient leur cerveau au vestiaire et le remplaçaient par une enclume de belle taille. Et là, tu vois, à l’occasion du grand raout patriotique des sympathiques hurluberlus de la BAC (Brigade Activistes des Clowns), on ne peut pas dire qu’ils aient brillé. Ni par leur finesse, ni par leur tactique. La totale contre-productivité de leur action pourrait presque passer pour du sabotage, c’est dire.

 

Pour te résumer les choses : ça se passait entre le Jardin des Tuileries et la pyramide du Louvre, lieu de rendez-vous donné par la Brigade des Clowns pour son Grand défilé MiliTerre du 14 juillet. Mieux qu’une invitation : carrément, un Ordre de mobilisation générale ! Autant te le préciser, c’est le genre de rendez-vous ensoleillé et joyeux qui ne se rate pas. 


Le truc, c’est que les forces de l’ordre s’étaient aussi données le mot, soucieuses de participer à la fête. Qu’elles n’ont pas vraiment pris le rassemblement à la rigolade. Qu’elles se sont comportées de façon complètement ridicule (comprends-moi bien : je veux dire, encore plus ridicule que d’habitude). Et qu’elles ont montré de la plus jolie des façons combien elles s’y entendaient à faire monter la pression et dégénérer la situation, alors que ce rassemblement d’une cinquantaine de clowns et sympathisants était tout ce qu’il y avait de plus potache et bon enfant.

 

Tu vois la tableau ? T’as ces cinquante écervelés - costumes colorés et banderoles sympathiques - joyeusement rassemblés sur une pelouse, pour le plus grand bonheur des touristes présents qui clic-claquent à tout va. T’as le grand chef des policiers en costume d’apparat (14 juillet oblige) qui va et vient à la recherche désespérée d’un interlocuteur - « Ils ne semblent pas avoir de responsable et commencent à s’égayer sur la pelouse », s’affole-il dans son talkie-walkie… - , histoire de lui signaler très officiellement qu’en l’absence d’autorisation, le rassemblement est interdit. T’as les flics qui ne savent pas trop comment prendre la chose, se disposent un peu partout sur la pelouse, commencent à faire quelques contrôles d’identité. Et puis, t’as les clowns qui font… euh… les clowns, justement. Qui dansent et rigolent. Essayent leurs bazookas-maison (projectile : os en plastoc / portée : cinq mètres, quand le vent souffle dans le bon sens). Se moquent gentiment de la bleusaille. Et commencent à jouer à cache-cache avec les uniformes, se dissimulant dans les allées contigües quand les flics n’ont comme obsession que de les conserver statique, groupe immobile.

 

Lire la suite :

http://www.article11.info/spip/spip.php?article502

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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 21:20



Communiqué de l'Assemblée de la Clinique en exil.
A propos de notre expulsion et de la soirée du 8 juillet
5 blessés dont un grave. (lire ici : klik !)


La Clinique occupée était un lieu d'habitation et d'organisation politique depuis janvier 2009. Elle a été expulsée le 8 juillet à 6h du matin par 200 flics, le RAID et les vigiles. Le quartier de la Croix de Chavaux a été entièrement quadrillée pendant deux heures.

A 19h, nous nous sommes rassemblés à l'entrée de la rue piétonne autour d'une cantine de rue pour informer de l'expulsion du matin, et affirmer que nous continuerons à occuper la rue quoi qu'il arrive. Nous avons distribué des tracts et pris la parole. Plusieurs bagnoles de flics nous surveillaient depuis la place. A la fin de la cantine, des feux d'artifice partis de devant la Clinique ont embrasé le ciel. Nous sommes allés devant l'entrée de la Clinique gueuler notre colère, notre rage de voir ce lieu que nous avons fait vivre repris par des flics et des vigiles, avec la destruction comme seul horizon.

Alors qu'on était juste devant, les flics se sont équipés et ont chargé violemment. Les gens ont commencé à courir pour se protéger. C'est à ce moment là qu'ils ont tiré dans le tas au flashballs à hauteur de tête: cinq personnes ont été touchées : épaule, clavicule et tête. L'une des personnes a perdu un oeil.
Les flics ont continué à poursuivre les gens jusqu'à la rue piétonne. Plusieurs personnes ont été arrêtées durant la soirée. Trois personnes sont en garde à vue depuis 48h, avec des risques de poursuites pour couvrir le fait qu'il y ait des blessés.

Les tirs de flashball avaient pour objectif de blesser, au risque de mutiler ou de tuer. Tirer plusieurs coups à bout portant au niveau de la tête n'est pas une erreur. Au moindre trouble, les consignes sont claires : mater. On ne peut pas se dire que la violence de la police lors de cette soirée est une « bavure », elle s'inscrit dans une tension permanente: contrôles d'identités, menaces depuis qu'il y a eu les avis d'expulsion. La police fait son travail : défendre une propriété privée en centre-ville, éviter qu'il y ait du bruit ou de la résistance lors d'une expulsion, faire que rien ne se passe.

Nous ne voulons pas que la police tire sur des gens en silence. Nous ne voulons pas de police du tout.

L'Assemblée de la Clinique en exil. 10 juillet 2009, Montreuil.


Dimanche 12 juillet, Assemblée de la Clinique en exil, Place du marché à la Croix de Chavaux. 15h.

Lundi 13 juillet, Manifestation rendez-vous Rue piétonne Croix de Chavaux (M9), Montreuil, 19h précise.

Pour être informé des suites :
il y a aussi le blog de la Clinique http://laclinique.over-blog.net et laclinique93@gmail.com
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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 21:14
Transmis par Résistons Ensemble

Libération, 26/06/09

A Paris, frappé dans la rue et au commissariat

Violences. Un homme venu déposé plainte aurait été tabassé par des policiers du quartier de la Goutte-d’Or.

Par GAËL COGNÉ

«Nous ne faisons pas de commentaires. Une enquête est en cours.» Il y a comme un malaise à la préfecture de police de Paris. Dans la nuit de dimanche 14 à lundi 15 juin, Juan Pablo Gutierrez affirme avoir été passé à tabac par un policier au commissariat de la Goutte-d’Or. Il a perdu 40 décibels d’audition.

«Cigarette». Ce jeune Colombien de 27 ans, marié à une Française et vivant en France depuis cinq ans (il est étudiant en esthétique de la photographie, lauréat d’un prix Paris Match), raconte être rentré chez lui, dans le XVIIIe arrondissement. «Huit individus m’ont demandé une cigarette, je n’en avais pas, je leur ai offert une bière.» Juan rentre d’un barbecue, il a un peu bu, cinq verres depuis 17 heures, dit le procès-verbal déposé à l’Inspection générale des services (IGS). Il tourne le dos et sent «un coup».«Je suis tombé à terre, j’ai été frappé, ça a peut-être duré cinq secondes.» Il parvient à se redresser, s’échappe, se réfugie dans le hall de son immeuble et appelle immédiatement la police. «Trois minutes après», la police arrive. Juan leur fait des signes, indique le groupe qui vient de l’agresser. Un homme est interpellé. Les policiers invitent le Franco-Colombien à déposer plainte.

On le mène au commissariat. Selon le jeune homme, un autre policier le reçoit. C’est là que «le cauchemar a commencé. En me poussant, il m’a mis les bras derrière le dos. Je lui ai répliqué que j’étais la victime, le plaignant, il m’a répondu : "Vas-y avance, vas-y avance". Dans un couloir, il m’a demandé d’enlever mes chaussures, mes lacets et les objets que j’avais dans les poches. J’essaie de lui expliquer qu’il est mal informé, je suis la victime. Je prends la direction de l’ascenseur et là, je reçois un premier coup de poing. Dans le ventre. Je suis tombé essouflé.» Le jeune homme hurle à l’injustice, dit qu’il veut partir. Le policier le happe par le tee-shirt et lui balance un coup de poing à la joue droite, une gifle sur l’oreille gauche. «J’ai entendu un "piiiiiiiii".» Personne n’intervient. «Je me suis dit : "je suis foutu, je suis à sa merci".»

Déshabiller. On enferme le jeune homme. Quinze minutes après, on le fait déshabiller, tourner sur lui-même, puis on le ramène dans une pièce où se tiennent deux policiers affairés. Il les interroge sur les raisons de son enfermement, on lui répond : «Tu la fermes, petit latino, sinon on va te la fermer !»«J’avais tellement soif. Je leur ai demandé un verre d’eau», poursuit-il. «Ici, on n’a pas de verre d’eau, mais il y a l’eau que vous allez pouvoir boire dans les chiottes», se serait-il entendu répondre. A 10 heures du matin, on le mène à l’hôpital Lariboisière, «menotté devant tout le monde».Un médecin l’ausculte, puis un othorhino. Le certificat médical détaille : «Merci de nous avoir adressé monsieur Gutierrez Gonzalez Juan Pablo, pour un avis ORL, je constate ce jour, une hypoacousie de perception à - 40 décibels à gauche, une hyperhémie tympanique gauche de la région du malléus.» Bref, une perte d’audition.

«Ça tournait à l’histoire d’horreur», se souvient Juan. Retour au commissariat, le Franco-Colombien dépose enfin sa plainte. Après dix heures trente de retenue sans raison, selon lui, on l’invite à sortir… en même temps que son agresseur. «J’ai protesté : "Il va me tuer". J’ai demandé qu’on nous fasse sortir avec quinze minutes d’écart. Le policier m’a accordé cinq minutes, comme si c’était une faveur.» Le lendemain, mardi 16 juin, il déposait une plainte à l’IGS contre les trois policiers.
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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 17:05



Yep !

Reçu hier ce mail de Sista Jeanne.

La Clinique est ce squat que nous avions visité et qui nous avait reçus lors de notre passage à Montreuil au mois d'Avril dernier.

Comme pour tant d'autres lieux vides (de sens ?) réquisitionnés pour en faire des espaces de vies communes, c'est la force, la violence qui répondent à ces tentatives d'autogestions.

Nous sommes assez bien placés pour le savoir...

Qu'en pense Madame Voynet, sénateur-maire écolo de Montreuil ?

Aujourd'hui, Jeanne nous apprend qu'un des manifestants a perdu un oeil.

Un jour, ce sera dent pour dent !

C'est la rage au coeur que nous vous transmettons cette information.

Solidarité avec les squatteurs !

La lucha sigue !

O.P.A

***

Chasse à l’opposant : la police vise des manifestants à la tête, tire et blesse très grièvement l’un d’eux à Montreuil

Mercredi 8 juillet à 6H du matin, la police et le Raid ont procédé à l’expulsion de la Clinique occupée, 42 boulevard de Chanzy à Montreuil, un immeuble vide situé place du marché qui, depuis janvier 2009, avait été investi par de nouveaux habitants et accueillait de nombreuses activités collectives, ouvertes à la population, ciné club, radio de rue, cantine, et permanence pour rompre l’isolement des ayant droit face aux institutions sociales et s’organiser sur les problèmes de logement.

Le soir du 8 juillet, une cantine de rue et un rassemblement contre cette expulsion étaient organisés rue du capitaine Dreyfus.

Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la Clinique, allumant des feux d’artifice avant de dialoguer avec les 3 vigiles chargés de garder l’immeuble expulsé.

Lors de l’arrivée des forces de l’ordre, celles-ci ont violemment chargé les manifestants en utilisant à de nombreuses reprises des flash ball et en visant les manifestants à la tête.

Parmi eux, un participant à la coordination des intermittents et précaires a été atteint à un œil par l’un de ces tirs.

Il est actuellement hospitalisé et a été opéré. Le pronostic médical est des plus réservé : il n’aurait que très peu de chances de ne pas perdre cet œil.

Au moins trois personnes sont depuis maintenues en garde à vue.

Nous ne saurions recenser l’ensemble des blessures irréversibles dues à l’utilisation de ces armes dans le maintien de l’ordre.

Rappelons toutefois qu’en moins d’un an, au moins trois manifestants ont été grièvement atteints à l’œil : ce fut le cas d’un lycéen Nantais lors d’une manifestation à l’automne dernier et d’un Toulousain qui participait à une autoréduction dans un supermarché ce printemps.

La dotation en flash ball de la police a été appuyée par l’argument que ces armes seraient non létales et que leur usage serait rigoureusement encadré.

Les faits démontrent qu’il n’en est rien : assurée de son immunité, la police utilise quotidiennement ces flash ball de façon offensive en ignorant délibérément les principes supposés régler leurs interventions dont celui de « proportionnalité de la riposte » , et sans hésiter à s’en servir de manière à occasionner le maximum de dégâts (tirs à bout portant, tirs à la tête).

Comment la presse, les responsables politiques, les porte parole policiers peuvent-ils encore s’étonner, lorsque le maintien de l’ordre social s’attaque brutalement aux pauvres, aux précaires et aux contestataires de toutes sortes et que ses agents haussent le tir en visant les têtes, que ceux qui sont en butte à ces tirs policiers envisagent, et parfois décident, d’utiliser eux aussi des armes à feu ?

Le débat public s’est récemment fait l’écho de l’énorme multiplication des mises en garde-à-vue comme des procédures pour «outrages, rébellion, violences à l’encontre d’agents dépositaires de la force publique».

Une autre face de l’activité policière est maintenant clairement mise en lumière : pour terroriser les anormaux, les opposants, pour dissuader toute insoumission, on tire à la tête.

Nous ne l’acceptons pas et appelons à s’opposer partout à cette nouvelle surenchère de la violence policière

Rdv dimanche à 15h pour la réunion de la Clinique en exil, marché Croix de Chavaux Manifestation lundi 13 juillet à 18h, rdv à l’entrée de la rue du capitaine Dreyfus, m° Croix de chavaux

Coordination des intermittents et précaires :
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 09:55

« Aucune bavure possible, présomption d’innocence pour les policiers » selon le juge de Cergy Pontoise. C’est suite à cette annonce que s’est tenu il y a 5 jours une marche pacifique sans caméras, sans radios, sans stylos, qui a réuni plusieurs dizaines de personnes pour demander que lumière soit faite sur la mort de M. Ali ZIRI <http://www.humanite.fr/2009-06-23_Societe_Argenteuil-reclame-Verite-et-justice-pour-Ali-Ziri>, retraité algérien de 69 ans décédé suite à une garde à vue qui a mal tourné le 9 juin 2009.

M. ZIRI et son ami M. Arezki K. revenaient de leurs emplettes ce 9 juin 2009, lorsqu’à 20h30 au croisement des rues Jeanne d’Arc et Léon-Feix ils ont été sollicités par trois policiers pour un contrôle ordinaire. Les policiers demandent aux deux hommes de sortir du véhicule et s’en suit alors une prise de bec, les policiers attachent des menottes aux mains des deux personnes et les font monter dans le fourgon… Selon M. Arezki K., durant le contrôle de papiers les policiers les auraient insultés et lui ont donné un coup, M. Ziri aurait dit « Laissez-le tranquille, vous n’avez pas le droit de le frapper. Je vais déposer plainte contre vous », les policier les menacent de leurs « coller un outrage pour agent » et les embarquent menottés dans le véhicule de police. Selon ce dernier les policiers les auraient roués de coups durant tout le trajet avant de finir en garde à vue séparés pendant 24h. A sa sortie M. Arezki K. se voit prescrire 8 jours d’arrêt de travail par un médecin et apprend en même temps que son ami est décédé.

M. ZIRI est connu à Argenteuil pour être « un homme très apprécié pour son humour et sa sympathie, un retraité, tout ce qu’il y a de plus tranquille, qui revenait d’achats pour le mariage de son fils » selon les gens du quartier. Un homme qui n’a jamais eu de problème avec la police ou la justice en 40 ans de présence sur le sol français. Toutes les personnes qui ont vu le corps du défunt s’accordent à dire que plusieurs hématomes étaient visibles, ils dénoncent tous le fait que la veste qui pourrait être une preuve de la violence des coups et qui a été dissimulée par le commissariat de police. Une plainte a été déposé par l’association ATMF contre les trois policiers mais le juge de Cergy Pontoise a d’ores et déjà écarté toute bavure même avant l’ouverture de l’enquête, selon lui M. ZIRI avait des antécédents cardiaques et aurait eu 2,1g d’alcool dans le sang ce qui explique son décès. De ce fait les agents de polices bénéficient de la présomption d’innocence en attendant la suite de l’enquête. Les services consulaires algériens suivent de prêt la suite des évènements.

*Les réactions :*

Maurice TOULLALAN (directeur de l’hôpital d’Argenteuil) : « M. Ziri est arrivé le 9 juin à 22h09, accompagné des forces de police. Il a été vu immédiatement par l’infirmière d’accueil. Celle-ci a jugé que le patient ne présentait pas de problème de gravité immédiat. Il a ensuite été allongé sur un brancard, dans la salle d’attente, en vue d’un examen médical. Il a été vu par un médecin à 22h45, qui a constaté un arrêt cardiaque. La tentative de réanimation a été un succès puisque le cœur est reparti, sans pour autant que le patient se réveille. Un scanner cérébral a été fait à 2h du matin, donc le 10 juin. Le patient est finalement décédé le 11 juin, à 7h30. »

Abdel B. (Ami du défunt) : « Sa veste nous a pas été restitué, elle a été dissimulé par la police, pourquoi ? Toutes les personnes qui ont vu le corps du défunt peuvent attester d’hématomes, mêmes hématomes qu’on retrouve sur M. Arezki K. qui lui a 8 jours d’arrêt de travail ! »

Bernard FERRET (procureur adjoint au parquet de Cergy-Pontoise) : « La cause du décès est liée à des problèmes cardiaques ainsi qu’à l’absorption d’alcool. Il n’a pas été violenté par la police ».

Ali El Baz (Association ATMF) : « En parlant de la mort de Ali Ziri avec les gens, on a eu beaucoup de témoignages qui évoquent des problèmes avec la police d’Argenteuil. On dirait que ça se passe assez mal avec eux aussi. »

Faouzi LAMDAOUI (Adjoint au Maire d’Argenteuil) : « On exige des policiers une certaine « productivité » : chaque policier doit présenter, tous les jours, à ses supérieurs un quota de contraventions, d’interpellations, de mises en garde à vue. Comme vous le savez, Sarkozy a fait de la sécurité son cheval de bataille. La police est chargée de faire une démonstration de force permanente pour montrer que le gouvernement est puissant, inébranlable, implacable. Ce dernier entretient plus que jamais la peur de l’uniforme et la terreur de la matraque. Il s’agit bien d’une action d’intimidation psychologique à grande échelle pour instaurer une société de contrôle et de surveillance, pour rappeler à chaque citoyen que le gouvernement voit tout, entend tout, réprime tout, les vraies fautes et les faux délits. C’est cette politique qui est à l’origine de la multipication des bavures ces dernières années. »

Source :
 http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/controle-de-police-a-argenteuil-1-58289

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